Anthologie Apophienne – épisode 14

Apophis
, 02/08/2021 | Source : Le culte d'Apophis

L’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt […]

Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 2 : Avant le Déluge – Raphaël Albert

Snow
, 02/08/2021 | Source : Bulle de Livre

Synopsis :
Panam, dans les années 1880.
La ville est la capitale d’un vaste royaume où les humains côtoient des nains, ores, lutins et autres peuples fantastiques. Des motos à vapeur y doublent coches et centaures taxis. La magie très codifiée par des mages académiciens sert à la vie de tous les jours. Sylvo Silvain, un elfe exilé de sa lointaine forêt y a jeté l’ancre et ouvert une agence de détective privé. Le voilà enfin les poches pleines, à la tête d’une équipe haute en couleur.
Les affaires tournent et l’argent fait des petits ! Nonobstant, son ami l’ambitieux journaliste Jacques Londres disparaît dans des conditions louches. Aidé de ses comparses, Sylvo se lance à sa recherche. Cette fois, le tragique et la Grande Faucheuse s’invitent.

Mon avis :
Après avoir lu le 1er tome, il y a de ça des années déjà (lien plus bas dans l’article), il est sans doute temps d’avancer dans cette saga en 4 tomes ^^’

Un tome plus sombre.
On reprend les aventures de Sylvo et Pixel quelques temps après le premier tome. L’argent n’est plus un soucis et l’affaire tourne mieux que bien… jusqu’à ce que Grosses Lunettes disparaissent… il va falloir résoudre cette affaire concernant leur (erm) ami. Sylvo va comprendre qu’apprécier des gens ne doit pas se faire au détriment des autres. Cette enquête est sans pause et dense, à la limite de l’essoufflement tellement nos héros ne peuvent pas se poser 5min.

Des flashs back toujours aussi intrigants
Lors des rares épisodes de sommeil de Sylvo, on plonge dans ses souvenirs qui sont souvent sans contexte du coup il sont toujours aussi intrigants et j’ai hâte d’en apprendre plus sur la vie « précédente » de notre elfe détective

Des lieux et des personnages variés
On se retrouve encore une fois dans le Panam de Raphaël Albert, un Paris alternatif avec moult nom différent de la capitale qu’on connait et dont les habitants sont divers et variés entre humains et moults créatures allant du Lutin malin à l’Orque secrétaire en passant par le leprechaun cireur de chaussures.

En conclusion,
Un tome plus sombre, bien dense mais qui passe à une allure folle… qui m’aura balladé de tous les côtés avant de trouver la bonne résolution et accroché toutes les pièces du puzzle.

Article associé : Rue Farfadet
D’autres avis chez : OmbreBones, BlackWolf, Sia, Zina

Stone Spring, de Stephen Baxter

Herbefol
, 02/08/2021 | Source : L'affaire Herbefol

Bien qu’étant l’un des écrivains anglophones de SF les plus traduits en français ces vingt-cinq dernières années, Stephen Baxter a de nombreux ouvrages qui restent inédits dans notre langue. J’ai ainsi déjà parlé de sa tétralogie Time’s Tapestry ou bien du diptyque Proxima/Ultima. Cette fois, il va être question de Stone Spring, premier volume de … Continuer la lecture de « Stone Spring, de Stephen Baxter »

Zapping VOD, épisode 61

Lorhkan
, 02/08/2021 | Source : Lorhkan et les mauvais genres

Bon, cette fois on met Disney de côté, on laisse tomber les paillettes et les arcs en ciel pour aller vers quelque chose de plus sombre, plus mature. Et là, entre catastrophe nucléaire, invasion par des créatures extraterrestres hypersensibles au bruit et monstre destructeur, côté chaos on est servi.

 

Chernobyl, de Craig Mazin

Très largement plébiscitée, détenant même la première place au classement des meilleurs séries de l’histoire sur plusieurs sites de notation, “Chernobyl” a marqué de son empreinte le monde des séries télé lors de son arrivée en 2019.

À juste titre d’ailleurs puisque sans tomber dans le pathos ou l’émotion “facile”, la série nous présente l’accident de Chernobyl et la gestion de crise de l’état soviétique sur un mode presque documentaire. L’effet n’en est que plus redoutable : on frémit devant ce qui a conduit à la catastrophe, et on est stupéfait quand on voit comment l’accident a été géré, entre communication de propagande et moyens archaïques pour tenter d’endiguer le problème.

Les hommes sont sacrifiés, parfois sans le savoir, parfois en connaissance de cause, les moyens semblent bien dérisoires devant une catastrophe majeure qui ne semble pas être comprise par les décideurs politiques. Heureusement que les scientifiques finissent par être écoutés sans quoi le désastre aurait pu être bien pire.

Très réaliste (les petits arrangements avec la réalité sont semble-t-il très peu nombreux) et donc absolument glaçante, parfois à la limite du soutenable quand on voit les effets des radiations sur les corps (et là encore, c’est tout à fait réaliste…), la série n’épargne pas le spectateur en lui dévoilant ce qui s’est passé à Chernobyl, avant et après l’accident, et la sidération l’envahit à plusieurs reprises devant la légèreté de certaines actions, la méconnaissance de certains dirigeants, la volonté de ne pas faire de vagues pour d’autres, et bien sûr l’impact sur la population.

Certaines scènes restent douloureusement en mémoire (l’enterrement sous une chape de béton, les irradiés, les nettoyeurs sur le toit de la centrale pendant un temps limité mais pourtant ultra dangereux, etc…), et même si la série est volontairement anti-spectaculaire on saluera la performance et la sobriété des acteurs, au premier rang desquels il me faut citer Emily Watson (nommée aux Golden Globes 2020 pour son interprétation), Stellan Skarsgård (lui aussi nommé aux Golden Globes 2020, et futur Baron Harkonnen dans le “Dune” de Denis Villeneuve) et Jared Harris (déjà excellent dans “The Terror”, lui aussi nommé aux Golden Globes 2020 et futur Hari Seldon dans l’adaptation TV du “Fondation” de Asimov).

Tout à la fois passionnante et terrifiante, les cinq épisodes de cette mini-série ne peuvent laisser indifférents. “Chernobyl”, meilleure série de l’histoire ? Difficile à dire, mais excellente série assurément, à condition de ne pas être dépressif.

 

Sans un bruit 2, de John Krasinski

Le premier “Sans un bruit” avait su créer la surprise avec un concept original (des créatures extraterrestres hypersensibles au bruit on ravagé l’humanité, condamnant les survivants à rester dans le silence le plus complet, sinon c’est la mort assurée), même s’il ne fallait pas y regarder de trop près question cohérence. Mais l’essentiel restait qu’il était efficace et parvenait à surprendre en jouant sur certains effets de réalisation pour accentuer son intensité (le son).

La suite reste sur la même tendance, sauf qu’évidemment l’effet de surprise ne joue plus. Un inévitable écueil qui n’empêche pas le film de bien fonctionner malgré tout, toujours en usant d’effets sonores adaptés aux personnages (une jeune fille est malentendante), avec quelques jumpscares à la clé.

Le concept restant le même, certains éléments paraissent toujours un peu tirés par les cheveux (un bébé sous oxygène pour qu’il ne pleure pas, sérieux ?), mais on passe volontiers sur ces séquences un peu tordues pour profiter d’un sympathique film de SF qui, plutôt que de renouveler son histoire (qui reprend quasiment pile à la fin du premier), préfère passer la main de manière symbolique à une nouvelle génération, les enfants étant les vrais acteurs de l’histoire.

Donc, oui ok, on n’y croit toujours pas une seconde, mais on passe quand même un “bon” moment de terreur silencieuse.

 

Shin Godzilla, de Hideaki Anno et Shinji Higuchi

Le podcast “C’est plus que de la SF” ayant récemment fait un épisode très intéressant sur la saga “Godzilla”, l’idée de regarder un “vrai” Godzilla japonais a fait son chemin, et me voilà donc devant le dernier film (pour le moment) produit au Japon de cette vaste franchise.

Datant de 2016 et réalisé par Hideaki Anno (créateur de la série animée “Neon Genesis Evangelion”) et Shinji Higuchi (qui a travaillé en tant que scénariste sur la même série et réalisé plusieurs films), le film est un “reboot” de la franchise, effaçant jusqu’au tout premier film emblématique de 1954. Contrairement à la plupart des autres longs métrages mettant en scène Godzilla, ce dernier est donc seul et ne se retrouve pas confronté à toutes sortes d’autres monstres.

Filmé sur un ton résolument réaliste, Godzilla, clairement identifié comme étant une résultante de la pollution des océans par des déchets nucléaires, est ici un prétexte pour analyser et critiquer (c’est le moins que l’on puisse dire…) les réactions d’un gouvernement confronté à une crise majeure, inattendue, destructrice et causant des ravages parmi la population. Un tel évènement de cette ampleur, dans le secteur du nucléaire, se serait-il produit au japon ces dernières années ?…

Car en effet, sur un montage très “cut”, les réalisateurs nous montrent frontalement les atermoiements d’un gouvernement engoncé dans des procédures interminables (il faut une réunion pour valider la décision prise dans une autre réunion, et il faut pour cela aller dans une nouvelle salle de réunion située un ou deux étages plus haut que la précédente, etc…), incapable de prendre la mesure de l’évènement et donc de prendre une quelconque décision, jusqu’à finalement mentir pour être directement contredit par les évènements quelques minutes après.

Bref, la critique est rude, et la classe politique en prend pour son grade, entre vieux pachas masculins (une seule femme est présente) qui ne comprennent pas ce qui se passe et arrivistes ambitieux. Seule la jeunesse semble trouver grâce au yeux des réalisateurs, dès lors qu’elle parvient à sortir des chemins bien balisés d’une hiérarchie politique mise sur la touche.

Et Godzilla dans tout ca ? On pourra toujours sourire sur le design du monstre (notamment lors de sa première apparition) lui donnant un look que je qualifierais poliment de “curieux” (on dirait une murène sous ecstasy…), et son animation très statique (loin de ce que nous ont présenté les Américains en 2014 avec leur “Godzilla”), mais on oublie rapidement cela quand on se rend compte que ce n’est pas Godzilla qui importe, ni même les personnages humains qui se débattent dans un film qui en fait n’a pas de héros.

Tout cela n’empêche pas d’insuffler une forme de sidération dans la tête du spectateur en lui offrant des images de villes ravagées, dont on imagine bien qu’elles doivent fortement ressembler à ce qu’ont vu les Japonais lors de tsunamis (Fukushima là encore) ou de tremblements de terre qui ont secoué le pays.

On a donc un vrai et superbe film de monstre, dont la symbolique dépasse très largement le genre qu’il illustre. Son message est éloquent, et certains thèmes, même si typiquement japonais et liés à leur histoire (le choix fait par les alliés des Japonais pour se débarrasser de la bête, là encore très fort symboliquement), font mouche. “Shin Godzilla” est donc un film majeur, un film de monstre qui est presque l’exact opposé de ce qu’avait proposé Gareth Edwards en 2014, loin de toute esbrouffe, visuelle comme émotionnelle. C’est un film tout à fait sérieux, qui a bien mérité les multiples récompenses glanées au Japon. Et l’incompréhension devant l’absence de distribution en France est totale. Excellent !

 

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C’est lundi, que lisez-vous ? – 02/08/2021

Sometimes a book
, 02/08/2021 | Source : Sometimes a book

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Ce rendez-vous du « C’est lundi, que lisez-vous ? » fut initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading? by One Person’s Journey Through a World of Books. Il a depuis été repris par Les Paravers de Millina. Le principe est de répondre chaque lundi à trois petites questions :
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Ce que j'ai lu cette semaine3J’ai enfin retrouvé un meilleur rythme de lecture et fais de très belles découvertes en cette dernière semaine de juillet. J’ai eu une énorme coup de cœur pour Le sang de la cité et passé un très bon moment avec Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins. J’ai également terminé la lecture audio de The Sandman que j’ai beaucoup appréciée ! 

je suis en train de lireAprès toutes ces lectures, je me suis dis qu’il pourrait être bien de profiter de l’été pour finir des sagas ! Je me suis donc lancée dans le dernier tome des Rumeurs d’Issar, une trilogie jeunesse de fantasy orientale basée sur une magie liée aux signes astrologiques que j’aime beaucoup. 

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Synopsis du tome 1

« Dis-moi quel est ton Signe, je te dirai quel est ton pouvoir… »

Dans les royaumes d’Issar, la magie habite tous les Hommes. Mais parfois, elle en choisit un. Le pouvoir dont il dispose est alors si puissant qu’il s’incarne en un animal mystique, qui dépend de son signe de naissance. Ces deux êtres, liés à tout jamais, ont pour mission de protéger les puissants de ce monde.

Edjan, seize ans, est l’un de ces élus. Le problème, c’est que son animal, loin d’être redoutable, est minuscule et possède un caractère épouvantable. Ils ont bien du mal à cohabiter dans leur boutique de tapis volants. Jusqu’au jour où leur secret est découvert par Shaëll, voleuse intrépide, qui travaille pour une entité hors-la-loi. Avec elle, ils décident de quitter l’anonymat et d’apprendre à contrôler leur magie.

Par-delà les dunes, ils vont devoir se rendre à Galène, capitale du royaume d’Aestera, où le Lion a disparu…

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A voir ce qui m’inspire ! 


Et vous, qu’êtes-vous en train de lire en ce moment ?
Je vous souhaite une nouvelle très belle semaine riche en excellentes lectures ! 

 
 

Le Chien du Forgeron, de Camille Leboulanger, chez Argyll Éditions (2021)

Vanille
, 01/08/2021 | Source : La bibliothèque derrière le fauteuil

 

Parution : 19 août 2021
256 pages
ISBN : 9782492403194

Quatrième de couverture  

Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…

« Il en est ainsi des bonnes histoires : peu importe si l’on connaît leur déroulement ou si l’on devine la fin. Cela ne gâte en rien le plaisir de les entendre ni même celui de les raconter. Une bonne histoire est comme une bonne chanson. C’est un air dont on ne se lasse jamais du refrain. »

Ma chronique 

« Il m’est apparu, au cours de l’écriture, que ce texte était un roman anti-viriliste. [...] Cúchulainn, comme de nombreux antiques produits de sociétés patriarcales, est un héros viril : fort, rapide, conquérant. Ses attributs sont phalliques : la lance, la foudre. C’est cette masculinité là dont parle le livre, par le biais du Chien. Elle est violente pour ses proches et pour lui-même. Surtout, elle est une construction sociale qui finit, en la personne du Chien, par être hors de contrôle. »
 
Il est intéressant de se pencher sur le regard que Camille Leboulanger porte sur son propre récit. Anti-viriliste, il l'est certes par incidence, dans le cynisme avec lequel concourent tous les éléments constitutifs du parcours d'un petit garçon qui ne fait que suivre la voie tracée devant lui. Et l'auteur de mettre rapidement à bas les interprétations qui voudraient enjoliver par trop le drame annoncé : le destin n'y a aucune part. Tributaire de sa culture, de ses croyances, de sa condition sociale, de son statut, de ce que lui inculquera sa famille depuis la prime enfance et, bien sûr, de son genre, Setanta embrasse la place que la société lui a forgée. Les choix qui auraient pu l'écarter de ce parcours disparaissent derrière les codes auxquels tous se plient, célèbrent sa folie au lieu de la condamner, encouragent sa violence au lieu de l'apaiser. Bref, cultivent son tempérament sans jamais parvenir à le maitriser.

Cette histoire est celle d'un glissement inéluctable vers le tragique, laissant l'entourage de Cúchulainn totalement impuissant à faire dévier sa trajectoire ; celle de l'empreinte qu'il laisse dans la vie de ceux qu'il rencontre et dans le monde. Jusqu'à son dernier souffle et en dépit des faits, le Chien demeure attaché à ce qu'il appelle son destin, à tel point que l'ironie qui entoure les circonstances de sa mort en devient frappante.

Pour sublimer ce cynisme, il fallait un conteur. Et quel conteur ! À la fois protagoniste et témoin, le narrateur permet à Camille Leboulanger d'embarquer son auditoire imaginaire avec lui au fond d'une taverne. Il est tout à la fois une respiration dans la course effrénée qu'est la vie du Chien, une touche de douceur face sa violence, une lueur de rationalité en contrepoint de sa folie. La forme choisie autorise en outre un détachement et une distance nécessaires, uniquement possibles par le point de vue d'un tiers, et un humour capable de contrebalancer la tragédie qui se joue page après page.

Que dire des femmes, dans cette histoire ? L'auteur a pris le parti d'en dire peu, reconnaissant humblement ses lacunes. On pourrait y voir un dédouanement facile, mais je respecte pour ma part un choix qui a l'a conduit à développer une critique plus subtile à la lumière de son expérience plutôt qu'à se perdre dans un récit qui aurait paru chercher à satisfaire une sorte de cahier des charges. Loin de taire la part qui les concerne, il en souligne d'ailleurs l'existence, en suggère la complexité et invite d'autres conteurs - d'autres conteuses ? - à en restituer les péripéties.

Dans l'ensemble, l'exercice auquel il s'est prêté s'avère une réussite. Le style et le ton du conteur fonctionnent à merveille. Camille Leboulanger parvient, sans en avoir l'air, à sublimer la tragédie qu'il dépeint en lui rendant sa juste place : dépourvue de gloire réelle, résultat lamentable d'un concours d'éléments façonnant les individus bien malgré eux, les laissant incapables d'évoluer en tirant les leçons qui s'imposent. 

Un seul mot pour conclure : bravo !


 
 
 
 

Eoin Colfer - Mauvaise prise

Baroona
, 01/08/2021 | Source : 233°C

Mauvaise prise, Eoin Colfer, Tome 2/? de Daniel McEvoy, 2013, 318 pages

Deuxième aventure pour Daniel McEvoy après les évènements de Prise directe. Soucieux de se ranger et de mener une vie plus calme, McEvoy s'apprête à ouvrir son club. Mais avant cela, il faut rester en vie et solder une ancienne dette, qui l'entraînera dans un puits apparemment sans fond d'improbables péripéties.

Mauvaise prise est un deuxième tome qui se lit de manière totalement indépendante. La preuve ? Je n'avais pas le moindre souvenir du premier volume. Et pourtant ça se lit très bien, de manière fluide et sans jamais donner l'impression de manquer quelque chose. De toute façon, il n'y a pas grand chose à manquer.

Mauvaise prise est un roman qui va pied au plancher du début à la fin, dans une avalanche de situations toujours plus débridées où la gouaille et les fanfaronnades du héros font le style et le plaisir du livre. Du pur divertissement, un peu (totalement) fou, qui atteint efficacement son objectif.

Couverture : © Image Source - Getty Images / Traduction : Sébastien Raizer

Ils ont rejoint ma PAL (127)

Lhisbei
, 01/08/2021 | Source : RSF Blog

Comment se porte la PAL en juillet ? Juillet c’est, habituellement, le mois des congés. Mais cette année, non. Les congés ne viendront nous libérer que dans trois loooooongues semaines et pour trois trop courtes semaines – oui c’est relatif. La PAL, elle, s’en moque royalement et vit sa vie de Pile à lire. Comment se porte-t-elle donc fin juillet ? Du...

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Bilan mensuel juillet #12

shaya
, 01/08/2021 | Source : Les lectures de Shaya

Visiblement, mon rythme actuel c’est un mois efficace, suivi d’un mois plus calme. C’est parti pour juillet !

Côté blog

Sororité, anthologie

Côté lecture

  • La troisième griffe de Dieu, d’Adam-Troy Castro : c’était vraiment très bien, et ma chronique arrive
  • Dans le sillage de Poséidon, d’Alastair Reynolds : c’était bien cool, heureusement que je n’ai pas attendu, et ma chronique arrive
Les enfants de Poseidon d'Alastair Reynolds La troisième griffe de Dieu d'Adam Troy Castro
  • Tous les oiseaux du ciel de Charlie Janes Anders : Un roman sympathique mais qui m’a un peu déçue. Chronique à venir
  • Derniers jours d’un monde oublié de Chris Vuklasevic : Très belle surprise et chronique à venir, encore, je sais !
Derniers jours d'un monde oublié Tous les oiseaux du ciel

Côté PAL

On sort un peu de l’imaginaire ce mois avec du policier et un roman sur le genre !

  • Stone butch blues, Leslie Feinberg

Stone butch blues raconte l’histoire de Jess, né·e aux Etats-Unis dans les années 1950 au sein d’une famille juive et prolétaire. De son enfance rythmée par les interrogations des passant·es sur son genre (« c’est un garçon ou c’est une fille ? « ) à son adolescence et sa découverte des bars de nuit où se côtoient lesbiennes, drag queens et travailleuses du sexe, de ses premières embauches en usine avec d’autres butchs à sa transition, jusqu’à sa rencontre avec le mouvement LGBT naissant, son parcours traverse les décennies et nous parle d’amour, d’amitié, de politique et de solidarité face à la violence de ce monde.

  • Maggie Terry, de Sarah Schulman

Maggie Terry sort d’une cure de désintox pendant laquelle elle a tout perdu : sa compagne, partie avec leur fille, son boulot de flic au NYPD et beaucoup de ses illusions.
Elle trouve un job de détective privé et dès son premier jour on lui confie une enquête sur le meurtre d’une jeune actrice. Mais Maggie lutte contre ses démons, alcool et drogue, et dans la chaleur étouffante de cet été new-yorkais, quête rédemptrice et enquête se mêlent.

Maggie Terry Stone Butch Blues

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Philip K. Dick - Ubik

TmbM
, 01/08/2021 | Source : Touchez mon blog, Monseigneur...

philip dick ubik audiolib
Philip K. Dick 

Ubik 

Ed. Audiolib 


Avoir lu coup sur coup deux ouvrages sur l'œuvre de Philip K. Dick - le numéro de L'Atelier du Roman qui lui était consacré et l'essai de David Lapoujade - m'a donné envie de lire ou relire certains de ses livres. J'en ai déjà lu beaucoup. Des nouvelles, des romans, sa littérature blanche et sa science-fiction. Dont Ubik. Deux fois déjà. Mais j'avais beau l'avoir déjà lu deux fois, je n'en avais bizarrement gardé que peu de souvenirs. Il faut dire que ça date un peu. Ma première lecture remonte à une vingtaine d'années, ma seconde à une quinzaine. Il était temps d'y revenir, cette fois-ci dans sa version audio.

Peu de souvenirs, certes, mais ma mauvaise mémoire n'explique pas tout. Ubik est un roman complexe, finalement assez abstrait, non linéaire et difficile à résumer, comme vous allez pouvoir le constater : dans un proche futur technologique et capitaliste, 1992, il n'est pas rare que des personnes possèdent des capacités psychiques. La société Runciter Associates propose à ses clients de les en protéger en mettant à leur service des anti-psis capables de contrecarrer les pouvoirs des télépathes ou des précogs. Glen Runciter, qui dirige cette société avec son épouse Ella, décédée mais maintenue dans un état de demi-vie, rassemble ses employés pour une mission sur la Lune. Joe Chip, un technicien de la société et personnage principal du roman, est de la partie. Cette mission tourne mal et le roman nous fait vivre les conséquences de ce fiasco, alors que le groupe voit sa réalité altérée et son quotidien rétrogradé vers le passé...

Vu comme ça, ça n'a pas l'air si compliqué. En fait, ça l'est, et pour plusieurs raisons. La réalité est volontairement difficile à cerner, les époques évoluent et sont incertaines, les évènements dont on pense qu'ils ont eu lieu ne se sont parfois jamais produits, la mort n'est pas nécessairement irréversible et les vivants ne sont d'ailleurs pas toujours ceux que l'on croit.
"Je suis vivant et vous êtes morts."
Vivant ? Mort ? Schrödinger des temps modernes, Philip K. Dick s'offre le luxe de ne pas trancher. Dans ce roman, tout est possible et modifiable à souhait. Pat Conley, cette fille mystérieuse, tout juste engagée par Runciter, n'a-t-elle pas le pouvoir de modifier le cours du temps et d'en changer des évènements du passé ? Partant de là, tous les paradoxes sont permis ! L'auteur se joue alors des contraintes temporelles, logiques et narratives, il jongle avec les niveaux du réel, revient sur des affirmations, bouscule la normalité, sème le doute et perturbe autant ses personnages que ses lecteurs...
 
Ubik n'est pas l’œuvre d'un grand styliste mais indéniablement celle d'un auteur ambitieux et d'une grande inventivité. C'est une incroyable expérience de lecture, sublimée dans la version audio par le talent de son interprète, Damien Witecka, qui incarne les personnages et donne vie au texte.
 
J'espère maintenant, alors que j'avais tout oublié de mes lectures précédents, ne rien en retenir une fois de plus afin de pouvoir le relire un jour, neuf et scrupuleux de me conformer à son utilisation. Quelle perspective !

D'autres avis ? Pour la version audio, hop ! Vert, Célinedanaë & Anne-Laure ! Et pour la version papier, hop ! Lorhkan & Le Chroniqueur !
 
Et pour faire le point sur ce challenge, c'est ici.