Brouillard sur la baie

Le chien critique
, 21/10/2021 | Source : Le chien critique

 

Estelle Faye, Albin Michel Imaginaire, 2021, 80 pages, gratuit en epub


Je déplore régulièrement que les éditeurs de romans grand format soient très frileux dans le fait d'y ajouter du contenu supplémentaire : entretins, paratexte, nouvelles. Albi Michel Imaginaire ne déroge pas à la règle, mais propose de temps en temps de petits fascicules disponibles gratuitement en format numérique pour accompagner la sortie d'un nouveau roman, ici Widjigo. Brouillard sur la baie comporte deux nouvelles, dont l'une est exceptionnelle.Vous pouvez télécharger ce titre dans votre boutique habituelle.

Les anges tièdes

Cette nouvelle était ma première plongée dans l'univers d'Estelle Faye, une réussite.
La force de ce texte est d'avoir dilué les informations sur l'univers peu à peu, le lecteur découvrant les tenants de l'histoire au fur et à mesure, jusqu'à la chute, je devrais dire les chutes car il y a plusieurs paliers dans la révélation finale.

Nous sommes dans un univers de science-fiction où la quincaillerie ne l'emporte pas sur l'histoire. Certains pourront donc reprocher à Estelle Faye quelques facilités, quelques ellipses opportunes, je préfère y voir sa volonté de se concentrer sur les émotions et l'histoire de la jeune fille. C'est la SF que j'aime, où le personnage importe plus que le contexte, nous permet de nous mettre à la place de (et ici, je pense que ma décision serait identique à la jeune fille). La morale de l'histoire pourrait se résumer à : On a les utopies qu'on peut ! Les anges tièdes, c'est aussi un texte dont les images surgissent du texte. Un must.
Quelques fulgurances dans l'écriture, comme ce "velours de pénombre", quelques légèretés humoristique, tel ce "concours du plus gros navet", ou cette "trottinette déambulateur" !

J'avais rencontré ce texte grâce à l'expérience Coliopod, un podcast dont le texte  avait été lu par l'autrice elle-même, un choix judicieux. Elle réussit à transmettre toutes les intonations voulues à son texte, un ton parfois naïf, ironique ou légèrement désabusé, ponctué de silences ou au contraire d'une rapidité dans la lecture. Le podcast est toujours écoutable ici.
La nouvelle a remporté le prix Rosny Ainé 2017. (prix en hommage à un auteur précurseur de nos genres que je vous invite à découvrir aussi)



Bal de brume

Gaël Ferrier a quitté la France sur un coup de tête pour poursuivre ses études cinématographiques à Los Angeles. Il y fait quelques connaissances et est invité par un vieillard excentrique dans sa villa perdu dans le fog. L'autrice prend son temps pour nous peindre sa galerie de portraits et la ville où ils se trouvent. Un quotidien banal jusqu'au moment où...
Lu sans savoir de quoi parlait le texte, la plume Estelle Faye m'a emporté avec elle pour m'emmener où je ne pensais pas aller. Même si je ne suis pas très fan de cette thématique, dont je tairai le nom, qu'il me manque sûrement certaines références pour savourer les clins d'œil qui doivent y être, j'ai bien apprécié me perdre dans ce brouillard et son pouvoir étrange. J'ai même eu un goût de trop peu, j'aurais aimé y flâner un peu plus.

Utopiales 2021 | Programme prévisionnel

Tigger Lilly
, 21/10/2021 | Source : Le dragon galactique

Est-ce que j’ai déjà été plus impatiente de me rendre à une nouvelle édition de mon pourvoyeur en expériences intellectuelles et sociales préféré ? Je ne sais pas. Mais l’annulation de l’édition précédente la veille… Plus

L’évangile selon Myriam de Ketty Steward

Cédric Jeanneret
, 21/10/2021 | Source : Reflets de mes lectures

Myriam a 16 ans et vit dans une communauté ayant fuit l’oppression dans un futur post-apocalyptique. Son père était un prêcheur de la communauté et à sa disparition Myriam  se sent investit d’une mission par Dieu : mettre par écrit et ordonné les différents récits que la communauté à pu sauvegarder. Cela sera l’évangile selon Myriam.

Dans ce texte, Ketty Steward, re-construit le récit biblique en l’intercalant et l’éclairant avec des contes, des récits mythologiques et « classiques ». Le tout présentant Lucifer dans un rôle plus positif et introduisant Alphonse, le principe de la réalité.

Le tout donne un texte très agréable à lire qui éclaire via des récits l’expérience de la vie humaine.

La maison hantée: quand le surnaturel s’invite dans le quotidien

Célinedanaë
, 20/10/2021 | Source : Au pays des cave trolls

Cet article est le premier d’une nouvelle série que j’espère réaliser et qui concerne les lieux dans l’Imaginaire. Le décor dans lequel se déroule une histoire a beaucoup d’importance, au point de devenir parfois un personnage à part entière. Il joue aussi sur l’atmosphère du récit, sur la manière dont nous le percevons. Pour commencer, j’ai voulu m’intéresser à un endroit familier dans lequel nous passons beaucoup de temps: nos maisons, mais en l’étudiant sous le spectre du surnaturel en parlant de la maison hantée.

Histoire et origines

Une maison qu’on dit hantée est un lieu qui est le théâtre de phénomènes étranges et inexpliqués, supposés surnaturels ou paranormaux. En général, ces phénomènes sont liés à des fantômes ou des esprits, des entités invisibles errant dans un lieu clos. Le fantôme hante le plus souvent l’endroit qui a été le lieu de sa mort. Auparavant, les gens mourraient souvent chez eux, amenant une augmentation de ces croyances. Ce ne sont pas les habitants de la maison qui sont possédés mais bien la maison en elle-même. Dans l’image traditionnelle, la maison hantée est souvent abandonnée et désolée, souvent très grande, cachant de nombreux recoins. Les maisons hantées est la croyance paranormale la plus répandue en Occident et certaines demeures sont célèbres pour cela comme le Château d’Édimbourg.

Pourtant, ces légendes ne sont pas récentes et sont apparues très tôt. On en trouve des traces chez des auteurs de l’époque romaine comme Plaute et Pline ou même dans Les Mille et Une nuits. Au XVIe siècle, devant la persistance des croyances sur les maisons hantées, l’église développe des rituels de bénédiction et même d’exorcisme. On trouve même en 1746 le Traité sur les apparitions, où le bénédictin Dom Calmet recense la liste des récits de maisons hantées depuis l’Antiquité gréco-romaine. Au XIXe siècle, les récits de maisons hantées sont de plus en plus nombreux, souvent en lien avec l’abandon de manoirs ou de demeures aristocratiques. C’est aussi à cette période que se développe le spiritisme moderne, à partir des années 1840 dans l’État de New York avec les sœurs Fox, qui reconnurent par la suite avoir eu recours à des supercheries lors de leurs séances. L’astronome spirite Camille Flammarion a écrit en 1923 un ouvrage intitulé Les Maisons hantées, dans lequel il reprend la théorie selon laquelle se développent des imprégnations spirituelles dans les murs d’une maison, elles provoquent des changements dans le ressenti des êtres habitant ces lieux.

Évolution et possibles significations du mythe

Les superstitions liées au foyer sont présentent dans l’esprit des gens depuis très longtemps. Des rituels pour protéger la maison existent depuis de nombreuses années en lien ou non avec l’au-delà. En protégeant la maison, on protège les individus qui y vivent contre les forces obscures qui pourraient la contaminer. Le foyer est un lieu que l’on connait très bien où tout est familier, c’est un refuge dans lequel on a besoin de se sentir bien. La maison représente l’endroit où généralement les gens se sentent le plus en sécurité. Si la maison se met à devenir dangereuse, le cadre de protection n’existe plus, l’équilibre se brise créant l’angoisse, la panique. C’est pour cela que les maisons hantées font peur, elles empêchent la sérénité, la sécurité du quotidien.

Dans l’imaginaire collectif, la maison hantée est l’opposé d’une maison de rêve, elle suscite l’angoisse parce qu’elle est incontrôlable et inhospitalière, la tension y est permanente. A la place du repos, de la chaleur, on y trouve la peur, la tension. Elle est ainsi le révélateur de névroses et d’angoisses collectives, en transformant en cauchemar un lieu qui devrait être protecteur et bienveillant. La menace représentée par la maison hantée apparait liée à des histoires familiales, des histoires intimes qui se sont déroulées en ce lieu. Elles mettent ainsi en avant les névroses intimes des histoires familiales.

Les récits sur les fantômes dans les foyers sont très anciens, mais l’archétype de la maison hantée date du XIXe siècle, en écho avec les nombreux bouleversements vécus liés à l’industrialisation. Les grandes maisons de style gothique et les châteaux symbolisent le passé, l’ancien temps, en opposition totale avec les progrès industriels, les villes qui se développent. Les maisons hantées se trouvent souvent à l’écart des villes, sont liés au passé qu’elles tiennent enfermé en leurs murs. Les progrès scientifiques ont amené des changements dans les coutumes funéraires. La révolutions industrielle et les innovations entrainent de nouvelles angoisses liées à la perte des croyances passées Ces progrès représentent le rationalisme. Les récits où le surnaturel apparait permettent d’exorciser les craintes nouvelles. Les histoires mettent ainsi en scène des décors particuliers pour créer et soutenir le sentiment de peur: l’espace domestique bourgeois, une maison sombre, menaçante et étouffante. C’est le lieu parfait pour jouer sur l’indécision entre le rationnel et l’irrationnel, le lieu où tout semble pouvoir basculer à tout moment.

La maison hantée apparait comme l’héritière des châteaux, des ruines. Elle prend l’aspect d’un lieu de vie familier pour mieux ensuite brouiller les repères, déstabiliser ceux qui s’y trouvent. Le décor de la maison hantée est vite oppressant, l’espace y apparait souvent plus grand qu’en réalité par des jeux d’ombres, de miroirs. Elle est liée au huis-clos, on a l’impression qu’on ne pourra pas s’enfuir, on ne pourra pas échapper au danger.

La maison hantée est aussi liée au passé de ses habitants, elle est souvent le reflet de l’âme de ceux qui y vivent. Elle abrite les souvenirs, les secrets, les peurs, et garde en ses murs les événements tragiques qui ont pu s’y produire. Plus le lieu est ancien, plus on a tendance à y associer des légendes, les chances que quelque chose de tragique se soit produit augmentent avec le temps. La maison apparait comme une peau gardant la trace de ses anciens habitants. Le décor devient lui-même vivant, souvent un personnage à part entière dans les histoires.

La maison hantée dans la littérature

Ce qui nous amène à parler maintenant de l’utilisation de la maison hantée dans les récits en commençant par la littérature. Elle est une figure dominante dans la littérature gothique qui débute avec la publication de Le château d’Otrante d’Horace Walpole en 1764. Le roman est centré sur l’atmosphère inquiétante émanant des lieux. La littérature gothique met en avant l’émotion liée à l’esthétique, l’exploration du passé, le mystère, une architecture souvent macabre et mélancolique. Le roman gothique est lié au sentimental, au macabre, à l’engouement pour le passé. Il donne une place prédominante au décor, on y trouve des ruines, des châteaux, des endroits isolés ou abandonnés. Le décor met en avant cet aspect esthétique, on recherche la beauté des lieux, qui sera liée aux sensations qu’ils procurent. On parle d’émotion esthétique pour caractériser le roman gothique, le passé des lieux y est prédominant en relation avec le retour de l’imaginaire qui les imprègnent. Le roman gothique a connu une période de succès qui s’est peu à peu arrêtée au fil du XIXe siècle. Pourtant, le thème de la maison hantée a continué à se retrouver en littérature dans beaucoup de romans.

Un des livres les plus connus du genre est Le tour d’écrou d’Henry James publié en 1898. Ce court roman a inspiré la série de Mike Flanagan The haunting of Bly Manor. Il met en scène une jeune gouvernante engagée par un riche homme d’affaire pour s’occuper de son neveu et de sa nièce, deux orphelins habitant une grande demeure isolée. La gouvernante commence à se rendre compte de l’existence de faits étranges liés à l’apparition d’un homme et d’une femme dans la maison. Ces deux personnes sont Peter Quint et Miss Jessel, l’ancienne gouvernante et son amant, morts peu de temps auparavant. Le récit est raconté par la gouvernante, ce qui permet à l’auteur de jouer sur deux interprétations possibles des faits: soit la folie de la gouvernante, soit un récit de fantômes essayant de manipuler des enfants habitants la maison.

Le roman qui a donné ses lettres de noblesse au genre est paru en 1958, il s’agit de La maison hantée, de Shirley Jackson adapté à plusieurs reprises dont l’excellente The Haunting of hill house de Mike Flanagan qui reprend le titre original du roman. Ce court roman raconte l’expérience menée par le Docteur Montague, un scientifique passionné par le paranormal. Il réunit trois personnes dans une maison réputée hantée perdue au milieu des collines. Le roman donne une grande importance aux lieux et aux paysages. La maison devient le thème et le personnage principal du roman. C’est un lieu isolé, rempli de mystères, à l’architecture étrange, immense et aristocratique. Les habitants de la région s’en tiennent à l’écart, rebutés par l’inhospitalité de l’endroit et sa réputation. Dans ce roman, c’est la maison elle-même qui est détraquée, elle a une personnalité, une vie propre et elle communique avec ses occupants grâce à des manifestations surnaturelles. Le roman joue sur la tension psychologique, la santé mentale, les névroses personnelles.

En tant qu’admirateur du roman de Shirley Jackson et maitre de l’horreur, Stephen King ne pouvait pas faire autrement que s’intéresser au sujet. Shining, l’enfant lumière publié en 1977 met en scène un hôtel maudit et hanté. L’histoire aurait été inspirée à l’auteur par un séjour qu’il avait effectué au Stanley, un vieil hôtel du Colorado dans la chambre 237 en 1974. Cet hôtel est considéré comme le plus hanté des USA et reçoit pas mal de monde grâce à cela. L’histoire se déroule à l’Overlook Hôtel au Colorado où Jack Torrance a décroché un emploi de gardien pour l’hiver. Il s’y rend accompagné de sa femme et de son jeune fils, espérant profiter des 6 mois de solitude pour écrire un livre. Stephen King joue sur l’ambiguïté, l’incertitude dès le début du roman. L’hôtel est il véritablement hanté ou est ce Jack qui devient fou, victime de l’isolement, de la situation? L’hôtel a un passé sombre et macabre qui peut tout à fait accréditer la thèse de la hantise. Mais Jack n’est pas un personnage fiable, c’est un ancien alcoolique au passé violent. Stephen King introduit un autre paramètre dans l’histoire avec le fils de Jack, Danny doté d’un pouvoir de prescience appelé le Shining. Le livre joue sur le même registre que le roman de Shirley Jackson avec l’incertitude, des fantômes liés à l’intime et une horreur réaliste en relation avec l’alcoolisme qui peut transformer un père aimant en un véritable monstre.

Il existe bien d’autres romans sur le thème, trop pour parler de tous. J’ai choisi volontairement les plus connus et représentatifs et qui ont fait l’objet d’adaptation au cinéma.

La maison hantée et le cinéma

La maison hantée est une figure récurrente du cinéma depuis de très nombreuses années. Les premiers films sur ce thème débute dès 1906. Elle est fortement liée aux apparitions de fantômes à l’écran et constitue un décor privilégié pour la peur. Elle représente souvent un seuil ouvrant sur une menace surnaturelle. Les premiers films avec des fantômes dans des maisons sont tournés par George Méliès en écho aux romans gothiques, avec des histoires de châteaux hantés. Dans les films des années 1920, les décors servent à refléter l’état d’esprit et l’angoisse des personnages.

Dans le cinéma fantastique, l’important est de suggérer plus que de montrer, il faut maintenir le suspense en créant une atmosphère angoissante. Le décor a pour cela une importance capitale et devient de plus en plus travaillé au fil du temps pour entretenir cette ambiance si particulière. Sans décor réussi, l’angoisse ne fonctionne pas. Le lieu est pensé pour introduire la menace. Le fantastique se définit par rapport au réel, c’est un point de basculement caractérisé par l’hésitation entre deux explications, entre rationalité et surnaturel. L’environnement où se situe l’action est donc primordial et doit être en relation avec le réel, le quotidien. La peur vient justement du fait que tout se passe dans un univers rationnel, maitrisé, gouverné par la raison. Le décor devient ainsi un acteur à part entière de l’intrigue fantastique, c’est lui qui rend visible le basculement vers l’irrationnel. La maison hantée apparait ainsi comme un portail vers le surnaturel, et devient un protagoniste à part entière de la fiction comme le symbolise la maison du film Psychose d’Alfred Hitchock en 1960. Psychose n’est pas un film de maison hantée à proprement parler, néanmoins la maison où se déroule les faits a les mêmes caractéristiques, et marque les esprits de la même manière. Cet immense manoir au style gothique suscite la peur, prend au piège ceux qui s’y rendent et reste dans l’esprit de tous ceux qui ont vu le film.

On retrouve dans les films sur ce thème la question de savoir pourquoi la maison est hantée. La première raison qui revient le plus souvent est qu’un meurtre violent a eu lieu au sein de la demeure qui garde la mémoire de ce qui s’est produit. Les victimes hantent le lieu et souhaitent se venger envers quiconque entre dans la maison ou y habite par la suite. C’est le cas dans The Grudge de Takashi Shimizu film de 2004 où quiconque franchit le seuil d’une maison de Tokyo est aussitôt frappé par une malédiction qui ne tardera pas à le tuer. La seconde raison que l’on peut trouver est la hantise d’une âme égarée qui ne trouve pas le repos. Il n’y a pas la volonté de tuer ou de se venger comme précédemment mais plus un but personnel à la personne décédée. Enfin, l’endroit même où a été construit la maison peut influencer, si la maison est construite sur un ancien cimetière, le repos des morts est bafoué. On retrouve cela dans Shining avec la construction de l’hôtel Overlook et la profanation des terres d’un vieux cimetière indien ou dans Poltergeist de Tobe Hooper en 1982.

Les films de maisons hantées qui fonctionnement le mieux et sont le plus efficaces sont ceux qui arrivent à personnifier la demeure. Cette dernière devient un personnage de l’histoire, elle est presque vivante. Cela amplifie l’angoisse, on a peur quand on ne sait pas ce qui se trouve derrière une porte, plus que quand on le découvre réellement. Quand ce fait passe au second plan et que le film privilégie le côté gore, cela marche beaucoup moins bien, d’où l’importance du lieu en lui-même. Le décor de la maison hantée met en scène la perte de repères. C’est un espace où les sens menacent constamment d’être altérés. Tout est fait pour susciter cet effet, pour rendre l’espace plus grand qu’il n’est en réalité, plus sombre qu’il n’est. Au fil du temps, à l’écran, les demeures se sont modernisées en correspondant plus à nos espaces de vie contemporains comme on peut le voir par exemple dans Amityville en 1979 ou beaucoup plus récemment dans Paranormal activity en 2009. Elles sont toujours à l’écart mais se trouvent dans des banlieues, des petites villes. Toutefois, même si ce ne sont plus des maisons archétypales mais plus modernes, elles sont toujours marquées par leurs passés ou par une puissance surnaturelle.

Le thème est toujours d’actualité dans le cinéma d’épouvante où l’on retrouve à la fois la maison hantée archétypale mais aussi de nouvelles, plus modernes. Le décor est dans les deux cas un élément clé pour susciter l’effroi, mettant en place la peur de l’inconnu, nos angoisses les plus profondes en introduisant la terreur dans un espace considéré comme sûr. La maison hantée s’est ainsi adaptée à l’époque contemporaine sans renier ses origines, elle est intemporelle et n’a pas fini de faire parler d’elle. Les films les plus réussis sur le sujet sont ceux qui arrivent à instaurer une ambiance angoissante, qui utilise le décor comme un personnage à part entière, lui fournissant quelque chose de vivant, de pensant.

La maison hantée dans la culture populaire

Le sujet est devenu tellement populaire qu’on le retrouve dans beaucoup de domaines. C’est par exemple devenu un sujet populaire d’attractions de parcs à thèmes ou de fêtes foraines dans l’intention de provoquer un divertissement par les sentiments de peur, d’angoisse et de surprise. On trouve la thématique de ces attractions dans l’excellent roman Une cosmologie de monstres de Shaun Hamill où une homme passionné par le surnaturel décide de créer une attraction en référence aux maisons hantées. Ces attractions se rapprochent des trains fantômes mais le parcours se fait à pied au rythme du visiteur. Elles remportent beaucoup de succès et sont de plus en plus nombreuses surtout aux États-Unis. Le thème principal est le plus souvent liée avec l’apparition de personnes décédées mais aussi avec tout ce qui a trait à l’angoisse ou au fantastique. On peut par exemple trouver des attractions de ce genre sur des thèmes comme les hôpitaux psychiatriques ou les prisons abandonnées, lieux propices à l’horreur et souvent inspirés de films. Dans le domaine des attractions de nouvelle génération, on trouve pas mal d’escape game sur le thème des maisons hantées où il faut déjouer des énigmes et affronter ses peurs. Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille la nouvelle de Rozenn Illiano que vous pourrez lire gratuitement en suivant ce lien. Ce texte correspond parfaitement au sujet de cet article et permet de faire connaissance avec l’univers de cette autrice. D’ailleurs, je vous recommande chaudement son roman Le phare au corbeau un très beau récit de fantômes où les lieux ont beaucoup d’importance.

Le thème a aussi été développé dans le monde des jeux de société et jeux vidéo. Dans les jeux vidéo, on trouve le thème dans tous types de jeux allant du jeu tout public comme Le manoir de Luigi – Luigi’s Mansion avec des hordes de fantômes à battre et des secrets cachés un peu partout mais où on ne frissonne guère à des jeux beaucoup plus angoissants comme Le manoir Spencer – Resident Evil où on évolue dans une maison qui semble complètement envahie par des monstres. Là aussi les jeux vidéo sont beaucoup trop nombreux pour parler de tout ceux qui existent. Il en est de même dans les jeux de société où le thème se retrouve dans des jeux tout public et d’autres plus adultes. J’ai déjà parlé de Mystérium ici. On trouve aussi Les Demeures de l’Épouvante, un jeu coopératif où les participants vont tenter de percer un mystère en s’aventurant dans les salles sombres des demeures hantées d’Arkham et autres endroits sinistres. On retrouve le thème aussi dans le jeu de rôle notamment dans L’Appel de Cthulhu avec le scénario d’introduction La Maison hantée que l’on retrouve dans presque toutes les éditions du jeu de rôle. Il est paru pour la première fois dans le supplément La Trace de Tsathoggua en 1983.

Comme on a pu le voir, le sujet des maisons hantées semble toujours d’actualité. Il est lié aux croyances après la mort, à la personnification d’un lieu, à son passé qui reste en mémoire et refuse de s’effacer. Les demeures apparaissent maudites, mettant à mal le repos, la tranquillité qu’on devrait normalement y trouver. Le lieu se transforme et perd alors sa fonction première. Le thème a su évoluer avec le temps et prend naissance dans les terreurs les plus intimes, ce qui a fait son succès depuis toujours.

Ma sélection personnelle dans le thème des maisons hantées

Livre: La maison hantée de Shirley Jackson et Shining de Stephen King

Film : Les Autres de Alejandro Amenábar pour son ambiance si particulière et sa fin.

Série: The Haunting of hill house qui m’a marqué pendant longtemps au point d’y penser la nuit en me réveillant.

Jeux vidéo: Phantasmagoria, vieux jeu mais qui m’avait particulièrement angoissé quand j’y avais joué.

Jeux société : Les demeures de l’épouvante

Et vous quelle serait la votre?

Porcelâme T.01 – La Voie du Kirin #PLIB2022

Sabine C.
, 20/10/2021 | Source : Lectures – Fourbis & Têtologie

de Célia FLAUX | ed. Bayard | Fantasy/Jeunesse | 400 pages#ISBN9791036325311 4è de couv Le Dragon, le Tigre, le Kirin, le Phénix et la Tortue.Cinq animaux-sacrés.Cinq clans composant un empire.Cinq lois gravées sur un rouleau de porcelâme, pour maintenir un équilibre précaire entre des Seigneurs ambitieux.Une statuette en porcelâme par personne, qui exprime son état… Lire la suite Porcelâme T.01 – La Voie du Kirin #PLIB2022

Le blog a 10 ans : je re-signe pour 10 ans ?

Lune
, 20/10/2021 | Source : Un papillon dans la Lune

Dix ans déjà que vous me supportez ! Bravo !

Le blog souffle sa dixième bougie ce 20 octobre.

Je veux remercier toutes les personnes qui participent, de près ou de loin, à la longévité de ce blog, à commencer par ses lecteurs, cœurs licornes sur vous !

De là à re-signer pour 10 ans... Pas sûre, ou peut-être sous une autre forme, moins chronophage. A suivre, ma réflexion est en cours.

DU CÔTÉ DES STATS

  • Le blog frôle les 2 millions de vues à 10 ans d'existence (merci les bots, mais pas que !)
  • Plus de 1 160 articles de blog sont disponibles (la vache)

LIS-JE COMME IL Y A 10 ANS ?

  • J'ai acheté une liseuse en 2012, qui est tombée sur le carrelage et a été remplacée par une seconde, oups ! Quoiqu'il en soit, je lis en numérique très régulièrement.
  • Je me suis mise à la lecture audio régulière en 2016, et j'ai toujours un livre audio en cours en plus de mes lectures visuelles !
  • Mon goût pour la SF et le fantastique ne s'est pas démenti, mais je lis un peu plus de Fantasy française et j'aime ça

LA CONQUÊTE DES RÉSEAUX SOCIAUX

  • Facebook d'abord (en perte de vitesse ce réseau, la page stagne, et j'y passe moins. Seulement 703 fans mais 848 abonnés...)
  • Puis Twitter en 2012 (où je suis la plus active et où j'ai 2021+ followers)
  • Et enfin Instagram en 2020 (que je découvre encore et où j'ai 311 abonnés, on progresse)

ET AUSSI...

Je suis devenue jurée du Prix Planète SF des blogueurs dès l'édition 2014 ! Le jury me supporte encore, mais pour combien de temps ?

A ce jour, l'article le plus consulté du blog est Maison hantée de Shirley Jackson qui a énormément bénéficié de la sortie de l'excellente série The Haunting of Hill House sur Netflix ! Viennent ensuite Terre Vampire tome 1 de E. E. Knight et enfin La Cinquième saison de Nora K. Jemisin. 

ET POUR FINIR, UN PETIT CONCOURS BIEN SÛR

@Lune_Papillon sur Twitter
@unpapillondanslalune sur Insta

Vous avez jusqu'au 22 octobre 23h59 comme d'habitude !

Bon ça suffit le blabla !!

On se retrouve aux Utopiales yeeaaaaahh !!

Apilloween

Lutin82
, 19/10/2021 | Source : Albédo

Un rayon de miel pour Halloween ? Halloween approche, tout comme l’hiver, ainsi que les bons moments passés à lire accompagnés d’un thé, tisane, grog ou toute autre boisson agrémentée d’une bonne dose de miel! Ce dernier s’avère pratique si un petit coup de froid se fait sentir! L’organisation du challenge estival a été gratifiant, … Lire la suite de Apilloween

Widjigo - Estelle Faye

Elessar
, 19/10/2021 | Source : L'Imaginarium électrique

Widjigo - Estelle FayeAlbin Michel imaginaire // 2021 // 250pLivre lu en service pressePremière incursion pour moi dans l'univers d'Estelle Faye avec Widjigo, et on peut dire que c'est réussi.1793, Jean, jeune soldat révolutionnaire doit arrêter Justinien de Salers, un noble Breton. La rencontre va tourner à l'étrange quand Justinien propose au jeune homme de lui narrer un épisode important de sa

Ring Shout - P. Djèlí Clark en VF

Gromovar
, 19/10/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?

 

Il y a a un an je disais à quel point cette novella de P. Djèlí Clark, Locus 2021 et Nebula 2020, était un chef d’œuvre, aussi parfaite et surprenante dans la forme que dans le fond.

"Ring Shout" sort aujourd'hui en VF chez L'Atalante dans une traduction de Mathilde Montier.

Vous n'avez pas le droit de ne pas le lire.

« Un long voyage », de Claire Duvivier

Alias
, 19/10/2021 | Source : Planète SF – Blog à part

« Un long voyage », de Claire Duvivier

Dans Un long voyage, Claire Duvivier nous raconte un empire qui s’effondre, une armée conquérante, une administratrice dynamique, une ville disparue. Et, surtout, une vie.

Un long voyage est un roman qui se présente sous la forme d’une lettre écrite par Liesse, qui raconte des faits qui se sont passés plus de cinquante ans auparavant. Ce « long voyage », c’est d’abord le sien: né dans des îles, « vendu » à l’empire quand sa famille n’a plus pu s’occuper de lui, devenu une sorte de factotum, avec un statut dangereux: esclave sans l’être.

C’est aussi celui de Malvine Zélina de Félarasie, qui est quelque part le personnage principal du texte. C’est d’elle dont Liesse raconte l’histoire, même s’il raconte surtout la sienne à une destinataire dont on ne saura rien avant les dernières pages.

Le monde dans lequel se déroule ces cinquante années est ce que j’ai vu de plus crédible dans le domaine « médiéval-fantastique ». Médiéval par son niveau technologique – encore qu’avec ses presses d’imprimerie, il pourrait tout aussi bien dater du XVIe ou XVIIe siècle. Et fantastique par l’intrusion d’un unique élément surnaturel qui va tout changer.

Ainsi, Liesse fait le portrait de Malvine, administratrice impériale futée et à l’écoute des populations locales. Sauf qu’un jour, elle disparaît en allant rendre visite à son frère, pour revenir quelques mois plus tard, changée, marquée et affligée d’étrange tremblements.

Il faudra longtemps au protagoniste – et au lecteur – pour comprendre le fin mot de l’histoire. Mais, somme toute, c’est presque secondaire. Je n’en dis pas plus.

La grande force d’Un long voyage, c’est de raconter la grande histoire par le prisme de la petite. C’est au travers de la vie du témoin que l’on découvre les dernières années d’un empire séculaire.

Liesse est un déraciné, mais qui ne peut s’empêcher de voir les choses par le prisme de sa propre culture. Ainsi sa narration emprunte à un style théâtral de ses îles natales, où une pièce est jouée deux fois: une fois racontée par les adultes et ensuite jouée par des enfants.

L’autre grande force, c’est de proposer un monde cohérent, où les traditions et la culture ont somme toute plus d’importance que les lois et structures apportées par un empire bureaucratique. C’est aussi ce qui fait que ce bouquin fonctionne aussi bien: l’immersion est très réussie et permet de faire passer un récit biographique pour une fresque historique.

Un long voyage l’est aussi pour le lecteur, même si le livre en lui-même est plutôt court: un peu plus de 300 pages d’une écriture fluide. Ce n’est pas un blockbuster d’action, ni même un univers très original, mais il y a quelque chose de fascinant dans l’écriture de Claire Duvivier et dans les vies qu’elle dépeint.

D’autres avis chez un milliard de gens – et pas toujours des blogueurs de l’imaginaire – mais surtout Gromovar, qui m’a incité à le découvrir, L’Ours inculte, Au Pays des Cave trolls, Chut maman lit, Tiger Lilly, etc.

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