« Sur la rive des étoiles », de Sébastien Capelle

Alias
, 28/10/2021 | Source : Planète SF – Blog à part

« Sur la rive des étoiles », de Sébastien Capelle

Ça devient une sorte de tradition: chaque fois que je vais à OctoGônes, j’y croise Sébastien Capelle et je lui achète un bouquin. Cette année, c’est Sur la rive des étoiles, un recueil de cinq nouvelles de science-fiction.

Exit donc l’uchronie pour cet ouvrage-ci, paru en 2019. Ici, on est bel et bien dans le domaine de la science-fiction – à une exception près. Et ces cinq histoires tournent souvent autour du thème de l’hubris: l’orgueil et la démesure humaine et ses contre-coups.

C’est notamment le cas de « Cybernité », où le dernier survivant de milliardaires qui ont voulu poursuivre un rêve d’immortalité se confie à celle qui a fini par le retrouver. C’est aussi un peu le cas avec « Les Purs »; le titre présagerait du pire, mais c’est à une vision de ce qui est peut-être les derniers Jeux olympiques que nous convie l’auteur.

La troisième nouvelle, qui donne son titre au bouquin, est une histoire de premier contact extra-terrestre qui n’aurait jamais dû avoir lieu, vu par des gosses des rues qui rêvent d’étoiles. « Homo Magnus » retourne clairement dans l’hubris avec cette chronique de la chute d’une caste d’humains « supérieurs » face à ceux qu’ils avaient réduits en servage « pour leur propre bien ».

Enfin, la dernière histoire « L’autre Guerre de l’Anneau » mélange hubris et uchronie, avec un commando britannique qui passe de la Seconde Guerre mondiale aux Terres du Milieu. J’avoue que le thème « en panzer vers le Mordor » m’a toujours amusé; je dois même avoir quelque part un brouillon de mini-campagne Feng Shui dans l’univers de Tolkien.

Globalement, les cinq textes que propose Sébastien Capelle dans ce recueil sont plutôt bons. Ils ont souvent des chutes inattendues (surtout la dernière) et, si les intrigues n’ont rien de très original, elles suivent parfois des chemins de traverses surprenants. En plus, le ton est le plus souvent positif.

Il y a cependant deux ou trois trucs qui m’agacent un peu, notamment dans le jeu sur les anagrammes dans la première et la dernière histoire. Disons que c’est un peu trop transparent. J’ai aussi trouvé que certaines idées auraient mérité d’être plus creusées, moins convenues.

Ça reste des critiques mineures. Sur la rive des étoiles est un court recueil bien sympathique, avec de bonnes histoires. Si vous avez l’occasion de croiser Sébastien Capelle sur diverses conventions, n’hésitez pas à jeter un œil sur ses créations.

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Le silence de la cité | Prélude à Chroniques du Pays des Mères

Tigger Lilly
, 28/10/2021 | Source : Le dragon galactique

Le silence de la cité est un roman écrit par Elisabeth Vonarburg. Il a initialement été publié en 1981 chez Denoël Présence du futur. Il est republié en septembre 2021 aux éditions Mnémos. Le silence… Plus

Le Retour du hiérophante [Les Maitres enlumineurs. 2], Robert Jackson BENNETT

lenocherdeslivres
, 28/10/2021 | Source : Le nocher des livres

Trois ans après leurs exploits du premier roman de la trilogie des Maîtres enlumineurs, Sancia et ses associés s’apprêtent à bouleverser (à nouveau) le monde de l’enluminure. Leur but : offrir au plus grand nombre des secrets conservés par les quatre grandes maisons. Ils ont donc mis au point un plan original et dangereux à souhait.

Un démarrage sur les chapeaux de roues

Pas le temps de souffler dans ces premières pages du Retour du hiérophante. Comme dans les films de James Bond, l’histoire commence par un morceau de bravoure, une bonne grosse scène d’action, avec cascades vertigineuses et enjeux décapants. Et ma foi, cela fonctionne bien. Robert Jackson Bennett nous replonge immédiatement dans son monde fait d’enluminures et d’objets aux consignes précises. Il nous permet de reprendre contact avec ses personnages : l’ancienne voleuse Sancia, qui peut lire les enluminures grâce à la plaque qu’on lui a insérée dans la tête ; son amoureuse, la brillante enlumineuse Bérénice, aux intuitions vives et puissantes ; Orso, l’enlumineur « maître » de Bérénice, plus ou moins à l’origine de la future révolution ; Gregor, l’ancien soldat rendu berzerk par l’adjonction, lui aussi, d’une plaque enluminée capable de le ramener à la vie (mais à quel prix ?). Cette petite bande s’est mise en tête de récupérer les secrets de l’une des grandes familles pour les mettre à disposition de tous les enlumineurs autonomes, qui, depuis la mise hors service de la Montagne, se sont multipliés. L’heure est à la révolte, à l’émancipation, loin de la tutelle forte et égoïste des enlumineurs établis.

Des forces gigantesques

Mais rapidement, cette révolution va passer au second plan, suite au retour du hiérophante (en voilà un titre qui correspond parfaitement à l’histoire du roman !). Rappelons que cet être, dont le nom est composé, entre autres, du grec « hiéros », qui signifie « sacré », est une sorte de dieu chez les enlumineurs. Un ancêtre capable de manier cette science au plus haut degré. Ils étaient censés avoir disparu depuis longtemps. Mais l’un d’entre eux, et pas le moindre, puisque ce serait Crasedes Magnus, le premier des hiérophantes, revient à bord d’un navire. Rapidement, on va comprendre qu’il n’est pas là seulement pour se promener dans les rues de la ville de Tevanne et faire du shopping. Il a un dessein, gigantesque, aux conséquences terribles pour les habitants de la cité. Sancia et sa clique vont, bien évidemment, se trouver sur son chemin. Mais elle ne sera pas seule. L’aide viendra de son cher « Clef », qu’on avait abandonné dans un sale état à la fin des Maîtres enlumineurs. Et de Valeria, l’être « magique », qui elle aussi était bien diminuée.

Et l’affrontement entre ces forces va devenir épique. Digne, d’une certaine manière, des kaijū eiga, ces films japonais mettant en scène des monstres formidables, usant de pouvoirs phénoménaux et causant des dégâts considérables parmi la population humaine. C’est un peu ce à quoi on assiste pendant une bonne partie du roman. Et c’est un peu le reproche que je pourrais faire à ce récit. Il me rappelle certains films d’action qui comportent une grande idée, étirée pendant toute la durée du film. Ici, Robert Jackson Bennett apporte de nouvelles dimensions, surtout sur la fin. Mais le milieu de son roman patine un peu, à mon goût et se montre trop prévisible. Je n’ai rien contre un bon affrontement entre méchants/gentils, mais celui-ci m’a paru un tantinet trop long.

Des personnages qu’on prend plaisir à voir vivre (ou mourir)

Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, car l’auteur américain a su, une fois de plus, en bon conteur, m’attacher aux personnages et me faire sentir inquiet au fur et à mesure de leurs aventures, de leurs mises en danger (définitives pour certains, hélas !), de leurs coups d’éclat, de leurs désillusions, de leurs inquiétudes. Mais aussi et surtout de leurs transformations. Car, une réussite de ce récit est justement, à mon goût, le sort réservé à certains. Attention, spoiler, d’où une couleur plus pâle afin de vous éviter une lecture imprévue de quelque chose que vous préférez découvrir par vous-mêmes. Sancia et Bérénice doivent fusionner, d’une certaine manière, afin de découvrir et pouvoir mémoriser certaines formules d’enluminure. Et cette fusion, qui va durer, donne naissance à un être aux réactions, aux sensations différentes et, ô combien, intéressantes. Et ce, d’autant plus, quand un autre personnage va intégrer le duo. Les réflexions sur l’individu, sans être d’une haute portée philosophique (on n’a pas le temps pour cela tant l’action prédomine), sont suffisamment riches pour donner envie de se pencher davantage sur la question.

Si Le Retour du hiérophante (dont j’adore la couverture de Didier Graffet : le masque qui surplombe le navire est d’une finesse et d’une beauté remarquables) est un poil moins enthousiasmant que Les Maîtres enlumineurs, c’est avant tout parce que nous avons déjà découvert ce monde si riche de l’enluminure dans le premier volume et que l’effet de surprise est passé. Il n’empêche que la lecture de ce roman m’a été fort agréable et que j’en suis presque à regretter que ce cycle ne soit qu’une trilogie. Trilogie dont on espère le dernier tome, en V.O., au milieu de l’année prochaine. Vivement !

Présentation de l’éditeur : Une des quatre maisons marchandes de Tevanne est tombée. Sancia Grado et ses associés ont non seulement changé l’histoire de la cité, ils ont aussi créé Interfonderies dans le but de démocratiser l’art magique de l’enluminure. Mais la jeune entreprise a beau accomplir des prouesses, celles-ci ne suffisent pas à la maintenir à flots. La concurrence est rude, et les grandes maisons marchandes de Tevanne sont prêtes à tout pour écraser Sancia et l’idéal qu’elle représente. C’est alors qu’une ancienne puissance vogue en direction de Tevanne : un hiérophante. Un adversaire qui connaît et maîtrise l’enluminure mieux que personne, fasciné en outre par Sancia et ses pouvoirs. Pour survivre à cette menace et sauver ceux qu’elle aime, la jeune femme devra percer le secret le mieux gardé de l’univers : celui des origines de l’enluminure.

Albin Michel Imaginaire – 29 septembre 2021 (roman traduit de l’anglais [États-Unis] par Laurent Philibert-Caillat – Shorefall (2020)– 615 pages – 24,90 euros)

Merci aux éditions Albin Michel et à Gilles Dumay pour ce SP.

D’autres lectures : Gromovar, Sometimes a Book, Carolivre, La bibliothèque de Marjorie, Actu du noir, Lectures et chats, La Geekosophe, Les Pipelettes en parlent, L’Imaginarium électrique,

Fondation, de Isaac Asimov

Lorhkan
, 28/10/2021 | Source : Lorhkan et les mauvais genres

Une nouvelle série télé débarque, et les romans desquels elle est tirée trouvent un regain d’intérêt auprès du lectorat. « Fondation » de Isaac Asimov ne déroge pas à la règle (en tout cas auprès de moi…) puisque suite à la mise en ligne par Apple de la série télé adaptée de cette saga considérée comme inadaptable, je me suis mis à lire (oui, il était temps) ce roman, premier tome d’une des séries de SF les plus connues et les plus importantes de l’histoire. Rien que ça. Mais bon, les textes (4 sur 5) contenus dans le roman « Fondation » ont autour de 80 ans quand même… Alors, ça passe toujours bien ?

 

Quatrième de couverture (tirée de l’édition intégrale en deux volumes chez Folio SF) :

Grâce à la psychohistoire qu’il a inventée, Hari Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire galactique, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans.
Seule solution pour réduire cette période à mille ans : la Fondation. Mais celle-ci a de nombreux et puissants ennemis…

 

Un roman fondateur. Ouais, c’est facile…

Plutôt qu’un roman, parlons plutôt de « fix-up », une expression pas très jolie pour indiquer que l’on parle d’un agrégat de nouvelles formant un tout narrativement lié. Et puisque le concept de la saga « Fondation » est de former une vaste histoire du futur, à travers le temps et l’espace, les nouvelles qui forment ce premier roman sont donc une première approche de ce vaste avenir, sur une période de temps restreinte (toutes proportions gardées) puisque le span temporel se situe aux alentours de 150 ans.

Le premier texte, « Les psychohistoriens », écrit en 1942, définit l’année 1 de l’ère de la Fondation (dans un très lointain futur), avec l’arrestation et le procès de Hari Seldon, brillant scientifique à l’origine de la psychohistoire, science sociale, à même de déterminer, via des analyses statistiques de différents éléments sociaux, politiques, technologiques, etc… le comportement et donc, plus ou moins, l’avenir d’une vaste société (Asimov aurait donc prédit le traitement des Big Data à l’échelle galactique ?). Car Seldon prédit que dans trois siècles, l’Empire s’effondrera et, si rien n’est fait, ne se relèvera qu’après 30 millénaires de barbarie. Mais si un groupe de scientifiques, d’après ce que « prédit » la psychohistoire, s’attèle à la tâche colossale de rédiger une Encyclopédie regroupant l’ensemble du savoir de l’humanité, l’Empire aura une base, une « Fondation », sur laquelle il pourra renaître après un hiatus de seulement mille ans. « Les psychohistoriens », intéressant texte qui se lit tout seul, est donc en quelque sorte la genèse de la Fondation.

Le deuxième texte, « Les encyclopédistes », se déroule 50 ans après le précédent, sur la planète Terminus (isolée à l’extrémité d’un bras galactique, là où s’est installée la Fondation après le procès de Seldon), et voit l’arrivé d’une première « crise Seldon« , c’est à dire une crise prévue par le psychohistorien (décédé peu de temps après son procès), n’offrant qu’une seule solution pour en sortir, au prix d’un radical changement. Un texte là encore efficace, qui offre un joli retournement de situation et d’intéressantes perspectives sur l’avenir, d’autant qu’on comprend un peu mieux maintenant le but de la Fondation et le « fonctionnement » du roman (des textes étalés sur une longue période de temps, aux moments charnières de la Fondation).

Les trois autres textes suivent le même principe et le roman « Fondation » n’est donc que le début d’une vaste fresque, couvrant ici les prémisses de la chute d’un Empire Galactique qui commence déjà à montrer des signes de faiblesse, son influence sur les parties les plus éloignées de la galaxie commençant déjà à s’étioler, tandis que, isolée, la Fondation, à partir de peu, parvient à prendre de l’importance dans son secteur, en traversant diverses crises l’amenant à devoir adapter son fonctionnement (politique, économique, social).

On y voit comment la mainmise sur certaines technologies, la façon dont elle est gérée (jusqu’à une utilisation religieuse sur des planètes moins avancées technologiquement, un phénomène que n’aurait pas renié un Arthur C. Clarke en disant que « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie ») permettent de garder le contrôle de sa destinée, ou d’accroître son pouvoir. Îlot scientifique, théocratie, ploutocratie, la Fondation évolue au gré des évènements, et tout cela se lit avec intérêt, même si le concept même du roman fait qu’il est difficile de s’attacher à des personnages qui disparaissent rapidement, alors que le style d’écriture d’Asimov, relativement quelconque, ne permet pas d’accentuer le lien entre ceux-ci et le lecteur.

Signalons par ailleurs que les textes, aussi addictifs soient-ils (certains plus que d’autres, inévitablement), offrent quand même leur lot de facilités, surtout au vu des enjeux politiques et sociaux à l’échelle de peuples entiers, et laissent les femmes totalement au second voire troisième plan (je n’en ai vu qu’une seule, ne servant que pour une séance d’essayage…). Mais bon, Asimov et les femmes, on commence à connaître

En tout cas, cette découverte (il n’est jamais trop tard), bien qu’elle ait un peu vieilli (un aspect peut-être légèrement atténué par la révision par Philippe Gindre de la traduction d’origine de Jean Rosenthal, révision qui a permis de retrouver le vrai texte intégral d’Asimov) ne manque pas d’intérêt aujourd’hui encore, et j’avoue que je suis bien curieux de lire la suite.

Et même si les illustrations de Johann Goutard (sur les deux intégrales Folio SF) semblent plutôt quelconques, ou en tout cas ne correspondent guère avec ce que propose cette vaste série de romans, on saluera les éditions Denoël Lunes d’Encre et Folio SF de proposer une belle (presque) intégrale en deux volumes. Oui presque, puisque qu’il existe deux autres romans, en forme de préquelles, « Prélude à Fondation » et « L’aube de Fondation », qui eux, sont chez Pocket. Mais il existe aussi, en occasion, chez Omnibus et France Loisirs, deux gros volumes qui reprennent la vraie intégralité de la série. Problème : ils ne bénéficient pas de la révision de la traduction de Philippe Gindre (et donc du texte intégral). En revanche, ils offrent un paratexte intéressant (de Jacques Goimard, entre autres). J’ai fait mon choix : j’ai tout ! 😀

 

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Prix Julia Verlanger 2021 – La sélection

Lhisbei
, 27/10/2021 | Source : RSF Blog

La sélection pour le Prix Julia Verlanger 2021 est connue. Le Prix Julia Verlanger récompense chaque année un roman fantastique ou de science-fiction. L’année dernière il a été décerné à Martha Wells pour sa série Journal d’un AssaSynth traduit par Mathilde Montier aux éditions de l’Atalante. La fondation Julia Verlanger a été créée par Jean-Pierre Verlanger sous l’égide de la fondation de...

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Lucius Shepard - Le Livre écorné de ma vie

Baroona
, 27/10/2021 | Source : 233°C

Le Livre écorné de ma vie, Lucius Shepard, 2009, 136 pages

Thomas Cradle, écrivain à succès, découvre un jour un livre, La Forêt de thé, écrit par un certain... Thomas Cradle. Un homonyme dont les éléments biographiques correspondent étrangement avec les siens. Fasciné par sa lecture, il décide de partir sur les traces de cet homme dont le livre biographique retrace la descente du fleuve Mékong.

Le Livre écorné de ma vie est un livre de Lucius Shepard. Cette phrase à elle seule résume une bonne partie de son contenu. C'est poisseux, voire crasseux, c'est sexuel, c'est étrange et parfois même hallucinatoire. C'est un texte qui écrit par un autre auteur aurait tous les risques de ne pas fonctionner. Fort heureusement, c'est bien Lucius Shepard et sa plume unique qui est aux commandes, et cela donne une très bonne novella.

Si elle comporte des thématiques habituelles de l'auteur, Le Livre écorné de ma vie n'est pas pour autant une oeuvre lambda et déjà lue, bien au contraire. Si la descente de Thomas Cradle dans les tréfonds de l'humanité à la suite de son double littéraire est une expérience en soi, elle est démultipliée par un côté métaécriture assez fou. Car Le Livre écorné de ma vie est comme une autobiographie de l'auteur, ou du moins d'un Lucius Shepard potentiel. Avec une conscience acérée des réactions que peut susciter le texte auprès des lecteurs, et jouant avec cela.

Le Livre écorné de ma vie n'est pas le texte le plus abordable de Lucius Shepard mais n'en reste pas moins une très bonne novella pour qui apprécie le style cru de l'auteur. C'est un récit qui exerce une indéniable fascination, aussi forte pour le lecteur que peut l'être la fascination du narrateur pour son double. Et qui agit encore après la fin de la lecture, avec cette sensation que chaque nouvelle lecture pourrait faire découvrir de nouveaux éléments et un nouvel aspect de cette troublante expérience. En attendant, la compréhension instinctive de cette première lecture est déjà tout à fait satisfaisante.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Jean-Daniel Brèque
D'autres avis : FeydRautha, Gromovar, JMG, Célinedanaë, Vert, ...

M’étendre auprès des morts pour prendre ma mesure

Weirdaholic
, 27/10/2021 | Source : Weirdaholic

Les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar Lire Catherine Dufour mène à tout, y compris à se plonger dans une oeuvre dite "classique", source d'inspiration aussi bien stylistique (la forme romanesque conçue comme une longue lettre à un interlocuteur) que thématique (la permanence ou non des civilisations) pour ce chef d'oeuvre qu'est Le Goût de l'immortalité.

Utopiales 2021 - Jump to Hyperspace

Gromovar
, 27/10/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Valises pleines, téléphone chargé, billets numérisés, prêt à sauter dans l'hyperespace.

Direction : la base rebelle de Nantes (ou il fera aussi humide que sur Dagobah).

Au carrefour des étoiles – Clifford D. Simak (1963, 2021)

Noni
, 27/10/2021 | Source : SFFF – Carnets lunaires

Les traductions, c’est tout un débat. Qu’est-ce qu’une bonne traduction ? Que perdons-nous exactement à lire un livre traduit plutôt que sa version originale ? En ce qui me concerne, aucune idée (ou si peu). En tout cas, Au carrefour des étoiles, classique de la science-fiction écrit par Clifford D. Simak en 1963, est justement ressorti cette année assorti d’une nouvelle traduction française, signée Pierre-Paul Durastanti. Gardant un très bon souvenir de Demain les chiens, autre classique de la SF du même auteur (également retraduit, par le même traducteur, en 2013), je me suis penché dessus. Il raconte l’histoire d’Enoch Wallace, un vieux monsieur largement centenaire et pourtant toujours fringuant, reclus dans une ferme au fin fond du Wisconsin. Ni l’homme, ni la ferme ne vieillissent, et pour cause : l’endroit sert de relais spatial pour une vaste civilisation galactique. Concrètement, grâce à une technologie fort complexe, des voyageurs extraterrestres y font régulièrement escale, avant de continuer leur chemin vers une destination lointaine. Depuis des décennies, Enoch Wallace s’acquitte de sa tâche de gardien avec application et s’est même fait quelques amis parmi ses hôtes de passage. Sa jeunesse prolongée suscite par contre des interrogations dans son village, ainsi qu’en plus haut lieu.

Cette histoire, maintenant vieille de plus d’un demi-siècle, est fortement marquée par la guerre froide et les craintes de l’époque, mais s’avère facilement transposable à la nôtre et n’accuse pas tellement son âge (à quelques exceptions près, évidemment). Malgré son rythme un peu lent et posé, elle n’est jamais ennuyeuse. Au contraire, il est difficile de ne pas être fasciné par le quotidien étrange d’Enoch Wallace et la variété foisonnante d’êtres qu’il rencontre sans jamais bouger de chez lui, sans jamais rien réclamer. En prime, les questions qu’elle pose sont vastes (en vrac : qu’est-ce qui définit l’humanité ? Qu’est-ce qui définit un individu ? Comment interagir avec l’Autre ?), mais l’auteur réussit à les aborder sans être prétentieux. Au fond, je n’avais pas lu la première traduction, mais peut-être bien que ça valait le coup d’en produire une nouvelle.

Utopiales 2021 - Blog en pause

Gromovar
, 27/10/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Littérature, BD, cinéma, jeux, expositions, tables rondes et rencontres, courez aux Utopiales 2021.
Jusqu'à la semaine prochaine, le blog est donc en semi-pause. Ne vous étonnez pas s'il y a de la latence dans mes réponses.

Utopiales rulez !