A Psalm for the Wild-Built – Monk & Robot T.1

Sabine C.
, 23/07/2021 | Source : Lectures – Fourbis & Têtologie

de Becky Chambers | Tordotcom | 160 pages | SF | VOPrévu en VF chez L’Atalante 4è de couv It’s been centuries since the robots of Earth gained self-awareness and laid down their tools.Centuries since they wandered, en masse, into the wilderness, never to be seen again.Centuries since they faded into myth and urban legend.… Lire la suite A Psalm for the Wild-Built – Monk & Robot T.1

Vision aveugle – Peter Watts

Apophis
, 23/07/2021 | Source : Le culte d'Apophis

La réédition tant attendue d’un chef-d’œuvre absolu ! Depuis plusieurs années (la preuve), je vous parle de Vision aveugle de Peter Watts, qui est, immédiatement après Hypérion, le livre de SF le plus important dans mon panthéon personnel. Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que ce n’est pas le genre de « distinction » que j’attribue […]

Kaamelott : Premier Volet

Célinedanaë
, 23/07/2021 | Source : Au pays des cave trolls

Après 12 ans d’attente depuis la fin de la série, on attendant impatiemment ce film, finissant presque par ne plus y croire. Et puis voilà que les premières infos arrivent, suivies d’un trailer et d’une bande annonce avec une sortie pour le 21 juillet 2021. Kaamelott premier volet est enfin là, reprenant toute la fine équipe à quelques exceptions près. Kaamelott premier volet film écrit et réalisé par Alexandre Astier doit normalement être le premier volet d’une trilogie qui verra le jour selon le succès du film au cinéma.

Le film se déroule en 484, soit 10 ans après la fin de la saison 6 (ce qui colle plutôt bien avec le temps d’attente pour la réalisation du film). Le roi Arthur déprimé et ne voulant plus du pouvoir renonce définitivement au trône et confie le pouvoir à Lancelot du lac. Ce dernier décide de traquer tous les alliés d’Arthur et est prêt à tout pour les retrouver. Le royaume de Logres est ainsi au plus mal : Lancelot fait régner la terreur grâce aux mercenaires saxons et impose de nombreuses taxes. Arthur, grâce à Vénec, a réussi à fuir et demeure introuvable, beaucoup le croient mort. La résistance essaye tant bien que mal de s’organiser, continuant d’espérer le retour d’Arthur.

Étant de grands fans de Kaamelott, on attendait ce film de pied ferme après tant de temps. Les saisons V et VI sont pour moi aussi réussies que les premières et le passage au format long n’a fait que conforter tout le bien que je pensais de cette série. Le défi de porter l’univers sur grand écran et pour un film de 2 heures était grand. Autant le dire tout de suite, Alexandre Astier s’en tire admirablement, gardant tous les ingrédients qui avaient fait la réussite de la série tout au long des 6 saisons et insufflant une dimension nouvelle propre au cinéma. Quel plaisir de retrouver Arthur et sa bande de bras cassés qui nous avaient tellement manqué toutes ces années.

Les années d’attente ont été mises à profit dans le scénario et intégrées dans l’intrigue. Les personnages ont évolué, changé, vieilli (certains plus que d’autres) et sont tous marqués par la disparition d’Arthur. Lancelot n’arrive pas à passer outre et passe toute son énergie pour retrouver celui qu’il considère comme sa Némésis. Il s’entoure des mêmes personnes qu’Arthur, du moins ceux qui ont trahi, et ne fait pas mieux qu’Arthur, alors qu’il était persuadé du contraire. Le Graal ne semble plus faire partie de ses priorités. Son costume le fait ressembler à une espèce de serpent engoncé jusqu’au goût dans son ressentiment. Il n’arrive pas à aller de l’avant. Les costumes sont d’ailleurs vraiment admirablement faits, correspondant aux caractères des personnages. Les moyens du film sont différents de ceux de la série, et on peut découvrir des endroits que l’on se contentait d’imaginer auparavant. Visuellement, le film est une réussite, offrant une grande variété de décors. On voit vraiment la différence au niveau réalisation du passage sur grand écran avec des plans moins statiques, des scènes en extérieur.

Alexandre Astier a la volonté de raconter la fin de Kaamelott en 3 films, mais ce premier opus, tout en laissant des pistes sérieuses pour la suite, peut se suffire. Il y a d’ailleurs une scène post générique qui donne une piste pour la suite. Le film est dense, raconte beaucoup de choses en deux heures, peut-être un peu trop et certains personnages en font un peu les frais. Certains des anciens ne font que de brèves apparitions, c’est un peu dommage pour certains comme Vénéc ou Bohort dont on ne sait pas vraiment ce qu’ils deviennent. Perceval et Karadoc sont beaucoup plus exploités mais leurs ressorts comiques était déjà très présent dans la série. Les flashbacks dans la jeunesse d’Arthur sont intéressants à voir et font le lien avec la saison VI, mais sont peut-être en trop au détriment de plus de temps passés sur certains personnages. Ils ne sont pas vraiment utiles, et alourdissent par moments le récit plus qu’ils ne lui apportent vraiment quelque chose. Le rythme du film est rapide, on ne s’ennuie pas. L’alternance entre scène comique, ou d’autres plus sombre, moments festifs ou calmes est parfaitement dosée. La musique a aussi une grande importance dans le film et j’ai trouvé la manière dont elle est utilisée fort intelligente, bien que le traitement soit un poil rapide. Mais on ne peut pas raconter autant en deux heures qu’en une saison complète, c’est certain.

Alexandre Astier a soigné ses personnages, que ce soit les anciens avec l’évolution de certaines relations assez surprenantes, ou les nouveaux particulièrement réussis. Alzagar est franchement drôle, avec certains dialogues d’anthologie, Quarto et ses deux wisigoths apportent aussi beaucoup d’humour, faisant penser à Yvain, Sting campe un Saxon assez redoutable et charismatique et tout en finesse. Il est vrai que ça fait beaucoup de personnages et que deux heures c’est peu pour donner à tous la même importance.

Là où on attendait aussi ce film, c’est au niveau du ressort comique et l’on peut dire qu’il est parfaitement réussi. On rigole franchement à plusieurs reprises. Alexandre Astier joue à la fois sur la nostalgie de la série avec des répliques reprises au mot près, des dialogues ciselés et brillants mais aussi sur le côté plus sombre d’Arthur offrant un beau condensé de tout ce qui faisait la série tout au fil des saisons. Le film est vraiment drôle jouant sur plusieurs registres d’humour comme la série nous y avait habitués. Mais cet humour ne prend pas le pas sur le scénario ni sur les scènes plus sérieuses.

Kaamelott : Premier Volet est ainsi une belle réussite. Tout n’y est pas parfait et sera apprécié différemment selon les sensibilités envers les personnages. Mais le film est vraiment drôle, rempli de références, arrive à reprendre ce qui faisait le succès de la série et à aller plus loin en l’adaptant pour le grand écran. Certaines scènes sont cultes et on envie de les revoir pour s’en imprégner à nouveau. Et quel plaisir de retrouver toute cette fine équipe à nouveau! Avec des acteurs en pleine forme, des costumes splendides, des décors bien utilisés, bref vivement la suite!

Le Chien du Forgeron, de Camille Leboulanger

Lorhkan
, 23/07/2021 | Source : Lorhkan et les mauvais genres

Déjà auteur, entre autres choses, de “Bertram le baladin”, Camille Leboulanger revient avec une actualité chargée, avec “Ru” d’une part aux éditions de l’Atalante, et d’autre part “Le Chien du Forgeron” chez les toutes jeunes éditions Argyll, dont il est question ici. Reprenant la légende celte irlandaise de Cuchulainn, on ne peut manquer d’y voir, avec “Bertram le baladin”, une approche à la fois semblable et différente sur les mythes et les récits, leur force, leur impact, mais aussi leurs demies vérités…

 

Quatrième de couverture :

Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…

« Il en est ainsi des bonnes histoires : peu importe si l’on connaît leur déroulement ou si l’on devine la fin. Cela ne gâte en rien le plaisir de les entendre ni même celui de les raconter. Une bonne histoire est comme une bonne chanson. C’est un air dont on ne se lasse jamais du refrain. »

 

Oyez, oyez ! Voici venir l’histoire de Cuchulainn !

Si Cuchulainn n’est pas un héros mythologique très connu en France, il en va tout autrement en Irlande puisqu’il est l’un des personnages les plus importants de la mythologie celtique irlandaise. Il est l’archétype du guerrier à la force surhumaine, qui n’a jamais peur, ne recule devant aucun danger, ne connaît pas la défaite, qui côtoie les plus grands, allant même jusqu’à rencontrer certaines divinités. Un héros mythologique dans toute sa démesure. C’est l’histoire de Cuchulainn que Camille Leboulanger se propose de nous conter dans ce roman, “Le Chien du Forgeron”.

Mais il ne va pas nous le conter de manière classique. Car même si le récit se déroule sans surprise en commençant par situer ses ascendants et le contexte de l’Irlande d’alors (arbitrairement placée durant le premier âge du fer, c’est à dire entre le VIIIe et le VIIe siècle avant J.-C.), avant de s’intéresser à sa naissance (forcément divine) puis sa jeunesse et de continuer avec certains de ses “exploits” pour se diriger ensuite vers son destin, Camille Leboulanger fait le choix d’une sorte de “réalisme”, pas total, mais très largement accentué par rapport à la légende telle qu’on la connaît et dans laquelle la magie et les dieux apparaissent nettement plus souvent.

Un choix intéressant qui permet à l’auteur de commencer ainsi son travail de sape sur la démythification, la déconstruction d’un mythe qui a trop souvent tendance à éluder les mauvais côtés d’un héros que l’on voudrait placer sur un piédestal en cachant sous le tapis certains actes moins glorieux. Cela n’est d’ailleurs pas spécifique à Cuchulainn, on pourrait tout aussi bien s’atteler à ce même travail à propos d’autres héros mythologiques pas toujours exemplaires : ainsi, sans vouloir faire de mythologie comparée, Cuchulainn partage quelques points communs avec Achille, Hercule, Ulysse ou bien encore Sigurd/Siegfried, le premier étant qu’ils ont tous une ascendant divine plus ou moins directe, élément quasi indispensable à tout héros mythologique qui se respecte.

Pour entreprendre ce travail de déconstruction, Camille Leboulanger passe par un narrateur qui a côtoyé Cuchulainn et qui semble donc le plus à même de raconter son histoire. Mais le narrateur est-il totalement fiable ? La question est posée, le narrateur n’hésite d’ailleurs pas à aborder le sujet, tout comme il apporte une explication sur la différence entre le Cuchulainn qu’il nous conte et celui que la légende a retenu, c’est ainsi tout un processus de mythification qu’aborde Camille Leboulanger, justifiant à la fois les dires de son narrateur et ce qu’il reste du héros dans la mémoire collective.

Abordant le mythe de Cuchulainn sous un prime résolument actuel, l’auteur peut ainsi, sur une base mythologique et donc ancienne, nous livrer un roman moderne, abordant des problématiques contemporaines, sans éviter les grandes étapes de la vie de Cuchulainn : sa naissance dans des circonstances et un environnement bien particuliers, son entourage, sa jeunesse et son éducation (autant d’éléments auxquels son comportement doit une grande part), ce qui lui a valu son surnom de Chien du Forgeron, ses failles (la ríastrad, très similaire à la fureur des berserkers nordiques) et certains de ses “hauts faits”, dont la célèbre “Razzia des vaches de Cooley”. Camille Leboulanger a agrégé de nombreux textes, faits des ajustements, des adaptations, pour obtenir un récit complet, forcément partial mais donnant un point de vue global sur la vie de Cuchulainn, un point de vue osé d’une certaine manière puisque si Cuchulainn est bien le héros du récit, il en a fait un personnage très antipathique mais dont le comportement est explicable, sans pour autant être pardonnable. Un homme porté par sa propre légende (ou plutôt l’image qu’il s’en fait), contraint d’aller toujours plus loin, emporté par le flot de l’Histoire et de son histoire.

La plume de Camille Leboulanger, pour rester fidèle à une culture celtique qui n’a donné que très peu d’écrits, rend l’oralité de son narrateur de superbe manière. Le style de ce “texte dit” est magnifique, et on se prend vite à s’imaginer écouter ce récit au coin d’un feu, en resservant une nouvelle pinte de bière au narrateur pour avoir la suite. Superbe, malin sur le plan narratif, très accrocheur et totalement de circonstance.

Réussite totale donc que ce “Chien du Forgeron”. Abordant un héros mythologique sous un angle original, servi par un style oral parfaitement adapté emportant le lecteur dans le flot de son histoire (une histoire pas aussi parfaite que la légende veut nous le faire croire), très érudit aussi (j’ai consulté Wikipédia à de nombreuses reprises pour obtenir plus d’infos sur les personnages, les lieux et pas mal d’aspects de la mythologie celtique irlandaise, l’occasion également de ressortir un des livres cités par l’auteur dans ses sources bibliographiques) le roman est remarquable. Alors installez-vous confortablement, servez-vous une petite bière irlandaise et laissez-vous emporter dans une époque lointaine, sur les pas de Cuchulainn, le Chien du Forgeron.

 

Lire aussi l’avis de Célindanaé.

 

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Temps mort – Ariel Holzl

OmbreBones
, 23/07/2021 | Source : OmbreBones

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Temps mort
est un roman one-shot d’urban fantasy destiné à un public 13+ écrit par l’auteur français Ariel Holzl. Publié par Slalom, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 15.95 euros.

De quoi ça parle ?
Léo, dix-sept ans, arrive à Paris après la mort de ses parents pour être pris en charge par son oncle Théobald. L’homme vit claquemuré dans un étrange manoir et semble lié à un univers alternatif, le Périmonde, sorte de négatif de la ville de Paris. Léo s’y retrouve embarqué pour essayer de sauver la seule famille qu’il lui reste.

De l’urban fantasy classique à la sauce Ariel Holzl.
Soyons clairs : Ariel Holzl ne réinvente pas ici le genre de l’urban fantasy. Vous me direz, on ne le lui demande pas et vous avez totalement raison ! Ce que je veux dire par là, c’est qu’on retrouvera des éléments classiques de ce genre littéraire comme un monde alternatif (le Périmonde), des créatures issues du bestiaire des ombres (spectres, vampires, liches, goules), un adolescent précipité dans ce monde où il aura la chance d’avoir quelqu’un pour le guider (c’est pratique ces gens altruistes (ou pas) !), des puissants qui semblent porter une attention injustifiée à cet adolescent susmentionné, bref vous voyez le tableau. Toutefois, Temps Mort possède cette « patte holzlienne » qui lui permet de se distinguer.

Ce que j’entends par là c’est que j’ai retrouvé dans ce roman ce que j’aime chez l’auteur : cette ambiance grand-guignolesque à l’esthétique résolument 19e siècle, cet excentrisme assumé qui me donne presque l’impression de lire un manga, que ce soit par la façon dont les personnages se présentent ou la manière dont ils s’affrontent. Ce n’est certes pas sa production la plus inspirée en terme de création d’univers mais le roman reste plaisant.

Quelques éléments de contexte :
Il existe un Paris alternatif appelé Périmonde, qui est une version en négatif de la capitale française. Une cinquantaine d’individus immortels y (sur)vivent, des individus appelés les ichorides parce qu’ils dévorent l’ichore (l’âme, l’essence) des personnes qui meurent dans le Paris d’En-Haut. Ces ichorides sont répartis en quatre maisons : Léthé pour les liches qui façonnent les os, Cocyte pour les goules qui façonnent la chair, Achéron pour les vampires qui corrompent le sang et enfin Styx pour les spectres liés à l’âme. Chaque maison est dirigée par un dynaste, généralement l’ichoride le plus ancien et / ou le plus puissant. Mourir dans le Périmonde n’est pas très grave car à chaque fin de cycle, le Glas sonne et le Périmonde est en quelque sorte réinitialisé, ce qui permet aux personnes décédées de revenir comme avant, si toutefois personne n’a volé leur précieux ichor. Il existe bien entendu des lois pour empêcher cela mais c’est bien l’une des seules règles de cet univers où la quasi absence de trépas définitif rend les habitants plutôt extrêmes dans leurs interactions sociales (c’est la façon polie de dire que ce sont de grands tarés meurtriers.)

Sur le papier, l’univers est prometteur mais voilà : au contraire des Sœurs Carmines où Ariel Holzl a pu développer de petits détails amusants et évocateurs ainsi que des personnages iconiques sur trois tomes, il signe ici un one-shot où les idées sont présentes, tout comme le potentiel, mais où il n’y a décidément pas assez de pages pour m’empêcher de rester sur ma faim. Car si Léo (sur lequel je vais revenir) est très réussi, tout/es celles et ceux qui gravitent autour sont à peine esquissé/es au point de devenir des éléments de décor alors que, damned, rien que les Dynastes ont un potentiel de malade ! Et je ne dis pas ça parce que j’ai -évidemment- (quoi, t’es surpris/e, really ?) craqué sur le personnage de Monsieur.

Bref, c’est justement parce que les idées me plaisent que je ressors frustrée de ma lecture : j’en voudrais davantage.

Léo, protagoniste principal et narrateur.
Il existe des centaines, peut-être des milliers de roman qui sont racontés par leur protagoniste principal a posteriori, sous forme d’un journal très (trop ?) détaillé où, finalement, ce personnage devient romancier même s’il s’en défend à grands cris. Ariel Holzl fait le même choix ici avec un récit à la première personne, du point de vue de Léo. Là où l’auteur se montre original, c’est qu’il justifie l’existence de ce texte, de ce journal, d’une manière qui me semble assez solide par rapport aux standards habituels.

En effet, Léo souffre de la maladie de Huntington. En quelques mots, il s’agit d’une maladie neurodégénérative qui affecte les fonctions motrices, cognitives et émotionnelles. Ce n’est pas la première fois que je la croise dans la fiction (comment oublier Numéro 13 ?) et l’auteur la représente assez bien ici, avec les conséquences que cela a sur la vie de Léo. C’est d’ailleurs pour cela que l’adolescent écrit de manière détaillée son premier contact avec le Périmonde. Il s’adresse à son lui du futur, sans savoir si un traitement sera entre temps trouvé, s’il va oublier ce qui lui est arrivé ou non. Il écrit « au cas où » il oublierait et devrait se rappeler de tout ce qui concerne ce Paris alternatif, pour différentes raisons que vous découvrirez au fil du roman.

La conclusion de l’ombre :
Temps mort est un récit très holzlien avec tout ce que ce qualificatif comporte de compliments. Une urban fantasy certes classique mais à l’esthétique grand-guignolesque assumée qui la transforme en chouette moment de lecture en compagnie de Léo. Pourtant, je reste sur ma faim car ce texte fourmille d’excellentes idées qui ne sont pas suffisamment exploitées. Je me demande si l’auteur y reviendra un jour ou non. Quoi qu’il en soit, je continuerai à suivre ses publications.

D’autres avis : YuyineZoé prend la plume – vous ?

WH40K - L'ascension d'Horus - Dan Abnett

Elessar
, 22/07/2021 | Source : L'Imaginarium électrique

L'Hérésie d'Horus #1 : L'ascension d'Horus - Dan AbnettBlack Library France // 2006 // 416pHa Warhammer 40 000 ! Cet univers sombre, torturé, bourrin et décérébré exerce une certaine fascination sur moi depuis mon adolescence et les quelques figurines achetés et jamais terminées de peindre. J'ai aussi un vieux bouquin de règles dans un coin, donné par un ami à l'époque, que j'ai lu dans tous les

Feminicid - Christophe Siébert

Gromovar
, 22/07/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


« Le 28 février 2028, Timur Maximovitch Domachev, ancien journaliste, a été découvert mort, une balle dans la tête...Une rapide enquête a conclu à un décès volontaire, bien que le défunt n'ait jamais possédé d'arme à feu »

C'est ainsi que se passe le premier contact entre le lecteur de "Feminicid" et l'enquête menée par un journaliste assassiné.


Sur les traces de Timur Domachev, tu chercheras les auteurs et commanditaires des plus de 2500 féminicides qu'a connus la ville, femmes enlevées puis retrouvées mutilées, violées, assassinées, sans compter les disparues qu'on ne retrouve jamais, le tout dans l'indifférence générale.

Y a-t-il un système derrière ces morts ? Sont-elles décidées par une volonté unique ? Existent-ils des forces qui font en sorte qu'on n'enquête pas dessus ?

C'est à toutes ces questions que tente de répondre Domachev, ce qui l’entraînera à démêler, peau d'oignon après peau d'oignon, l'histoire de la ville et des hommes qui la dirigent.


Pour cela il devra plonger dans les bas-fonds – mais y en a-t-il de hauts dans cette ville ? – de Mertvecgorod. Il devra, pour tenter de comprendre, arpenter la ville, identifier des suspects, les interroger, les violenter si nécessaire. Mais comme dans une matriochka, chaque visage découvert n'est que le masque sous lequel se cache le visage suivant, dans une régression infinie qui ne peut jamais donner entière satisfaction ; le tableau peut être complété sans fin, il reste toujours des choses qui ne sont pas dites – tues ou non sues –, et si le fantastique s'invite plus ici que dans Images de la fin du monde, l'âme des hommes est au moins aussi opaque que les zones noires qu'habitent les métaphysiques forces du Mal.


Présenté comme le dossier Feminicid de Domachev retrouvé par une hackeuse de talent, l'ouvrage est constitué de longs passages rédigés par le journaliste avant sa mort, de notes prises par lui sur des personnages, des faits, des lieux, de fragments d'interviews, jusqu'à des notices Wikipédia pertinentes. L'ensemble forme un tableau impressionniste dont la trame s'étend du début du XXe siècle (et sans doute bien avant) à ce mois de février 2028 qui clôt tragiquement la vie de Domachev.

On y retrouve le Siébert de Images de la fin du monde, qui va jusqu'au bout de l'abjection parce que d'une part, si ça existe ça doit être montré, et que d'autre part, il est impossible de décrire une cité corrompue par des forces chtoniennes sans montrer l'effet de ces forces sur la population qui l'habite, a fortiori dans un monde soviétique puis post-soviétique en déliquescence avancée, où n'existe que le pouvoir et ce qu'il autorise, que ce pouvoir vienne de l'argent ou d'une position avantageuse dans la structure politico-sociale.

Quand on est en haut, peu importe ce qu'on a dû faire pour y arriver, on se sert (sauf si on est un saint, mais il y en a peu à  Mertvecgorod), et les autres, tout juste des silhouettes, ne sont que des moyens.

Le pouvoir attire, le pouvoir est sa propre fin, pour sortir de l'enfer ou vivre une vie sans limites. Avec les conséquences que Siébert nous donne à voir. Si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument, comme l'écrivit Lord Acton.


Les quatre jeunes hommes exploités qui deviendront le Clan des Quatre et gouverneront la ville en sont l'illustration, tant dans le processus d'ascension que dans l'usage qu'ils feront de celle-ci, « Leur vie avait bien changé depuis le lager. Quand ils le longeaient en voiture leurs ventres se serraient. Pas parce qu'ils pensaient à ceux qui taillaient des pipes pour une drogue dix fois moins pure que celle qu'on leur filait maintenant, ni parce qu'ils pensaient à ceux qui se laissaient enculer en échange d'une nourriture que désormais ils jetteraient d'un geste dédaigneux, mais parce que, au contraire, leur lien avec tout ça s'effilochait...Cependant, s'ils pressentaient qu'il s'agissait là d’une erreur peut-être mortelle, ils se demandaient aussi lequel trahissait l'autre. Etait-ce en eux le parvenu qui trahissait le crevard en le méprisant, ou le crevard qui trahissait le parvenu en s'obstinant à lui gâcher le plaisir, à lui rappeler le coût de tout ça, la misère sur laquelle leur luxe se bâtissait, alors qu'il aurait mieux fait, au lieu de jouer au professeur de morale, d'en profiter et de fermer sa gueule...En dépit de ces tourments existentiels, qu'ils allaient bien vite étouffer, qu'ils étoufferaient comme des parents assassinant sous un oreiller le nouveau-né qui gâchait leur sommeil, ils se souviendraient de ces quelques mois comme des plus insouciants et des plus agréables de leur vie. Une longue et interminable partouze. La face cachée du socialisme réel. L'envers du décor. Le collectivisme vu du côté de ceux à qui le pays appartenait. »


Peuplé de personnages ambigus et complexes (y compris un avatar méphitique d'Andy Warhol), truffé de situations que leur vraisemblance même rend abjectes, "Feminicid" met en relation Mal métaphysique, Mal des systèmes incontrôlés (ou trop contrôlés), Mal de l'âme humaine.

Pas manichéen pourtant, il affirme aussi que des gens tentent de vivre décemment à Mertvecgorod mais que c'est une tâche titanesque d'y parvenir, quand la vie ne vaut rien et que des forces irrépressibles (humaines mais pas seulement) s'acharnent à pervertir et à détruire dans leur intérêt propre, par la violence extrême et l'inégalité qui pousse aux limites de la survie, « Dans un système non marchand comme celui de l'aeroportlag, il existe une seule monnaie d'échange : soi-même. »

Les féminicides sont certes une entrée dans la ville, mais ils ne sont, hélas, que l'un des avatars de la corruption qui la gangrène et qui n’épargne presque personne. Le système, autoreproducteur, n'a finalement qu'un but, perdurer, parfois sans même savoir si ce qu'il autorise l'y aide.


Ecrit dans une langue aussi pointue que régulièrement hallucinée, parsemé de scènes d'une force incroyable, "Feminicid" est le deuxième ouvrage de Christophe Siébert à se passer dans la ville-enfer de Mertvecgorod. Livre Janus, il se lit sans peine comme un one-shot tout en étant une vraie « suite » ; les nombreuses références à des faits ou des êtres du précédent opus ne gênent jamais la compréhension du nouveau lecteur qui découvre les lieux, mais ces références même offrent à celui qui revient arpenter les rues mortifères de la cité-poubelle des explications détaillées – laissées dans l'ombre lors du premier voyage – concernant la genèse de la cité comme cloaque, la création et l'entretien des réseaux de pouvoir qui la structurent, les courants telluriques – métaphoriques ou réels – qui la parcourent et la secouent.


Dans "Feminicid", sans jamais perdre le nouveau lecteur, le lecteur de retour, après avoir vu le visage du Mal à la fin du premier opus découvre maintenant son Eglise et le complexe étatique mafieux avec qui elle ne fait qu'un.


Feminicid, Christophe Siébert

« The Fated Sky », de Mary Robinette Kowal

Alias
, 22/07/2021 | Source : Planète SF – Blog à part

« The Fated Sky », de Mary Robinette Kowal

Où étiez-vous quand le premier homme a posé le pied sur Mars? Allez, je vous aide: c’était en 1963. Vous ne me croyez pas? C’est pourtant dans The Fated Sky, deuxième tome de la série Lady Astronaut, de Mary Robinette Kowal.

Oui, je sais, j’ai déjà usé de cette figure de style dans ma chronique du précédent tome, The Calculating Stars. On va dire que c’est un hommage: elle est souvent répétée tout au long de l’ouvrage. Quoi de plus normal, quand on parle de l’histoire avec un grand U – comme uchronie, bien sûr.

Rapide résumé de la situation historique: en 1952, une météorite frappe la baie de Cheasapeake, rasant Washington DC et ses larges environs. Mais, surtout, cet impact provoque des bouleversements climatique qui, à terme, risquent de rendre la planète inhabitable.

Dans un grand élan collectif, l’humanité se lance dans un projet fou: coloniser l’espace le plus rapidement possible, histoire de donner une chance à l’humanité. Le docteur Elma York, « calculatrice », devient la première femme astronaute.

Dans ce deuxième volume, on comprend assez vite que, dix ans plus tard, le grand élan est quelque peu retombé. Les problèmes climatiques s’accumulent et les nations, paradoxalement, sont de plus en plus réticentes à financer le programme spatiale. Beaucoup de voix s’élèvent pour privilégier la situation sur Terre.

Pour ne rien arranger, si la science a fait un bond spectaculaire, avec une station orbitale et une base permanente sur la Lune, les mentalités sont encore très conservatrices.

Ainsi, si la présence de femmes à bord des capsules spatiales commence à être raisonnablement bien perçu, les personnes « de couleur » – pour utiliser le terme le moins insultant de l’époque – sont mal vues. Surtout quand le FBI commence à faire le lien entre des mouvements contestataires violents et les organisations pour les droits civiques des minorités.

Au milieu de tout cela, Elma York, surnommée Lady Astronaut, qui voit son rêve d’aller dans l’espace subordonné à un rôle de mascotte publicitaires. Et qui doit gérer, en plus de cela, son foyer, ses problèmes d’anxiété et un sens de la justice sociale qui va lui jouer des tours.

The Fated Sky, c’est principalement l’histoire de la mission vers Mars: deux capsules, avec chacune sept astronautes à bord, plus un vaisseau cargo automatique, qui partent pour un voyage de trois ans. Un voyage qui ne se terminera sans casse.

Mais c’est aussi, et surtout, le portrait d’une époque. Les années 1960, certes, mais aussi la nôtre. Difficile, surtout eu égard à l’actualité la plus récente de cet été 2021, de ne pas voir des parallèles entre cette uchronie et notre propre ligne temporelle.

À travers les yeux d’Elma, le lecteur perçoit toute l’injustice de rapports sociaux basés sur la domination d’une population masculine et blanche (ajoutons également « hétérosexuelle » et « cisgenre », même si ces deux dernière s problématiques sont peu évoqués).

Et aussi du danger des bonnes intentions, Elma se retrouvant souvent dans la position du « sauveur blanc », ce qui n’est pas une bonne idée.

Quelque part, l’aventure spatiale prend le pas sur l’aventure humaine, mais ce n’est pas très étonnant: un an et demi – l’histoire ne couvre que l’aller – de huis clos pour quatorze personnes, ça crée des liens. Et des tensions. Surtout des tensions.

Reste que The Fated Sky se lit très vite, pour un roman de plus de quatre cents pages. Il y a des défauts, mais franchement, j’ai avalé ce bouquin a une telle vitesse que je ne m'y suis pas vraiment arrêté. Du coup, je le recommande avec enthousiaste, avant de m'attaquer au troisième tome, The Relentless Moon.

D’autres avis, plus contrastés, sur L’Épaule d’Orion, De livres en livres et Apophis, entre autres.

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Le mois d'or - Céline Chadelat & Marie Mahé-Poulin

Vert
, 22/07/2021 | Source : Nevertwhere


Cela fait bien longtemps que je n’avais pas chroniqué de bouquin de parentalité sur ce blog (sans doute parce que je n’en ai pas lu depuis des lustres). Mais celui-là m’a été offert récemment et j’ai eu envie de mettre par écrit mes impressions de lecture. Pour ceux qui viennent chercher de la SFFF, rassurez-vous c’est normalement le dernier écart avant un bon moment !

Le mois d’or est un concept issu de la culture chinoise, où la femme qui vient d’accoucher rester alitée pendant un mois après la naissance de son enfant pendant que son entourage s’occupe de tout.

Sans forcément suivre à la lettre la tradition, l’idée de ce livre, c’est de proposer une organisation des premières semaines qui suivent la naissance de Bébé pour permettre à la maman de se remettre de la grossesse et de l’accouchement et de tisser des liens avec son enfant dans un contexte favorable.

J’ai trouvé ce livre intéressant parce qu’il aborde la question du post-partum, un sujet qui n’est encore peu abordé avec les futurs mamans (notamment en cours de préparation à la naissance). Et pourtant il faudrait en parler, des difficultés post-accouchement : le corps en vrac, la fatigue, les montagnes russes émotionnelles, et un suivi qui concerne principalement le bébé.

À part les éventuelles visites d’une sage-femme à domicile les premiers jours, on se retrouve très vite seule, et comme on a tendance à dire que si Bébé va bien, tout va bien… Et bien non, pas toujours. Pour cela, j’ai trouvé que Le mois d’or était une lecture utile. C’était déjà des choses que j’avais à l’esprit mais ça m’a permis de poser des notions sur des ressentis qui traînent dans un coin de ma tête depuis trois ans (et qui avec l’arrivée imminente de Numéro 2 ont tendance à ressortir du fond du placard).

Après il y a l’aspect guide du livre, et là, comment dire ? Ce n’est juste pas un livre pour moi. Déjà parce que tout le côté sacralisation de la grossesse et de la naissance me passe un peu au-dessus (j’avais eu le même problème quand j’ai lu L’enfant de la prochaine aurore, j’ai bien peur qu’à force de lire des récits d’imaginaire je sois devenue horriblement terre à terre).

Ensuite parce que c’est un mélange de traditions ancestrales du monde entier / trucs de grand-mère / pseudo-médecines qui m’a parfois fait hausser un sourcil voire lever les yeux au ciel (oui une fois encore j’ai un esprit terriblement cartésien, et accessoirement ça ne me vend pas du rêve quand on me propose de manger un gratin de brocolis au mois d’août pour pas fatiguer mon corps !).

Enfin, à l’exception de quatre pages, ce livre n’aborde absolument pas la question de la gestion de ou des ainés, sans doute parce qu’il se destine avant tout à de nouveaux parents. Alors qu’assez étrangement dans mon cas c’est un problème qui est en tête des mes priorités.

Il y a quand même des choses intéressantes à piocher : l’anticipation pour ne pas trop avoir à en faire les premiers jours, l’idée de se faire amener à manger par ses proches (oui  sachez-là, c’est le meilleur cadeau de naissance qu’on peut faire, c’est un petit plat maison pour les parents !), un passage sur comment ne pas écouter les conseils des autres et quelques références d’ouvrages, d’annuaires de professionnels, d’associations de parents et autres plutôt utile en fin d’ouvrage.

Bilan mitigé pour ce Mois d’or donc : le sujet est intéressant (important même) mais la façon dont il est traité ne me convient pas vraiment, sans surprise. Je me rends compte que ça se généralise à tous les ouvrages de parentalité (pardon, de parenting), je vais donc retourner lire un bon gros space-opera pour me changer les idées !

Infos utiles :
Le mois d’or est un ouvrage de Marie Mahé-Poulin et Céline Chadelat paru aux Presses du Châtelet en 2019. J’ai lu l’édition poche paru chez Marabout. 399 p.

Une Heure-Lumière : Hors-Série 2020

Yogo
, 22/07/2021 | Source : Les Lectures du Maki

La parole est aux traducteurs et traductrices

On ne présente plus la collection Une Heure Lumière du Bélial qui met à l'honneur les novellas, ces romans courts qui n'avaient jusqu'ici que peu de visibilité. Mais le succès de la collection a donné des idées à d'autres éditeurs (L'Atalante, Actes Sud....) qui eux aussi publient plus ou moins régulièrement ce format. 

Ce Hors-Série commence par un court édito d'Olivier Girard. Ensuite la parole est donnée aux traducteurs et traductrices de la collection. Chacun et chacune y va de son petit mot, nous égrène quelques anecdotes et/ou quelques infos. Alors que certains sont prolifiques, d'autres se limitent au strict minimum. Qu'importe il est toujours intéressant de découvrir une partie de l'envers du décor et surtout indispensable de mettre en avant leur travail sans lequel nous serions bien malheureux.


La (longue) nouvelle présente dans ce fascicule, Retour à N'dau est l'œuvre de Kij Jonhson, l'autrice d'Un pont sur la Brume (l'un des meilleurs textes de la collection). Ce récit n'est pas sans rappeler La Marche du Levant de Léafar Izen publié chez Albin Michel Imaginaire. Dans les deux cas, l'action se déroule sur une planète qui tourne très lentement sur elle-même, obligeant les populations à se déplacer continuellement pour ne pas mourir de froid dans les nuits glaciales ou griller sous le soleil torride du jour.

L'action de Retour à N'dau se déroule sur la planète Ping. Les populations sont organisées en convoi et ne se croisent que très rarement, excepté lors de foires pour les échanges indispensables à la survie. Tribu nomade qui se déplace à cheval et accompagnées de chiens, la famille Widen se prépare à rejoindre une de ces foires quand un groupe de cavaliers arrive à sa rencontre...

Récit cruel et difficile, Retour à N'dau est un texte fort, grave mais d'une beauté saisissante. L'autrice fait la part belle à la vie et aux facultés d'adaptation des hommes et des femmes mais aussi à la capacité à pardonner et à oublier.

C'est le deuxième texte de Kij Jonhson que je lis et c'est encore une fois un coup de coeur. Ce texte sauvage et émouvant est une vraie réussite.


Le Hors-Série se termine comme il se doit par le long catalogue des différents opus de la collection et quelques prévisions éditoriales.

Encore une fois merci au Chien Critique pour l'envoi de ce numéro.