Sur Mars – Arnauld Pontier

Lhisbei
, 18/08/2019 | Source : RSF Blog

Sur Mars D’Arnauld Pontier Éditions 1115 – 128 pages Sur Mars  est une version révisée et augmentée d’un texte paru en 2009 aux éditions Nicolas Chaudun sous le titre Sur Mars, récit de voyage. Il se présente comme un recueil d’extraits du journal intime d’un scientifique parti pour une mission de deux ans et demi […]

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Chevauche-brumes de Thibaud Latil-Nicolas

Lianne
, 18/08/2019 | Source : De livres en livres







 Année de sortie : 2019
Éditeur : Mnémos
Nombre de pages : 304
Genre : Fantasy







Mon avis  :

Dans ce livre on suis une troupe de l'armée qui est chargée de défendre une ville assaillie par une étrange brume remplie de monstres. Cette brume en temps normal a toujours été cantonnée à la frontière du royaume, mais depuis quelques temps elle s'étend et est en train de submerger la plus grosse ville de la région limitrophe.

Sur le papier c'est une tache limite impossible. Certains monstres sont limite aussi gros que les murailles qui entourent la ville.

Mais voila qu'une mage locale a semble-t-il une solution. Elle pense que la brume est une ancienne magie oubliée, Un sort lancé il y a des centaines de générations par les anciens habitants de la zone. Peut être un sort de défense ou d'attaque d'une ville? Tout les humains concernés étant morts depuis, personne n'a jamais pu l'arrêter.
Le problème actuel est lié à la résurgence de la magie, dont les sources sont bien plus puissantes depuis quelques mois. Du coup ça expliquerait que la tempête de brume soit elle aussi bien plus puissante qu'avant.

Une expédition est donc organisée avec le plus puissant mage du royaume pour tenter de découvrir la source de la brume et tenter de l'arrêter ...

 
Dans l'ensemble j'ai bien aimé même si ce n'est pas vraiment mon style de fantasy préférée.

Les hommes qu'on suis sont vraiment une bande de rustres qui parlent mal, sont bien sur pour la plupart sexistes etc ... En fait je retrouve l'ambiance de la Compagnie noire, avec des personnages pas très recommandables qui se jouent des tours entre eux. J'ai lu le premier tome de cette série il y a bien longtemps donc je ne saurais pas faire plus de rapprochement mais en tout cas c'était dans le style.

J'ai trouvé les personnages finalement assez attachants, même dans leur folie et leur caractères de cons. Ils m'ont souvent fait sourire avec leurs manières de se comporter les uns envers les autres.

Un autre point que j'ai bien apprécié est tout ce qui concerne la magie. Dans ce monde la magie est considéré comme une science. Elle est vraiment basée sur l’expérimentation, sur des règles bien précises qui doivent être respectée. Elle est d'ailleurs en conflit avec l'église qui trouve ça mauvais d'utiliser les "dons de dieu" et de tenter de décrypter leur fonctionnement au lieu d'avoir juste la foi. Les mages sont considérés comme des hérétiques à cause de ça.

J'ai trouvé marrant ce rapprochement, ça change de l'idée qu'on s'en fait normalement. 

Après c'est vrai que les rebondissements de la fin sont assez classique dans le genre, ce livre ne révolutionnera rien. Le principe général m'a fait aussi penser à L'arcane des Épées mais je ne développerais pas plus parce que ça va tout spoiler.

Dans l'ensemble c'était une petite lecture sympathique, rien qui me restera à l'esprit des années mais le tout se tient bien et j'ai passé un bon moment. 


16/20






Une cosmologie de monstres - Shaun Hamill

Gromovar
, 18/08/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


"Une cosmologie de monstres" est le premier roman de Shaun Hamill. Et il est foutrement réussi.

"Une cosmologie de monstres" est l'histoire, de 1968 à aujourd'hui, d'une famille américaine banale dans sa structure mais pas dans ses tribulations.

Dans la famille Turner il y a le père, Harry. Un geek, issu d'une famille frappée par le malheur, doublé d'un fan de Lovecraft empli de rêves fantastiques.
Margaret est la mère. Fille de parents ruinés ou presque, elle a choisi, après avoir planté ses études, le renversant Harry contre le financièrement rassurant Pierce. Un vrai mariage d'amour.
Le couple a trois enfants. Dans l'ordre : deux filles, Sidney et Eunice,  puis un fils, Noah. Sidney, belle et gracieuse, joue et danse, elle possède une empathie puissante et sait quand on lui ment. Eunice est intellectuellement surdouée, incertaine d'elle-même, elle imagine et écrit. Noah, essentiellement, ressemble à son père, un père qu'il n'a pas connu.
Car oui, comme dans toutes les familles, il se passe des choses dans la famille Turner. Les gens vont et viennent, leurs états mentaux et leurs relations réciproques aussi, non-dits et rancœurs se substituent peu à peu aux joies et tendresses.

Les Turner, comme tout le monde, ont aussi des voisins, des collègues, des amis, parfois des amants, qui entrent et sortent de leurs vies et y apportent leur touche.

Je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler. C'est de vies qu'il s'agit et il importe de les découvrir soi-même, au rythme de la lecture, pour avoir une chance de les ressentir.

Un détail néanmoins. Dès le début de la relation entre Harry et Margaret, une forme, une ombre, semble suivre le couple, toujours dans la distance, toujours trop fugace pour être vraiment vue, mais toujours assez proche pour être remarquée. Une ombre qui, en dépit de nombreux dénis, prendra de plus en plus de place dans la vie de la famille. Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, lecteur, qu’il n’en est rêvé dans ta philosophie. Lovecraft le savait. Les Turner le découvriront à leurs dépens.

Stoppons là.

Disons maintenant le plus important. "Une cosmologie de monstres" est l'hommage amoureux de Shaun Hamill à l’œuvre du maître de Providence. L'hommage d'un lecteur qui aime passionnément l’œuvre mais en voit tous les défauts littéraires bien connus.

Il le fait dire à Noah :
« You think that if Lovecraft had been born a few decades later, he might have skipped fiction and spent his life happily writing monster manuals for Dungeons and Dragons. »

Lisons encore Hamill, faisant penser ses personnages :
« She found Lovecraft almost unreadable. The stories had characters inasmuch as there were named people who existed on the page, but they never grew or changed or engaged in any meaningful human interactions. Whenever they spoke, they sounded like anthropomorphized textbooks from alternate dimensions. Most of the stories seemed to be about a single survivor relating the tale of an exploration of some ancient ruin and going mad as he realized that the ruin had been built (and was sometimes still inhabited) by some primordial horror. It was all florid, adjectival language, with nothing approaching the awesome horror and dread of the paintings in Visions of Cthulu.
On the other hand, many of the tales had a compelling sense of dark revelation, the gradual realization by the narrator that the comforting “real world” that humans inhabited was in fact nothing but weak gauze ready to be pulled aside to reveal an abyss of terrors underneath. It was sort of the opposite of Moses and the burning bush, or Paul on the road to Damascus. The same basic idea as religion—the world is not the world—but twisted. »

Et plus loin :
« With a couple of notable exceptions (“The Dunwich Horror,” “The Dreams in the Witch House”), Lovecraft’s heroes never win. They escape most of the time, but survival is a pyrrhic victory, a life lived in cosmic dread, aware of the true nature of the universe and humankind’s place in it. The gospel according to Lovecraft is that human life is a small, transient accident in the cosmos, and it’s only a matter of time until the true powers awaken and either enslave or wipe out humanity. There is no secret weapon or clever solution to reverse the situation. It’s just something that’s going to happen. »

Ce sont ces tics et ces imperfections narratives qu'Hamill veut soigner dans "Une cosmologie de monstres".
Reprenant la structure de récit en flashback, récupérant quelques titres de nouvelles lovecraftiennes pour nommer ses chapitres, s'appuyant sur le rêve et le rêve éveillé, il part de Lovecraft pour le dé(sur)passer.
Il propose donc une réinterprétation complète de la cosmologie lovecraftienne. Il met en scène, entre narration à la première et à la deuxième personne, une famille « normale », des gens avec une vie, bien éloignés des érudits solitaires d'HPL, et développe son histoire sur cinq décennies, ce qui lui donne l’occasion de les faire vraiment évoluer. Il donne à voir des acteurs ambigus, versatiles, capables de sortir du script basique humain/monstre et de franchir le gap. Il laisse entrevoir une possibilité de « victoire », si contestable soit-elle, et de happy end, si aigre-doux soit-il.

Tout cela, Hamill le fait avec la grande maîtrise de qui parvient à faire s'incarner le désespoir existentiel d'HPL. Les héros de Lovecraft comprennent l'horreur cosmique, les Turner la vivent.
L'entropie amoureuse, le vieillissement, les pertes, les difficultés de la vie, même les relations d'amour privilégiées entre enfants délaissés par des parents vaincus, tout affecte, tout dit des malheurs ordinaires si concentrés sur une même famille qu'ils en deviennent extraordinaires.
Chacun garde le secret sur ce qu'il sait ou croit savoir ; trop incroyable pour être dicible. Chacun se drape, au choix, dans le silence, la dépression, l'agressivité, la fuite. Chacun cherche sa solution, sans la trouver vraiment.
Et puis il y a le secret de Noah, bien plus grand que celui de tous les autres, qui fait de lui un « héros » lovecraftien mâtiné de Rip van Winkle et lui permettra de changer en partie le jeu.

Le tout fait de "Une cosmologie de monstres" un roman très touchant car d'une très grande tristesse, de la première phrase à la dernière page. Hamill réussit à faire ressentir au lecteur le froid existentiel qui accompagne la révélation de l'insignifiance de l'humanité. Simplement, il le fait d'une façon littérairement satisfaisante, et y ajoute l'amour qui amplifie les sentiments, accroît donc le chagrin, mais offre aussi un maigre espoir de salut.

En dépit d'un tout petit bout de too much au milieu – les séquences aériennes –, et qu'on connaisse ou pas Lovecraft, "Une cosmologie de monstres" est un roman à lire absolument – en écoutant Gloomy Sunday en boucle.

Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Le Scrameustache tome 44

Anudar
, 17/08/2019 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar

Je n'avais pas chroniqué le précédent tome du Scrameustache : après un tome 42 que j'avais trouvé très bon car parvenant à trouver l'équilibre entre l'ambiance actuelle de la série et la mythologie de ses premiers albums, le numéro 43 s'était révélé à mon sens moins inoubliable. Il n'en reste pas moins que je suis encore et toujours un fidèle de Gos même lorsqu'il est assisté par son fils Walt - ce qui, on le rappellera, signifie le plus souvent une implication majeure des Galaxiens dans l'intrigue d'un album...
Résumé : 
Il y a du changement dans l'air à Chambon-les-Roses... L'oncle Georges a renoué avec la belle Astrid et ils ont décidé de se marier, vingt-huit ans après une occasion manquée. Du coup, Khéna est ravi de savoir que son oncle ne restera pas seul quand il sera parti finir ses études sur le Continent des Deux Lunes... mais si Georges espérait voir un peu de calme revenir dans sa vie, ce n'est pas encore pour tout de suite : apprenant le projet, le conseil des Anciens Galaxiens décide d'offrir aux futurs mariés un voyage de noces all-inclusive sur leur lune tropicale en reconnaissance pour les services que Georges leur a rendus depuis des années à son corps défendant. Si l'oncle de Khéna est dubitatif, Astrid sait bien vite le convaincre de saisir l'occasion... et ce même si Georges le sait bien, avec les Galaxiens les problèmes finissent toujours par se presser au portillon. Lorsqu'une dune s'effondre tout près du pavillon que leur ont laissé les Galaxiens et qu'apparaît un très ancien édifice, Georges et Astrid sont très loin de se douter de ce qui les attend...
Gos, le vrai père du Scrameustache, a eu l'occasion de collaborer avec Peyo sur deux albums des Schtroumpfs : j'ai tendance à penser que les Galaxiens doivent quelque chose aux lutins dont Gargamel est l'ennemi juré. Apparus de façon décisive dans le sixième album de la série, les Galaxiens partagent en effet avec les Schtroumpfs plusieurs points communs. Ils sont de petite taille, ont en général une couleur anormale chez l'être humain (le vert pour les lutins de Gos contre le bleu pour ceux de Peyo), ont une tête humanoïde mais compliquée par un accessoire (antenne contre bonnet), pratiquent une division du travail quasi absolue (même si elle est atténuée chez les Galaxiens par un changement de rôles périodique, chaque individu est habillé d'une salopette portant un insigne correspondant aux fonctions du moment), sont dirigés par un vieillard parfois irascible, semblent ne pas porter de nom mais adoptent parfois des surnoms liés aux circonstances quand ce n'est pas à leur caractère... Dans tous les cas, ces petits personnages sont censés être marrants, faisant rire le jeune public par le comique de situation et les calembours : cela ne marche pas toujours.

Je ne suis pas un très grand fan des Galaxiens, et d'autant moins depuis qu'ils ont pris une place de plus en plus importante au détriment d'autres personnages récurrents. Cet album annonce la couleur depuis sa couverture : il se trouve de toute évidence dans la continuité du tome 26 (Les Enfants de l'Arc-en-ciel) où Gos et Walt introduisaient de nouvelles couleurs de peau chez les Galaxiens et administraient une leçon toujours bienvenue même si maladroite sur le racisme. Le lecteur fidèle sait que les Galaxiens ne sont pas autochtones de la première lune d'Aktarka et qu'ils y ont débarqué suite à un cataclysme sur leur planète d'origine : il n'est dès lors pas difficile d'imaginer que la porte des deux mondes du titre n'est rien d'autre qu'un trou de ver faisant communiquer les deux astres. Le dessin, toujours aussi bien maîtrisé, ainsi que le texte somme toute assez logique et la narration fluide permettent au lecteur d'ingérer sans encombres environ un tiers de l'album : cela se tient assez bien et l'on se dit que Gos et Walt vont réussir à terminer le boulot sans réel problème et surtout en faisant le lien avec la mythologie de la série. Et puis, en quelques pages, hélas tout s'écroule : cette histoire perd le sens qu'elle aurait pu prendre et finit par se résumer à une succession de pages dont la cohérence intrinsèque et dans le cadre de la série devient de plus en plus discutable... et ce n'est pas les gags finaux - plus ou moins drôles - dont Georges est le dindon de la farce qui sont en mesure de rattraper cette mauvaise impression.

Dans ce fouillis, quelques bonnes idées auraient pu être sélectionnées pour être mises en avant. Les Galaxiens - en véritables Schtroumpfs de l'espace - peuvent être parfois maladroits, cabochards, menteurs, moqueurs et même vengeurs mais aucun n'est par essence méchant, si bien que ce sont des personnages dont le caractère positif est irréductible - ce qui n'a pas toujours été le cas du Scrameustache, par exemple. Cet album proposait une véritable nouveauté en donnant à voir une communauté de Galaxiens contrôlée par un Ancien si peu sage - pour une fois - qu'il se montrait disposé à prendre le pouvoir de façon autoritaire et à exercer une véritable dictature : quand les idées manquent, le mieux à faire est parfois de retourner les schémas de la série pour en tester la robustesse. Ici, Gos aurait pu opposer le Scrameustache - qui, lui, est par essence un anarchiste - à une dictature galaxienne, ce qui aurait eu de la gueule. Après tout, les Galaxiens ne forment-ils pas déjà une société où l'individu s'efface devant le groupe au point de ne pas avoir de réelle identité personnelle, à tel point que leur sourire quasi permanent aurait pu prendre des accents dystopiques très inquiétants ? Le Gos de La Menace des Kromoks (tome 8) aurait pu, j'en suis certain, faire quelque chose de convaincant à partir de cette idée : il est d'autant plus regrettable de le voir contourner ce thème avec un soin qui semble délibéré. A-t-il eu peur de choquer son public ? Je le regrette un peu car il ne s'est pas toujours montré si timoré.

En fin de compte, c'est un album très décevant qui nous est livré ici et c'est bien dommage...

Bifrost 95 : La Lune

Xapur
, 17/08/2019 | Source : Les Lectures de Xapur

revue bifrost 95 la lune

Pour une fois, la revue Bifrost n’est pas dédiée à un auteur mais a pris pour thématique la Lune, à l’occasion du cinquantenaire de la mission Apollo 11.

Dans son édito, Olivier Girard, l’est, lui, dans la lune puisqu’il ne parle pas du sujet du trimestre mais des chiffres de vente (bien plus astronomiques, uh uh) des Furtifs d’Alain Damasio. Lesquels ne méritent guère leur nom (re-uh uh), vu la déferlante médiatique qui les a accompagnés. C’est sans doute dû au fait que ce n’est pas de la SF, hein, mais de l’anticipation, bien plus acceptable par l’intelligentsia littéraire…

Poursuivons avec les 4 nouvelles.

Les Hommes-Fourmis du Tibet de Stephen Baxter. Un titre qui fait fuir, avec un hommage rétropulp réussi, dans son genre, à H.G. Wells et à ses Premiers hommes dans la Lune. Un récit qui ne m’a pas passionné, heureusement la fin apocalyptique rattrape un peu l’histoire somme toute classique.

Tyché et les fourmis de Hannu Rajaniemi. Son Voleur Quantique est un des rares livres qui me sont tombés des mains, ici cette courte nouvelle fabulo-foutraque m’a fait lâcher la revue !

Marche au soleil de Geoffrey A. Landis remonte le niveau, même si la nouvelle est un peu too much avec cette astronaute qui parcourt la Lune sans s’arrêter pour survivre. Reste qu’elle offre quelques moments réussis.

Enfin, le chouchou bifrostien Edmond Hamilton revient pour Après un Jugement dernier. Je le préfère dans sa période plus sombre, et l’histoire l’est ici assurément puisque deux survivants terriens envisagent l’avenir des humains. On y dénonce les dangers liés à la science,  mais aussi ses aspects bénéfiques qui pourraient contre toute attente assurer un avenir à notre espèce, sur fond de programme évoquant les missions Pioneer et de cyborgs. Le meilleur récit du numéro, datant de 1963 – mais pas daté.

Bien sûr, les rubriques habituelles sont au rendez-vous :

Objectif Runes pour un tour d’horizon des sorties plus ou moins récentes (à compléter par celles ajoutées en ligne faute de place dans la revue), Le coin des revues pour lire un Thomas Day en grande forme qui se fait comme d’habitude exploser la rétine (et le neurone ?), et Paroles de Nornes pour les poches et infos diverses.

Paroles de nooSFériens nous relate l’histoire du site nooSFere, bible numérique des amateurs de SFFF. On apprend avec amusement (ou sidération) que pas mal d’auteurs ne voyaient pas l’intérêt d’internet (d’ailleurs, de nombreux écrivains brillent encore, 20 ans plus tard, par leur absence paradoxale dans tout ce qui concerne les NTIC…).

Scientifiction revient sur l’origine possible de la formation de la Lune, enfin, les origines possibles… Accessible et intéressant.

Enfin, le dossier nous parle de la Lune dans les oeuvres de SF :

  • L’Âge d’or des aventures lunaires
  • Entre Hécate et Séléné : un parcours de lectures au clair de Lune
  • Décrocher la Lune : l’exploration lunaire dans les œuvres de fiction

Intéressant également, avec son lot d’anecdotes, de hoax et de « SF » de l’époque. J’ai été surpris de voir le « peu » de récits récents qui lui ont été consacrés. Sans doute les auteurs sont-ils plus inspirés par des planètes inconnues, et donc faisant rêver, que par ce gros bloc de roche stérile. On pourra compléter le dossier par les critiques issues des anciens numéros et mettant notre satellite naturel à l’honneur (sur le site du Bélial). Dommage par contre que ce dossier soit souvent redondant dans ses sous-parties.

Un numéro à commander directement sur le site du Bélial.

Un article dont le brouillon précédent, bien plus virulent et chargé de blagues nulles, a été dévoré par un bug de WordPress. Saleté !

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Le vent d’ailleurs (Terremer 4) – Ursula K. Le Guin

Vert
, 17/08/2019 | Source : Nevertwhere


Après avoir exploré plus en profondeur l’univers de Terremer dans le recueil de nouvelles Contes de Terremer, il est temps de conclure cette relecture avec Le vent d’ailleurs, dernier roman du cycle. C’est l’occasion de retrouver des personnages familiers pour une ultime histoire.

Se déroulant quelques années après le roman Tehanu et la nouvelle Libellule (dans les Contes de Terremer), Le vent d’ailleurs nous plonge dans une intrigue qui implique un sorcier hanté par des morts, un mariage diplomatique, des attaques de dragons et des mystères restant à résoudre depuis L’ultime rivage et Tehanu.

Présenté comme cela, on pourrait s’attendre à un roman épique avec une grande bataille, des révélations hautes en couleur et des sacrifices tragiques. Mais si vous suivez ma relecture de Terremer depuis le début, vous savez que c’est typiquement le genre de choses qu’on ne trouve pas chez Ursula K. Le Guin.

À la place, on a plutôt l’impression d’une agréable réunion de famille où on retrouve des personnes chères qu’on avait parfois perdues de vue depuis longtemps. Ainsi Ged et Tenar ont vieilli (mais se portent très bien), Lebannen gouverne avec brio et Tehanu a grandi mais reste une jeune fille réservée, incertaine de son identité.

À l’exception de Ged qui reste sur son île (je me demande si ça en a couté à l’autrice de le laisser là, c’est la place la plus logique mais en tant que lecteur on ne peut que rêver de le voir revenir vers d’autres personnages), tout ce petit monde se rencontre, discute et s’attache à éclaircir ces histoires de dragons.

Tout cela est fort intéressant à découvrir, d’autant plus qu’Ursula K. Le Guin tisse des liens entre pratiquement tous les textes de Terremer pour arriver à sa conclusion. Si les précédents romans pouvaient presque tous se lire de façon indépendante, Le vent d’ailleurs est plutôt une forme de récompense pour ceux qui ont pris le temps de tout lire.

À titre personnel, je dois avouer (à ma grande honte) que Le vent d’ailleurs me semble un cran de dessous de Tehanu. Je lui trouve un côté un peu artificiel dans cette façon de rassembler toutes les lignes narratives comme pour forcer une conclusion. Ce sentiment est sans doute lié au fait que pour moi les réponses sont rarement aussi satisfaisantes que les questions qui étaient posées.

Le roman souffre aussi de sa petite taille : il est à peine plus long que Tehanu, ce qui ne laisse guère de place pour bien poser les éléments et savourer les retrouvailles : le retour du personnage d’Irian est expédié, de même que toute la partie sur Roke qui va tellement vite.

Rassurez-vous, cela reste un roman d’Ursula K. Le Guin : on passe donc un bon moment avec Le vent d’ailleurs, d’autant plus que le texte soulève des questions intéressantes sur le rapport au pouvoir, à la mort et sur la place de la femme (via le personnage plein de surprises de la princesse dont les actions étaient imprévisibles même par l’autrice elle-même, apprend-t-on dans la postface). On aurait tort de se priver de cette conclusion, même si elle n’égale pas Tehanu.

Nous voilà donc arrivés à la fin de cette relecture de Terremer… ou presque. Il reste encore quelques nouvelles à évoquer (dont deux inédites en français jusqu’à la sortie de l’intégrale). Je vous en parlerais dans un ultime article consacré à la belle édition illustrée qui a entraîné cette relecture.

Infos utiles : Le vent d’ailleurs (The Other Wind en VO) est le sixième ou quatrième livre du cycle Terremer (selon si vous comptez ensemble les trois premiers romans ou non), paru en 2001. Traduit en français par Patrick Dusoulier, il a été publié chez Ailleurs et demain (Robert Laffont) puis au Livre de poche (281 pages en poche).
Pour ma part j’ai lu la VO dans la belle édition intégrale illustrée par Charles Vess. Vous pouvez également retrouver ce roman dans l’édition intégrale VF sortie en 2018 au Livre de poche.


Les naufragés de Velloa - Romain Benassaya

Yogo
, 17/08/2019 | Source : Les Lectures du Maki


L'aventure avant tout

Après Arca et Pyramides, voilà le dernier roman en date de Romain Benassaya : Les Naufragés de Velloa. Entre Space et Planet Opera, ce roman est avant tout un roman d'aventures.

Dans un futur "assez proche" (vers la fin du second millénaire) Mars et Vénus ont été colonisées et en partie terraformées. La Terre est devenue inhabitable. Mars et Vénus n'acceptant aucun réfugié, la population s'est dispersée sur Mercure et/ou sur des satellites Joviens. Les conditions de vie y sont désastreuses. Les deux planètes phares se disputent le leadership, chacune ayant fait des avancées technologiques dans des domaines différents. Une collaboration est inévitable quand on découvre que l'Embrun 17, un des derniers vaisseaux de l'Exode, avait fait un bond instantané de dix-neuf années lumière. Une mission commune est donc dépêchée pour essayer de comprendre ce qui s'est passé. Martiens et Vénusiens espérant secrètement s'emparer de la technologie permettant de voyager à travers l'espace.

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L'enfance attribuée - David Marusek

Gromovar
, 17/08/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


2092. Sam Harger est un artiste/designer à la mode. Il rencontre un peu par hasard Eleanor Starke, une politicienne en ascension rapide. Les deux tombent amoureux, cohabitent (kind of), et finissent par se marier. Eleanor obtient aussi une énorme promotion. Puis le couple se voit attribuer, sans l'avoir demandé, un permis de conception, le sésame rarissime délivré seulement à quelques milliers de personnes par an qui permet de concevoir (on devrait dire designer) un enfant. Une grande joie mêlée d'inquiétude les assaille devant cette bonne fortune inattendue qui pourrait cacher la manœuvre tordue d'un adversaire politique d'Eleanor.
Bingo : à l'élation succède pour Sam une chute inarrêtable vers le monde des parias sociaux, les Altérés.

Dans "L'enfance attribuée", Marusek raconte l'histoire tragique de Sam, victime sans doute d'un complot politique visant sa femme, dans un monde technocontrôlé qui terrifierait tout auteur écrivant plus que de la SF. L'auteur décrit longuement son monde. Le world building est impressionnant, et plutôt visionnaire si on considère que la novella a été écrite en 1995.

Sam et Eleanor font partie d'une hyperclasse dont la vie est facile et agréable. Dotés d'assistants numériques intégrés qui gèrent leur vie et génèrent une réalité virtuelle partagée permettant par exemple de se réunir, déjeuner, partager des moments intimes ou festifs sans être physiquement dans le même lieu, servis par des clones aux noms génériques, assurés d'une longévité presque illimitée (d'où la régulation des naissances) par des nanotraitements de réjuvénation aux limites encore à déterminer, ils se déplacent d'un bout à l'autre du monde et pourraient, s'ils le souhaitaient, s'installer dans l'une des implantations spatiales dont s'est dotée l'humanité.

Pour protéger ce paradis (d'enfer) contre toutes les menaces (car à grande technologie, grande menace potentielle), les villes sont sous Canopées et l'impitoyable Milice veille. Contrôlant sans cesse et de façon très intrusive les citoyens, elle est, comme Judge Dredd, la Loi. Tomber dans ses griffes signifie la mort ou l'Altération – les condamnés subissent un traitement qui les transforme en loques puantes et souffreteuses sur lesquels plus aucun traitement rejuv. ne pourra être effectué puis toute trace génétique et juridique de leur existence est effacée de l'environnement (la méthode Ministère de la Vérité en mieux).
C'est ce qui arrive à Sam qui perd donc dans le même mouvement son droit à la paternité et toute existence sociale. Seul l'amour qu'Eleanor continue à éprouver lui permet de conserver un simulacre de son ancienne vie. Piètre ersatz.

Débarqué sans ménagement ni appel possible du « paquebot géant en route pour les rivages de l’immortalité », Sam n'aura plus qu'une durée de vie normale donc comparativement brève. Ce n'est pas de mourir qui est ennuyeux, c'est d'être le seul idiot à la faire alors que les autres perdurent. Et aucune Death ici pour relativiser le désespoir de Sam en lui disant : « You get what anyone gets ... you get a lifetime », on est plutôt dans le « Life is hard and then you die » de It's Immaterial.

Well. "L'enfance attribuée" sert de début au Un Paradis d'enfer de l'auteur. En relisant ma chronique de l'époque, je me dis que je vois dans ces juvenilia les mêmes qualités et défauts. Le world-building impressionnant de Marusek y est mis au service d'une intrigue en chantier.
Néanmoins, le texte étant ici plus court, il ne donne pas le temps de s'exaspérer. On le parcourt comme une balade, un peu émerveillé par tout ce qu'on y voit. Et on profite avec plaisir d'un humour, d'un ton, d'une légèreté, et de scènes (le mariage par exemple) qui rappellent L'écume des jours de Boris Vian ; même le malheur qui s'abat sur le beau petit couple fait écho au roman du drolatique français.

"L'enfance attribuée" propose donc un petit moment sympa, pétillant mais court en bouche.

L'enfance attribuée, David Marusek

Gunpowder Moon de David Pedreira

Lianne
, 17/08/2019 | Source : De livres en livres







 Année de sortie : 2019 VF, 2018 VO
Éditeur : Bragelonne
Nombre de pages : 350
Genre : Science-fiction







Mon avis :

Nous sommes en en 2072, et l’extraction d’hélium 3 sur la Lune alimente les réacteurs à fusion qui permettent à la Terre de se relever d’une catastrophe écologique sans précédent. Mais la concurrence entre les différents pays pour obtenir la ressource si précieuse fait rage.

Caden Dechert, ancien marine, est le chef des opérations d’extraction minière au bord de la mer de la Sérénité. Dans sa petite station la routine bat son plein, jusqu'au jour ou il comprend que son équipe a été victime d'un sabotage.
Alors qu'il se demande encore qui a bien pu faire ça, un de ses mineurs décède dans une l’explosion d'une bombe. La il devient certains que quelqu'un les a délibéré ment ciblé. Commence une chasse à l'homme en huis clot qui va mettre ses nerfs bien éprouvés à l'épreuve ... 


La géographie de la Lune, les contraintes techniques de la vie sur le satellite et le contexte géopolitique sur terre sont au cœur du l'intrigue dans cette guerre autour d'une ressource essentielle. 

Suite aux événements précédents, le gouvernement américain a décidé de réagir et envoie sur place une équipe de 4 militaires qui vont devoir se charger de protéger les intérêt américains. Ils sont persuadés que cet événement est des représailles des chinois après un événement dramatique qui a eu lieu récemment en Mer de Chine.

Et cela pose plein de problèmes. Le premier est qu'ils cassent les accords qui avaient été mis en place sur le non-armement de la Lune et pourrait escalader le tout en véritable guerre, les mineurs se retrouvant en plein milieu. Le second est le fait que la station n'est pas faite pour accueillir 12 personnes, elle est normalement limité à 8 maximum.  Ce qui pose la aussi pas mal de problèmes de matériel, ressources et de sécurité de l'ensemble de l’installation. 

Caden ne comprend pas toute cette agitation. Étant un vétéran il a connu divers guerre et c'est à la base pour s'éloigner de la Terre et de ses tensions qu'il avait pris ce métier loin de tout. En plus il avait de très bonne relations avec les autres mineurs du coin, surtout les chinois, les plus proches, qui sont devenus ses amis avec les années. Dans cet environnement hostile on se sert les coudes et il sait que comme lui, ceux ci auraient tout fait pour les sauver si ils étaient en danger.

Du coup ce que lui sort gouvernement comme arguments ne semble de son point de vue pas du tout logique et il sent qu'il y a quelque chose d'autre par derrière. Il décide donc d'enquêter de son coté pour essayer de mettre le doigt dessus.

Par contre ne vous attendez pas à de l'action, on est vraiment sur un livre d'ambiance ou la tension ne cesse de monter tout du long.
Je pense d'ailleurs que c'est surement ce point la qui pourra déplaire à certains. Au final il ne se passe pas grand chose. Tout repose sur l'ambiance pesante, le stress des différents protagonistes qui sont bloqués et en danger sur place. Dans un sens, niveau ambiance, ça peut légèrement faire penser à Seul sur Mars sur ce point, ou la survie dans l'espace est au cœur de tout, mais ça n'a en fait rien à voir d'autre.

Au final je dirais que c'était un bon thriller de science-fiction qui fait bien stresser.

L'intrigue est très sympa, bien ficelée quoi qu'un peu simple au final, avec peu de rebondissements. On pourrait presque dire que le livre est un peu court.
Je pourrais lui reprocher de mon coté que le coté "enquête" est finalement un peu absent. Enfin elle existe mais il y a peu d'étapes en gros, ce n'est pas une enquête ou on va d'indices en indices et on est très loin du genre policier que j’apprécie mieux en général que le thriller.


15.5/20



Acadie - Dave Hutchinson

Gromovar
, 17/08/2019 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Futur. Espace. On n'en sait pas plus, si ce n'est que les protagonistes de la novella "Acadie" – de Dave Hutchinson – viennent originellement de la Terre.

L'histoire s'ouvre sur le réveil de Duke. Duke vient d'avoir 150 ans et il a une bonne gueule de bois. Pas de temps pour un hair of the dog, il y a une urgence et Duke doit la gérer.
Car Duke est président. De quoi et pourquoi ? Venons-y !

Duke vit dans la Colonie – qu'il préside, nous l'avons déjà dit. La Colonie est un ensemble d’habitats spatiaux fondés il y a des siècles par Isabel Potter, génie scientifique à défaut d'être éthique qui, d'abord aux USA puis en Chine après son exil forcé d'un pays devenu théocratique, poussa plus loin que tout le monde les recherches en ingénierie génétique – une sorte de CRISPR fait femme. Menacée d'enlèvement par un commando des SEALS venu des USA, Potter réussit à fuir avec l'aide de ses doctorants – des disciples – en détournant un vaisseau arche de colonisation chargé de 40000 colons en stase qui lui servirent de boucliers humains.

Depuis, Potter et sa coterie – comprenant aussi la plupart des ex futurs colons – vivent cachés dans l'espace, au sein de la petite société qu'ils se sont créés. Les manipulations génétiques n'ont jamais cessé, on croise donc dans la Colonie des Fondateurs affublés de corps de super-héros, d'elfes, de vampires, voire de Vil Coyote. On n'est pas très sérieux dans la Colonie, même si on abrite aussi un groupe de Super-intelligents qui ont développé une technologie de voyage FTL totalement inédite. Et même si, surtout, on vit derrière la « ligne d'alerte », un système de surveillance et de protection constitué de millions de micro-satellites, machines de Von Neumann destinées à empêcher toute approche par les myriades de sondes lancées tous azimuts par la Terre afin de retrouver des fuyards à qui elle n'a jamais pardonné.

Voilà de quoi Duke est président. Et pourquoi l'est-il ? Parce qu'il était celui qui voulait le moins du poste. Les libertaires de la Colonie mettant ainsi en application la sagesse attribuée à Platon : « Il ne faut pas donner le pouvoir à ceux qui le veulent » devenu depuis le principe de Jon Snow tel qu'énoncé par Tyrion Lannister.

Et voilà qu'un idiot, alors que la règle première est la discrétion, abat une sonde de passage. D'où réveil de Duke, alerte, réunion des hautes autorités, décision à prendre vite.
La sonde dispose-t-elle d'une technologie inconnue qui lui aurait permis de franchir la ligne d'alerte ? A-t-elle eu le temps de transmettre ? Sa destruction même signe-t-elle la présence de la Colonie ?
Confrontés à ces questions, Duke et la fondatrice Isabel Potter décident d'évacuer la Colonie vers d'autres cieux. L'opération, d'une durée complète de 8 mois, réussira-t-elle avant l'arrivée des forces terriennes ?

Non content de rejouer la querelle Edeniste/Adamiste dans l'espace, Hutchinson – qui s'y connaît en société fracturée – propose une novella amusante qui se lit comme un divertissement estival.
L'écriture est simple, le rythme rapide, le ton volontairement sarcastique et décalé. On suit avec amusement un attachant Duke (Dude?) qui, dans le contexte, fait irrésistiblement penser au Zaphod Beeblebrox de H2G2. Et on finit par se cogner la tête sur un twist énorme qui rend la potion aigre-douce. De quoi passer une agréable soirée.

Acadie, Dave Hutchinson

L'avis de Feyd Rautha