Sous les ailes du Dieu Corbeau - Sara Pintado

Anudar
, 05/12/2022 | Source : La Grande Bibliothèque d’Anudar

Voici un titre dont j'ai appris l'existence en lisant la chronique de Lullaby, par l'intermédiaire du flux RSS du Planète-SF. Différent de ce que je lis en ce moment, je me suis fait la réflexion qu'il pouvait s'agir d'une idée de lecture intercalaire : qu'en a-t-il été ?
Résumé : 
Au palais de Chaljuse, le Roi se meurt, et sa succession promet d'être mouvementée. Le prince héritier Jenarp, sur le point de connaître la mise à l'épreuve traditionnelle, sait qu'il doit survivre avant de pouvoir s'imposer : son rêve est de construire un véritable empire. Son amant, le mage Chantant Ijpurna, devra lui aussi passer par les épreuves - mais il est partagé entre le prince et son amie Araxa : à la cour où se prépare la redéfinition des équilibres du pouvoir, il ne peut qu'être pris en tenaille par ses loyautés contradictoires. Aussi, quand commence la mise à l'épreuve des futurs dirigeants de Chaljuse, il devient évident que les pires dangers ne viendront pas de l'environnement sauvage où les mages les abandonnent... Est-il possible de survivre aux épreuves sans en être changé à tout jamais ?
A Sparte, les futurs citoyens-soldats - les homoïoï - pouvaient être appelés à la Kryptie, une épreuve de survie en milieu hostile dont l'une des fonctions était de mettre au pas la population des esclaves de l'Etat, les hilotes. Au fil des siècles qui ont suivi la perte de sens des règles de Lycurgue, la Kryptie est devenue dans la mémoire collective une "simple" mise à l'épreuve des jeunes spartiates - soit donc en quelque sorte un rite de passage cruel et violent, à l'image des traditions si mal comprises de cette Cité grecque. La mise à l'épreuve des jeunes nobles de Chaljuse tient de la Kryptie telle qu'on l'imagine trop souvent : sa fonction est individuelle, et non collective, puisqu'elle détermine le destin de l'adolescent livré à lui-même sur le territoire hostile où elle se déroule. Il convient d'arriver au rendez-vous à temps, sinon le perdant deviendra simple esclave... et s'il faut aller vite, c'est aussi parce que la région est peuplée de périls naturels comme humains. L'épreuve est formatrice, puisqu'il s'agit d'évaluer avec soin ses propres besoins avant qu'elle ne commence - puis dominer ses propres sentiments au cours des péripéties que l'on rencontre. Certains y perdent leur humanité, d'autres leur vie. Ceux qui arrivent au bout seront ceux qui auront su s'allier aux bonnes personnes - et surtout ceux qui auront évité de commettre trop d'erreurs graves, car celles-ci finissent par devenir létales - mais ils en resteront marqués pour la vie.

Tout comme les jeunes spartiates étaient censés avoir acquis une solide maîtrise des tactiques de guerre pendant l'agogê, mais aussi établi des liens solides avec leurs compagnons, les adolescents de cette histoire ne sont pas sans passé au moment où commence l'épreuve. Ils ne sont pas exempts de failles - individuelles, familiales - comme d'atouts. Les relations qui les unissent, qu'elles soient positives ou négatives, détermineront leur succès ou leur échec puisqu'une partie de l'épreuve consiste à s'associer à quelqu'un d'autre. C'est ici que le triangle amoureux qui se dessine dès les premières pages - soit donc avant le début de la mise à l'épreuve - prend son sens : il n'est pas central dans l'intrigue (et c'est un soulagement...) mais il en détermine bel et bien l'évolution. Parfois, les problèmes qui semblent insolubles trouvent des solutions inattendues, mais celles-ci ne sont pas toujours optimales et c'est bel et bien ce qui attend le trio formé autour d'Ijpurna. Celui-ci, au centre à son corps défendant d'un certain nombre d'intrigues, pourrait être qualifié de personnalité clivante : sa différence - il est bisexuel, dans un univers où cette orientation sexuelle semble peu comprise voire mal tolérée - lui attire aussi bien l'affection que la détestation, et le fragilise d'autant plus qu'il est d'une extraction inférieure à celle de ses compagnons. La sombre logique de ce roman conduit ses personnages à conclure des marchés de dupes entre eux, puis avec des entités d'ordre supérieur : il existe en effet dans cet univers des forces à la source de diverses formes de magie, et qui selon les interprétations peuvent être dieux ou démons. Est-il prudent de jouer avec ces forces ? De se servir de leur puissance à des fins matérielles ou personnelles ? Il semble que la magie selon Sara Pintado coûte un prix parfois démesuré, tant pour son utilisateur que pour son entourage. Certains personnages mourront de ne pas l'avoir compris à temps, ou de l'avoir oublié : l'ambition, parfois, est le pire des maux qui puisse frapper un individu... et à la mise à l'épreuve promet de succéder un conflit humain plus terrifiant encore.

La fantasy à l'oeuvre dans ce roman administre donc une leçon assez amère : la survie a un prix. Toute la question est de savoir pourquoi il vaut d'être payé.

Inhibitor Phase, d’Alastair Reynolds

Herbefol
, 05/12/2022 | Source : L'affaire Herbefol

J’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises du cycle des Inhibiteurs, d’Alastair Reynolds, ainsi que des autres ouvrages dans le même univers. L’année dernière, l’auteur a publié un roman qui se passe encore dans cet environnement et après Elysium Fire qui faisait partie de la série Prefect Dreyfus, il revient au cycle d’origine avec Inhibitor … Continuer la lecture de « Inhibitor Phase, d’Alastair Reynolds »

Fire Rain / Naheulband à Monthey

Alias
, 05/12/2022 | Source : Planète SF Archives – Blog à part

Naheulband à Monthey, le 3 décembre 2022

Un beau jour, l’ami Ghislain me contacte et me dit « Ah, au fait, on vient jouer en Suisse avec le Naheulband. À Monthey, tu connais? » Un peu, oui; quelque part c’est le bled de mes ancêtres. Genre, la salle de concert est au bout de la rue où habitait ma grand-mère.

Pas de bol, c’est le même jour où il y a l’Assemblée générale de 2d Sans Faces, donc je prends congé tôt des potes, je saute dans un train bondé et en retard, je rate la correspondance avec le tortillard, puis je traverse toute la ville. C’est pas très grand Monthey, sauf quand on doit traverser toute la ville à pied.

Me voici enfin à la salle de Pont-Rouge, dans une zone industrielle non loin du Rhône. J’avais déjà eu l’occasion d’y voir Symphony X il y a trèèèès longtemps. Le temps de récupérer le passe photo, de prendre un hot-dog parce que je crève la dalle, puis une bière parce que bière et je rejoins enfin ma dame à l’intérieur. Ouf.

Du coup, j’ai raté le spectacle pyrotechnique – très impressionnant de ce que j’ai vu des photos des copains – et une bonne partie de Fire Rain, le groupe de première partie. Décrit dans le programme comme « punk-metal », Fire Rain est une formation valaisanne qui, en fait, sonne surtout comme du bon gros metal.

Fire Rain à Monthey, le 3 décembre 2022
Fire Rain (metal, Suisse) en concert au Pont-Rouge de Monthey, le 3 décembre 2022, en première partie du Naheulband. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Du metal un peu à l’ancienne, très classique: deux guitares, une basse une batterie; un des guitaristes et le bassiste au chant. C’est très énergique, carré, pas dénué de virtuosité non plus. C’est typiquement le groupe que je n’écouterais pas en album, mais que j’apprécie en concert. Au reste, le public apprécie aussi.

Bon, d’une part, ce sont des locaux, d’autre part la salle, d’une capacité théorique de 350 places, est déjà blindée: la soirée est sold-out. Il y aurait donc une certaine convergence entre les fans de metal et les rôlistes fans du Naheulband! Qui l’eût cru?

À la pause, je retrouve au bar, outre Ghislain, Tony Beaufils, qui évolue aussi avec Qantice, et Le Mago, de Magoyond. Le temps d’échanger quelques plaisanteries, il est temps de se repositionner au premier rang. D’ailleurs, vu la masse de gens présents, je n’aurai pas beaucoup l’occasion de bouger de mon coin gauche pendant le concert.

Bon, de toute manière, je n’ai pas un grand angle suffisant pour couvrir toute la scène autrement. Cela dit, typiquement, c’est typiquement le genre de concert que je viens apprécier pour lui-même. Les photos et les vidéos, c’est presque un bonus.

Naheulband à Monthey, le 3 décembre 2022
Le Naheulband (folk-chaotico-débilo-rôliste) en concert au Pont-Rouge de Monthey, le 3 décembre 2022, Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Bref, c’est enfin l’heure du Naheulband. Alors bon, je les ai déjà vus en concert pas mal de fois, mais la dernière, c’était à Trolls & Légendes en 2015 et, avant ça, ils étaient venus en Suisse en 2014, à Polymanga. Ça commence à dater. Comme moi, quoi.

J’imagine que beaucoup des lecteurs de mon blog sont aussi rôlistes et, du coup, ont au moins déjà entendu parler du groupe, émanation de la saga MP3 créée par John « Pen of Chaos » Lang. Pour les autres, c’est un peu plus difficile à expliquer.

Disons que le Naheulband, c’est un groupe de folk pas sérieux du tout. D’une part, leurs thèmes donnent dans le jeu de rôle med-fan caricatural et décalé et, d’autre part, ils se présentent comme « la pire bande de bras cassés des Terres de Fangh » et n’arrêtent pas de déconner avec leur public.

Musicalement, ça donne un folk aux influences celtiques tradi, parfois même sous la forme de pastiches, avec un côté très nettement festif et épique. Ce soir, le groupe a joué un peu tous les morceaux qui ont fait son succès: « La Vie d’Aventurier », « À l’Aventure, Compagnons! », « Marche Barbare », « Crom! », « Le Laridé du Poulet », sans parler des pubs et de quelques morceaux plus récents, comme « Le Grand Pot-au-Feu » ou « Bourriner ».

Et puisque je mentionne le public, c’est un peu le « huitième membre » du groupe. Quasiment tout le monde connaît les morceaux par cœur et les chante à fond, ça tape des mains et des pieds, parfois ça danse – enfin, ça slamme, et ça se met même à torse nu pour la « Marche Barbare ».

Sur « Mon Ancêtre Gurdil », le groupe fait monter sur scène Tenshirock (de Noob) et Cédric Baravaglio (compositeur suisse, qui a aussi bossé sur Noob). Après un rappel et le traditionnel « Bugger Off », le Naheulband finit par quitter la scène après plus d’une heure et demie de chaos. Mais du bon chaos.

Bref, le Naheulband, c’est vraiment un groupe qui vaut la peine d’être vu en concert et ce show montheysan l’a prouvé une fois de plus. Le public était à fond dedans et ça fait plaisir de retrouver une salle pleine après la déconvenue du mois passé.

Cela dit, le défaut d’une salle pleine, c’est que, comme mentionné, je n’ai pas beaucoup pu prendre de photos ailleurs que depuis mon coin et, d’autre part ça a limité mes interactions sociales avec plein de copains qui étaient dans la salle – Cretch, Fu et les autres, vraiment désolé; je vous dois toujours une bière.

Pour notre part, ma dame et moi, on rentre à la maison après d’ultimes papotages avec les membres du groupe. C’était très cool – pas qu’on en ait douté une seconde, mais ce genre de soirée, ça fait toujours plaisir.

Les photos sont déjà en ligne sur Flickr, sous licence Creative Commons.

Et bonus, l'épisode de Radio-Erdorin Live

https://www.youtube.com/watch?v=PvtNbZGjbf0

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Providence [Second Œkumène .3], John CROSSFORD (Bertrand PASSEGUÉ)

lenocherdeslivres
, 05/12/2022 | Source : Le nocher des livres

Anya et les autres sont toujours enfermés dans leur camp, avec les alter et les mineurs exilés, entourés par les fanatiques lancés par le religieux Corradino. De son côté, MacGregor doit manœuvrer avec finesse dans les méandres du pouvoir parmi tous ses ennemis non déclarés qui ne souhaitent qu’une chose : le voir disparaître. Et l’empereur qui va enfin mourir : les dés sont lancés !

Une suite sur les chapeaux de roue

Pas de temps mort : Providence commence là où Orosco s’achève. D’ailleurs, commentaire classique dans ce genre de cas : un petit résumé des épisodes précédents aurait été le bienvenu. Même si la lecture des deux tomes précédents était assez fraîche dans mon esprit, il m’a fallu quelques pages pour que toutes les connexions se refassent.

Ils ne connaissent que la guerre et les combats, et ils doivent maintenant réinventer une autre façon de vivre. Ce n’est pas facile… C’est sans doute pourquoi ils se sont réfugiés dans la violence et le repli sur soi.

Les antagonismes sont à leur paroxysme et il certains conflits vont devoir s’apaiser pour éviter l’explosion totale. C’est à quoi s’applique John Crossford (en fait, Bertrand Passegué, comme l’a finalement révélé l’éditeur). Il résout en partie des crises, mais en relance d’autres. Néo, entité créée par un savant génial mais désabusé, qu’on avait aperçu dans le précédent roman et qui avait déjà une aura de méchant en puissance, prend toute son ampleur dans Providence. Il a trouvé sa voie et a les moyens d’imposer sa vision du monde à toutes et tous. Autrement dit, dans l’ensemble, on ne s’ennuie pas dans ce troisième tome.

J’ai écrit « dans l’ensemble », car quelques passages m’ont semblé un peu moins réussis, un peu moins vifs que le reste. Trop d’arrêts de l’action pour des explications pas toujours nécessaires. Et, pire, des redondances, des répétitions. Lors de discussions avec de nouveaux venus, l’auteur se sent obliger de répéter des informations déjà révélées peu avant. Donc, sauf à lire le récit sur un temps long (et c’est plutôt un livre que l’on dévore), cela agace un peu. Mais je chipote, car j’avais bien aimé les précédents volumes et il me fallait bien faire la fine bouche.

Une histoire qui tourne

Comme dit plus haut, John Crossford renouvelle l’histoire en faisant passer en arrière plan, voire disparaître, des personnages pourtant importants (mais plutôt méchants, donc c’est bienvenu) et en les remplaçant par d’autres ennemis différents mais plutôt plus puissants, donc plus dangereux. En plus, les tensions diplomatiques se renforcent. Cela a le mérite d’éclaircir un peu le tableau : on sait qui est dans quel camp et, à la fin du roman, les pièces sont clairement posées sur l’échiquier. Car dans Providence, les personnages principaux, qui étaient dans l’ensemble, des fugitifs, arrivent au pouvoir. Ils commencent à avoir de vraies cartes entre leurs mains.

D’ailleurs, cela m’avait semblé presque trop facile et je me préparais à fustiger cette tendance à arranger tous les problèmes presque comme par un coup de baguette magique : un personnage est handicapé ou blessé et pouf, l’entité magique la soigne alors que tous les médecins disaient que c’était impossible. Les protagonistes se retrouvent tous, comme par hasard, au même endroit au même moment alors que l’univers est si vaste : les trois axes se mêlent ainsi en un seul (qui va se rediviser, heureusement). Mais l’auteur parvient à rendre cela vraisemblable (enfin, autant que dans une œuvre de fiction) et, sur la fin, il rend les choses plus complexes. Certains de ses héros se traitent même de naïfs pour avoir cru que tout se passerait bien, sans véritable complication. Et il est vrai que je me demande bien comment ils vont pouvoir s’en sortir quand je regarde la somme de leurs défis. Mais il reste deux romans pour cela. Et ce ne sera pas de trop.

La difficulté avec les révolutions, ce n’est pas de les déclencher mais de les arrêter quand elles sont lancées.

Providence, même s’il m’a un peu moins plu que Régulus et Orosco, m’a replongé avec délice dans le monde cruel mais envoûtant du Second Œkumène. J’ai retrouvé avec joie des personnages attachants, qui avaient su m’embarquer avec eux et m’ont à nouveau associé à leurs tourments et leurs aventures. Patience, donc, jusqu’à la parution, en avril 2023, de Vatican.

Les autres livres de cette série : le premier volume, Régulus ; le deuxième, paru en juin, Orosco ; le troisième, Providence ; le quatrième, Vatican, prévu pour avril 2023 ; et donc le dernier volume, Taraël, qui devrait nous arriver en novembre 2023.

Présentation de l’éditeur : L’empereur est mort, et l’empire dissous. L’Église se déchire. Quant aux alter, après des siècles à courber l’échine, ils paraissent décidés à se venger dans le sang des souffrances endurées. Dans le chaos politique et militaire ambiant, Einar, Anya, Allen et Douglas tentent à leur façon de rétablir un certain équilibre. Mais face à l’adversité, la paix pourrait bien rester un objectif illusoire.

Critic – 24 novembre 2022 (roman inédit– 511 pages – Illustration : Djibril Morissette-Phan – 23 euros / numérique : 13,99 euros)

D’autres lectures :

Christopher Bouix – Alfie – #PLIB2023

Zoé Lucaccini
, 05/12/2022 | Source : Zoé prend la plume - Imaginaire francophone

7ème lecture des 25 finalistes du PLIB2023, Alfie est un roman assez court de Christopher Bouix, paru aux éditions du Diable vauvert. Je voyais passer pas mal de chroniques très enthousiastes sur ce titre, je voulais donc y jeter un œil. Et j'ai fichtrement bien fait, parce que non seulement c'est à la fois bien... Lire la Suite →

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C’est lundi, que lisez-vous ? – 05/12/2022

Sometimes a book
, 05/12/2022 | Source : Sometimes a book

lundijpg

Ce rendez-vous du « C’est lundi, que lisez-vous ? » fut initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading? by One Person’s Journey Through a World of Books. Il a depuis été repris par Les Paravers de Millina. Le principe est de répondre chaque lundi à trois petites questions :
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Alfie a été une bonne lecture, très drôle et entraînante. J’ai pas mal de petits points à lui reprocher que j’expliquerai dans la chronique, mais c’est tout de même un bon récit d’anticipation qui interrogent sur pas mal de sujets.

Je continue ma lecture de 25 sélectionnés adultes du PLIB2023 avec Les chants de Nüying. C’est une lecture plaisante, mais je suis assez surprise de l’intrigue qui n’a pour l’instant rien à voir avec le résumé et l’illustration de couverture alors que j’ai dépassé la moitié. Je suis donc un peu déçue de ne pas retrouver ce qu’on m’avait vendue même si c’est loin d’être mauvais.

Synopsis
La planète Nüying, située à vingt-quatre années-lumière du Système solaire, partage de nombreux traits avec la Terre d’il y a trois milliards d’années. On y trouve de l’eau à l’état liquide. Son activité volcanique est importante. Ses fonds marins sont parcourus de failles et comportent quantités de sources hydrothermales. Elle possède une magnétosphère et une atmosphère dense, protectrice. Tout cela en fait une bonne candidate pour héberger la vie. La sonde Mariner a transmis des enregistrements sonores de Nüying : des chants qui évoquent par analogie ceux des baleines. Quand elle était enfant, Brume a entendu cet appel. Désormais adulte, spécialisée dans le domaine de la bioacoustique marine, elle s’apprête à participer à la plus grande aventure dans laquelle se soit jamais lancée l’Humanité : rejoindre Nüying au terme d’un voyage spatial de vingt-sept années. Que va-t-elle découvrir là-bas ? Une civilisation extraterrestre ou une remise en cause totale de ses certitudes ?

Je ferai ensuite une petite pause dans mes lectures du PLIB2023 avec le dernier tome de Magic Charly dont j’attendais la sortie avec grande impatience.


Et vous, qu’êtes-vous en train de lire en ce moment ?
Je vous souhaite comme d’habitude une très belle semaine, riche en excellentes lectures ! 

Fire and Brimstone in the Twin Cities - James Morrow

Gromovar
, 04/12/2022 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Sur le site de Beneath Ceaceless Skies, on peut lire une amusante nouvelle de James Morrow.


Tirée du recueil Bible Stories for Adults, Fire and Brimstone in the Twin Cities revisite de façon très irrévérencieuse le mythe de la destruction de Sodome et Gomorrhe.

Les cinq cités (Sodome, Gomorrhe et trois autres) sont vertueuses et justes. Fondées sur 20 commandements qui promeuvent la tolérance et la coopération, elles sont gouvernées par la bonne reine Nahilia. On y vit en paix, on n'y commet aucun crime grave, on s'apprête même à y accueillir l'hébreu Loth et son peuple pourvu qu'ils acceptent les 20 commandements donnés par Anu, le dieu suprême des cinq cités.


Mais voilà qu'arrive l'aussi funeste que très charismatique Luther, emmené en ces temps bibliques par l'archange Uriel en récompense de sa foi et de sa ferveur. Plein de lui-même et convaincu comme ne le sont que les fanatiques, farci des pensées de Saint Augustin dont on ne peut pas dire qu'il fut le plus stable des théologiens antiques, Luther parvient à convaincre les justes et paisibles sujets de la reine Nahilia qu'ils sont entachés d'une souillure indélébile, que leur vices et iniquités (imaginaires) sont connus de Dieu. Il ajoute même que la prédestination – qu'il explique aussi à des auditeurs étonnés – ne pourra pas les sauver car, pour d'évidentes raisons de calendrier, ils n'ont pu être rachetés par le sang du Christ.


Tout ceci peut et doit mal tourner, surtout quand Dieu est inconséquent et alors même que Loth – veuf ici – n'a pourtant aucune épouse disponible qui pourrait être changée en statue de sel.


Cette petite nouvelle est amusante et bien dans le droit fil des écrits de Morrow qui a décidé depuis longtemps d'attaquer le religion par la face de l'ironie mordante. La fin, nietzschéenne, de Fire and Brimstone in the Twin Cities est un (petit) message d'espoir que l'Histoire ne valide guère.


Fire and Brimstone in the Twin Cities, James Morrow

Hypothétique célébration

Le chien critique
, 04/12/2022 | Source : Le chien critique

 

Le 15 février 2007 est une date mémorable pour la science fiction : SPIN sortait en France.
La SF avait trouvé son CHEF D'OEUVRE. Tout ce qui avait été écrit avant et après n'est dès lors que de la pacotille.

Depuis, chaque année, cette date a surpassé Noël, et le monde entier commence à suivre. C'est désormais un jour férié et toute les familles se réunissent devant LE LIVRE en faisant ripaille et s'offrant des cadeaux.

Voici quelques idées de livres à s'offrir, anecdotiques bien entendu par rapport à Spin, en offrande aux hypothétiques.

 

 

Pas d'histoire

 

Histoire de la science-fiction en bande dessinée

En gravant le nom des auteurs et autrices qui ont fait la science fiction, Xavier Dollo entre lui aussi dans l'histoire de la SF. Il y a plein d'images et un traitement moderne pour toute cette naphtaline. Un indispensable.


Science-fiction ! Voyage dans la modernité

C'est un beau livre que je viens de recevoir, et en le feuilletant et regardant le sommaire, je sais déjà qu'il va m'écarquiller les mirettes. Tu as un doute ? Regarde qui sont les auteurices : Serge Lehman & André-François Ruaud & Natacha Vas-Deyres



Rétrofictions. Encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone

Si Spin existe, c'est grâce à tous les scribouillards qui ont écrit avant Robert Charles Wilson. C'est malheureusement en rupture, mais il en reste sûrement une ou deux qui se cachent sur les étagères de libraires.
 

Histoire de la science-fiction française

Avant que La méthode scientifique ne tire sa révérence, Nicolas Martin nous a fait un petit cadeau en revenant en trois émissions sur l'histoire de la SF française. C'est gratuit, c'est intelligent et drôle, de quoi alimenter les discussions lors de la célébration des Hypothétiques.

          Histoire de la science-fiction française, chapitre 2 : il est venu le temps des éditeurs... (08 avril 2022)
    
    
 
Histoire de la science-fiction francophone, chapitre 1 : les Hypermondes (25 février 2022)




Petits puits de science

L'espace

Comme on parle du loup, transition idéale avec L'espace, l'état des savoirs, et même plus encore... Idéal pour comprendre nos chers Hypothétiques.


Eureka !

C'est un livre que je déguste peu à peu depuis 2 semaines. Après avoir lu la moitié, c'est un cadeau qui fera plaisir aux petits (12 ans ?) et aux plus vieux et vieilles. C'est léger et instructif. Je sais déjà qu'il sortira régulièrement de ma bibliothèque.



Les dinosaures de notre temps

Je pense que nous sommes nombreux•ses à avoir à un moment ou à un autre aimé les dinosaures. Le titre est un peu trompeur, l'ouvrage parlant plus de la paléontologie, mais on apprend plein de choses sur ce métier. Et comme il y a plein de notes d'humour, ça se lit tout seul.




J'aime pas lire

Alien, la xénographie

Quoi de mieux pour célébrer le livre qui a révolutionné la SF qu'un livre sur des films qui ont révolutionné le cinéma ? Je viens juste de le recevoir, mais le sommaire est plus qu'alléchant, j'en bave déjà.

 

Tout sur Dune

Petit entorse à la SF avec une incursion en terre fantasy. Si tu veux savoir pourquoi Sting était en string et si tu veux t'épargner cette indigeste saga (tant littéraire que cinématographique) tout en faisant croire au monde entier que tu as tout lu et vu, c'est le livre qu'il te faut.


Mutræ

Mutrae, c'est une expérience immersive : écriture, audio, visuelle et nouvelle. Et c'est aussi une expo. Bref, c'est le livre mutant atypique.




J'ai un boulot de merde, j'veux du fun

 

Alfie

C'est con,
C'est drôle,
C'est intelligent,
Un régal de lecture autour de l'Intelligence Artificielle et des biais cognitifs.



Les enfants de Paradis

J'ai pris mon pied avec cette lecture. Un condensé des thématiques de la SF, avec un récit plein d'aventures. Un must have.


 L'Immortelle de Maison-Ville par [Jean-Marc De Vos]

L'Immortelle de Maison-Ville

J'ai vraiment lu avec plaisir ce roman qui m'a emmené dans ce monde où tout n'est ni blanc ni noir. Les personnages évoluent et sont ambiguës à souhait. J'aime avant tout lorsqu'un livre m'entraîne dans son intrigue et me fait réfléchir sur le monde et c'est ce que j'y ai trouvé.

 

L'effet coccinelle

Scénario improbable pour réalisation réussie haut la main. Un xéno-road trip à travers l'Europe et la Hongrie. Les trois aliens que nous suivons sont les petites mains, les premiers de corvée. Pas forcément très intelligents mais remplis de malices, malins et taquins, c'est une équipée sauvagement drôle qui égratigne nos travers d'humains, nous, l'espèce la plus intelligente de l'univers.

 

Pas l'temps

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Vineta

L'espace temps, c'est parfait pour se faire des noeuds au cerveau. Ici l'auteur s'amuse plutôt dans les méandres de son intrigue tortueuse. Une aventure où tu crois comprendre et dont la fin te fait comprendre que tu t'es fait avoir...



Monsieur Merlin

 Comme tu n'as pas le temps, quoi de mieux qu'un petit bouquin de moins de 100 pages. Mais attention, ce n'est pas parce qu'un livre est court qu'il ne t’interrogera pas à travers temps... Parfait pour jouer avec le temps.


 

Les naufragés de l'institut Fermi

Ici, double dose de temps avec le temps VS le temps. On pourrait même en rajoutait un troisième de temps, avec celui de la Bretagne... Si tu aimes les voyages dans le temps, c'est le roman qu'il te faut.
 


Les temps ultramodernes

Car notre monde a besoin de merveilleux ! Tu aimes la vieille SF et tu penses que notre époque moderne est bien triste ? Alors plonge dans cette aventure.


La SF, c'est de la merde


Olangar

Me voilà très déçu avec cette saga de fantasy. Car elle a démonté mes à priori  sur la fantasy qui, logiquement, est de la merde. Et me voilà en train de lire un tome, puis un autre et...
Un must.



Confessions d’une séancière

Voilà un recueil atypique, ce n'est pas de la SF, ni de la fantasy, ni du fantastique, mais c'est bien de l'imaginaire. Et en plus, cela m'a ensorcelé et depuis, je lis ce que publie l'autrice. Un livre qui te fait voyager, loin, très loin.



J'peux pas, j'ai piscine


Le monde de Rocannon

Du Ursula K. Le Guin, c'est forcément bien ! Pas toujours. Premier roman dont on se demande, aujourd'hui, comment il a pu amener à un deuxième, et à la carrière après...  Un livre à laisser sans regret sur l'étagère de son libraire.

 

Rendez-vous demain

Du Christopher Priest , c'est forcément bien ! Pas toujours. Ce fut clairement un rendez vous manqué. Ce roman est chiant à lire. Pas inintéressant, mais juste chiant. Un livre à laisser sans regret sur l'étagère de son libraire.
 
 

La cité du futur

Du Robert Charles Wilson , c'est forcément phénoménal ! Pas toujours. Dernier roman en date de l'auteur et ce n'est clairement pas une réussite. Cela me fait du mal de le dire, mais c'est un livre à laisser sans regret sur l'étagère de son libraire.


Le vertige

 

Spin

Pourquoi recommander ce roman désormais qu'il fait l'objet de lecture obligatoire dans tous les lycées de France ? Car chaque année, des bébés naissent et qu'ils n'ont pas lu ce monument de la SF. Je l'ai lu un nombre invraisemblable de fois, et chaque fois, c'est une claque vertigineuse. Un roman purement SF, mais avant tout humain. A chaque roman que je lis depuis, j'espère retrouver un peu de celui-ci.


Les affinités

En ces temps où de nombreuses personnes se demandent si il faut rester sur Twitter ou partir, voici le roman à lire. Pas tant sur les réseaux sociaux, mais sur les réseaux, et de leurs conséquences. La science-fiction peut aussi s'intéresser aux sciences dites molles, pour notre plus grand plaisir.

 

 A travers temps

Ce n'est clairement pas le roman le plus connu de l'auteur, mais il  une place à part dans mon coeur. C'est un hommage à Au carrefour des étoiles. Wilson peut être très drôle malgré un ton assez pessimiste sur la nature humaine. A découvrir.

L’héritage de Molly Southbourne – Tade Thompson

Célinedanaë
, 04/12/2022 | Source : Au pays des cave trolls

En 2019 paraissait dans la collection Une Heure Lumière, Les meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson, une histoire horrifique modernisant le thème du double. Le roman fut suivi un an plus tard par une suite très différente du précédent, La survie de Molly Southbourne . Le dernier opus de cette série, L’héritage de Molly Southbourne, vient de paraitre et offre une conclusion à la série.

Il n’est pas facile de terminer une série surtout quand les premiers tomes étaient d’un très haut niveau, on est forcément attendu au tournant. Ce dernier tome de la série n’échappe pas à la règle. Sans être une mauvaise lecture loin de là, ce roman souffre de la comparaison avec les 2 précédents. Il est moins enthousiasmant que ses prédécesseurs mais constitue une bonne fin. Surtout, cette trilogie est une très belle découverte et restera dans les mémoires.

Ce tome suit plusieurs fils dont Molly et des doubles en quête d’une vie normale malgré sa situation. L’alternance des points de vue se fait avec des chapitres courts et des changements rapides. Cela donne du rythme au roman, rend la tension présente tout du long. Mais par moments, il est un peu difficile de suivre et de savoir à qui se rapporte tel chapitre. Une fois ce bémol passé, cette narration s’avère efficace et rend la lecture très prenante. J’ai apprécié également l’évolution de Molly au fil des tomes. Elle change, s’humanise, apprend à vivre avec sa nature.

Tade Thompson apporte son lot de surprises et d’explications dans cette nouvelle histoire. Néanmoins, l’intrigue en devient plus simple et certains éléments sont un peu expédiés. On a l’impression que l’auteur voulait conclure au détriment de certains éléments, allant à l’essentiel. Ce troisième tome est à nouveau différent des deux précédents et surprend en ce sens. Il est plus conventionnel, moins audacieux mais aussi plus accessible.

L’héritage de Molly Southbourne pose ainsi les dernières pierres d’une trilogie surprenante et marquante. Ce dernier opus a une intrigue plus conventionnelle que les précédents et se révèle moins réussi. Pourtant, on se laisse prendre par la lecture et son rythme. Tade Thompson explore la thématique du double dans cette excellente trilogie.

Autres avis: Le galion des étoiles, Laird Fumble, Yuyine,

Auteur :Tade Thompson

Éditions : Le Bélial’ collection Une Heure Lumière

Parution: 10/11/2022

Traduction: Jean-Daniel Brèque

La vie de Molly Southbourne s’est fondée sur une poignée de règles d’airain. La plus cruciale : ne saigne pas.
Son corollaire : si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent. Et surtout : Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.
À chaque fois que Molly saigne, une copie d’elle-même naît. Des copies qui n’ont semblé avoir d’autre but que la mort de Molly. Mais Molly Southbourne, l’originale, est morte : elle a péri dans le brasier de sa maison, incendie qu’elle a provoqué elle-même pour mettre un terme à ce qu’elle vivait comme une malédiction.
Désormais traquées, ses copies se sont rassemblées. Se sont organisées. Ont survécu. Les dernières d’entre elles habitent une maison au fin fond de la campagne anglaise et tentent de faire la paix avec le passé.
Las, ce passé refait surface. Conçus dans un laboratoire soviétique, des secrets coulent dans les veines des Molly Southbourne. Et certains voudraient faire main basse sur cet encombrant héritage. Pour les obtenir, ils sont prêts à tout, y compris à détruire la paix fragile dans laquelle vivent les dernières Molly Southbourne.
Ultime volet de la trilogie « Molly Southbourne », L’Héritage de Molly Southbourne propose une conclusion aussi sanglante que pyrotechnique.

Bilan mensuel novembre 2022 #28

shaya
, 03/12/2022 | Source : Les lectures de Shaya

Encore un mois passé à la vitesse de l’éclair, mais, deux articles, on progresse !

Côté blog

Côté lecture

  • Superluminal de Vonda McIntyre : Fini, et c’était vraiment excellent !
  • Ou ce que vous voudrez de Jo Walton : démarrage un peu difficile, mais en cours 😉
  • Anthologie Utopiales 2022 : en cours, je prends mon temps et je picore.

Côté PAL

La mise au régime est efficace, puisque …

 

Côté Ecran

Ce mois-ci, j’ai décidé de me focaliser sur du rattrapage plus que sur les séries que je suis au quotidien.

  • This is Us, saison 6 : Il s’agit de la dernière saison de cette série, qui nous parle du quotidien des Big Three, des triplets, et de leurs parents, dans leurs vies d’adultes et d’enfants, à travers de nombreux flashbacks. Cette dernière saison explorait plus particulièrement le thème de la vieillesse, et, on ne va pas se mentir, m’a mis un petit coup de blues face à la déchéance du corps et de l’esprit qui nous attendent, à différentes échelles bien sûr. D’un autre côté, This is Us est un poil trop bien-pensant à mes yeux, et certains écueils (coucou l’Amour) auraient pu être évités. Ceci dit, Kevin, Kate et Randall me manqueront tout de même un peu.
  • The Handmaid’s Tales, saison 5 : Dans cette saison, nous sommes principalement au Canada, et suivons la vie en tant réfugié.e de Gilead, pas toujours simple. J’apprécie qu’il soit montré la difficulté de reprendre un quotidien après les traumatismes de la société totalitaire de Gilead, mais l’aveuglement de certains personnages est à faire peur. Je crains un peu la suite de la série, qui commence à sérieusement tourner en rond.

En décembre, j’aimerais rattraper Killing Eve et Sandman.

Et toi, tu as découvert quoi de beau en novembre ?

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