Kra | Let the Crow(ley) talk

Tigger Lilly
, 21/04/2021 | Source : Le dragon galactique

Kra :  Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr est un roman écrit par John Crowley. Il a été publié en anglais en 2017. Traduit par Patrick Couton (aka le traducteur de Terry Pratchett), il… Plus

Fell - Ellis - Templesmith

Gromovar
, 21/04/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Juste 2 ou 3 mots pour parler de la sortie récente de "Fell", en version complète cette fois, c'est à dire avec les neuf épisodes de la série (qui n'aura jamais de suite car Warren Ellis a perdu, mangé, jamais écrit - barrer la mention inutile - la suite).


"Fell", c'est une série de légende. Warren Ellis (qu'on ne présente plus) et Ben Templesmith (qu'on apprécia pour 30 Days of Night entre autres) s'abouchaient en 2005 pour créer un nouveau genre de comics, moins cher, plus court, plus compact. 16 pages par épisode pour 1$99, 9 cases par page le plus souvent, et toujours une grille 3x3 avec certaines cellules parfois fusionnées.

"Fell", c'est l'histoire de l'inspecteur Richard Hell, exilé pour une raison inconnue au commissariat de Snowtown, le coin le plus pourri de la ville et de très loin, où n'officient plus que 3 inspecteurs et demi en plus du nouveau venu, sous l'inexistante direction du larmoyant Lt Beard. Richard Hell, un très bon flic, aussi doué que Sherlock Holmes pour l'observation, tombé dans un véritable enfer - et pas seulement dans sa cuisine comme ce Matt Murdock auquel il peut faire penser. Un flic habité d'un sens exacerbé de la justice qui n'hésite pas à outrepasser la procédure quand il le faut. Un flic qui ne peut supporter l'idée d'être indifférent aux victimes. Un flic qui sera desservi par son esprit brillant dans une affaire particulièrement sordide (qui fait étrangement penser à l'affaire Sarah Halimi).

"Fell", c'est Mayko aussi, une barmaid flippée en quête d'amour qui devient peu à peu son amie.

"Fell", c'est une population cryptique qui se terre derrière d'étranges symboles cabalistiques. Un peuple oublié vivant au milieu de commerces fermés. Une communauté dont on ne voit rien si ce n'est les pires aspects, à travers les yeux d'un homme dont le métier en fait l'éboueur de la société.

"Fell", c'est donc l'histoire d'un homme intègre confronté de facto au summum du glauque. Enfant martyrisé, vieillards laissés à mourir par manque d'assurance santé, « flotteurs » qu'on repêche assassiné près des quais et dont on dispose sans même enquêter, prostituées battues, salopard shooté jusqu'aux yeux qui massacre une jeune fille, and again and again... C'est l'histoire d'un homme qui prend ces atrocités en charge, quels que soient les risques, sans abdiquer, contrairement à ses piètres collègues du commissariat local.


Pour rendre cette ambiance si particulière, Templesmith utilise un style tout de premier plan où ce qui n'est pas directement dans le focus est flou ou vague.

Très beau, "Fell" est comme un cauchemar, un spectacle centré sur ses acteurs au coeur d'un background indistinct, le plus souvent nocturne, dont on voit juste assez pour savoir qu'il est menaçant. Comme l'est cette étrange nonne au masque de Nixon dont on ne saura hélas jamais plus, la série étant interrompue sine die.


Il faut supporter "Fell", mais l'émotion ressentie est à la hauteur. C'est beau, rude, ça sort de son petit confort (ainsi que des banalités convenues du temps) ; c'est pour ça qu'on lit des comics. Moi en tout cas. Et toi, lecteur ?


Fell, Ellis, Templesmith

Au carrefour des étoiles – Clifford D. Simak

FeydRautha
, 21/04/2021 | Source : L'épaule d'Orion

De Clifford D. Simak, vous connaissez très certainement Demain les chiens (1952), son roman – ou fixup – le plus célèbre, un classique parmi les classiques de la science-fiction. En ce mois d’avril 2021, les éditions J’ai lu ont eu la bonne idée de rééditer son roman primé aux Hugo en 1964 Au Carrefour des étoiles, sous une nouvelle traduction de Pierre-Paul Durastanti, fidèle admirateur de l’auteur. La précédente traduction, par Michel Deutsch, datait de 1964 et était basée sur la première version du texte, Here Gather the Stars, publiée dans la revue Galaxie, et non la version roman, Way Station, qui comporte quelques passages supplémentaires. La nouvelle traduction corrige cela, et livre désormais un texte complet. Pour en savoir plus sur ce travail de retraduction, je vous invite à écouter le podcast C’est plus que de la SF qui lui est consacré avec Pierre-Paul Durastanti comme invité.

Millville, Wisconsin, 1964. Enoch Wallace est un jeune homme âgé de 124 ans. Né en 1840 dans la ferme qu’il occupe toujours aujourd’hui, il a participé à la Guerre de Sécession et a bien failli y perdre la vie. S’il n’a pas vieilli d’un jour depuis, c’est qu’à son retour du champ de bataille il a rencontré Ulysse, un être devenu d’une autre planète qui l’a recruté pour être le gardien d’une station sur Terre. Une station, c’est un relais par lequel transitent les voyageurs membres de la grande Confédération Galactique à laquelle la Terre n’appartient pas, ignorant tout de son existence. Enoch Wallace est le seul humain a gardé ce secret depuis plus d’un siècle. Chaque jour ou presque, il accueille dans sa ferme transformée des voyageurs d’autres planètes, autant de formes de vie et de langages différents. Il confine méticuleusement toutes ces rencontres dans ses registres, pour le jour où, il l’espère, sa propre planète sera jugée digne de trouver sa place au sein de la Confédération.

« La situation se présente mal, hein ?

– Vous l’avez dit. »

Seulement, voilà, c’est loin d’être gagné. Nous sommes en 1964, seulement trois ans après le débarquement de la Baie des Cochons, deux ans après la crise des missiles de Cuba, et la guerre froide n’a jamais été aussi chaude. Ni Clifford D. Simak ni son personnage Enoch Wallace ne sont très confiants sur l’avenir du monde qui semble se tenir au bord du précipice et être agité de soubresauts incontrôlés. Le rôle catastrophique de la CIA dans l’affaire de la Baie des Cochons nous est connu. Moins connu est son rôle dans l’incident qui menace l’existence de la station d’Enoch Wallace et risque de faire s’envoler les chances de la Terre de rejoindre un jour la Confédération, ce qui la condamnerait à rester « ce trou paumé au fin fond de la Galaxie ». Tout débute le jour où Claude Lewis, agent de la CIA, décide de s’intéresser à cet homme vivant reclus dans sa ferme et qu’on dit avoir plus de 100 ans…

Au Carrefour des étoiles est un roman typiquement simakien : il se déroule dans le Wisconsin, état rural du middle-west, dans la ferme d’un héros issu d’un milieu modeste et paysan, sans grande éducation ni prétention sociale. C’est là une marque de fabrique chez Simak, qui va puiser le décor de ses nouvelles et romans dans sa propre jeunesse. Comme c’est le cas ici, les extra-terrestres sont très souvent amicaux chez Simak, même lorsqu’ils viennent coller une monstrueuse dérouillée à l’humanité comme dans la nouvelle Honorable adversaire (1956). Chacune des rencontres faites par Wallace est l’occasion d’une découverte. Simak se montre très créatif sur les formes de vie et de communication auxquelles Enoch Wallace se trouve confronté. Il imagine des cultures, des mathématiques, des philosophies… Il découvre aussi que la Confédération est un ensemble fragile au sein duquel les conflits inter-espèces peuvent rapidement ressurgir malgré des millénaires d’entente pacifique. Là où le texte étonne le plus pour son époque, c’est dans ses trouvailles. Si Simak avait déjà utilisé l’idée d’une maison devenant portail vers d’autres mondes dans la nouvelle La Grande cour du devant (1958), il se montre visionnaire dans le mode de transport utilisé par les voyageurs de la Confédération. Les déplacements ne sont pas soumis aux limitations de la vitesse de la lumière, car les corps sont tout simplement détruits lors du transfert et recyclés dans des cuves. Seules les informations sur leur ADN et leur personnalité sont transmises. Ils sont ainsi décomposés, puis recomposés ailleurs. Beam me up, Scotty !

Je le disais plus haut, Simak se montre volontiers pessimiste sur les chances de l’humanité de se construire un avenir dans la paix. Mais tout n’est pas si sombre, et Simak veut voir un espoir, celui que l’humanité puisse être malgré elle une solution plus qu’un problème. C’est finalement ce que propose Au Carrefour des étoiles. Enoch Wallace sera amené à questionner son allégeance, à choisir entre la Terre à laquelle il n’appartient déjà plus et la Confédération à laquelle il n’appartient pas encore tout à fait. L’autre n’est-il pas jamais qu’un miroir de nous-même ? Il en résulte un texte marqué par un profond humanisme et une véritable poésie de l’altérité, ainsi que par une mélancholie typiquement simakienne.

PS : Un mot sur la nouvelle traduction. Je ne connais pas l’ancienne, mais parce que je m’intéresse à la question, j’ai lu Au Carrefour des étoiles tout en écoutant la version audio de Way Station. Je vous déconseille de le faire, c’est lent et lassant, mais c’était très instructif quant aux mérites de cette retraduction. Ayant lu de nombreuses traductions de P.-P. Durastanti, je connais bien son style qui se montre en adéquation parfaite avec le style économe de Clifford D. Simak. C’est une écriture qui va à l’essentiel, et ne s’embarrasse pas de tours et de détours. Il y a aussi une façon de moderniser la traduction pour rendre le texte fluide et particulièrement agréable à lire, tout en recherchant un vocabulaire précis et d’époque qui conserve la patine du texte. C’est très réussi.


D’autres avis : Un Papillon dans la Lune,


  • Titre : Au Carrefour des étoiles
  • Auteur : Clifford D. Simak
  • Publication : 7 avril 2021, J’ai Lu, coll. Nouveaux Millénaires
  • Traduction : Pierre-Paul Durastanti
  • Nombre de pages : 256
  • Format : papier et numérique

King of Scars, tome 2 : Le règne des loups - Leigh Bardugo

May
, 21/04/2021 | Source : The BooksHowl

King of Scars, tome 2 : Le règne des loups (Ruke of Wolves)Leigh Bardugo

Le roi démon. En voulant se débarrasser du démon qui sommeillait en lui, Nikolai a réveillé un mal plus terrible encore : un ennemi que tous pensaient mort, une menace pour le royaume de Ravka. Alors que son pays est encerclé par les armées de Fjerda, le jeune monarque sait qu'il devra faire appel aux ténèbres en lui s'il veut à nouveau réaliser l'impossible et sauver Ravka. La fille des éclairs et du tonnerre. Zoya Nazyalensky, générale de la Seconde Armée, connaît trop bien les ravages provoqués par la guerre. Détentrice de nouveaux pouvoirs extraordinaires, la jeune femme est prête à devenir l'arme dont son pays a besoin. Quel que soit le prix à payer. La reine des sanglots. Chargée d'une mission d'espionnage en plein territoire fjerdan, Nina pense pouvoir déstabiliser l'ennemi en s'infiltrant au plus près du pouvoir. Les motivations de l'espionne semblent cependant aller bien au-delà du simple patriotisme... Un roi. Une générale. Une espionne. Trois destins capables de façonner l'avenir d'un pays. Ou d'en provoquer la chute.

Note : 4 / 5

La bataille pour sauver Ravka continue et se termine dans ce tome 2 (alors que j'étais persuadée que c'était une trilogie !), j'en suis toute retournée ! J'ai encore besoin d'un peu de réflexion au sujet de la fin, mais dans l'ensemble j'ai vraiment beaucoup aimé !

Ce deuxième tome est très noir, la quête pour le salut de Ravka semble impossible et perdue d'avance jusqu'à la toute fin. L'intrigue est beaucoup plus lente et complexe que les autres livres du grishaverse, l'auteure laisse vraiment le temps au désespoir de bien s'implanter et ça donne une ambiance vraiment pesante mais géniale au livre. Son univers, à force qu'il s'industrialise à cause des guerres à répétition, fait vraiment peur et commence avec horreur à refléter le nôtre... A cela s'ajoute la magie qui, elle aussi, est poussée par les guerres à faire toujours plus de ravage.

Je suis toujours aussi amoureuse du style de Leigh Bardugo (celui qu'elle a depuis Six of Crows, pas l'horreur à la première personne qu'est la trilogie Grisha) Les dialogues sont ultra pétillants (j'ai arrêté de mettre des post-it aux meilleurs passages car je pouvais en mettre à chaque page !), il y énormément d'émotion tout le long du livre et les scènes de batailles sont absolument géniales !! C'est épique, il y a des punchlines à gogo et c'est juste délicieux à lire quoi !

Et puis Leigh Bardugo a vraiment joué le fan service ici, on retrouve tous les personnages du grishaverse dans ce livre, même les personnages de Six of Crows (pour mon plus grand bonheur ! qu'est ce que j'ai couiné en revoyant mon chouchou pendant quelques chapitres !) Et tous ces personnages haut en couleur et si attachants, c'est clairement le gros point fort de Leigh Bardugo. Quand je repense à leurs évolutions et à quel point j'ai appris à aimer tous ces personnages et leurs particularités... ça me fait fondre d'amour !

Mais pour pouvoir vraiment vous donner mon avis sur ce livre, j'ai besoin de le spoiler un peu. Donc si vous n'avez pas encore lu le livre, je vous déconseille de lire la suite de ma critique.

Quand je dis que TOUS les personnages du grishaverse se retrouvent, c'est vrai : on recroise Mal et Alina (même s'ils servent pas à grand chose et qu'ils apparaissent dans 2 petite scènes -et heureusement car ce ne sont pas des personnages que j'apprécie particulièrement) mais également le Darkling qui est revenu d'entre les morts dans le tome précédent. Depuis sa résurrection, j'y croyais dur comme fer à sa rédemption (qui est la raison pour laquelle je n'aime pas spécialement Alina -pour moi le Darkling pouvait être sauvé !) mais je dois dire que cette fameuse rédemption arrive comme un cheveux sur la soupe à la fin de Rule of Wolves... Pour le coup, l'évolution de ce personnage n'est pas très bien amenée et je n'ai vraiment pas compris sa décision à la fin du livre... Mais bon, c'est grâce à son action que l'on va probablement avoir de nouveaux livres dans le grishaverse autour des personnages de Six of Crows ! du coup je vais laisser ça passer ahah

Je pensais que le livre serait plus centré sur Nikolai et son monstre, mais au final il a beaucoup plus vite appris à le contrôler et à vivre avec lui que ce que je pensais (et ça fait des scènes ultra épique !) LE personnage de ce deuxième tome, c'est clairement Zoya. Zoya et SON monstre. Car depuis son retour de cet étrange endroit hors du temps où ils ont rencontrés 3 Saints pour délivrer Nikolai de son monstre, Zoya est repartie avec les pouvoirs de Juris. A Zoya il lui en a fallut du temps avant d'accepter le dragon en elle. J'avais d'ailleurs deviné la fin mais j'en suis complètement satisfaite !

Il se passe juste tellement de choses dans ce deuxième tome, le chemin parcourut est si long et les retournements de situations tellement nombreux ! Juste un dernier mot sur Nina car pour le coup j'ai rien vu arriver et je pensais qu'elle avait perdu l'amour de sa vie pour la deuxième fois (et ça m'a fait rire et pleurer à la fois, genre pas possible d'avoir autant la poisse quoi !) Mais c'est fou comme elle arrive toujours a se mettre dans des situations pas possibles, pour le coup ses aventures à elle ne sont pas terminées !

Fin de spoiler.

J'écris cette critique à chaud juste après avoir terminé le livre, j'ai le cœur vraiment gros, j'ai juste adoré et je ne m'en remets pas de toutes ces émotions. Par contre j'ai l'impression d'avoir oublié beaucoup de choses que je voulais dire. Je vais continuer à réfléchir un peu à cette lecture et si quelque chose me revient je l'ajouterais. En tout cas j'en reviens pas de l'aventure que nous fait vivre Leigh Bardugo avec son grishaverse. C'est juste tellement puissant !! Maintenant, la série a intérêt à gérer !


King of Scars, tome 2 : Le règne des loups
18,90€ / sortie en France le 26/05/21 / 9782408013745


Découvrez mes critiques de tous les livres du grishaverse :


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Le sang de la Cité de Guillaume Chamanadjian

Cédric Jeanneret
, 21/04/2021 | Source : Reflets de mes lectures

Premier tome d’une double trilogie (La Tour de garde, divisée entre capital du Sud écrit par Chamanadjian et capital du Nord écrit par Claire Duvivier), Le sang de la Cité se déroule dans une grande mégalopole, la Cité, de type renaissance, dont les différents quartiers sont sous le contrôle de clans qui se font parfois des guerres mortelles.

C’est le cas du clan de la Caouane (tortue de mer) qui a exterminé il y a de cela une dizaine d’année un clan adverse. Nox et sa sœur étaient alors enfants et on été trouvés, enfermés, dans une geôle. Recueilli par le Duc Servaint, le chef du clan de la Couane, ils font maintenant partie de son clan.

Nox est un jeune homme très sociable qui travaille comme commis dans une épicerie fine réputée de la Cité. Connaissant la ville et ses recoins de manière quasi surnaturelle il va se retrouver peu à peu embrigader dans les intrigues politiques de son clan qui veut ouvrir un canal traversant la ville.

Entre formation au jeu politique et à l’assassinat, Nox va découvrir peu à peu les secrets politiques et mystiques de la Cité…

Le sang de la Cité est un roman qui prend le temps de poser ses personnages, dont la Cité elle même, en déambulant dans les artères de la ville. A mon sens c’est sa grande force, celle de poser une ville avec sa vie quotidienne, mais aussi ses secrets mystiques et sa mythologie. Le personnage de Nox est attachant mais presque un peu benêt alliant une connaissance de la ville quasi surnaturelle à une naïveté naturelle qui le fait tomber dans des pièges politiques mortelles à plusieurs reprises. Je suis vraiment curieux de connaitre la suite et le premier tome de sa trilogie sœur.

Piranesi

Sabine C.
, 21/04/2021 | Source : Lectures – Fourbis & Têtologie

de Susanna Clarke | Bloomsbury Publishing | Fantastique | 243 pages | VO Piranesi lives in the House. Perhaps he always has. In his notebooks, day after day, he makes a clear and careful record of its wonders: the labyrinth of halls, the thousands upon thousands of statues, the tides that thunder up staircases, the… Lire la suite Piranesi

[Chronique] Les Veilleurs, de Jean-Luc Bizien

Sometimes a book
, 21/04/2021 | Source : Sometimes a book

Les Veilleurs

« La lune est ronde ce soir et ils sont tous là, dehors. Je peux deviner leur présence dans la rue, dans les égouts, dans les couloirs des bâtisses abandonnées. J’ai trouvé un abri pour la nuit. La porte est solide, personne ne la franchira. Peut-être même vais-je pouvoir dormir quelques heures et reprendre des forces. »


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Les Veilleurs (tome 1)
Auteur :
Jean-Luc Bizien
Illustration : Zariel
Éditeur : ActuSF
Date de parution  :  20 septembre 2018
Nombre de pages : 384
Prix : 15,90 €
 
Synopsis
Alors que Paris est victime d’un virus qui transforme ses habitants en monstres, et notamment les adultes, quelques groupes de jeunes « immunisés » tentent de survivre dans ce qui est devenu un enfer. À l’extérieur, l’armée a entouré la ville d’une immense muraille pour éviter la propagation de l’épidémie. Aucune fuite n’est possible… Et dans ce cauchemar, Marie se découvre enceinte. Attend-elle un bébé ou un monstre prêt à la dévorer de l’intérieur ?
 

MON avis

Les Veilleurs est le premier tome de ce qu’il semble être une trilogie (? rien n’est indiqué sur la couverture/dans le livre, ni même le fait qu’il s’agisse d’un tome 1 d’ailleurs). Pour l’instant deux tomes ont été édités aux éditions ActuSF.

Un roman aux multiples personnages

Les Veilleurs est un roman de science-fiction plutôt à destination d’une cible young adult. Il nous emmène dans un monde qu’on pourrait qualifier de post-apocalyptique puisqu’une maladie a transformé les habitants de Paris en monstres obligeant le gouvernement à murer la ville enfermant à l’intérieur ses habitants qu’ils aient été contaminés ou pas. Le roman est construit comme un roman choral, chaque chapitre suit le point de vue d’un personnage et on alterne ainsi entre une dizaine de personnages. Il faut donc un certain temps d’adaptation afin d’apprendre à connaître les différents personnages et réussir à les replacer dans leur contexte. Car l’un des points forts du roman est qu’on découvre plusieurs facettes de la ville en suivant des personnages enfermés à l’intérieur, mais aussi des personnages externes. On suit par exemple Steiner qui est un sniper placé en haut du mur et chargé de protégé les personnes qui rentrent dans la ville lors d’opérations militaires. Car oui la ville n’est pas totalement laissée à l’abandon et des délégations sont amenées à pénétrer à l’intérieur pour diverses raisons. Cependant, l’entrée est quasiment toujours définitive. 

Jean-Luc Bizien réussit à rendre les points de vue de chacun des personnages très intéressants. Les chapitres sont très courts et ne laissent pas beaucoup de temps pour nous familiariser avec eux. On ne peut donc pas dire que les personnages ont une psychologie très développée, mais tous les personnages apportent une vision nouvelle de la ville qui est finalement peut-être elle-même le personnage le plus important du récit. Un seul personnage qui ne doit avoir que deux chapitres de son point de vue m’a laissée un peu perplexe puisque la trame narrative autour de lui n’est qu’à peine esquissée, mais les autres personnages ont tous une évolution dans ce premier tome. C’est extrêmement plaisant de le suivre, certains sont très attachants, on adore en détester d’autres. Certains personnages nous emmènent dans des désillusions terribles du fait des choix qu’ils prennent. Je pointerais quand même un bémol en ce qui concerne les personnages féminins. Il y a deux points de vue féminins dans le roman et je les ai trouvés tous les deux assez clichés. Pendant une grande partie du livre, les femmes ne semblent vivre qu’à travers l’ombre masculine, même si j’ai eu l’impression que cela évoluait dans le bon sens à la fin, espérons que ça soit le cas dans le deuxième tome. 

Un pur roman d’action 

Si Les Veilleurs propose un univers post-apocalyptique assez restreint puisque l’action se déroule uniquement autour de Paris tel un huis-clos, on ne sait absolument rien de la situation ailleurs et l’univers est très peu détaillé. Le roman est centré sur le présent, et on ne sait rien de cette épidémie et de la manière dont elle a été traitée lorsqu’elle est apparue. Finalement, j’ai eu la sensation qu’on n’en disait pas trop, car le contexte du roman n’est pas très crédible, il faut accepter la situation comme elle est dépeinte sans vraiment chercher à trop réfléchir et à l’intellectualiser. C’est quelque chose que j’ai souvent beaucoup de mal à faire et j’ai tendance à ne pas aimer les romans de science-fiction young adult justement à cause des univers peu cohérents. Et pourtant, j’ai réussi ici à accepter cela et à me laisser porter par cette intrigue bourrée d’action. Jean-Luc Bizien nous offre un roman hyper prenant et haletant, un concentré d’action difficile à lâcher. Malgré les quelques défauts, j’ai donc passé un excellent moment avec cette lecture qui a été extrêmement divertissante et immersive. 

L’identité des monstres n’est pas mentionnée dans la quatrième de couverture, mais j’ai envie d’en parler dans cette chronique, car ce point m’a étonnée et est dévoilée dès les premières pages. Je ne pense donc pas que ça soit un spoil, mais si vous ne voulez rien savoir, je vous conseille de ne pas lire ce paragraphe. L’épidémie entraîne ainsi la transformation des adultes en monstres de trois types qui sont décrits comme étant des vampires, des loups-garous et des goules. J’ai été surprise de voir ces monstres assez classiques ici et finalement ils sont revisités d’une manière assez intelligente. Les humains ne se transforment en réalité par vraiment en vampire ou loup-garou, ce sont simplement la ressemblance des symptômes qui fait qu’on les surnomme ainsi. Et si au départ les trois types de « créatures » sont amalgamés en « monstres tueurs d’humains », on se rend compte que la situation est plus complexe que ça et qu’on ne peut pas considérer les trois créatures de la même manière. Le récit pose donc les bases d’une réflexion plus profonde que ce que ce que le ton peut laisser penser au départ et je suis très curieuse de voir comment ça sera développé dans le (ou les) prochain(s) tome(s).


Conclusion


Les Veilleurs est un roman de science-fiction qui nous emmène aux côtés d’une multitude de personnages dans un Paris emmuré où une épidémie transforme les adultes en monstres. Jean-Luc Bizien construit son récit à la manière d’un roman choral dans lequel on trouve le point de vue d’une dizaine de personnages. Les personnages ne sont pas forcément très développés, mais ils offrent tous une vision différente de la ville et de la situation qu’ils sont en train de vivre. L’intrigue démarre à un rythme effréné dans ce pur roman d’action où l’univers n’est pas extrêmement crédible et manque de quelques explications, mais qui est hyper prenant et divertissant. Si on réussit à passer au-dessus de ces quelques défauts liés à l’univers, le roman permet de passer un excellent moment et semble proposer une réflexion assez intéressante sur les monstres que deviennent les adultes touchés dans l’épidémie. A confirmer dans la suite ! 

TB lecture

D’autres avis : Un rat des villesKanou Book – ?

« Des souris et des hommes », John STEINBECK – Rébecca DAUTREMER

Brize
, 21/04/2021 | Source : Sur mes brizées

Avais-je déjà lu « Des souris et des hommes » de Steinbeck ? Impossible de m’en souvenir, alors que je n’ai aucun doute pour « Les raisins de la colère ». La parution du roman, présenté dans son intégralité, dans la mise en images qu’en fait Rébecca Dautremer, était donc une excellente opportunité de (re)découvrir l’œuvre (comprendre : le bon prétexte... Lire la Suite →

Amor Towles - Un Gentleman à Moscou

Baroona
, 20/04/2021 | Source : 233°C

Un Gentleman à Moscou, Amor Towles, 2016, 573 pages

En 1923, à la suite de la révolution russe de 1917 et à l'instauration d'un régime communiste, le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par un tribunal bolchévique en vertu de son statut d'aristocrate. Néanmoins, pour un poème aux accents révolutionnaires écrit des années auparavant, la sentence est plus clémente que prévu : le comte est condamné à ne plus quitter sa résidence, l'Hôtel Métropol en plein coeur de Moscou.

Est-il possible de rendre intéressant un roman se déroulant au sein d'un même hôtel pendant des décennies ? Oui, et c'est plus qu'intéressant, c'est passionnant. Un Gentleman à Moscou est un excellent roman qui met en scène un personnage principal exceptionnel. Le comte Rostov est un homme sensé, intelligent, fin observateur et agréable à vivre. Il est plein de classe et d'élégance, les vraies, pas de celles qui rabaissent leur entourage, bien au contraire.

Au fur et à mesure des pages, des personnages secondaires s'affirment, le passé se dévoile et l'évolution politique de l'URSS est habilement mis en scène en arrière-plan. Mais Rostov reste toujours l'élément central, frais et amusant, qui rend la lecture agréable de bout en bout. Il fait de cet hôtel un ilot de simplicité et de plaisir, et de ce livre un excellent roman, joli, touchant et optimiste.

Couverture : Mélissa Four / Traduction : Nathalie Cunnington
D'autres avis : Lune, Gromovar, Yogo, ...

Issa Elohim – Laurent Kloetzer

Lhisbei
, 20/04/2021 | Source : RSF Blog

Issa Elohim De Laurent Kloetzer Le Bélial collection Une Heure-Lumière – 128 pages. Frontières… Futur proche, dans une Europe cadenassée qui a délégué la gestion de ses frontières aux pays qui l’entourent, les camps de réfugiés se multiplient et accueillent tant bien que mal les milliers de personnes, hommes, femmes et enfants fuyant la guerre, le terrorisme ou les conséquences des dérèglement...

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