Joëlle Wintrebert - Les Olympiades truquées

Baroona
, 20/04/2019 | Source : 233°C

Les Olympiades truquées, Joëlle Wintrebert, 1998, 313 pages.

Sphyrène est une nageuse se préparant pour les Jeux Olympiques, avec tout ce que cela implique du culte du corps. Maël, elle, est une clone, réplique d'une grande musicienne disparue dans un accident, dont le père - du clone - est l'ancien mari - du modèle. Les Olympiades truquées est un roman qui traite du corps dans tous ses états, et pas nécessairement les plus ragoûtants. Ce qui donnera le droit à quelques scènes forts crues et sexuées qui m'auront personnellement quelque peu sorti du livre.

Mais Les Olympiades truquées est aussi, évidemment, un roman qui parle du sport et plus précisément du "toujours plus", des enjeux qui explosent et du développement du dopage. Des idées intéressantes, toujours d'actualité même si leur écho est sensiblement différent - mais pas moindre - du moment de l'écriture, malgré un certain manichéisme et une vision très sombre qui amoindrissent quelque peu le constat.

Tout ça, et même plus, via des chapitres courts et des points de vue changeant sans cesse, en seulement 300 pages. Malheureusement, cela ne laisse pas la place nécessaire au bon développement de l'histoire ou des idées. C'est le problème du livre : il y a trop de choses, beaucoup trop de choses, et du coup tout parait survolé, et un peu plat, jusqu'à une partie finale - les JO, enfin ! - bouclée en si peu de pages. C'est d'autant plus dommage que ça aurait pu être vraiment bien.

The black god’s drums – P. Djèli Clark

Apophis
, 20/04/2019 | Source : Le culte d'Apophis

Un worldbuilding au top, encore une fois Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez sans doute que lorsque je découvre un auteur et que j’apprécie vraiment ce que je lis, j’ai tendance à aller farfouiller dans sa bibliographie, histoire de prolonger cette bonne expérience. Après avoir adoré The haunting of Tram Car 015 […]

The Haunting of Tram Car 015 de P. Djèli Clark

Lianne
, 20/04/2019 | Source : De livres en livres







Année de sortie : 2019
Éditeur : Tor.com
Nombre de pages : 144
Genres : Fantasy, Uchronie





Mon avis

Une novella vraiment très intéressante dans un monde coloré et plein d'imagination.

Hamed al-Nasr est un agent du Ministère de l'Alchemie, des Enchantements et des entités surnaturelles. Accompagné du bleu Onsi il doit diriger une affaire concernant une voiture de tram hantée. Mais malheureusement son service n'a pas le budget pour utiliser la solution la plus évidente pour résoudre l'affaire. Il se retrouve donc à devoir utiliser des méthodes alternatives bien plus risquées ...

L'univers de cette novella est le même que dans l'autre novella de l'auteur A Dead Djinn in Cairo que je n'ai pas encore lue mais qui sera sortie bientôt.

Le Caire, Egypte, 1912. Suite à un événement des années 1860, la porte vers le monde des Djinns a été ouverte. Depuis les humains ont appris à faire avec et à collaborer avec ses être surnaturels très puissants. Ils sont vraiment partout et leurs pouvoirs font de l'Egypte indépendante un des pays en avance sur son temps, parmi les plus développés et puissants du monde.

Je le dit tout de suite, l’intérêt de cette novella pour moi est qu'elle réuni trois qualités essentielles : une bonne intrigue consistante malgré le peu de pages, des personnages crédibles et attachants, un univers magique qui fait vraiment rêver et qui apporte un plus dans la diversité de la SFFF actuelle et le tout dans un style bien à lui qui implique bien le lecteur. 

De toutes celles que j'ai lu c'est surement une des meilleures novellas de Tor.com depuis que j'ai commencé à les découvrir régulièrement.

Dans ce monde alternatif on retrouve les problèmes de son époque, on voit notamment des suffragettes qui luttent pour obtenir le droit de vote dans ce monde qui finalement n'est pas aussi machiste qu'on pourrait imaginer. Les femmes ont un bon rôle qui va bien dans l'époque sans être exagéré.

Du moins dans le cadre du traitement de la novella car les personnages sont bien traités, notamment Hamed qui est très réaliste sur la question. J'ai beaucoup aimé sa façon de penser. Il fait très "vieux sage" finalement, sans qu'il se prenne pour un expert. Il s'y connait en négociations et fini toujours par trouver un moyen de se sortir d'une situation difficile. 

J'ai aussi beaucoup apprécié le coté policier et enquête de l'intrigue. C'est vrai que je suis assez difficile concernant ce point et il arrive très souvent que les textes courts dans le registre du policier tombent à plat car il est difficile de vraiment développer et trouver de bonnes idées suffisamment complexes en peu de pages. Difficile mais pas impossible et cette novella ci le prouve.

On peut vraiment dire que ce texte fait voyager. Le livre est rempli de concepts intéressants et différents.
La couverture est d'ailleurs vraiment bien représentative du monde et j'avoue que mon imagination a vraiment été sollicitée pour imaginer les différentes parties de la ville décrites. C'est vraiment magique et on a une vrai féérie qui se dégage de l'ensemble.

17/20

« Sleeping Beauties », Stephen KING et Owen KING (lu par Marie Bouvier)

Brize
, 20/04/2019 | Source : SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique) – Sur mes brizées

A Dooling, petite ville des Etats-Unis, comme dans le reste du monde, un phénomène inexplicable touche soudain la population féminine : dès lors qu'une femme s'endort, elle est rapidement enveloppée d'un cocon et y demeure figée, telle une momie qui continuerait néanmoins à respirer. Et si on cherche à l'en extraire, elle se transforme en...... Lire la Suite →

Tom Sweterlitsch - Terminus

TmbM
, 19/04/2019 | Source : Touchez mon blog, Monseigneur...


Tom Sweterlitsch Terminus Albin Michel imaginaire

Tom Sweterlitsch 

Terminus 

Ed. Albin Michel 


Après un court prologue futuriste et apocalyptique, le premier roman de Tom Sweterlitsch nous emmène en 1997, sur une scène de meurtre particulièrement graphic, comme on dit outre-Manche. Trois membres d'une famille trucidés, une mère et deux de ses enfants, du sang partout et des ongles arrachés. Un truc vraiment dégueu. Peut-être même un peu trop. Le père et l'ainée de la fratrie manquent à l'appel.

C’est Shannon Moss qui se colle à cette enquête. Pourquoi elle, alors qu'elle n'est pas simple flic mais agent spécial du NCIS ? Car, avant d'être le principal suspect, le père de famille a participé, comme elle, à un programme top-secret de voyage dans le temps. Et là, dans le futur, il a assisté au Terminus, la fin de toutes choses sur la planète. En effet, notre monde court à sa perte et seuls quelques rares personnes bien placées sont au courant. Mais pour l'instant, l'agent Moss enquête dans le présent. Même si elle aura l'occasion de faire quelques allers-retours en 2015-2016 pour piocher des réponses aux questions en suspens en 1997. Elle aura surtout l'occasion d'y vivre des aventures inouïes et de payer de sa personne.

Il y a deux ou trois choses sur le voyage dans le temps qu'il faut avoir en tête. Dans ce roman, le passé est immuable et le présent est ce qu'il est. Soit. Quant au futur, il ne s'emploie qu'au pluriel. Les futurs. Ou, plus précisément, les futurs probables. Chacune de nos actions impactant le cours des évènements et donnant potentiellement à la courbe du temps une direction inédite, il existe une infinité de futurs probables. Même si chacune de ces trajectoires mène finalement au Terminus. Il faut également avoir en tête qu'un tel voyage peut s'avérer dangereux. Les habitants du futur probable que vous visitez, s'ils découvrent que vous venez du présent, pourraient avoir intérêt à ne pas vous laisser repartir. Oui, songez que le retour du voyageur dans le présent fait disparaître cette projection et eux avec.

Si sa trame a tout du roman policier, s'il en respecte d'ailleurs les codes et s'il se dévore comme un polar d'une redoutable efficacité, le roman de Tom Sweterlitsch brille surtout par ses éléments science-fictionnels. L'intrigue est basée sur le voyage temporel, l'auteur en revisite le concept avec originalité et exploite brillamment les possibilités qui s'offrent à lui. Il est toujours très cohérent, rigoureux et ne laisse aucune part au hasard, qu'il s'agisse des conséquences du voyage, des empreintes du temps, de la dangerosité de l'opération ou encore des variantes entre les futurs probables. Tout est parfaitement maîtrisé. Quant aux coïncidences troublantes et aux situations déroutantes qui semblent n'être là que pour pousser l'agent Moss dans ses derniers retranchements, elles ne doivent rien au hasard...

Par bien des aspects le roman peut sembler complexe - et il l'est en partie - mais il n'est jamais compliqué. C'est l'une de ses grandes forces. Certes, il faut être à ce qu'on fait quand on le lit, mais la solidité de l'intrigue n'a d'égale que sa limpidité. Sachant que son personnage, charismatique et déterminé, nuancé et intelligent, pourrait à lui-seul valoir le détour.

Et si mon enthousiasme n'est pas suffisant pour vous convaincre de vous lancer dans ce roman, je ne peux que vous renvoyer vers les avis éclairés d'Apophis, du Lutin, de Célindanaé ou encore de Gromovar. Ils n'en pensent pas moins.

Colonies | Voyage par les Portes de Vangk

Tigger Lilly
, 19/04/2019 | Source : Le dragon galactique

Impressions. Colonies est une recueil de nouvelles de space opera écrit par Laurent Genefort et publié au Bélial’ en avril 2019. Il nous emmène dans l’espace, far far away, dans des colonies spatiales ou planétaires.… Plus

La Première Pierre

Anudar
, 19/04/2019 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar

Je n'ai que très peu lu Ursula K. Le Guin pour le moment : mis à part quelques nouvelles ici ou là, il me reste encore à explorer presque tout son imaginaire. L'Anthologie des Utopiales édition 2018 offre à lire d'elle La Première Pierre, un court texte qui m'a fait - comme on va le constater - une forte impression.
Résumé : 
Bu est une nur : au printemps, elle doit participer à la reconstruction des murs en pierres sèches des terrasses de l'université, pour que ses maîtres obls puissent bénéficier du confort de la méditation estivale. Un jour, elle découvre une pierre aux tons bleu-vert inhabituels qui s'incorpore à merveille dans le Dessin du Doyen. La couleur qu'elle lui apporte donne un sens particulier à la structure, un sens qui va offrir aux nurs une nouvelle conscience du monde... à moins qu'ils ne fassent que la redécouvrir ?
Voici une dystopie bien caractérisée : une société stratifiée à l'extrême, dont les maîtres - les obls - possèdent tous les droits et dominent les serviteurs - les nurs - par le savoir, la tradition et le viol ; un système immémorial que plus personne ne questionne bien qu'il soit dysfonctionnel - pourtant, les terrasses doivent être refaites tous les ans ; des personnages qui ne possèdent même plus les capacités de questionnement nécessaires à une remise en question des structures oppressives qui les entourent ; un grain de sable qui s'introduit dans la machine quand le tri annuel des pierres, suite aux crues, finit par mettre aux jours un élément perturbateur et rend aux nurs un sens perdu, celui de la couleur et des concepts qu'elle transporte... et c'est ainsi que la frise méditative des terrasses, conçue pour et par des obls mais construite par des nurs, prend pour ces derniers un sens nouveau.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire, je n'aime en général pas les dystopies. Celle-ci fait exception à la règle : remplissant à mon sens tous les termes du contrat - dénonciation, proposition, évasion comme je le suggérais dans ma chronique de Darkest Minds - elle dispose de tout ce qu'il faut pour se retrouver sur le sommet du panier. Par ailleurs - et cela ne gâche rien - l'écriture de Le Guin est légère et poétique, soit donc tout à fait adaptée à cette histoire cruelle mais remplie d'espoir. On est ici très loin de la navrante production dystopique actuelle : bravo !

Terminus – Tom Sweterlitsch

Lutin82
, 19/04/2019 | Source : Albédo

Une tuerie! Albin Michel Imaginaire Parfois, il est fondamentalement jouissif de se plonger dans un roman en l’ayant noté comme « à lire » depuis un bon moment (et oublié pourquoi), pour finalement le découvrir sans avoir de grosses attentes. Ainsi, la magie intrinsèquement liée à la lecture opère, surprise et enchantement fonctionnent au diapason pour notre … Lire la suite de Terminus – Tom Sweterlitsch

Comment parler à un Alien ? - Frédéric Landragin

Yogo
, 19/04/2019 | Source : Les Lectures du Maki


Enrichissant et passionnant

Comment parler à un Alien ? de Frédéric Landragin est le premier titre de la collection Parallaxe lancée en fin d'année dernière par Le Bélial. Il s'agit d'une collection dédiée à la vulgarisation scientifique. Si vous voulez en savoir un peu plus sur cette collection, je vous invite à lire la présentation sur le site du Bélial.

Ce premier essai qui s'intéresse à la linguistique et au langage est explicité à travers de nombreux romans et nouvelles de Science Fiction mais aussi de quelques films comme Premier Contact. Frédéric Landragin est docteur en informatique-linguistique et directeur de recherche au CNRS. Mais surtout c'est un excellent pédagogue - pas besoin de s'y connaître en linguistique pour comprendre de quoi il parle - et un passionné par les domaines de l'imaginaire. 

Dans l'introduction, l'auteur nous pose les bases de linguistique, quelques fondements sur lesquels il va articuler son propos. On rentre directement dans le vif du sujet et on découvre un univers assez vaste, complet parfois compliqué. Heureusement Frédéric Landragin rend le propos compréhensible et arrive à nous passionner.

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Wounds - Nathan Ballingrund

Gromovar
, 19/04/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?



Nathan Ballingrud est un auteur américain de fantastique et d'horreur. "Wounds" est son dernier recueil de nouvelles ; il contient, entre autres, The Visible Filth, le texte qui sera adapté prochainement au cinéma – ce qui justifie qu'une sorte d'escroc en vende une version papier 566$ sur Amazon. Enjoy !

"Wounds", donc, est un recueil fantastique d'une grande originalité. C'est son classicisme affecté – et j'irai jusqu'à dire outré – qui en fait le charme.
Pas d'explication matérialiste ; c'est l'Enfer et le Diable qui sont à la manœuvre. Pas de fantastique aux marges qui ferait irruption impromptu dans le réel ; le surnaturel vit avec et dans le monde, au minimum contenu dans une zone particulière (Maw), au maximum côtoyant les humains au vu et au su de tous.
L'ambiance est donc quelque part entre la Famille Addams, Planescape : Torment, Bernie Wrightson, Lucifer, ou les House of Mystery. On est donc ici dans l'anti-Lovecraft. Du point de vue de l'horreur, c'est l'autre face de la pièce.

"Wounds" introduit son lecteur à un monde dans lequel le diable existe et agit depuis l'enfer auquel l'a condamné sa rébellion divine. Prises de contacts d'initiés humains à destination de l'enfer, ouverture volontaire ou accidentelle du rideau entre les plans, "Wounds" est l'histoire des rapports entre notre monde et celui d'en-dessous par l'entremise de cultistes aux motivations variés.
Ce qu'ils cherchent en enfer ? Le pouvoir, la connaissance, une réalité « supérieure ». Ce que l'enfer veut du monde ? Y propager son amour, un amour étrange et terrifiant qui attire préférentiellement les solitaires, les désespérés, les déprimés – tous ceux que l'amour de Dieu et des hommes n'a que trop peu atteint –, sans oublier des religieux au sens strict, prêtres et prosélytes d'une contre-religion qui n'est qu'en partie occulte.

Ballingrud raconte ses histoires tragiques et terrifiantes en usant d'une jolie écriture qui accumule des images qu'on pourrait qualifier de gothique ou de néo-gothique – dans la version la plus traditionnelle du terme, avec manoirs, cranes, os, sorciers, etc. – s'il n'y avait quelques moments résolument weird qui expliquent sans doute l'amitié que Vandermeer porte au livre.

Six nouvelles donc :

The Atlas of Hell est une histoire de détective occulte impliqué dans une histoire de vengeance au cœur du bayou. On y voit se côtoyer le monde normal des libraires et des gangsters avec celui des sorciers et des damnés sans la moindre solution de continuité. On y découvre sous quelle forme incongrue existent les « Atlas de l'enfer ». C'est une entrée en matière surprenante et très graphique qui donne bien le ton général du recueil.

The Diabolist est l'histoire d'un sorcier qui meurt, des années après avoir raté une invocation pour ramener sa femme d'entre les morts. Dans la grande maison silencieuse restent la fille du mort et l'imp qui avait été appelé par l'invocation et vivait emprisonné depuis dans le laboratoire du sorcier. Narrateur innovant de l'histoire, le « démon » prendra une liberté dont son invocateur le privait depuis des années.

Skullpocket montre comment une goule devint un personnage important de la petite ville de Hob's Landing. Comment, il y a un siècle environ, un trio d'enfants goules causèrent le chaos dans la fête annuelle de la ville. Comment l'une des goules s'installa dans un manoir local puis aplanit au fil des décennies ses relations tendues avec la ville meurtrie. Comment, enfin, elle institua une fête annuelle de remplacement – la fête de SkullPocket – qui lie les deux mondes sans nier l'atrocité de celui d'en-dessous.

The Maw est la seule histoire où l'enfer entre en force dans une ville moderne jusqu'à en prendre le contrôle. Incapable de résister à l'assaut infernal, l'humanité ne peut que mettre la zone en quarantaine, comme un Fukushima diabolique. Dans le récit, on voit un vieil homme, guidée par une jeune fille, partir à la recherche de sa chienne au cœur d'une géographie urbaine que les démons redécorent à l'aide de matériaux humains.

Les quatre premiers textes sont plutôt bons sans être exceptionnels. Ils installent l'ambiance et le contexte, et sont donc utiles.

Puis viennent les deux gros morceaux.

The Visible Filth (soon to be a major motion picture !!!), est une longue histoire proprement terrifiante. Quand un barman de nuit à la vie sentimentale incertaine trouve un téléphone mobile oublié dans son établissement, quand il commence à recevoir des messages et des images gores sur un téléphone qu'il n'arrive pas à se résoudre à apporter à la police, il entre sans le savoir dans l'enfer des cultistes de Morningstar et fait basculer sa vie et celle de ses proches. La malveillance des enfers répond à ses faiblesses, la séduction de l'enfer trouve ici un terreau dans lequel s'épanouir. Très noire, très progressive, très stressante, la nouvelle est une vraie réussite.

The Butcher's Table enfin se passe aux Caraïbes, dans le milieu des pirates. Texte le plus long, c'est une grande aventure qui mêle deux cultes adversaires mais néanmoins alliés, des pirates sans foi ni loi, une voire deux histoires d'amour, des cannibales en route pour festoyer sur les côtes de l'enfer, un ange déchu, des monstres, etc. Très spectaculaire, le texte met en lumière la rouerie des hommes qu'aucune morale ne retient. Chacun des protagonistes a un agenda secret en plus de son agenda public, chacun ment aux autres sur ce qu'il veut ou fera vraiment, chacun trahira à un moment ou l'autre, aucun ne peut se fier aux autres pour réussir ni même pour survivre. A la fin, c'est le Diable qui gagne et, joli twist métatextuel, on comprend par un adjectif d'où provenait l'« Atlas de l'enfer » qui mettait en branle le premier récit.

Un bon recueil, original dans son classicisme à la Bosch même, et joliment construit en crescendo.

Wounds, Nathan Ballingrund