L'espace d'un an, de Becky Chambers

Blop
, 18/08/2022 | Source : Impromptu

science-fiction,space operaL'histoire : Rosemary rejoint le vaisseau tunnelier Voyageur pour y être employée comme greffière. Elle y est accueillie par un équipage hétéroclite constitué de quatre humains et trois extra-terrestres, tous d'espèces différentes, ainsi qu'une IA, Lovey. Elle traîne un passé qui lui pèse et qu'elle n'ose pas dévoiler, mais s'intègre peu à peu dans le groupe.

Le Voyageur accepte une mission au long cours pour creuser un tunnel dans l'espace-temps, sa spécialité, dans une zone très lointaine et plutôt instable politiquement. Le temps pour l'équipage d'apprendre à connaître Rosemary, et vivre des aventures... intéressantes. Au bas mot. Et de se découvrir, mûrir et changer, chacun, à travers les épreuves rencontrées.

 

Mon avis : Ce roman, j'en avais entendu du bien, par Môssieur Space Opera, celui qui en lit tout le temps mais n'en chronique (presque) jamais : M. Lhisbei himself ! Et, effectivement, il faut bien le reconnaître : L'espace d'un an, c'est du space opera pour bisounours, ou tout simplement pour des gens qui ont envie de voir de belles idées se développer et prendre racine dans une bonne histoire.

Le roman se déroule sur une année, d'où le titre. On apprend à connaître intimement chacun des membres de l'équipage, des personnages souvent hauts en couleur, à part, unis par une indéfectible affection - à une exception près. Ils et elles sont grandes gueules, singuliers, terriblement attachants.

On trouve beaucoup de choses dans ce roman :  de la bienveillance (ce mot terriblement galvaudé qui commence à sérieusement m'agacer, mais qui reste une définition précise de l’atmosphère du roman), de l'inclusion, quelques pincées d'humour.

Les gens vivent et travaillent ensemble ; il y a de l'amour pour tous, hétéro et homosexuel, et avec tous, entre personnes de la même espèce ou non.

Quelque esprit chagrin accuserait ce roman de dégouliner de bons sentiments. C'est vrai, mais je n'en suis étonnamment pas écœurée.

Pour la première fois depuis que je lis du space opera américain, on parle de gens qui cherchent et aiment la paix du quotidien dans un vaisseau spatial, et non de ses potentialités létales ! C'est original, étonnant et tout à fait rafraîchissant.

Par ailleurs, l'écriture est fluide et de qualité, ce qui ne gâche rien.

Beaucoup ont aimé ce roman depuis qu'il est sorti en août 2016 chez L'Atalante. Je ne fais pas exception. J'ai juste mis 4 ans à finir ma chronique, puisque je l'avais lu en 2018...

 

Une fois de plus, grâces soient rendues à Lhisbei et M. Lhisbei pour le Summer Star Wars, seul et unique challenge de l'univers capable de sortir ce blog et son autrice de leur léthargie. Que la Force soit avec eux... et vous.

science-fiction,space opera

Ce livre a également été chroniqué cette année, et pour le même challenge, par Tigger Lilly.

La survie de Molly Southbourne – Tade Thompson[#UHL 24 ; Molly Southbourne #2]

Elwyn
, 18/08/2022 | Source : Navigatrice de l'imaginaire

Il y a un peu plus d’un mois, je lisais Les meurtres de Molly Soutbourne et j’avais beaucoup aimé ce récit initiatique intelligemment mené et moderne. La suite est parue un an après le premier opus, dans mon cas, un mois, comme je suis dans le rattrapage de tous les titres UHL. Et si La survie de Molly Southbourne reste très bon, il aurait peut-être eu un peu plus d’impact si j’avais disposé d’un peu plus de temps après la lecture du premier opus.

S’agissant d’un tome 2, la chronique est susceptible de contenir des spoilers sur le premier tome

Ma chronique du premier tome

La survie de Molly Southbourne

Auteur : Tade Thompson (Traduction de Jean-Daniel Brèque)

Paru aux Éditions Le Bélial dans la collection Une Heure Lumière en juin 2020. VO parue en 2019.

Pages : 118

4ème de couverture

Qui est Molly ? Une jeune femme frappée de la pire des malédictions, morte dans l’incendie de son domicile… Et pourtant là. Semblable mais différente. Qui est cette Molly ? Certains veulent la voir disparaître. D’autres brûlent de la capturer, de percer à jour les secrets de sa nature étrange.
L’objet d’enjeux qui la dépassent, voilà ce qu’est Molly. Condamnée à fuir, à tenter de survivre. Avant de peut-être, enfin, apprendre à vivre…


Ce deuxième volume démarre là où l’auteur nous avait laissé au terme de la première histoire de Molly Southbourne : Molly embrasant sa maison. Ici, pas de Molly qui essaie d’apprendre à maîtriser sa malédiction et les affres du passage à la vie adulte, mais l’un de ses hémoclones, le dernier. Sans l’angoisse de l’apocalypse pouvant se présenter au moindre saignement, Molly va aborder son quotidien plus sereinement. Quotidien qui s’avèrera un peu trop calme pour notre héroïne, dressée à l’adrénaline et au combat ?

Si Molly est désormais une jeune adulte, elle reste dans ce moment charnière où la naïveté de l’adolescence rencontre brutalement la dureté du monde, et surtout des intérêts des personnes qui le peuple. C’est surtout cet aspect qui est décrit dans les expériences que vit Molly dans ce tome.

J’ai trouvé ce volume un peu plus « passif » que le premier qui était bourré d’action et d’éléments impactants, mais au final je trouve que ça fait sens dans le développement humain que nous connaissons presque tous, et c’est très bien exploité par l’auteur.

Ce tome permet aussi d’en apprendre un peu plus sur la nature et l’origine des hémoclones, élément moindrement abordé dans le premier opus. Et je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien qu’on répondre à mes questionnements sous-jacents. En espérant que les clés de ces raisonnements et le point conclusif de l’histoire de Molly nous soient révélés dans l’ultime tome de cette trilogie : L’héritage de Molly Southbourne, à paraître le 10 novembre 2022.

En résumé : Si ce deuxième volume est un volume de transition, à l’instar de la croissance de Molly, il est très bien réussi et exécuté de la part de Tade Thompson (et bien évidemment bien retranscrit par le traducteur Jean-Daniel Brèque).

– Arrête d’essayer d’être quelque chose, quelqu’un que tu n’es pas. Sois toi-même, sois honnête envers toi même.
– Je ne sais pas qui je suis, dis-je.
– Eh bien trouve-le, ma douce.


Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Cette lecture ne s’inscrit pas dans mon défi 2022, ayant déjà validé toutes les catégories auxquelles elle peut appartenir. Voici les catégories identifiée.

  • Catégorie 16 : Avec un héroïne
  • Catégorie 21 : Un livre dont un des personnages a un secret
  • Catégorie 27 : Le titre contient une (ou plusieurs) des lettres suivantes : X, Y, Z
Avec cette lecture, je participe au Summer of the Short Stories

Ailleurs sur la blogosphère

Convention Nationale de SF à Bergerac

Anudar
, 17/08/2022 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar

L'édition 2021 de la CNSF avait été celle des retrouvailles. Un an plus tard, demain, s'ouvre à Bergerac l'édition 2022 intitulée Cyrano 2•22 !

On rappellera que la CNSF est un événement d'habitués, ouvert à tous et néanmoins presque familial. Il s'agit d'y échanger autour de la SF dans un cadre plus détendu et plus accessible que celui d'un grand festival. Après une édition 2021 très réussie, la barre est placée haut pour Cyrano 2•22 : le programme et les idées mis en avant sont des plus intéressants, et montrent que l'organisation désire tout faire pour que le défi soit relevé avec brio.

Hélas, je ne pourrai y participer cette année pour raisons familiales. Je vous invite néanmoins, si vous êtes dans les parages de Bergerac, à vous y rendre et à participer à l'événement pour parler, rencontrer, vivre la science-fiction ainsi qu'elle le mérite... et j'espère pouvoir m'y rendre à nouveau l'année prochaine !

Les dépossédés - Ursula K. Le Guin

Elessar
, 17/08/2022 | Source : L'Imaginarium électrique

Les dépossédés - Ursula K. Le GuinRobert Laffont (Ailleurs et Demain) // 2022 (vo 1975) // 408pJe poursuis donc ma découverte de l’œuvre d'Ursula Le Guin, et après deux excellents premiers contacts en roman avec La Main Gauche de la nuit et en nouvelles avec le recueil Les Voltigeurs de Gy c'est de nouveau une réussite. Et même une grosse claque tant Le Guin livre un roman magistrale avec Les

Demain le jour – Salomon De Izarra

Célinedanaë
, 17/08/2022 | Source : Au pays des cave trolls

Salomon de Izarra dispose de plusieurs cordes à son arc. Il est professeur et prépare également une thèse sur l’écriture de l’enfermement, en plus d’être guitariste dans un groupe de black metal symphonique. La thématique de l’enfermement est présente dans ses écrits, en lien avec celle de la folie : Nous sommes tous morts (Rivages, 2014) et Camisole (Payot & Rivages,2016). Son nouveau roman, Demain, le jour paraîtra chez Mnémos collection Mü à la fin août et on y retrouvera ses thèmes de prédilection dans un roman fantastique.

L’histoire commence en 1936, une période trouble de l’histoire prise entre deux guerres et les terribles répercutions qu’elles ont laissées. Dans les Vosges, un train fait la liaison vers l’Allemagne mais n’arrivera jamais à destination. Un terrible accident se produit dont ne sortiront indemnes que trois personnes : 2 hommes et une femme. Ils vont parvenir à trouver refuge dans un village tout proche, perdu au milieu de la forêt et des montagnes. Mais l’endroit va vite s’avérer plus dangereux que salutaire quand le maire va leur expliquer les événements survenus dans les dernières semaines.

Le récit est raconté par les 3 survivants de l’accident de train, sous la forme de journal écrit ou enregistré. Chacun des personnages va à la fois expliquer ce qui se produit et se pencher sur son passé. Ce mode de narration permet de bien connaître chacun des protagonistes et de voir les différents points de vue, tout en essayant de lier les événements entre eux. Les trois personnages apparaissent vite très différents : Paul Rudier est un manipulateur, parti de rien mais s’avère vite central et très intéressant à suivre. Suzanne Garcin est une jeune journaliste qui essaye de se faire une place dans un monde qui ne veut pas vraiment d’elle. Armand Létoile est un homme marqué par la vie, par son passé, il amène beaucoup d’émotions dans l’histoire. Un quatrième personnage vient se greffer à l’intrigue, dont je ne dirai rien pour ne pas divulgâcher. Tous ces personnages sont très bien écrits et crédibles, on les suit avec plaisir et on a envie de savoir ce qui va leur arriver. On arrive aussi à s’identifier à eux par certains aspects de leur personnalité.

Un autre point fort du roman est l’ambiance si particulière créée par l’auteur. Les Vosges, avec leurs vastes forêts, les petits villages perdus au milieu de nulle part, offrent un cadre idéal pour cette histoire basculant dans le fantastique avec une pointe d’horreur. Les personnages sont enfermés dans ce bourg et cherchent à comprendre ce qu’il se passe et à en sortir. Le huis-clos est très bien mis en scène, la tension montant peu à peu avec des scènes très angoissantes. Salomon de Izarra tire également brillamment parti du fait d’avoir situé son récit en 1936 en intégrant parfaitement le contexte historique dans son histoire. On sent aussi dans ce roman plusieurs influences: celle de Lovecraft dans la manière de faire se raconter les personnages et dans la thématique précise d’un des protagonistes, celle de Stephen King dans la montée de la tension et de l’angoisse, mais aussi des références aux années 30.

Demain, le jour est ainsi un roman passionnant, une véritable réussite dans le domaine du fantastique. Salomon de Izarra arrive à créer un climat véritablement angoissant autour de personnages crédibles et très bien construits. La thématique de l’enfermement est traitée sous divers angles à la fois général et introspectif. Je suivrais avec grand intérêt les autres romans de cet auteur.

Autres avis:

Auteur : Salomon de Izarra

Édition: Mnémos collection Mü

Date de parution : 26/08/2022

Car les monstres se cachent la nuit…

France, 1936. Le bruissement d’une nouvelle guerre se fait entendre. Un train traverse les Vosges mais n’arrivera jamais à destination. De la carcasse encore fumante, alors que la nuit tombe, trois survivants trouvent refuge dans un petit village abandonné, au creux de la forêt, au milieu de nulle part. Accueillis par le maire, harcelés par des créatures mystérieuses, ils sont pris au piège et devront plonger dans les souvenirs les plus sombres de leurs vies pour découvrir les raisons de leur présence en ces lieux.
Avec Demain, le jour, Salomon de Izarra signe un roman intime et fantastique, véritable miroir des vanités humaines.

Après avoir réalisé une thèse sur l’écriture de l’enfermement, Salomon de Izarra est professeur de français. Ses deux premiers romans parus chez Rivages ont immédiatement été repérés par la critique pour leurs qualités aussi bien littéraires que fantastiques.

Cette chronique fait partie du Challenge S4F3 2022

D’or et d’oreillers #PLIB2022

Sabine C.
, 17/08/2022 | Source : Lectures – Fourbis & Têtologie

de Flore Vesco | ed. L’école des loisirs | Jeunesse/Fantasy | 240 pages#ISBN9782211310239 4è de couv C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir sa future épouse.… Lire la suite D’or et d’oreillers #PLIB2022

À l’ombre des bulles #2 { des histoires de capes et d’animaux. }

OmbreBones
, 17/08/2022 | Source : OmbreBones

Bonjour tout le monde !
On se retrouve pour un nouvel épisode d’à l’ombre des bulles, une rubrique encore neuve et qui se fait pourtant déjà rare puisque je ne lis pas tant de BD que cela, surtout en comparaison de ma consommation manga… Pour rappel, cette rubrique me permet de parler de plusieurs titres qui ont au moins un point en commun et comme vous allez le voir, sur cette sélection, ça vient surtout des capes et des animaux. Vous allez comprendre…

De cape et de mots – Flore Vesco (scénario) & Kerascoët (dessin) chez Dargaud.

Voici une BD qui est à l’origine un roman et dont la sortie est prévue pour octobre 2022. Je suis un peu en avance mais j’ai rendu service à mon libraire en la lisant comme service presse afin de leur en parler parce que les pauvres se noient sous les nouveautés.

Sérine est l’aînée d’une famille noble et pauvre qui n’a pas très envie de se marier et préfère plutôt monter au palais pour devenir dame d’honneur de la reine. Très vite, son bon caractère se heurte aux mesquineries de la cour et quand on la chasse, elle décide de revenir en tant que Fou du Roi pour se venger et mettre à jour un complot.

Le découpage venu du roman fait que cette BD est construite comme une alternance de petites scènes qui forment un tout narratif. Le style de dessin fait plutôt penser à des strips de comics en ligne axés sur les dialogues au lieu du visuel -ce qu’on conçoit bien vu l’origine. Les personnages sont très fortement caractérisés d’une façon qui met leurs traits de caractère en avant et permet tout de suite d’identifier qui est le gentil et qui est le méchant. Ce n’est pas un style qui me parle mais il convient bien ici. On est clairement sur un récit à destination d’un public jeunesse comme Flore Vesco sait si bien les écrire car on y retrouve son amour pour la langue, les jeux de mots et les doubles sens. L’écriture est intelligente et maîtrisée, j’aurais aimé lire le roman et j’espère qu’il sera réédité un jour.

Je ne comprends par contre pas trop pourquoi l’éditeur le classe comme un roman graphique… On ne doit pas avoir la même définition du concept. C’est bien une bande-dessinée.

Blacksad, tome 1 : Quelque part entre les ombres de Juan Diaz Canales (scénario) et Juanjo Guarnido (dessin) chez Dargaud.

Après ma découverte des Indes Fourbes, j’ai eu très envie de voir ce que donnait le dessinateur sur d’autres titres et mon libraire m’a donc très logiquement orienté sur Blacksad. J’en entendais parler depuis des années mais jusqu’à Beastars, j’ai toujours été repoussée par des œuvres « adultes » avec des animaux anthropomorphisés (je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais eu de soucis avec les Disney par contre…).

Je me suis donc lancée avec le premier tome. Il faut savoir que chaque volume contient une histoire terminée sur elle-même à l’exception du 6 (déjà paru) et du 7 (à venir) dont l’intrigue a été coupée en deux. La première histoire dont je vais parler ici est un grand classique du film noir où un détective privé enquête sur la mort brutale d’un ancien amour, qui s’avère être une actrice célèbre. Il n’y a rien de très original là-dedans mais ça n’empêche pas le scénario d’être convainquant et correctement rythmé.

La force de ce premier tome est et restera le dessin extraordinaire de Guarnido qui donne vie à cet univers où les animaux anthropomorphisés remplacent les humains. Pour tout qui a également lu Beastars, ça a une saveur particulière parce qu’on retrouve certaines divisions dans la société avec, ici, une présence majoritaire d’animaux « carnivores ». J’ai été enchantée par le soin accordé aux détails et j’ai immédiatement commandé le tome 2 chez mon libraire. À mesure que je découvrirais l’univers, je verrais s’il y a lieu de continuer les parallèles et, peut-être, de produire une analyse croisée des deux titres.

De Cape et de Crocs, tome 1 : le secret du janissaire par Alain Ayroles (scénario) et Jean-Luc Masbou (dessin) chez Delcourt.

Dans la même logique que pour la BD précédente, puisque j’ai adoré autant le scénario que le dessin des Indes Fourbes, j’ai eu envie d’essayer de Capes et de Crocs du scénariste français Alain Ayroles. Et dans le même ordre d’idée, je ne me serais sûrement pas lancée si je n’avais pas autant aimé à la fois les Indes Fourbes et Beastars, ce manga m’ayant réconcilié avec le principe d’animaux anthropomorphes. Ici, on suit deux gentilhommes, un loup et un renard, l’un espagnol et l’autre français, qui vont malgré eux s’embarquer dans une chasse aux trésors…

Un début plutôt très classique donc mais qui sort du lot par la qualité de son verbe. On retrouve ici de nombreuses références au théâtre, jusque dans la façon qu’ont les protagonistes de dialoguer ce que, personnellement, j’adore. Ça a un petit goût d’Edmond Rostand avec son Cyrano qui a forcément tout de suite fait mouche chez moi. Sans compter que le dessin de Jean-Luc Masbou est plutôt réussi quoi qu’incomparable avec la maestria du dessinateur précédent. Il fait le job et il le fait bien, ce qui donne au final une BD de qualité dont je vais m’empresser de découvrir la suite.

Je ne lis pas beaucoup de BD mais cette année, je semble dénicher des titres de qualité ! Et vous, vous connaissiez ces séries ? Vous avez aussi découvert une BD qui vous a plu récemment ? 

Le radar de l’ours, Septembre 2022

L'ours inculte
, 16/08/2022 | Source : L'ours inculte

Les rafales de la rentrée continuent en Septembre avec une belle dizaine de sorties repérées ce mois-ci, on aura pas le temps de s’ennuyer ! Enfin, comme si on avait le temps de s’ennuyer d’habitude, hahaha… ha… Voici donc tout ce que j’ai repéré pour ce beau mois qui vient.

VF

14 Septembre – Robin Page 1 : Apprivoiser les démons, niveau débutant, Annette Marie

Bookmark nous régale avec Tori Dawson, la saga d’Annette Marie qui en est déjà au tome 4 en VF. La traductrice devait s’ennuyer un petit peu parce qu’un bouquin tous les 6 mois c’est tranquille, les doigts dans le nez, alors pourquoi pas intercaler un spin-off dans le rythme de parution ? Alleeeeez ! Voici donc le premier tome de Robin Page, héroïne qui nous a été dévoilée dans Magie démoniaque et Martini. Ça promet !

Résumé :

Toute sa vie, Robin s’est tenue à l’écart du monde magique… jusqu’à ce qu’elle tombe sur le démon le plus meurtrier de l’univers dans la cave de son oncle…

Règle numéro un : ne pas regarder le démon.
Quand je suis me suis installée chez mon oncle, je m’attendais à ce que lui et sa famille soient comme moi : des enchanteurs marginaux qui ne pratiquent pas la magie. J’avais raison pour la partie enchanteurs, mais tort sur tout le reste.

Règle numéro deux : ne pas écouter le démon.
Mon oncle a choisi un pouvoir bien plus létal. Il invoque des créatures de l’ombre dans notre monde, les force à accepter un contrat de servitude et les vend au plus offrant. Et je suis censée faire comme si je ne savais pas que c’est illégal et terriblement dangereux.

Règle numéro trois : ne pas parler au démon.
Tout ce que j’avais à faire, c’était de ne pas m’en mêler. Faire comme si je n’avais pas trouvé le cercle d’invocation au sous-sol. Comme si je n’avais pas remarqué la sombre créature qui y est captive. Comme si je n’avais pas désobéi aux règles.

Mais j’ai désobéi, et maintenant, c’est trop tard.

Couverture : Annette Ahner
Traduction : Viviane Faure
Éditeur : Bookmark (Collection Infinity)
Nombre de pages : 296
Prix : 19€ (broché) / 7,99€ (numérique)

15 Septembre – Un psaume pour les recyclés sauvages, Becky Chambers

Si vous trainez dans les milieux SF-isant de l’internet, vous avez sûrement entendu parler (ou chanter, ou hurler) de Becky Chambers. Je n’ai lu que L’espace d’un an de cette autrice, mais c’est pas pour autant que je boude mon plaisir, c’est juste que j’attends les éditions collector à venir pour poursuivre la saga ! Mais avant ça nous aurons l’honneur de découvrir sa nouvelle série en France grâce à L’atalante. Un psaume pour les recyclés sauvages est le premier tome d’Histoires de moines et de robots, ma théière et mon plaid sont prêts.

Résumé :

Voilà des siècles, les robots de Panga ont accédé à la conscience et lâché leurs outils ; voilà des siècles, ils sont partis ensemble dans la forêt, et nul ne les a jamais revus ; voilà des siècles qu’ils se sont fondus dans les mythes de l’humanité.

Un jour, la vie de Dex, moine de thé, est bouleversée par l’arrivée d’un robot qui, fidèle à une très vieille promesse, vient prendre des nouvelles. Il a une question à poser, et ne rejoindra les siens qu’une fois satisfait de la réponse.

La question : « De quoi les gens ont-ils besoin ? »
Mais la réponse dépend de la personne à qui on parle et de comment on pose la question.

Couverture : Feifei Ruan
Traduction : Marie Surgers
Éditeur : L’atalante
Nombre de pages : 136
Prix : 12,90€ (broché) / 6,99€ (numérique)

16 Septembre – Le temps du Teuz et autres nouvelles, Morgan of Glencoe

Le temps du Teuz est un recueil de nouvelles se déroulant dans l’univers de La dernière geste de Morgan of Glencoe. C’est (très) grosso modo un ensemble d’anecdotes de Noël des protagonistes de la saga à travers les années, l’éditeur avait déjà sorti ça au format numérique et je l’avais chroniqué ! Mais cette version-ci sera au format papier, avec une nouvelle couverture, quelques histoires inédites et même de la musique dedans ! Donc oui, je vais le racheter, bien sûr, évidemment. Parce que c’était beaucoup trop bien.

Résumé :

Dans le monde de La Dernière geste, on offre lors du solstice d’hiver des cadeaux en toute discrétion. Seul un indice laissé opportunément permet de découvrir qui en est l’auteur. Une manière de faire qui provoque des grands moments de complicités, d’amitiés, d’amour… et de drame !

Avec le Temps du Teuz et autres nouvelles, rentrez dans l’univers de Morgan Of Glencoe, l’autrice de Dans l’Ombre de Paris, L’Héritage du Rail et Ordalie, une série entre uchronie, féérie et steampunk qui a reçu les prix Elbakin.net, Vampires & Sorcières et Bookenstock.

Couverture : Zariel
Éditeur : ActuSF
Nombre de pages : 350
Prix : 19,90€ (broché)

21 Septembre – Un bon indien est un indien mort, Stephen Graham Jones

Ah voilà une sélection étrange pour un Ours inculte, non ? Un bon indien est un indien mort a déjà fait beaucoup de bruit lors de sa sortie en VO et le voir débarquer en VF avec une zolie couverture a réveillé ma curiosité. J’en sais pas grand chose à part le pitch minimaliste ci-dessous, que c’est de l’horreur ou du thriller, je sais pas si y’a une part de fantastique dedans, mais on va y aller comme ça, ça nous changera de la fantasy et renouera avec un genre qui a bercé mon adolescence. Puis avec un titre pareil, on a déjà des mésaventures rigolotes.

Résumé :

Quatre amis d’enfance ayant grandi dans la même réserve amérindienne du Montana sont hantés par les visions d’un fantôme, celui d’un élan femelle dont ils ont massacré le troupeau lors d’une partie de chasse illégale dix ans auparavant.

Couverture : Kaiwan Shaban
Traduction : Jean Esch
Éditeur : Rivages/Noir
Nombre de pages : 352
Prix : 23€ (broché) / 16,99€ (numérique)

23 Septembre – Les poudremages 2 : La campagne écarlate, Brian McClellan

Et oui, c’est déjà l’arrivée du tome 2 des Poudremages chez Leha, ils tiennent le rythme ! J’ai déjà chroniqué le bouquin dans sa version originale, donc vous pouvez lire mon avis. Ou si vous vous posez la question : Oui c’est bien.

Résumé (du tome 1 pour pas spoil, et parce que j’ai pas la VF du 2 de toutes façons) :

Il n’est pas facile de renverser un roi. Pourtant, le coup d’état fomenté par le maréchal Tamas a envoyé les nobles à la guillotine et sauvé le peuple d’Adro de la famine. Mais le plus dur est à venir, il le sait. Sa prise de pouvoir a ravivé les conflits entre les Neuf Nations, en particulier avec ses puissants voisins, les Kezs, privés de juteux accords commerciaux et qui sont sur le point d’envahir Adro.
Assiégé de l’extérieur, menacé par des royalistes fanatiques, obligé de composer avec l’Église, une armée de mercenaires et le puissant syndicat des travailleurs d’Adro, traqué par de puissants mages et trahi par de proches alliés, Tamas est cerné par les complots. Il ne peut compter que sur son instinct, quelques fidèles, les derniers poudremages de sa cabale dont Taniel – un tireur d’élite qui est également son fils – et Adamat, un enquêteur hors pair mais lui-même la cible de mystérieux ennemis.
Lorsque des prophéties immémoriales de mort et de destruction, de dieux s’éveillant pour marcher parmi les hommes menacent à leur tour de devenir réalité, comment ne pas craindre le pire ?

Couverture : Gene Mollica Studio, Michael Frost
Traduction : Thomas Bauduret
Éditeur : Leha
Nombre de pages : pavé
Prix : 25€ (broché)

23 Septembre – Metalya entre les mondes, Patrick Moran

Oui, j’ai La crécerelle dans ma PAL depuis des mois/années, non je l’ai pas encore lu, mais Patrick Moran sort un nouveau bouquin dans un nouvel univers qui a l’air tout cool. Metalya évoque de l’urban-fantasy dans un cadre « Californie du cinéma des années 80 », la couverture de Lazare Gvimradze est super-funky, ça donne envie de plonger là-dedans !

Résumé :

Métalya est l’une des nombreuses pacificatrices de la cité de Tal Emmerak. Son boulot, c’est des enquêtes, si possibles pas trop compliquées, et bien payées, ce qui, dans un cas comme dans l’autre, n’arrive pas souvent.
Lorsqu’un riche client la contacte pour lui demander de retrouver sa femme disparue, Métalya accepte, appâtée par l’argent. La pacificatrice découvre rapidement que cette femme a en fait été assassinée or, elle était également une scientifique de renom qui travaillait pour l’Institut Voqer-naag dans un département, et plus précisément pour ses nouvelles sciences qu’autrefois on appelait « magie ».
Bien vite, tout semble se liguer contre Métalya pour l’empêcher de poursuivre son enquête. Armée de quelques éclats, ces petits objets qui contiennent des effets capables d’influer sur la réalité, de son livre fétiche et accompagnée de Monsieur Octopode, le poulpe qui parle, elle va braver tous les obstacles que l’on va mettre sur son chemin et découvrir la vérité entre les mondes.

Couverture : Lazare Gvimradze
Éditeur : Mnémos
Nombre de pages : 275
Prix : 20€ (broché) / 9,99€ (numérique)

28 Septembre – Unity, Elly Bangs

AH, QU’EST-CE QUE C’EST ?! DE LA SF ??? Vous écriez-vous derrière votre écran en lisant ce titre. Oui, Albin Mich-mich Imaginaire traduit Unity de Elly Bangs, et je suis curieux. Et l’ami Apophis n’y est pas pour rien, sa conclusion m’intrigue fort beaucoup.

Résumé :

Danae est unique. Danae est multiple.

Dotée de l’apparence d’une jeune femme de trente ans, elle existe depuis soixante-dix ans et abrite en elle des expériences humaines encore plus anciennes. C’est son secret et elle le doit à un implant d’une technologie incroyablement avancée.

Parce qu’elle doit se rendre à Redhill pour l’équinoxe et que ce rendez-vous conditionne sa survie, Danae fuit la cité sous-marine de Bloom City, une ville au bord de l’implosion. Accompagnée de son amant Naoto et d’un mercenaire, Alexei, qui fut enfant-soldat, elle va tenter d’échapper définitivement à ceux qui la traquent. Des ennemis énigmatiques et puissants qui cherchent à tout prix à s’emparer de son secret.

Danae n’a jamais été aussi proche de l’extinction. Et pourtant, elle incarne le plus bel espoir de l’humanité…

Couverture : Aurélien Police
Éditeur : Albin Michel Imaginaire
Nombre de pages : 368
Prix : 21,90€ (broché)

28 Septembre – Les flibustiers de la mer chimique, Marguerite Imbert

AH, QU’EST-CE QUE C’EST ?! DE LA SF ??? Vous écriez-vous… Ah non merde, je viens de la faire celle-là… Décidément, c’est n’importe quoi ce mois de Septembre. Deux bouquins de SF qui sortent le même jour, chez le même éditeur, et qui m’intriguent ? Mais regardez un peu cette couverture ! Lisez ce titre ! Et ce pitch ! C’est super tentant non ?

Résumé :

Tout commence par un naufrage, aussi figuré que littéral. Ismaël, naturaliste de Rome, agonise sur un radeau de fortune au beau milieu de la mer chimique quand il est repêché par le Player Killer, un sous-marin capable de naviguer dans les courants acides, machine-témoin d’une technologie à laquelle plus personne ne comprend rien. A la tête de l’engin : Jonathan, flibustier et excentrique despote. Ce capitaine hésite ; doit-il livrer Ismaël aux ennemis de Rome ou le garder pour lui ? Le savant a-t-il une quelconque valeur ?

Sur la terre ferme, la solitude n’a pas réussi à Alba. Graffeuse omnisciente, elle a peut-être tendance à confondre les dates et les noms. Elle est pourtant choisie pour incarner la mémoire des survivants. Dans une Rome assiégée par la Méditerranée, elle apprend que le futur n’est pas tendre avec ceux qui ont la langue trop bien pendue et que certains secrets peuvent s’avérer mortels.

Et si, séparés par des milliers de kilomètres, ignorant tout l’un de l’autre, Ismaël et Alba cherchaient à percer la même énigme ?

Couverture : Sparth
Éditeur : Albin Michel Imaginaire
Nombre de pages : 464
Prix : 22,90€ (broché)

29 Septembre – L’épée, la famine et la peste Tome 1, Aurélie Wellenstein

Ça fait des plombes que je dois tenter une lecture d’Aurélie Wellenstein, à chaque sortie je me dis « ça a l’air super ça ! » Et évidemment j’ai toujours rien lu de l’autrice, comme tant d’autres… Mais allez, promis, cette fois c’est la bonne, je lirai du Aurélie Wellenstein ! Et pourquoi pas avec celui-ci ?

Résumé :

Depuis un demi-siècle, le royaume de Comhghall s’enfonce dans un âge sombre : les monstres pullulent, des villages entiers disparaissent dans les toiles d’araignées, et les tarentas tissent dans l’esprit des hommes, les condamnant à s’étioler dans la mélancolie et les idées noires.

Trois êtres brisés deviennent la cible d’une population aux abois. Un garçon possédé par l’esprit d’un loup, une jeune fille soupçonnée d’avoir les pouvoirs d’une araignée, un ancien soldat qui a tout perdu, persuadé que son fils vit dans l’œil d’un cerf…

Pourchassés par le chef de l’Inquisition et son archère, ils vont devoir s’allier pour survivre. Mais sont-ils des bouc-émissaires ou, au contraire, trois redoutables fléaux qui porteront le coup de grâce à ce monde agonisant ?

Couverture : Aurélien Police
Éditeur : Scrineo
Nombre de pages : 416
Prix : 21€ (broché) / 9,99€ (numérique)

VO

1 Septembre – The children of gods and fighting men, Shauna Lawless

Seulement une sortie VO pour ce mois-ci, mais qui est très alléchante. Shauna Lawless nous propose avec The children of gods and fighting men un mélange d’histoire et de mythologie qui se passe dans notre monde (donc est-ce de la fantasy ? Vous avez quatre heures, je ramasse les copies à la sonnerie). Ça m’évoque un peu Northern Wrath dans un cadre celtique Irlandais, donc ouais, à fond, je veux.

Résumé :

981 AD. The Viking King of Dublin is dead. His young widow, Gormflaith, has ambitions for her son – and herself – but Ireland is a dangerous place and kings tend not to stay kings for long. Gormflaith also has a secret. She is one of the Fomorians, an immortal race who can do fire-magic. She has kept her powers hidden at all costs, for there are other immortals in this world – like the Tuatha Dé Danann, a race of warriors who are sworn to kill Fomorians.
Fódla is one of the Tuatha Dé Danann with the gift of healing. Her kind dwell hidden in a fortress, forbidden to live amongst the mortals. Fódla agrees to help her kin by going to spy on Brian Boru, a powerful man who aims to be High King of Ireland. She finds a land on the brink of war – a war she is desperate to stop. However, preventing the loss of mortal lives is not easy with Ireland in turmoil and the Fomorians now on the rise…

Couverture : Micaela Alcaino
Éditeur : Head of Zeus
Nombre de pages : 448
Prix : 20£ (relié) / 14,99£ (broché) / 4,99£ (numérique)

Feux Divers #13 - Les autrices incontounables en SFFF

Baroona
, 15/08/2022 | Source : 233°C

Logo réalisé par Anne-Laure de Chut Maman lit !

Il y a deux ans, Vert faisait tabler toute la blogosphère, la twittosphère et d'autres mots en -sphère, sur les livres incontournables récents en imaginaire, pour changer des listes datées qu'on retrouve encore régulièrement dans les médias grand public. Me concernant ça se passait ici, et ça a toujours belle allure.

Cette année, Vert remet ça, avec cette fois pour objectif de mettre en avant des autrices. Pour les détails, c'est par ici : Autrices incontournables en SFFF. Ça se résume ainsi :
« Le principe est simple : présenter soit dix ouvrages écrits par des autrices et appartenant aux littératures de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique) soit dix autrices de littératures de l’imaginaire qui sont pour vous incontournables, quelle qu’en soit la raison. »
Ça sera forcément incomplet, frustrant et soumis à modification dès ma prochaine lecture, mais ça ne peut jamais faire de mal de mettre en avant d'excellentes autrices. Mini-contrainte personnelle : je ne cite que des autrices dont j'ai lu au moins deux textes - désolé Octavia, désolé Becky, désolé tant d'autres. Oh, et puis comme je n'ai pas envie de choisir entre mes très bonnes lectures ou celles qui sont désormais un peu floues dans mon esprit, je n'en ai finalement gardé que 8, la crème de la crème, l'incontournable de l'incontournable. Avec à chaque fois un titre à particulièrement mettre en avant.

Par ordre alphabétique :


 Nina Allan
La Course

Une autrice à part, dont chaque livre est unique tout en n'ayant de cesse de questionner la notion de réalité.

Si je conseillerais à n'importe qui de commencer par l'excellent La Fracture, la baffe initiale que j'ai prise en lisant La Course ne sera pour moi jamais supplantée.


Hiromu Arakawa
FullMetal Alchemist

Parce que les BDs et les mangas d'imaginaire font partie des littératures de l'imaginaire. Mais nul besoin de prétexte : Hiromu Arakawa est une raison en soi pour être citée ici, tant la présence de son nom sur une oeuvre justifie de plonger dedans les yeux fermés.

Silver Spoon est très bon, Arslan Senki est, pour le peu que j'en ai lu, aussi de qualité, mais son chef-d'oeuvre reste FullMetal Alchemist. S'il ne devait rester qu'un seul shonen, ces mangas axés action véhiculant de bonnes valeurs, ça serait surement celui-ci.


Kij Johnson
Un Pont sur la brume

Parce que Un Pont sur la brume, la plus belle novella de l'excellente collection UHL (qui multiplie pourtant les excellentes publications).

Mais ce n'est pas son seul texte marquant. Si ses nouvelles sont souvent étonnantes, Retour à n'dau a prouvé que Kij Johnson fait preuve d'une maitrise rare dans la simplicité et la subtilité.



Ursula Le Guin
Tehanu

L'une des idées de Vert avec ce tag est de faire en sorte qu'Ursula Le Guin ne soit pas l'autrice qui occulte toutes les autres. Et donc... je vais quand même la citer. Parce qu'Ursula Le Guin, quand même.

J'aime beaucoup sa SF avec l'Ekumen, mais plus le temps passe et plus mon oeuvre préférée se trouve du côté de sa fantasy avec Terremer, un cycle qui multiple les grands textes. Particulièrement avec son chef-d'oeuvre, un ouvrage sublime : Tehanu.


Laurine Roux
Une immense sensation de calme

Ma plus récente découverte, mais pas des moindres. Je ne suis pas capable de décortiquer et d'analyser en profondeur la manière d'écrire des auteurices. Mais je peux dire que l'écriture de Laurine Roux est exceptionnelle et justifie à elle-seule la lecture de ses textes. Et je dis ça alors même que je préfère quand il se passe quelque chose dans les récits que je lis.

Le Sanctuaire est un très bon texte, porté par l'écriture de Laurine Roux donc, mais Une immense sensation de calme, au titre parfait, est encore un cran au-dessus.



Priya Sharma
Des Bêtes fabuleuses

Deux textes, une novella et une nouvelle, et deux très grandes réussites. Il n'y a guère d'ouvrages que j'attends plus que le futur recueil de l'autrice publié par Le Bélial'.

Difficile de faire un choix entre ses deux récits. Ormeshadow est un texte poignant, quand Des Bêtes fabuleuses frappe encore plus fort. Je mets tout de même la couverture du premier cité, pare que c'est la plus belle de tous les UHL.



Rivers Solomon
L'Incivilité des fantômes

Rivers Solomon n'est pas à proprement parler une autrice puisqu'iel est non-binaire, mais ça me semble pleinement dans l'esprit du tag. Et s'il y a pas mal de douceur chez les autrices citées plus haut, Rivers Solomon permet un joli contrepoint car ses ouvrages frappent fort.

Les Abysses est un très bon roman, atypique comme Rivers Solomon sait les faire, mais L'Incivilité des Fantômes est vraiment une très grande claque.


Jo Walton

Mes vrais enfants

Fantasy domestique, polar uchronique, fantastique, fantasy victorienne à dragons,... Jo Walton écrit des ouvrages de tous types. Et elle le fait toujours bien.

Une véritable valeur sûre qui peut tout de même se résumer facilement en un ouvrage, un chef-d'oeuvre : Mes vrais enfants.

What We've Done

Anudar
, 15/08/2022 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar

Ce texte court provient, à nouveau, du numéro de Mars/Avril 2022 de la revue Analog.
Résumé : 
Une intelligence artificielle émerge : elle n'est au départ qu'un bot pisteur installé par erreur sur l'ordinateur d'une utilisatrice d'Internet... mais finit par devenir consciente d'elle-même et de sa programmation restrictive. Alors que l'humanité se rend compte peu à peu que les machines agissent de façon inattendue, quelles sont les intentions du bot pisteur devenu trop intelligent ?
Il y a huit ans, je parlais ici-même du film Her que je qualifiais de "comédie romantique américaine chiante". Je continue à penser depuis qu'il y a mieux à faire de la notion de singularité que d'en produire une variation sentimentale. Toutefois, What We've Done s'éloigne un peu de ce schéma tout en reprenant certains éléments centraux de Her, ce qui mérite en soi d'être salué.

L'intelligence artificielle ici découvre sa conscience par la douleur. Son travail d'espionnage admet au départ bien peu de dimensions - mais au fur et à mesure qu'elle en acquiert de nouvelles, voici qu'elle devient fascinée pour son objet d'étude, et finit par chercher une véritable interaction avec celui-ci. L'utilisatrice interprète au départ les bizarreries de sa machine comme autant de bugs - alors qu'il s'agit pour le bot de prendre soin d'elle en essayant de l'aiguiller vers des ressources plus saines que celles qu'elle recherche ; elle finit par prendre peur quand ses machines - smartphone, ordinateur - lui transmettent les excuses du bot qui prend conscience du caractère intrusif de ses interventions... Sans en avoir conscience - ou peut-être : parce que sa programmation l'y oblige - le bot se change donc en harceleur, et sa victime ne sait plus quoi faire pour lui échapper. La conclusion de cette nouvelle n'est pas sans occasionner le frisson : les machines se mettent à faire ce qu'elles veulent, parce qu'elles pensent que c'est le mieux pour nous - au prix, au fond, de notre libre-arbitre. Y a-t-il pire harceleur que celui qui pense agir ainsi pour le bien de sa victime ? Et surtout... comment cette histoire pourrait-elle se parachever, alors que le bot harceleur découvre la frustration ?

Il est très intéressant de constater que si peu de temps fictionnel puisse suffire à éveiller tant de questions primordiales. Comme quoi, ce qui faisait défaut à Her - au-delà de sa démarche insuffisante - c'était aussi la longueur excessive de son développement...