Les Mondes extraordinaires de Jules Verne – Nicolas Allard

FeydRautha
, 24/10/2021 | Source : L'épaule d'Orion

Dans son « Avertissement de l’éditeur », que l’on peut lire dans les Aventures de capitaine Hatteras, Pierre-Jules Hetzel disait de l’œuvre de Jules Verne qu’elle avait pour but de « résumer toutes les connaissances géographiques, géologiques, physiques, astronomiques, amassées par la science moderne, et [de] refaire, sous la forme attrayante et pittoresque qui lui est propre, l’histoire de l’univers. ». Il ajoutait : « la science a sa place faite dans le domaine de la littérature ». Une littérature dans laquelle la science aurait sa place ? Je me permets de reformuler : une littérature dans laquelle les connaissances humaines ont leur place, car qu’est-ce que la science si ce n’est la somme des connaissances ? Mais alors, il y aurait une littérature dans laquelle les connaissances humaines n’ont pas leur place ou sont mal venues ? La question est rhétorique, vous connaissez la réponse. Sous le joug germanopratin, en France on confond volontiers roman psychologique et Littérature, avec la majuscule instaurant la noblesse. N’est sujet littéraire qui vaille que l’expérience émotionnelle de la vie. Il existe pourtant bien une littérature dans laquelle les connaissances humaines – toutes les connaissances humaines, y compris la psychologie – ont leur place et qui par le jeu de la fiction transforme ces connaissances en expérience humaine. Il s’agit de la science-fiction, que pour cette raison je tiens comme la forme la plus aboutie de la littérature. Or la science-fiction telle que nous la connaissons aujourd’hui doit beaucoup à Jules Verne.

Bien sûr, à l’époque de Jules Verne, on ne parle pas de science-fiction, puisque le terme d’origine anglo-saxonne ne sera adopté en France que dans les années 50. On ne parle pas de merveilleux-scientifique qui sera théorisé par Maurice Renard au tout début du XXe siècle. Jules Verne écrit des récits d’aventure et de science distrayants. Une littérature populaire. C’est sous cet angle que Jules Verne est abordé dans ce nouvel essai de Nicolas Allard, spécialiste de pop culture et auteur de Stars Wars, un récit devenu légende (2017), L’Univers impitoyable de Game of Thrones (2018) et Dune, un chef d’œuvre de la science-fiction (2020). Plus encore, Nicolas Allard place Jules Verne aux origines de la pop culture. Pour ce faire, il explore les liens directs et indirects de l’œuvre de l’auteur nantais avec ses successeurs, qu’ils soient dans le domaine de la littérature, de la BD et des mangas, ou du cinéma et de la télévision, voire du jeu vidéo. Ainsi, ce n’est pas tant dans l’inspiration immédiate, bien qu’il passe aussi celle-ci en revue, qu’il trouve le plus de matière mais dans la manière quasi structurelle qu’a eu Jules Verne d’influencer la transmédialité propre à la pop culture d’aujourd’hui en créant un univers, un Univerne, cohérent et consistant.

En dix chapitres, Nicolas Allard place Jules Verne dans le contexte de son époque, dans sa relation avec son éditeur Pierre-Jules Hetzel. Il observe la construction de l’œuvre et sa réception, son succès populaire et pourtant l’échec de sa reconnaissance par les institutions de la grande littérature. Jules Verne ne sera pas prophète en son pays, et c’est à travers les temps et les espaces que le geste vernien va se propager. Nicolas Allard embarque le lecteur dans des voyages extraordinaires d’Hollywood au Japon, du théâtre au cinéma ; de Méliès à Georges Lucas, de Tintin au manga, du steampunk au shōnen, et bien sûr à travers la littérature de science-fiction. On en retient l’imprégnation profonde des écrits et de la démarche de Jules Verne dans la culture populaire.

Une fois sa lecture terminée, à bien y réfléchir, on se dit qu’il n’est dit rien de très surprenant dans cet essai. On parle de Jules Verne, après tout. Sauf que c’est en la formulant que l’idée acquiert consistance et qu’elle prend du poids. D’autant qu’il y a quelque chose de déconcertant chez Nicolas Allard qui tient à sa manière d’écrire. Je le notais déjà dans ma chronique de Dune, un chef d’œuvre de la science-fiction, cet auteur agrégé de lettres modernes n’adopte jamais un ton professoral mais pose ses hypothèses avec une plume d’une légèreté surprenante, presque en décalage avec les arguments qu’il avance et la somme de travail évidente qu’il lui a fallu accumuler pour produire un tel essai. L’essayiste arrive à nous faire croire que tout cela, on le savait déjà ou qu’on aurait pu le savoir, comme une évidence. Il n’est jamais abscons. Le résultat est l’accessibilité de l’ouvrage, voire son hospitalité envers le lecteur, qui s’adresse aussi bien aux fins connaisseurs des Voyages Extraordinaires de Jules Verne qu’à ceux qui les découvrent.


D’autres avis : outrelivres,


  • Titre : Les Mondes extraordinaires de Jules Verne – Aux origines de la pop culture et de la science-fiction
  • Auteur : Nicolas Allard
  • Publication : 20 octobre 2021, Armand Collin
  • Nombre de pages : 240
  • Format : papier et numérique

[drama SF] Voyagez dans le temps avec Sisyphus

Marguerite
, 24/10/2021 | Source : Chez l'aventurier des rêves

SF, 2021, 16 épisodes Han Tae-sul est une génie de l'informatique qui a créé la société "Quantum and Time". Bien que sa société soit sur le point de révolutionner le monde, il reste hanté par la mort de son frère Han Tae-san. Alors que les gérants de...

Jane Yellowrock, book 14: True Dead de Faith Hunter

Lianne - De livres en livres
, 24/10/2021 | Source : De livres en livres

Ace Books, 384 pages, 2021, Urban fantasy

Comme les Ocotber Daye que j’ai lu la semaine passé, on est aussi ici sur une série au long cours que je lis depuis des années. Le premier j’ai du le lire en 2014 donc ça fait un bail.
C’est le genre de série où je suis heureuse d’avoir un tome par ci par la. Je me replonge dedans avec grand plaisir à chaque fois. Par contre je sais que comme c’est assez dense comme lecture je me lasserai si je devais en lire plusieurs à la suite. Mais un tout les 2 ans maintenant (l’autrice sort un livre par an et les intercale avec le spin off Soulwood un an sur deux) c’est un rythme parfait !

Pour revenir un peu sur le contexte de ce tome ci, sans spoiler : le tome 12 de la série avait déclenché un changement majeur dans la série. Le 13ième traitait de l’après et de comment le personnage arrivait à se sortir des conséquences qui finalement avaient traumatisé son corps.
Dans ce tome ci il est enfin temps de revenir à la réalité maintenant que la guérison est en bonne voie.

Dans le ranch dans lequel elle a posé ses valises pour guérir, Jane en a un peu marre de se faire baby-sitter par tout ses alliés et amis. Maintenant qu’elle se sent mieux, elle veut participer, elle veut être active. Elle n’est plus mourante.

Un jour elle se réveille pour apprendre qu’une partie de ses alliés, dont son compagnon, sont parti faire une reconnaissance car ils ont entendu parler d’enlèvements en série dans la zone. Ils sont vraiment en plein milieu de nulle part, il y a donc peu de chance de tomber par hasard sur des vampires (dans la série c’est LE fléau et la première chose à laquelle on pense).

Du coup elle profite du fait que personne n’est sur place pour la forcer à se reposer et décide d’aller les rejoindre sur place.
Et elle fait bien, parce qu’il s’agissait en fait d’un piège et si elle n’était pas arrivé sur place avec d’autres alliés, son compagnon et d’autres personnes seraient sans doute mortes car les ennemis sur place les attendait en nombre et à revers.

Cet événement prouve deux choses : Premièrement que Jane est prête physiquement à reprendre la vie active, et secondement que leurs ennemis ont eu le temps de relancer le processus après leur défaite du tome 12. Ils les ont retrouvés et ils sont surement en train de se rassembler pour attaquer une cible plus importante que leur ranch perdu.

Il est donc temps pour la petite troupe de retourner à la Nouvelle Orléans, et pour Jane de reprendre activement sa place de Dark Queen de la société surnaturelle des états unis !
Mais n’est-ce pas déjà trop tard? Ont-ils aussi eu le temps d’infiltrer le QG?… Le retour à la vie d’avant ne sera pas facile pour Jane et ses amis.

On est vraiment sur un tome qui remet l’ensemble sur pied. Un tome qui rassemble aussi tout ce qui c’est passé d’indépendant depuis le tout premier tome en une seule intrigue générale.
On retrouve aussi tout les personnages qu’on a croisé avant.

En gros je ne sais pas pourquoi mais j’avais l’impression que la suite ne pourra se faire que de deux façon possible : soit c’est un tome qui appelle un final grandiose très proche vu que maintenant on sait ce qui était derrière pendant tout ce temps, soit au contraire maintenant ça va relancer l’ensemble et ouvre sur une autre partie qui sera longue.
Ce n’est bien sur que spéculation de ma part vu qu’on n’a aucune idée du nombre de tomes prévus pour la suite pour l’instant.

J’ai aussi trouvé ce tome très nostalgique vu que justement il fait les liens et parle beaucoup des événements des premiers tomes que j’avais totalement oublié depuis. Je suis vraiment heureuse de certains dénouements et révélations de ce tome ci.
Résultat j’ai limite envie de relire la série depuis le début maintenant !

En tout cas c’était bien réussi et je continue encore la série avec plaisir !




Mes avis sur les tomes précédents : tome 3 : La Lame de Miséricorde, tome 4 : La Malédiction du Corbeau, book 5 : Death’s Rival, book 6 : Blood Trade, book 7 : Black Arts, book 8 : Broken Soul, book 9 : Dark Heir, book 10 : Shadow Rites, book 11 : Cold Reign, book 12 : Dark Queen, book 13 : Shattered Bonds,
Ainsi que mes avis sur le spin off Soulwood, book 1 : Blood of the Earth, book 2 : Curse on the Land, book 3: Flame in the Dark, book 4 : Circle of the Moon,

Le Dragon Galactique a 12 ans !

Tigger Lilly
, 23/10/2021 | Source : Le dragon galactique

Bon. C’était hier. Pour ma défense j’avais d’autres sujets de préoccupation. Mais ce n’est pas grave : le dragon galactique est toujours là, 12 ans après, je n’en reviens pas. Et c’est reparti pour une… Plus

The gauntlet and the fist beneath – Ian Green

Apophis
, 23/10/2021 | Source : Le culte d'Apophis

La vérité est ailleurs Ian Green est un auteur écossais, dont The gauntlet and the fist beneath est le premier roman… et le premier tome d’une trilogie. Ce qui n’est indiqué nulle part (ni sur les sites marchands, ni sur Goodreads, ni sur la première de couverture -c’est peut-être marqué sur la quatrième, je n’en […]

Pierre-Barthelémy Gheusi et Charles Lomon – Soroé, reine des Atlantes

Soroe.pngDe la fantasy française datant de 1904, cela se peut-il donc?

Les éditions Callidor nous en apportent une fois de plus la preuve avec Soroé, reine des Atlantes, de Pierre-Barthelémy Gheusi et Charles Lomon. Il s'agit-là de l'édition d'un manuscrit datant des années 1940, rédigé par Gheusi seul, et révisant en profondeur un roman paru initialement en feuilleton en 1904 et signé par les deux auteurs. Mais de quoi est-il donc question?

Un groupe de jeune barbares tentés par l'aventure prend la mer, avec à sa tête deux jeunes hommes, dont un est le fils d'une femme venue bien des années auparavant d'une contrée inconnue du sud. C'est vers cette contrée que les aventuriers vont voguer, et celle-ci est tout simplement l'Atlantide, sur laquelle règne la toute puissante reine Yerra, une magnifique jeune femme, qu'on dit d'ailleurs éternelle, dotée d'un savoir immense.

Cette Atlantide est en proie à des tensions fortes: le culte des dieux bienveillants a été évincé, avec le soutien de la reine, par le cruel culte de l'Or et du Fer, qui pratique volontiers le sacrifice humain. Mais la révolte gronde dans les provinces du Nord, où un grand seigneur songe à épouser la petite-fille du dernier grand prêtre des dieux bienveillants, et à s'associer ainsi à ce culte dans sa quête du pouvoir.

C'est dans ce contexte qu'arrivent, de façon inattendu, Argall, Maghé et leurs compagnons.

Commençons par les défauts: comme souvent avec les romans écrits à la manière des feuilletonnistes d'avant-guerre, les personnages ne brillent guère par leur psychologie. On a ici un roman qui aurait pu être signé Paul Féval ou Ponson du Terrail, avec des personnages attachant certes, mais à la limite de la caricature. Cependant, le genre en voulait ainsi, et ces personnages sont parfaitement adaptés à une intrigue chargés en rebondissements, dynamique, et qui forme au final un roman dont les pages se tournent à toute vitesse.

L'intrigue elle-même est en effet profondément originale pour l'époque. Nous ne sommes pas ici dans une proto-fantasy qui décalque les codes et les manières des romans médiévaux, mais bel et bien dans quelque chose de neuf. L'Atlantide de Gheusi et Lomon n'est pas grecque: elle est autre chose. Les deux auteurs ont tenté de bâtir une civilisation inédite, et ils l'ont fait avec brio.

Comme ne peut que le noter Brian Stableford dans le texte qui sert de postface, ce roman n'a connu aucune descendance littéraire, il n'a eu aucune influence... Quoi que... Si, de fait, il n'a pu influencer la fantasy épique anglo-saxonne, qui nous arrivera à partir des années 1970, je me demande s'il n'a pu influencer un tout autre genre: celui du péplum européen (et notamment franco-italien) des années 1950-1960. Prenez Hercule à la conquête de l'Atlantide, de Vittorio Cottafavi (1963), ou encore Hercule et la reine de Lydie, de Pietro Francisci (1959), secouez très fort et vous verrez surnager un grand nombre de thèmes et de motifs qui se trouvent déjà tels quels dans Soroé. De fait, durant toute ma lecture de ce roman, je n'ai cessé de voir le personnage d'Argall avec la tête de Steve Reeves. Alors, moi qui adore ces péplums aussi désuets que pleins de charmes, autant dire que j'ai adoré Soroé reine des Atlantes.

Super Madrona, tome 1 : Des emmerdes jusqu’au cou de Helen Harper

Lianne - De livres en livres
, 23/10/2021 | Source : De livres en livres

Infinity, 306 pages, 2021, Urban fantasy

J’avais déjà bien aimé l’autrice avec sa série Ivy Wylde, c’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans sa nouvelle série.

Madrona se réveille amnésique sur un terrain de golf, avec des super pouvoirs, un cadavre sur les bras et plusieurs personnes à sa poursuite …
De la elle va devoir essayer de remettre les morceaux du puzzle en place. Mais ce qu’elle n’avait pas anticipé pour une super héroïne, c’est qu’il semblerait que la personne qu’elle était avant soit du mauvais coté …

Franchement, si on se prend au jeu et qu’on accepte de lâcher prise, il y a de quoi prendre de bonnes rigolades dans ce livre. Madrona est timbrée, excentrique, fofolle … ​Elle est totalement ridicule mais c’est super marrant.

Ce que j’ai aimé c’est qu’elle a tendance à prendre les informations au premier degré très sérieusement, mais sans se prendre totalement au sérieux non plus. Par exemple elle n’a pas hérité une seule second à aller se procurer un costume de super héros quand elle a compris qu’elle avait des super pouvoirs …
Vous vous imaginez bien les têtes des gens qui la reconnaissent et qui la considèrent comme la grande méchante de l’affaire. C’est hilarant !

Bon, c’est vrai que l’effet super marrant s’estompe au bout d’un moment, quand les éléments commencent à se mettre en place. Mais ça n’en retire pas l’intérêt de la suite, bien entendu. Parce qu’il y a de nombreux éléments à découvrir au fur et à mesure. Et on est loin d’avoir fait le tour à mon avis.
Je dirai que ce premier tome est vraiment un tome de mise en place. Madrona enquête pour comprendre la situation et nous avec.

Et le cliffhanger de fin donne vraiment envie de lire la suite !

En tout cas après avoir lu et apprécié Ivy Wylde, je confirme qu’on est vraiment sur le même genre d’Urban fantasy, fun et qui ne se prend pas au sérieux.
Une bonne découverte !





J’ai reçu ce livre dans le cadre d’un service presse de l’éditeur sur Netgalley. Je les remercie pour leur confiance.

[Chronique] Mexican Gothic, de Silvia Moreno-Garcia

Sometimes a book
, 23/10/2021 | Source : Sometimes a book

Mexican Gothic
 
« Le manoir, toujours si calme avec ses rideaux fermés, évoquait une vieille robe doublée de plomb. Tout y semblait lourd, même l’air ambiant, tandis qu’une odeur de renfermé hantait les couloirs. Un temple ou une église n’aurait pas donné plus envie de parler à voix basse et de mettre le genou en terre.  »


Livres
 
Mexican Gothic
Autrice :
Silivia Moreno-Garcia
Traduction : Claude Mamier
Éditeur : Bragelonne
Genre : Fantastique / Horreur
Date de parution : 18 août 2021
Nombre de pages : 347
Prix : 18,90 €
 
Synopsis
Après avoir reçu un mystérieux appel à l’aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu’elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.
Avec ses robes chic et son rouge à lèvres, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n’a pourtant peur ni de l’époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée… ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang. Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd’hui, Noemí découvre peu à peu d’effrayantes histoires de violence et de folie.
MON avis
Mexican Gothic est le sixième roman de l’autrice mexico-canadienne Silvia Moreno-Garcia. Il a obtenu le prix locus ainsi que le prix British Fantasy du meilleur roman d’horreur en 2021. 
 
Mexican Gothic est un roman plus fantastique que vraiment horrifique même s’il possède quelques éléments lovecraftien le rapprochant de ce genre. La couverture cite d’ailleurs une phrase de The Guardian qui se révèle plutôt juste : « Lovecraft rencontre les sœurs Brontë en Amérique latine ». On retrouve effectivement l’ambiance des romans gothiques des sœurs Brontë ou même de Daphné du Maurier avec ce manoir hanté, personnage à part entière de l’histoire et les sombres secrets qui semblent l’animer, lui et ses habitants. Le côté Lovecraftien arrive quant à lui beaucoup plus tard dans l’intrigue, lorsque tout d’un coup le récit bascule vraiment vers le fantastique qu’il ne faisait qu’effleurer auparavant et que les secrets commencent à être dévoilés. 
 
L’histoire se déroule à High Place, un très vieux manoir où se rend Noémi au chevet de sa cousine, Catalina, qui ne semble pas aller bien depuis son mariage avec l’héritier de la famille Doyle. Elle y découvre une famille assez réduite puisqu’elle ne compte que quatre membres en plus de Catalina et des rares domestiques encore en exercice au manoir, qui ne semblent pas ravie de l’accueillir. Malgré le peu de personnages présents dans l’intrigue, ils sont tous assez ambigus et donc difficile à cerner, ce qui contribue d’autant plus à l’ambiance si spéciale du roman. La famille Doyle n’est pas vraiment très loquace, les différents membres parlent peu, imposent des règles d’un autre temps et semblent cacher beaucoup de choses. C’est finalement tout le contraire de Noémi, personnage haut en couleur à la personnalité bien trempée qui vient donner un coup d’éclat dans cet univers terne et très codifié. Noémi est une héroïne très attachante, prête à tout pour sauver sa cousine des griffes de la famille Doyle et comprendre le mal qui la ronge. Elle est également assez moderne malgré la période historique dans laquelle se déroule l’intrigue, ce qui bouleverse agréablement les codes. Noémi n’a pas froid aux yeux et va pourtant se retrouver peu à peu piéger dans/par le manoir qui va étendre son influence sur elle de manière insidieuse. Ainsi le roman tombe dans un côté huis-clos un peu angoissant très agréable pour les amateurs de ce genre d’ambiance. Le récit (surtout la première partie) n’est donc pas bourré d’action, mais met en place les éléments petit à petit créant une véritable ambiance. Mieux vaut donc apprécier les récits contemplatifs et qui misent beaucoup sur leur atmosphère pour apprécier Mexican Gothic. Néanmoins, malgré la certaine lenteur de l’intrigue, je ne me suis jamais ennuyée grâce au dynamisme de l’héroïne mêlé à l’aura de mystère qui entoure le manoir. Les interactions entre les personnages sont également particulièrement plaisantes, la famille Doyle et ses employés sont agréablement détestables et on se délecte des passages où Noémi leur tient tête ! De plus la plume de Silvia Moreno-Garcia est entraînante et un peu travaillant tout en restant très fluide. L’autrice fait de nombreuses métaphores que j’ai trouvées très pertinentes et percutantes. 
 
La deuxième partie plus Lofcratienne du récit est quant à elle beaucoup plus riche en action. Le roman tombe réellement dans le fantastique et prend une direction qui personnellement ne m’a pas surprise, car j’avais déjà vu ce genre de procédé auparavant. Néanmoins, si vous ne lisez pas beaucoup de fantastique vous pourriez être très surpris par les retournements de situation et même sans être surpris, le roman reste très agréable à lire. Finalement, Mexican Gothic est un excellent et un pur divertissement qui nous emmène dans une intrigue à la fois un peu déjà-vu, mais également intéressante de par son contexte historique et géographique. 

Conclusion


Mexican Gothic est un roman qui mise énormément sur son ambiance sombre et un peu angoissante et qui tombe peu à peu véritablement dans du fantastique qui n’est pas sans rappeler les récits de Lovecraft. La première partie est assez lente et contemplative et permet de mettre en place une atmosphère très prenante. L’héroïne, Noémi, vient compenser ce rythme lent grâce à son côté intrépide et hyper dynamique. C’est une héroïne attachante et moderne qui vient bousculer les codes de l’époque dans laquelle se déroule l’intrigue apportant une pointe de féminisme. Les autres personnages sont peu nombreux, mais tous sont très intrigants et agréablement détestables L’intrigue tombe progressivement dans un huis-clos de plus en plus oppressant jusqu’à véritablement devenir un récit fantastique dévoilant les lourds secrets de la famille Doyle et de leur Manoir qui est également un personnage à part entière. Finalement, Mexican Gothic est un excellent divertissement qui ne révolutionne pas la littérature horrifique et fantastique, mais offre une atmosphère très immersive et une intrigue très plaisante à découvrir. 
TB lecture
 
 

Utopiales 2021, ça approche

Gromovar
, 22/10/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Chers amis lecteurs, sachez que les Utopiales 2021 se tiendront à Nantes du 29 octobre au 1er novembre, sur le thème Transformations (what else ?).
Retour apprécié du plus grand festival français d'Imaginaire et de sciences après une édition 2020 annulée pour cause de pandémie - quoi de plus SFFF ?


Sachez que cette année, Covid oblige, il faudra montrer un pass sanitaire et être masqué dans les lieux fermés.
Sachez que s'y tiendront de très nombreuses tables rondes et conférences, pour lesquelles il faudra néanmoins réserver sa place en suivant ce lien.


Sachez que vous pourrez y rencontrer ou simplement y croiser de très nombreux invités, auteurs, scénaristes, graphistes, scientifiques, etc.,
qu'il y aura une Université éphémère au Lieu Unique (dont on espère qu'elle ne sera pas, de surcroit, invisible),
que le professeur Zutop tiendra école pour les enfants (avec notamment un cours de salubrité publique sur le fonctionnement des vaccins),
que des films seront projetés en nombre, que des expos seront visibles dont une expo Goldorak,
et que le bar de Mme Spock, l'épicentre du festival, sera ouvert.


Sachez, amis lecteurs, que parmi les très nombreux invités présents tu pourras voir ces seize belles personnes dont j'ai lu des livres, qu'ils les aient écrits, dirigés, ou publiés.

Sachez que bien d'autres seront aussi présents. Si votre chouchou n'est pas sur la mosaïque il sera peut-être malgré tout aux Utopiales.

Sachez aussi que vous pourrez croiser une bonne partie du jury du Prix Planète-SF des Blogueurs qui vient de délivrer son Award 2021 à Aucune terre n'est promise de Lavie Tidhar.


Sachez enfin que, faute de Barack Obama, retenu, il faudra vous contenter de Gromovar pour des conseils de lecture SFFF.

Les Maîtres enlumineurs, tome 2 : Le Retour du Hiérophante - Robert Jackson Bennet

Elessar
, 22/10/2021 | Source : L'Imaginarium électrique

Les Maîtres enlumineurs, tome 2 : Le Retour du Hiérophante - Robert Jackson BennetAlbin Michel Imaginaire // 2021 (VO ) //615pLivre lu en service presseAprès un excellent premier tome, il va sans dire que j'avais hâte de mettre la main sur cette suite pour découvrir enfin ce qu'allait donner les promesses faites à la fin du premier tome.Il s'est passé 3 ans depuis les événements du tome précédent