Adventures in Middle-Earth : Lonely Mountain Region Guide

Nébal
, 18/04/2019 | Source : Welcome to Nebalia

Adventures in Middle-Earth : Lonely Mountain Region Guide , Sophisticated Games – Cubicle 7, 2019, 144 p. Le supplément Lonely Mountain Region Guide pour Adventures in Middle-Earth est pour l’essentiel, et comme souvent, une transposition d’un supplément...

Terminus - Tom Sweterlitsch VF

Gromovar
, 18/04/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Savez-vous que dans moins d'une semaine sort "Terminus", la VF de l'excellent The Gone World de Tom Sweterlitsch ?

Maintenant vous le savez, plus d'excuse donc pour passer à côté.

Terminus, Tom Sweterlitsch

El Nakom tome 2

Anudar
, 17/04/2019 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar

Je parlais il y a quelques temps du premier tome de la BD de fiction historique titrée El Nakom et signée par Jéronaton : ce deuxième volet conclut l'histoire ainsi qu'il se doit...
Résumé : 
Gonzalo Guerrero, devenu le Nakom, a formé une amitié solide avec l'un des caciques maya de l'actuel Yucatan : ayant épousé une princesse, le voici lui-même devenu plus "indien" que castillan... Mais en l'an 1517, voici que ce qu'il redoutait depuis des années se produit enfin : les navires espagnols, remplis de conquérants assoiffés d'or et de soldats vétérans des guerres européennes, se mettent à débarquer sur les côtes du pays maya. Pour Guerrero, il faudra désormais unir les tribus et les cités-Etats de son pays d'adoption... et lutter aussi contre la peur qu'éprouvent les Mayas lorsqu'il s'agit de s'affronter aux Espagnos : outre leurs techniques de guerre, ils amènent avec eux des armures et des épées de métal, des canons et des animaux inconnus en Amérique, les chevaux... Le dévouement de Guerrero pourra-t-il suffire à sauver le pays maya ?
On le sait, l'Histoire fournit une réponse en apparence peu équivoque à cette question : la conquête espagnole des Amériques est réputée avoir su abattre en quelques mois, sinon quelques semaines, des civilisations organisées telles que celles des Aztèques ou du Pérou. Les causes de cet effondrement militaire sont bien connues : la supériorité stratégique et technologique des Espagnols, associés aussi à des supplétifs indigènes tels que les Tlaxcaltèques au Mexique, leur a permis de compenser leur infériorité numérique. Si ces faits seuls auraient suffi à expliquer les défaites que rencontrèrent aussi bien l'Empire inca que l'aztèque, elles sont caractérisées par une rapidité ahurissante qui ne peut être comprise qu'à travers le prisme des croyances et des superstitions des indigènes. En Mésoamérique, une vieille légende semblait prophétiser l'arrivée des Espagnols, redoutables guerriers barbus dont certains - montés sur des chevaux - engendraient une terreur particulière...

Si Gonzalo Guerrero ne pouvait tout à fait combler le fossé technologique entre les forces mayas et les castillanes, il pouvait en revanche lutter avec efficacité sur le front psychologique. La stratégie du Nakom, dans cet album, s'organise autour de deux axes : il s'agit d'abord de retirer aux Espagnols tout caractère surnaturel aux yeux des Mayas... et il s'agit aussi d'unir les Mayas eux-mêmes dans la défense commune. Les caciques avaient tenté d'envoyer les Espagnols plus à l'ouest, en direction de l'Empire aztèque plus riche en or, en espérant que la force d'un ennemi organisé viendrait à bout des envahisseurs - et c'est avec stupéfaction que la nouvelle de l'effondrement aztèque a été accueillie quelques temps plus tard. L'événement a pourtant donné quelques arguments à Guerrero qui, aussi fin stratège que ses compatriotes espagnols, a aussitôt compris qu'il fallait exploiter la spécificité du terrain pour changer une conquête facile en dispendieuse guerre d'usure : ainsi le Nakom peut-il être considéré comme le premier des guérilleros latino-américains de l'Histoire, destin compris !

Le récit de cette guerre asymétrique trouve pourtant une conclusion plus positive qu'il y paraît : Guerrero n'a certes pas réussi à bouter les Espagnols hors du Yucatan, mais son héritage est immense et pour deux raisons. La première, bien sûr, correspond à la résistance prolongée des Mayas au Yucatan qui, alors que le Mexique et le Pérou anciens mieux organisés tombaient en très peu de temps, restèrent libres plus d'un siècle après l'arrivée des Espagnols grâce à l'impulsion décisive donnée par Guerrero. La seconde est plus extraordinaire encore : Gonzalo Guerrero, père des premiers métis de Mésoamérique, est reconnu comme l'un des premiers représentants du Mexique actuel - pays dépositaire de plusieurs Histoires et à l'identité fondée sur le métissage tant culturel que génétique... De cette histoire vraie, Jéronaton a donc su tirer un album à nouveau très réussi : bravo !

La Sumida, de Nagaï Kafû

Nébal
, 17/04/2019 | Source : Welcome to Nebalia

NAGAÏ KAFÛ, La Sumida , [Sumidagawa すみた川 ], traduit du japonais, présenté et commenté par Pierre Faure, Paris, Gallimard – Unesco, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, série japonaise – coll. Connaissance de l’Orient, [1909, 1975, 1988] 1995, 154 p....

Pour une poignée de romans

Lutin82
, 17/04/2019 | Source : Albédo

Accompagnant le printemps. Certes, mon article est publié assez tardivement, surtout en pensant à la date initialement prévue… Mais, il faut dire que votre lutin a été très ambitieux, un peu trop sans doute, et s’est imposé des travaux de rafraîchissement à la maison – avec le démarrage de la saison apicole! Ainsi, si vous … Lire la suite de Pour une poignée de romans

Perihelion Summer - Greg Egan - Tiède

Gromovar
, 17/04/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


On peut reconnaître à Greg Egan un sens aigu du timing. Six jours seulement après la publication de la première photo jamais réalisée d'un trou noir supermassif, sort "Perihelion Summer", sa dernière novella, qui raconte l'effet sur la planète, et donc par ricochet sur nous, pauvres humains, d'une traversée du système solaire par Taraxippos, un micro trou noir.

Un trou noir, non, en fait deux, un trou noir binaire. Ce détail de l'histoire ne sert à rien, si ce n'est à ajouter une artificielle et brève incertitude sur la trajectoire exacte de l'objet et donc sur un possible cataclysme.

Ce malheur dont l'avenir est gros, nous le vivons en compagnie de Matt, un jeune ingénieur australien. Dans la première partie de la novella, Matt et quelques amis, convaincus de l’imminence des tsunamis colossaux à venir qu'amèneraient les effets de marée gigantesques causés par un passage proche, a embarqué – sous les rires de la plupart – sur un étrange esquif de sa conception, le Mandjet (du nom de la barque solaire de Ré), un engin autonome presque jusqu'à l'autarcie qui tire son énergie  du soleil et du mouvement des vagues, désalinise son eau, et produit lui-même les poissons d'élevage qui feront le gros de l'alimentation de l'équipage. Temps, angoisse, puis le verdict.

Taraxippos passe en fait un peu plus loin que prévu – 72 millions de kilomètres, plus de deux fois la distance qui sépara en 2017 la Terre de l'astéroïde 'Oumuamua. Pas d'effet de marée à craindre, la Terre est sauvée. Ou pas.
Car, fidèle à son nom, l'importun génère une attraction suffisante pour modifier légèrement la trajectoire orbitale elliptique de la Terre, la décentrant, avec donc un périhélie qui s'éloigne du soleil et un aphélie qui s'en approche. La Terre verra sa température moyenne augmenter de 15 degrés en été et baisser de 10 degrés en hiver pour ce qui est de l'hémisphère Sud – l'effet sera un peu moindre dans le Nord du fait de l'obliquité de notre planète. Mais, en raison de sa cause même, ce ne sera pas une hausse de 2,5 sur l'année, ce sera vraiment des étés 15 degrés plus chauds et des hivers 10 degrés plus froids. Un changement climatique inimaginable et soudain qui tuera à moyen terme – par ses effets sur le corps humain, les cultures, etc. – des centaines de millions de personnes, entraînera des flux de réfugiés sans précédent, et initiera les conflits internes et internationaux qui accompagnent inévitablement tout bouleversement malthusien.

Dans les parties 2 et 3, alors que le monde s’enfonce dans le chaos, Matt et son groupe conduiront un nombre de plus en plus grand de bateaux de réfugiés, agglutinés autour du Mandjet, dans un aller-retour circulaire Australie/Antarctique dont le but est de suivre le niveau des températures supportables. Ils vivront quelques tribulations et mettront progressivement en place un système de production et de troc fondé sur la confiance, l'embryon d'une culture marine nomade, peut-être la seule réaction adapté aux temps.

Depuis quelques années, Egan a tourné le dos a son approche initiale qui consistait à ne pas écrire pour/sur notre temps – Cf. Cérès et Vesta. Inquiet à juste titre du changement climatique, énervé sans doute (des passages le suggèrent ainsi que la novella susnommée) par la politique très anti-migrants de son pays, il descend dans l'arène militante. Hélas, il y perd ce qui faisait sa singularité (le trou noir n'est qu'un gimmick, et il ne suffit pas de parler lentille gravitationnelle pour que ça fasse de la Hard-SF) et devient l'un parmi d'autres à dire la même chose avec des métaphores différentes.

Si on veut être gentil avec l'auteur, on dira que "Perihelion Summer" est un cri d'alarme nécessaire sur l'imminence d'un danger auquel certains ne veulent pas croire et contre lequel beaucoup n'ont pas le courage d'agir. Si on veut s’adonner à l'intertextualité cuistre, on dira que "Perihelion Summer" est un prequel à La cité de l'orque, ou que la mort annoncée pour la plupart – et singulièrement dans une Australie qui fait avec jusqu'aux derniers instants – rappellent le très fade On the Beach.
Si on pense que « qui aime bien châtie bien », on est forcé d'admettre que le texte ne présente qu'un intérêt mineur et qu'il n'apporte rien de vraiment spectaculaire ou innovant.

Perihelion Summer, Greg Egan

L'avis de Feyd Rautha
L'avis d'Apophis

Perihelion summer – Greg Egan

Apophis
, 17/04/2019 | Source : Le culte d'Apophis

Tristement banal Perihelion Summer est le nouveau roman court de SF de Greg Egan, paru hier chez Tor.com. Et je dis bien : « de SF », et non « de Hard SF », tant ce texte est représentatif de la production récente du mystérieux australien, qui, par rapport à ses œuvres les plus anciennes, a d’une part spectaculairement […]

“Paradox Bound”, de Peter Clines

Alias
, 17/04/2019 | Source : Blog à part

"Paradox Bound", de Peter Clines

Au début de Paradox Bound, de Peter Clines, Eli est un enfant de Sanders, petite ville du Maine dans laquelle il ne se passe jamais rien. Sauf quand une Ford A pilotée par Harry, une jeune femme vêtue d'une redingote et d'un tricorne déboule dans sa vie. Plusieurs fois.

Et, plusieurs années plus tard, elle finit par l'embarquer pour une course à travers l'histoire des États-Unis à la poursuite d'un rêve protégé par de terrifiants agents sans visage.

De Peter Clines, j'avais lu le remarquable 14. Il a écrit d'autres ouvrages depuis, mais c'est une chronique, dont j'ai perdu le lien depuis, qui parlait d'un croisement entre Doctor Who et National Treasure qui m'a attiré vers ce roman.

Il est très bien, mais au final, je résumerais mon impression par "un peu court, jeune homme!"

C'est rare qu'un ouvrage laisse une impression de trop peu. En général, on est plutôt dans l'excès inverse. Mais dans Paradox Bound, Peter Clines prend une idée très cool – des chasseurs de trésor qui parcourent l'histoire des USA à bord de vieilles bagnoles – et boucle le bazar en quatre cents pages chrono.

Les États-Unis ont une histoire populaire qui flirte avec la mythologie. Certains de ses héros sont plus grands que nature et basés sur une narration générale qui les glorifie. En tant qu'historien, c'est un peu agaçant, mais vu à travers les yeux d'un rôliste / auteur, c'est de l'inspiration en barre.

Ainsi, dans Paradox Bound, on croise un certain nombre de ces personnages – un James Dean pas mort, par exemple, mais aussi Alice Ramsey, la première femme à avoir traversé les USA en automobile – et des situations tout aussi ébouriffantes. Sans parler de Bucephalus, le train qui voyage dans l'histoire.

Ah, au fait, ce n'est pas du voyage dans le temps, Harry est ferme sur ce point précis.

Les antagonistes des chasseurs de trésor, les agents sans visage, sont également très bien rendus, avec leurs pouvoirs basés sur la certitude. Ce n'est pas la moindre des trouvailles de l'auteur.

C'est le gros, gros défaut de Paradox Bound: il est frustrant. Après, c'est clair qu'avec le nombre de séries qui rallongent la sauce jusqu'à la fadeur, on peut comprendre que l'auteur ait eu envie de ne pas s'attarder. Mais avec un tel matériau, il y aurait eu de quoi faire au minimum un diptyque, voire une trilogie.

Cela dit, ça reste un roman plutôt cool. Comme mentionné, les bonnes idées y pullulent et il y a de quoi passer un excellent moment.

Pas d'autres avis trouvés en français; n'hésitez pas à me signaler si vous l'avez lu.

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Luna Moon Rising - Ian McDonald

Gromovar
, 16/04/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Suite et fin de la trilogie lunaire de Ian McDonald avec "Luna Moon Rising".
Ici, le titre dit tout. Car c'est au coming of age de la société lunaire que va assister le lecteur.

Après le coup de force de Lucas Corta aidé par les intérêts terriens, les familles de Dragons sont toujours en guerre. Mais, du fait des nombreux meurtres des deux premiers tomes, les rangs des tycoons se sont éclaircis. Des dynasties lunaires ne restent que les survivants, tirés autant par leur soif de vengeance que par la nécessité de jouer au mieux leurs pions sur un échiquier du pouvoir très largement bouleversé.

Lucas Corta, devenu Aigle de la Lune, n'a pas abandonné l'idée de ressusciter sa famille et de lui rendre le siège de son influence, perdu lors de l'assaut meurtrier des McKenzie ; ces derniers ont, eux, connu une guerre interne qui a scindé la famille en deux branches ennemies – l'une des branches caressant un grand projet de minage spatial. Les Sun jouent toujours leur jeu de long terme et sont adversaires de tous les autres. Les Vorontsov rêvent toujours de contrôler l'intégralité du transport spatial. Quant aux Asamoah, va savoir ce qu'ils veulent – ah, si, terraformer la Lune.

Alors que les cartes ont été largement redistribuées par les événements précédents et que les Terriens ont pour objectif de mettre la Lune sous tutelle, plusieurs voies s'ouvrent devant la société lunaire : rester le paradis libertaire contractuel et a-légal qu'il est depuis l'origine, muter en société « communiste » post-rareté, se vider de tous ses habitants à échéance de cinquante ans pour se transformer en bourse géante uniquement dédiée aux transactions financières. Aucune de ces options ne satisfait tout le monde, la dernière – voulue par les Terriens – le moins de toutes.

On assiste donc, dans "Luna Moon Rising", aux jeux de vengeance et de pouvoir auxquels continuent de s'adonner des familles lunaires qui ne réalisent que progressivement la menace que le projet terrien fait peser sur l'existence même de leur société.

C'est autour des comptes à régler et du sauvetage puis de la garde de Lucasinho Corta – laissé comme mort à la fin du deuxième tome – que tourne toute l'intrigue.
On y voit Wagner Corta revenir dans le jeu des familles – une forme de rédemption.
On y voit les jeunes Luna et Robson Corta jouer enfin des rôles importants.
On y voit Alexia Corta, nouvellement sélénite, tenter de faire les choses justes tout en étant loyale à sa famille.
On y voit Ariel Corta, l'avocate, prendre enfin une vraie épaisseur en s'opposant à son frère et chef de famille pour lui prendre un pouvoir politique qu'il n'utilise pas à bon escient – pas dans le sens, en tout cas, des intérêts de la Lune, incapable qu'il est de dépasser ceux, pré-étatiques, de la famille.
On y revoit Marina, qui était revenue sur Terre et qui, confrontée à l'hostilité croissante des Terriens vis à vis de tout ce qui touche à la Lune, choisit d'y retourner.
On y découvre l'Université de Farside – sur la face cachée – avec ses chercheurs de haut vol, ses guerriers d'élite, et son indépendance totale envers toutes les familles. Presque une Garde de Nuit intellectuelle.

L'histoire consiste encore en une succession de complots, d'alliances tactiques qui se font et se défont, de coups de force violents et spectaculaires.
Beaucoup de complots, beaucoup de haines, et quelques grands moments de narration, le meilleur étant sans doute le duel judiciaire final – oui, une ordalie – qui amène une bascule du pouvoir de Lucas à Ariel et... (je n'en dirai rien si ce n'est qu'après, rien ne sera plus comme avant, coming of age je vous disais).

Néanmoins, gros bémol, la lecture de "Luna Moon Rising" a été assez ennuyeuse.

Le world building de McDonald est toujours le grand point fort du cycle mais, maintenant, le lecteur le connaît. Le récit semble alors délayé par la profusion des détails que donne l'auteur et qui ne changent rien à ce qu'on savait déjà de la société lunaire.

Entre deux discussions et combats (avec, comme dans le tome 2, des transitions qu'on pourra trouver trop abruptes ou peu claires), on doit donc aussi lire des pages et des pages de robes, chaussures, désir sexuel, bossa nova, course à pied, vol en faible gravité, cocktails, plats cuisinés, réceptions, etc. Tout ce background servait le récit au début du cycle, il fait redondant maintenant et allonge artificiellement le chemin vers la résolution de la guerre civile lunaire. On a l'impression d'être face à la foultitude de détails sur les US dont Stephen King agrémente hélas souvent ses romans, et qui impose parfois une lecture en diagonale, pratiquée ici aussi. Et ne parlons pas des états d'âme de Marina sur Terre qui auraient pu faire l'objet d'une voix off étant donné qu'ils ne servent pas l'intrigue.  Ou de quelques « heureuses » coïncidences. Ou de fils dont l'auteur ne fait pas grand chose – avec autant de personnages nommés, il aurait fallu le volume du Trône de Fer pour développer vraiment tout sans que ça fasse rushé.

Le passage de deux à trois tomes, imposé par le projet d'adaptation télé, a donc conduit à un délayage excessif, d'autant que les retournements d'alliances successifs et la révélation, seulement à la toute fin, de la direction dans laquelle le tout allait – à savoir un changement radical qui implique une dépatrimonialisation de l'Etat, n'aident pas à prendre parti pour quiconque dans des luttes qui semblent toutes strictement tribales.

Luna Moon Rising, Ian McDonald

Mémoires d’Outre-Mort – Christopher Buehlman

Xapur
, 16/04/2019 | Source : Les Lectures de Xapur

Christopher Buehlman - mémoires d'outre-mort

Je ne suis pas un grand fan de littérature vampirique, mais les bonnes critiques qui ont précédé la sortie de Mémoires d’Outre-Mort m’ont donné envie d’y planter les crocs…

Résumé

(source éditeur)

 » ON NE NAÎT PAS VAMPIRE, ON LE DEVIENT « 

1978. Si New York est une ville sale et dangereuse pour les vivants, Joey Peacock, vampire aux traits éternellement jeunes, y voit toujours un magnifique terrain de chasse. La nuit tombée, du fameux Studio 54 aux appartements du Village en passant par le CBGB cher aux punks, il écume Manhattan en quête d’une artère compatissante. Première des règles : charmer la proie, ne jamais la tuer. Quand vient l’aube, Joey rejoint dans une station de métro désaffectée ses frères et soeurs de sang, parmi lesquels Cvetko le Slovène philosophe, Billy Bang le fou de free jazz et, bien sûr, la patronne, Margaret, qui administre son territoire d’une main de fer. Jusqu’au jour où de nouveaux arrivants menacent la survie de la petite communauté : des enfants aux yeux brillants et aux longues canines, redoutables tueurs dont les besoins semblent sans limite…

Editeur : Hugo Roman, collection Nouveaux Mondes – Traduction : Jean Bonnefoy – Date de parution : 18/04/2019 – 429 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Poète, dramaturge et romancier né à Tampa (Floride), en 1969, diplômé d’histoire et de français, Christopher Buehlman est l’une des voix les plus originales de la littérature fantastique contemporaine. Il collabore en qualité de scénariste à la nouvelle saison de la série  » Creepshow  » et Mémoires d’outre-mort va faire l’objet d’une adaptation télévisée.

Mon avis

Le livre nous permet de faire la découverte de Joey, un jeune vampire âgé ! En effet, le petit Joey s’est fait virer, comprendre convertir, quand il était encore adolescent, il y a une soixantaine d’années. Depuis, il vit ou survit comme il peut, au sein d’une sorte de famille recomposée et nous raconte des aventures un peu minables.

Pas joyeux en effet le quotidien des vampires, obligés de se cacher dans les couloirs et les stations désaffectées du métro new-yorkais, défendant leur petit territoire contre les camés ou les SDF de passage, et essayant d’éviter les rats et insectes qui apprécient leur chair puante. Pourtant, il y a là Margaret, la cheffe du clan (que Joey a poussé indirectement vers le vampirisme, elle s’est ensuite bien vengée sur lui^^) et Cvetko l’érudit non violent au corps d’apparence âgé, qui sert un peu de mentor et de père à Joey. Et quelques autres, un joueur de musique, un ancien soldat, une femme un peu simple, ou quelques meurtriers convertis. Malgré tout, ils vivent dans des conditions minables, récupérant ici ou là quelques affaires et babioles, essayant de survivre discrètement.

En commençant par ne pas tuer les proies dont ils se nourrissent, les voyageurs banals du métro, vite charmés par les vampires et délestés de quelques décilitres de sang, ne gardant le plus souvent aucun souvenir de leur mésaventure. Enfin, s’ils ne se font pas peler, donc trucider lors d’une agression qui a mal tourné, ou bien transformer par accident, pour rejoindre le petit club des bas-fonds. Il ne faudrait pas en effet attirer l’attention de la police, qui viendrait murer les petits refuges et interstices durement aménagés.

Tout semble donc ne pas aller trop mal pour Joey et sa bande, jusqu’à l’arrivée d’enfants particulièrement voraces. De charmants petits monstres (uh, uh) qui semblent ne pas comprendre les règles de base de la survie et sont difficiles à gérer. Ah, ces gosses… C’est là que le roman bascule réellement, et passe de l’horreur au gore, tant il est difficile de satisfaire les petits assoiffés mal éduqués. A moins qu’ils ne cachent des secrets inavouables ?

Un livre parfaitement maîtrisé, qui nous plonge dans les années 80 à New York, une ville crade dont l’atmosphère est bien restituée, mais surtout une plongée dans les bas-fonds du métro, où des centaines de kilomètres de réseaux permettent aux reclus de se déplacer en évitant le regard des autres. Et de créer une société parallèle de morlocks aux mœurs bien particulières et à l’équilibre précaire que les nouveaux venus vont faire voler en éclats.

Un rythme nerveux, des chapitres courts et rythmés, un style moderne et des péripéties sanglantes qui ne laissent pas de répit au lecteur, Mémoires d’Outre-Mort comprend également un twist final inattendu qui remet le tout en perspective et incite à se poser des questions sur ce qu’on a lu. Efficace.

A noter qu’un roman du même auteur, Christopher Buehlman intitulé The Suicide Motor Club est lié à Mémoires d’Outre-Mort et traite aussi de vampires. En espérant le voir un jour arriver en France…

Bonus : interview de l’auteur sur ActuSF

D’autres avis : …

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