Les griffes et les crocs – Jo Walton

OmbreBones
, 20/04/2021 | Source : OmbreBones

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Les griffes et les crocs est un roman de fantasy écrit par l’autrice britannique Jo Walton. Publié au format poche chez Folio SF, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 8.60 euros.

De quoi ça parle ?
Le dragon Bon Agornin a eu une longue vie mais est sur le point de décéder. Toute sa famille se réunit alors pour consommer son cadavre, comme le veut la tradition des dragons. C’est le point de départ de diverses intrigues familiales…

La figure du dragon en fantasy
Je me rappelle avoir rendu un travail sur le sujet pendant mes études universitaires, afin de clôturer mon bachelier (licence pour vous en France) et entrer en master. J’avais alors lu plusieurs ouvrages mettant en scène des dragons, soit en tant que personnage principal, soit en tant que créature issue d’un bestiaire, parfois doué de parole, parfois non. Pourtant, je n’avais jamais eu l’occasion d’en lire un comme celui-ci… Car si le roman L’aube des Aspects (dans l’univers de World of Warcraft) avait aussi des dragons très présents en tant que narrateurs, si quelques autres titres ont pu leur laisser la part belle au fil des années (je pense par exemple au roman le Prieuré de l’oranger, à la saga des Ravens ou encore au manga Jeune dragon recherche appartement ou donjon), aucun ne les a jamais placé dans une société inspiré de l’Angleterre victorienne. Du moins, pas à ma connaissance.

C’est la grande originalité du roman… Et même la seule, si on se veut un peu honnête.

En effet, dans les griffes et les crocs, le lecteur rencontre une famille de dragon, les Agornin, autour du corps de leur père récemment décédé. La tradition veut que le corps du dragon soit dévoré par sa famille car la chair de dragon permet de grandir et de gagner en puissance. Chaque bout de chair se voit donc âprement négocié et ce malgré le testament de Bon qui souhaitait privilégier ses enfants pas encore installés dans la vie, ce qui est logique car il a pu aider les deux autres de son vivant. Hélas, son beau-fils Daverak ne l’entend pas de cette oreille… La narration va ensuite suivre le destin de chacun des enfants : les deux déjà installés et les trois qui entrent à peine dans la « vraie vie ». L’alternance des points de vue permet des chapitres courts, dynamiques, mais aussi de toucher à divers aspects de ce monde.

Ce monde, bien entendu, dispose d’une religion officielle qui remplace une plus ancienne, presque la même à l’exception de certains détails (ce qui m’évoque l’opposition protestantisme / catholicisme). Il a aussi ses règles très strictes, ses distinctions de classe, l’importance du mariage pour les femelles qui n’ont finalement que cela dans la vie ou presque, la manière dont on juge chaque acte, chaque parole, bref la bienséance dans son ensemble, sans parler de la condition des serviteurs… Des thèmes très vastes qu’on peut aisément lier à notre propre Histoire.

Un peu de poudre aux yeux : Downtown Abbey version dragon.
Si ce roman avait eu des humains comme protagonistes, on aurait pu le ranger dans un coin et aisément l’oublier. L’intrigue, en effet, tourne principalement autour de cette famille, de ses petits drames et cela vaut n’importe quelle bonne série anglaise, qu’elle soit littéraire ou télévisuelle. J’ai lu des comparaisons avec Jane Austen (une autrice que je n’ai pas encore découvert), d’autres avec Downtown Abbey et c’est cette dernière série à laquelle j’ai spontanément pensé tout au long de ma lecture.

Pourtant, transposer les codes de ces romans / séries victorien/nes dans une société de dragons fonctionne plus qu’on ne pourrait le croire, donnant ainsi un page-turner efficace. C’est vrai qu’on pourrait tiquer sur certains éléments comme la taille des villes et des infrastructures nécessaires à accueillir des reptiles de cette ampleur qui n’est jamais clairement explicitée puisque la narration se place d’un point de vue draconique et donc de la norme en cours au sein de la diégèse. Ou encore la raison qui pousse des créatures se déplaçant en volant à porter uniquement des chapeaux… Ces quelques éléments curieux prêtent à sourire, s’éloignant délicieusement de nos habitudes en matière de représentation des dragons et participent, finalement, à l’impression agréable qui se dégage de l’ensemble.

La conclusion de l’ombre :
Les griffes et les crocs est un one-shot de fantasy qui raconte l’histoire de la famille Agornin, des dragons qui évoluent au sein d’une pseudo société victorienne aux codes sociaux et politiques rigides. Jo Walton tisse sous les yeux de son lecteur une intrigue familiale et le fait d’utiliser uniquement des dragons comme protagonistes est la grande force de ce texte (la seule vraie originalité même) dont on tourne les pages sans même s’en rendre compte. Une réussite !

D’autres avis : Ma LecturothèqueCoeur d’encreLectures du pandaLa bibliothèque d’Aelinelle culte d’ApophisLutin82 –  NevertwhereBoudiccaDéjeuner sous la pluie – vous ?

F comme Fantastique, A comme ?

F.
, 19/04/2021 | Source : Weirdaholic

Nous qui n'existons pas & L'Année suspendue de Mélanie Fazi Les textes de Mélanie Fazi ont cette particularité de vous accompagner tout au long de votre vie, grandissant en même temps que vous sans jamais perdre leur dessin initial, un peu comme si l'autrice les avait tatoués à même votre âme, au moyen d'un mystérieux neurographe et d'une encre invisible digne des

Citoyenne Kane

F.
, 19/04/2021 | Source : Weirdaholic

Purifiés de Sarah Kane L'un des problèmes majeurs du roman contemporain est sans doute l'influence délétère qu'exerce sur lui la forme dramaturgique, et plus précisément la forme scénaristique : combien de romans qui ne sont, au fond, qu'alternance de didascalies et de dialogues, sans le moindre travail sur la langue ? (Cela ne signifie pas, bien sûr, que l'usage

Riot Baby - Tochi Onyebuchi

Gromovar
, 19/04/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


"Riot Baby" est le premier roman adulte de l'Américain d'origine nigériane Tochi Onyebuchi. Il est nominé Hugo 2021, Nebula 2021, et a gagné déjà deux trois Prix.


Ella est une petite fille noire qui vit à South Central, pas bien loin de Compton. En 1992, l'acquittement des quatre policiers blancs coupables du tabassage de Rodney King déclenche des émeutes qui feront une cinquantaine de morts. C'est durant ces violences que naît Kevin (Kev, le Riot Baby), le petit frère d'Ella, au milieu d'une ville en proie aux émeutes raciales.


Quelques années à South Central, puis déménagement à Harlem. Maman, Ella, et Kev. Dans un petit appartement.

Maman travaille dur à l’hôpital et fréquente tout aussi intensément l'église. Kev essaie de rester dans le droit chemin ; mais c'est si difficile quand le quartier pousse au crime et que les policiers passent leur temps à harceler, brimer, chercher l'arrestation arbitraire. Ella, elle, est victime de son « don ». Elle a des visions. Elle voit les pensées des gens, elle voit leur avenir, elle voit le passé, elle a des crises de plus en plus violentes durant lesquelles elle est capable de grandes destructions, mettant même en danger son frère et sa mère.

Puis, Sean Bell est tué durant son enterrement de vie de garçon et Ella part sans laisser d'adresse. Kev, lui, pour un braquage, est envoyé à Rykers. Des années d'incarcération, mitard compris. Des années pendant lesquelles Ella, qui peut maintenant voler, se téléporter, etc. vient régulièrement lui rendre visite, en personne ou par l'esprit.

Des années après lesquelles Kev, enfin libéré sur parole, est envoyé à Watts, dans un centre ultramoderne de réinsertion/reprogrammation, alors que dehors l'Etat s'est encore plus militarisé et que la police prend des airs cyberpunk. Ella le rejoint encore, elle le convainc enfin que l'emprise ne cesse jamais, que la vengeance est nécessaire, et qu'une révolution violente doit advenir.


"Riot Baby" est un court roman qui exprime, brute de fonderie, la colère des Noirs américains.

A travers les yeux d'Ella et ses sens surnaturels, le lecteur voit le quotidien discriminé des Noirs américains. Un quotidien fait de misère, de violence, de harcèlement policier. Un quotidien dans lequel les chances de mourir jeune sont élevées, celles de finir en prison encore plus. C'est à travers les vies croisées d'Ella et de Kev, à travers les dizaines de vignettes vision ou souvenir qu'Ella invoque que l'auteur raconte l'histoire des Noirs américains, des plus petits destins individuels aux plus grandes tragédies.

Emeutes de Denver, Rodéo prison à Angola, Rodney King, Sean Bell, et tant d'autres moins connus, jusqu'à tous ceux qui meurent dans un drive-by ou poignardés pendant une embrouille de drogue. Du Sud esclavagiste aux killing fields des ghettos actuels. Des champs de coton aux cellules d'isolement. Toujours sous la surveillance d'un nervi blanc, d'un policier, d'un gardien de prison, d'un drone. Toujours sous l'épée de Damoclès d'un drogué impromptu ou d'un homie adverse.

Les événements, les exemples, infimes ou énormes, s’enchaînent et forment une tapisserie de la souffrance noire américaine dans un pays qui n'a jamais accepté la fin de l'esclavage. Une tapisserie qui se grave au fer rouge dans l'esprit d'Ella jusqu'à la transformer en une incarnation de la rage noire.


"Riot Baby" est un roman très bien écrit, nerveux et incisif, dans un style cut et plus que cut. Le texte est un flow initerrompu, plus adapté à être scandé par Public Enemy que susurré comme une mélopée. L'ensemble est plutôt impressionnant ; et on saluera la performance d'écrire 180 pages en parler homeboy quand on est un auteur diplômé de Yale, Columbia, Sciences Po Paris. C'est ici sans conteste de littérature qu'il s'agit. D'entrer dans la peau de l'autre qu'on n'est pas.


Sur le fond, si on peut comprendre la colère d'Onyebuchi, on est un peu navré de son manichéisme qui ne s’embarrasse guère de nuances – et de son essentialisme fondamental. Dans son roman n'apparaissent globalement que des Noirs et des Blancs (la société US est plus diverse). Tous les Noirs sont peu ou prou des homies ou des pauvres, tous les Blancs sont peu ou prou flics ou assimilés. Les Noirs au centre et le « système » autour, comme un carcan. Tout est simple dans le texte, porté par la rage sans cesse grandissante d'Ella. Toute la subtilité qu'on trouvait chez Colson Whitehead est absente ici, on est plutôt chez Jemisin.

Et si Onyebuchi, fan de X-Men dit-il, fait ressembler son Ella à Ororo 'Storm' Munroe (vol porté par le vent et cheveux blancs), c'est ici la solution de Magnéto qu'il semble avoir choisi. Pas la meilleure assurément.


En général, je n'aime pas les tracts déguisés en roman (et, de plus, je crois avoir maintenant fait le tour de l'histoire littéraire des Noirs américains qui, sous quelque angle qu'on la regarde, est d'un livre à l'autre la même) mais il faut admettre qu'ici, en dépit des préventions que je viens d'émettre, la qualité du texte, de la mise en mots, fait que "Riot Baby" mérite d'être lu, pour sa manière de dire les choses plus que pour sa pondération.


PS : Si on veut presque le même en plus court (9 minutes) on peut écouter Demain c'est loin d'IAM, fond et forme sont proches.

PS 2 : Riot Baby va être publié par AMI et traduit par Anne-Sylvie Homassel ; je lui souhaite bien du plaisir tant il faudra rendre un style très parlé et accumuler les notes de bas de page pour expliquer au lecteur les très nombreuses références que contient le texte.

PS 3 : Quelques données. Les jeunes hommes noirs sont 21 fois plus nombreux à être tués par la police que les jeunes hommes blancs, les Noirs constituent 40% de la population carcérale et 34% des condamnés à mort alors qu'ils ne représentent que 13% de la population, 27% des Noirs sont sous le seuil de pauvreté contre 15% des Américains, le revenu médian des familles noires est de 40% inférieur au revenu médian des Américains, et leur espérance de vie est de trois ans inférieure (données entre 2012 et 2014, pas de grand changement récent dans les proportions).


Riot Baby, Tochi Onyebuchi

L'avis de Feyd Rautha

Star Wars La Haute République : La Lumière des Jedi

Xapur
, 19/04/2021 | Source : Les Lectures de Xapur

Star Wars La Haute République la lumière des Jedi

La Haute République, vous connaissez ? Non ? Normal, c’est nouveau. Enfin, c’est ancien. Enfin, bref, c’est une nouvelle période de Star Wars, mais qui se situe dans le passé (200 ans avant la prélogie des Episodes I-II-III) et qui va être explorée par une série de romans et de comics.

Résumé

(source éditeur)

C’est un âge d’or pour la galaxie. Les intrépides prospecteurs hyperspatiaux étendent les frontières de la République jusqu’aux étoiles les plus lointaines, les mondes s’épanouissent sous la direction bienveillante du Sénat et la paix règne, préservée par la sagesse et la puissance d’un ordre de Chevaliers connus sous le nom de Jedi. Toutefois, même l’éclat le plus lumineux peut projeter une ombre.

Lorsqu’un événement catastrophique a pour effet de disloquer un vaisseau au cœur de l’hyperespace, la pluie de débris qui en résulte met en péril un système stellaire tout entier. Les Jedi se rendent immédiatement sur place, mais l’envergure de la catastrophe pousse les valeureux Chevaliers à leurs limites.

Alors même que s’engage une lutte titanesque pour sauver des millions de vie, une menace grandit dans les ténèbres, capable d’instiller la peur jusque dans le cœur des Jedi.

Editeur : Pocket Imaginaire – Traduction : Sandy Julien et Lucille Galliot – Date de parution : 25/03/2021 – 512 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Parmi les cinq auteurs participant à ce grand projet littéraire, Charles Soule est de loin celui qui a été le plus prolifique sur la licence Star Wars. On lui doit en effet les scénarios de nombreux comics : l’intégralité des séries Dark Vador – Le Seigneur Noir des Sith et Poe Dameron, ainsi que les mini-séries Obi-Wan & AnakinLando – Le Casse du Siècle et L’Ascension de Kylo Ren. Depuis Janvier 2020, il est le scénariste de la série régulière Star Wars se déroulant après L’Empire contre-attaque. Il est également l’auteur de deux romans extérieurs à la licence : The Oracle Year et Anyone.

Voir aussi mon guide de lecture des comics Star Wars !

Mon avis

Dans le passé lointain de la saga Star Wars, on connaissait l’Ancienne République, lieu bien connu par les jeux vidéos de la série KOTOR ou le MMORG du même nom. Voici maintenant la Haute République, située dans un passé bien plus proche mais séparé quand même de la prélogie par quelques siècles (on est aux environs de 200 ans avant la Bataille de Yavin). Ce qui permet d’être proche des films (par exemple, Yoda est déjà Maître Jedi) mais sans être tributaire de la saga Skywalker – terminée de façon si calamiteuse au cinéma.

Ici, c’est un âge d’or pour la République Galactique, débarrassée des guerres et menaces de grande ampleur, et pour ses alliés Jedi qui sont encore en grand nombre, tandis qu’il n’y a plus de trace des Siths. Pour autant, les dangers ne manquent pas, ni les occasions de servir les différents peuples et les planètes. Ce premier roman, interconnecté avec d’autres à venir et des comics (sans que cela ne soit gênant pour la compréhension), se déroule principalement dans le système de Hetzal, dans la Bordure Extérieure, non loin du lieu d’édification d’une immense plate-forme spatiale républicaine, le Flambeau Stellaire.

Une menace touche à l’unité même de la galaxie, tandis qu’un accident projette des fragments de vaisseau hors de l’hyperespace, dévastant le système. Les Jedi sont alors envoyés en urgence pour essayer de limiter les dégâts causés par ces « émergences » et enquêter sur leur cause. Car pendant ce temps-là, le commerce intergalactique est partiellement suspendu, créant des situations de pénurie liées à la fermeture de ces autoroutes de l’espace.

Le thème est relativement original, même si on reste un peu sur sa faim en ce qui concerne le structure même de l’hyperespace et la façon de l’utiliser, et le début est un peu trop long. Près d’un tiers du roman est en effet dédié aux conséquences de cette crise et aux actions des valeureux Jedi qui essaient de limiter la casse, le point de vue changeant rapidement entre ceux-ci, ce qui ne permet guère de différencier les personnages ni de s’y attacher. La lecture des comics est d’ailleurs de ce point de vue pour moi largement supérieure pour l’aspect « cinématographique » de l’ensemble, car j’ai toujours du mal à me représenter les races aliens de Star Wars dans les romans, surtout lorsqu’on jongle comme ici à chaque chapitre.

Passé ce début, le roman est assez rythmé pour retenir l’attention, avec des scènes d’action au sol ou dans l’espace, des Jedi omniprésents (et on balaie tout l’éventail, du padawan wookie au Maître Trandoshan, du zen au féru d’aventure, du rigoureux au fantaisiste dans l’utilisation de la Force), mais avec des méchants qui manquent hélas singulièrement d’envergure : une flotte de pillards sanguinaires qui écume la Bordure Extérieure, on a vu mieux. Heureusement que la fin laisse entrevoir d’autres perspectives pour la suite !

On notera par contre une ambitieuse Chancelière qui a des projets de grands travaux pour la galaxie dans cette époque de prospérité, dont un réseau de stations à l’image du Flambeau Stellaire (que l’on voit finalement peu dans ce tome) censé symboliser la présence et la multiplicité de l’organisation, stabiliser la région, faciliter les communications à travers l’espace et servir d’avant-poste aux Jedi.

Au chapitre des défauts, sans doute trop de longueurs, trop de points de vue qui sont censés donner du rythme mais cassent l’action, des noms de vaisseaux parfois traduits et… parfois non, l’interjection « Blast ! » aussi incongrue que ridicule et le mantra « Nous sommes tous la République » qui s’avère très rapidement agaçant.

On finira quand même le roman par une menace latente qui remet en perspective ce que l’on croyait savoir, de nombreux mystères laissés en suspens ou un mini cliffhanger qui laisse augurer de gros problèmes pour l’avenir des Jedi. De quoi avoir envie de découvrir la suite. C’est un peu la tâche ingrate dévolue à ce tome, planter rapidement un décor qui sera développé dans une série d’œuvres à venir.

Au final, une assez bonne entrée en matière dans cette nouvelle époque, en espérant que les histoires suivantes nous en apprendront plus sur la période, se concentreront sur moins de personnages et gommeront ces défauts. A moins que ceux-ci ne soient liés au style de l’auteur, Charles Soule, spécialisé également dans les comics (dont Star Wars, d’ailleurs mon guide lecture est ici) . Sachant qu’il y a quatre autres écrivains chargés de développer avec lui La Haute République, on attendra de lire la prose des autres pour se faire une idée. En attendant, un roman pour enfants ne va pas tarder à sortir (en Bibliothèque Verte !), tandis qu’un second tome est prévu chez Pocket Imaginaire (En Pleines Ténèbres, catalogué cette fois comme Young Adult), puis des comics – dont un premier softcover chez Panini en mai.

L’histoire de La Haute République ne fait que commencer…

D’autres avis

L‘Imaginarium ElectriqueL’Ours Inculte – …

Les Ajusteurs - Epoque 1 : El Ratel y el Niño

Le chien critique
, 19/04/2021 | Source : Le chien critique

 

Jean-Christophe Gapdy, autoédition, 2021, 99 p., gratuit

 

Un vol extraordinaire, une énigme à priori insoluble, voilà un pitch classique. Mais...

 

Présentation de l'auteur :

Avril 5216. Mégapole d’Angeles-Diego.
Un incroyable et improbable vol d’objet d’art est survenu dans la tour hautement sécurisée de Dorian Echegrey senior IV, la plus grande fortune de toutes les planètes colonisées. Incroyable parce que seul un proto-humain, un humain non augmenté, aurait pu franchir les pièges installés. Improbable parce que celle ou celui qui a réalisé cet exploit a utilisé des techniques et méthodes d’une complexité extrême.


Mon ressenti :

L'énigme : le seul voleur capable d'un tel exploit est celui qui n'a pu le réaliser, car il était en prison. Qui a donc commis ce vol ?
J'aime les textes qui nous dessinent un univers en peu de pages et c'est le cas ici avec les ajusteurs, une légende, des personnes qui dérobent des biens pour le redonner aux pauvres, des Robins des bois des temps modernes. Car oui, nous sommes en 5216, et une chose qui ne change pas, c'est l'inégalité. L'auteur ne va pas dans la surenchère cyberpunk, il nous offre un monde crédible qui ressemble assez au notre tout en ayant quelques gadgets high tech de l'époque, dont bien sûr les fameuses voitures volantes chères à la SF.

Un texte qui se lit tout seul, nous sommes pris rapidement dans ce Whodunit SF. Par des détails posés ça et là, l'univers se dessinent peu à peu jusqu'au dénouement que je n'avais pas trouvé. Pis, aux premiers éclaircissements sur ce vol, moi lecteur, je me dis que deux trois points ne collent pas, pour me retrouver le bec dans l'eau une page plus loin. L'auteur avait tout prévu, roulé le lecteur dans la farine.

J'ai pris un grand plaisir à lire cet épisode (qui peut se lire de manière indépendante) et surtout de voir tout le potentiel de ces fameux ajusteurs. Même si l'idée n'est pas originale, la barque est bien menée. Dans ce monde un peu noir, Jean-Christophe Gapdy glisse des notes d'espoirs pour des lendemains qui chantent, et j'ai beaucoup apprécié sa manière de faire.
Deux autres époques sont à venir dans quelques mois, et je signe sans problème.

Petit bémol, j'ai eu un peu de mal à reconnaitre les divers personnages secondaires, dû, je pense, à leurs patronymes "étrangers" et de leur surnom. Ou j'étais mal réveillé...


Je suis les écrits de Jean-Christophe Gapdy depuis quelque temps, je ne peux que vous conseiller de tenter cette belle aventure que je classe parmi ses plus belles réalisations.
A télécharger gratuitement ici au format epub, azw ou pdf.
Et pour montrer que tu aimes les trucs gratuits, tu commentes sur le site Le galion des étoiles


Le mythe de la guerre-éclair, de Karl-Heinz Frieser

Herbefol
, 19/04/2021 | Source : L'affaire Herbefol

Je sais depuis un moment que l’Allemagne ne doit pas ses succès du début de la deuxième guerre mondiale à l’usage d’une formule magique, baptisée Blitzkrieg. Mais j’avais envie de creuser un peu le sujet et c’est justement ce que propose l’ouvrage Le mythe de la guerre-éclair dans lequel Karl-Heinz Frieser s’intéresse en particulier à … Continuer la lecture de « Le mythe de la guerre-éclair, de Karl-Heinz Frieser »

❤ Liens de sang d'Octavia E. Butler

Lune
, 19/04/2021 | Source : Un papillon dans la Lune

"J'ai perdu un bras en rentrant de mon dernier voyage. Mon bras gauche."

Liens de sang est un roman fantastique ou de SF comme vous voulez (on parle bien de voyage dans le temps mais il n'est pas expliqué donc aussi bien c'est magique !) d'Octavia E. Butler écrit en 1979, et traduit pour la première fois en France en 2000. Au Diable Vauvert le réédite mi-avril avec une traduction réactualisée. En VO, ce roman est intitulé Kindred : Parenté.

Dana, jeune femme noire d’aujourd’hui, se retrouve propulsée au temps de l’esclavage dans une plantation du Sud et y rencontre ses ancêtres…

L'autrice utilise le voyage dans le temps pour évoquer la mémoire traumatique de l'esclavage aux États-Unis dans un récit aussi rythmé que difficile.

👉 Un must read ! Ce texte puissant mérite d'être mis en avant et lu et relu. 

REMONTER LE TEMPS ET SON ARBRE GÉNÉALOGIQUE 

L'incipit donne le ton : "J'ai perdu un bras en rentrant de mon dernier voyage.". Dès le prologue (que vous pouvez écouter en bas de cet article !) on est happé par l'histoire de Dana, la narratrice. Elle et son mari Kevin sont à l'hôpital, car elle a dû être amputée du bras gauche quand celui-ci a été emprisonné dans un mur de sa maison. Et là vous me direz, comment donc se coince-t-on le bras à l'intérieur d'un mur, comment s'y retrouve-t'il fusionné ? C'est très simple, il suffit de vous matérialiser dedans sans le vouloir.

Dana ne contrôle pas ses vertiges, qui la prennent soudain, juste après son emménagement avec Kevin dans leur nouvelle maison. Déballant ses cartons, elle se sent mal. Tout devient flou et elle se retrouve dans une forêt, près d'une rivière où un enfant se noie. Elle le sauve et fait ainsi la connaissance du jeune Rufus, à qui elle est liée d'une façon qu'elle ignore au début du roman. Puis d'une manière tout aussi incontrôlée, elle se retrouve dans son salon, sonnée et trempée. Cet aspect m'a d'ailleurs rappelé Le Temps n'est rien d'Audrey Niffenegger, car à l'instar de Dana, Henry est un déficient chronologique : il saute dans le temps de façon incontrôlée, lorsqu'il est stressé. Après avoir lu Liens de sang, je me demande si Niffenegger ne s'en est pas inspirée pour son chef d’œuvre, tant pour le voyage dans le temps incontrôlé que pour l'histoire d'amour !

Ces sauts dans le temps vont se reproduire, toujours liés à Rufus. Il vit en 1819, Dana vient de 1976. Peu à peu celle-ci va comprendre qu'elle est appelée involontairement par Rufus lorsque celui-ci est en danger : elle est son ange-gardien à travers le temps. Mais elle est aussi une jeune femme noire qui se retrouve dans une époque effroyable pour elle. Rufus est le fils de Tom Weylin, esclavagiste et propriétaire d'une plantation de maïs dans le Maryland. Il possède de nombreux esclaves et est sidéré de voir cette femme noire apparaître et disparaître, elle qui sait lire, ne semble appartenir à personne et se comporte très étrangement.

Dana le sent, elle n'est pas là par hasard. Et en effet, elle finit par croiser Alice, une de ses ancêtres : une enfant noire libre dont est amoureux le jeune Rufus. Elle se rend aussi compte que le temps passe plus vite quand elle se rend dans le passé : des heures en 1819 équivalent à quelques secondes en 1976 !

UN ROMAN PRÉCURSEUR DE L'AFROFÉMINISME

La première chose qui frappe les gens de l'époque quand ils voient Dana, hormis le fait qu'elle semble être une noire sans propriétaire, c'est son pantalon ! Et oui, une femme habillée "en homme", qui parle comme un homme et ne baisse pas les yeux !! Dana, narratrice à la première personne, est une jeune femme forte et instruite. Elle est d'ailleurs écrivaine, même si son mari blanc a plus de succès qu'elle. Dans les années 1820, elle va jouer un rôle pour survivre, mais il sera très dur pour elle de s'y tenir : femme, noire et esclave, la pire combinaison.

Longtemps dans les romans qui parlent de l'esclavage, on a eu l'habitude de se focaliser sur la vie des hommes. Octavia E. Butler, dans les années 70, va décaler le regard et nous montrer la vie des femmes esclaves : considérées au même titre que leurs homologues masculins comme des idiotes, elles pouvaient aussi devenir des objets sexuels, et des "reproductrices" (c'est insupportable) dont les bébés étaient vendus les uns après les autres, mais aussi prendre le rôle de nounou pour enfants blancs, comme un substitut de mère. 
 
La lecture, les livres et la connaissance sont mis en avant comme un danger du point de vue des blancs : "un noir instruit est un noir dangereux." Dana sachant parfaitement lire, elle est perçue comme une menace mais elle va aussi apprendre à lire à Rufus, en plus de lui sauver régulièrement la vie, gagnant ainsi le respect de la maisonnée... Sa place est ambiguë, on lui reproche côté blanc d'être une femme noire instruite et côté noir de parler comme un blanc, de trop fréquenter les maîtres et de prendre les gens de haut !

L'autrice, tout en critiquant durement et à raison l'attitude des femmes blanches, n'oublie pas de souligner qu'elles étaient victimes elles-aussi du patriarcat (le racisme en moins donc). La mère de Rufus, Margaret, sujette à la dépression, a par exemple subi des fausses couches traumatisantes, ce qui n'inquiétait personne à l'époque (d'ailleurs même maintenant, c'est toujours un peu compliqué de faire comprendre la douleur psychologique liée à cette perte).

EXPLORER LA MÉMOIRE TRAUMATIQUE

Dans ce roman dramatique, Octavia Butler fait explorer à Dana la mémoire traumatique de l'esclavage, au sens littéral : elle la renvoie dans une époque dont son personnage principal ne pouvait appréhender réellement l'horreur, même si elle la connaissait via les livres ou les récits familiaux (dans son cas, à travers une bible ayant appartenu à son ancêtre, où sont noté les noms des membres de sa famille). Bien sûr, la narratrice, mariée à un blanc dans les années 70, subit déjà le racisme : leurs deux familles les ont renié pour ce mariage. Mais ce qui l'attend est incomparable. 

Mettant les pieds dans le plat de l'Histoire des États-Unis, l'autrice, dont la grand-mère était esclave, balance au lecteur ce qu'a dû affronter le peuple noir. Dana expérimente le fait d’être la propriété d'une autre personne, et constate que quand bien même certains noirs ont des papiers pour les rendre libres, ils n'en restent pas moins considérés comme des sous-humains voire des animaux à qui il est très facile de retirer la liberté. La violence est quotidienne et banale, les noirs sont du bétail.

Pour autant, la relation maître/esclave décrite peut étonner. Dominés en permanence, surveillant la moindre de leurs réactions, les esclaves peuvent pourtant se sentir reconnaissants envers leur maître : l'autrice met ici en avant un mécanisme qui consiste à exercer l'essentiel des violences par un intermédiaire (le contremaître), reportant ainsi la haine sur celui-ci. Il y a aussi un aspect syndrome de Stockholm indéniable.

Autre source d'étonnement (non), Dana saute une fois dans le temps avec Kevin, son mari qui je le rappelle est blanc. Tout le monde pense donc qu'elle est sa propriété, ce qui arrange le couple mais rend leur relation étrange. Il y a un moment où Kevin semble presque (presque hein) s'habituer à la vie telle qu'elle est, et ne comprend plus très bien pourquoi Dana trouve certaines choses inacceptables. Pas facile à digérer !

Au final, l'incipit "J'ai perdu un bras en rentrant de mon dernier voyage" résonne comme l'impossibilité d'oublier d'où l'on vient - voire la nécessité absolue de se le rappeler - rendue littérale par l'amputation de Dana, marquée à jamais par le passé.

AUJOURD'HUI COMME HIER...

Au détour d'un paragraphe, Butler dénonce l'apartheid en Afrique du Sud, décrivant les "Blancs d'Afrique du Sud" comme ayant "plutôt leur place au XIXè ou même au XVIIIè siècle". L'apartheid n'a pris fin qu'en 1991.

Rappelons que même si la ségrégation raciale a été abolie en 1964 aux États-Unis, le peuple noir subit encore beaucoup de choses plus de 40 ans après l'écriture du roman. L'actualité récente montre que l'Histoire de ce pays a laissé beaucoup de traces.

On peut rapprocher Liens de sang de l’œuvre récente, magistrale et douloureuse de Colson Whitehead : Underground Railroad. Celui-ci raconte la fuite d'une esclave à travers les USA et montre à quel point s'échapper d'une plantation n'était que le début d'un terrible périple pour les personnes noires, quant bien même elles parvenaient à atteindre des états où les noirs étaient censés être libres... Lourde désillusion.

👉  OUUUUH je me rends compte que j'ai beaucoup causé, alors pour les moins courageux voici ma conclusion : LISEZ CE LIVRE ! Rythmé, prenant, Liens de sang aborde une thématique douloureuse et malgré ses plus de 40 ans d'existence, semble essentiel et nécessaire aujourd'hui encore. Bravo au Diable Vauvert pour cette réédition dans une traduction réactualisée. Pour ma part, je me retiens de lire dès maintenant La Parabole du semeur, car j'adore l'écriture d'Octavia Butler ! Je ne me retiendrai pas longtemps, disons jusqu'à l'été.

D'autres avis : Gromovar

Dans le cadre de mon podcast Une nouvelle histoire commence, écoutez le prologue. Merci à l'éditeur pour son accord ! 

Liens de sang
d'Octavia E. Butler
Au Diable Vauvert - 2021
480 pages
Traduit par Nadine Gassié, réactualisé par Jessica Shapiro
Papier : 22€ / Numérique : 12,99€
Titre original : Kindred - 1979

C’est lundi, que lisez-vous ? Épisode 191

Anne-Laure - Chut Maman Lit
, 19/04/2021 | Source : Chut Maman Lit !

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Pour bien commencer la semaine, je vous propose un nouvel épisode de C’est lundi, que lisez-vous ? pour vous présenter mes lectures faites les deux dernières semaines. Une semaine de découverte avec ma première audiolecture et au final une belle semaine de lecture malgré une situation perso pas simple.

Sur le blog, il y a eu :

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books. Galleane a pris la relève et c’est maintenant sur le blog I believe in pixie dust que les avis sont regroupés.Ce rendez-vous implique de répondre chaque Lundi à trois questions :

  1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
  2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
  3. Que vais-je lire ensuite ?

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

J’ai fini mes trois nouvelles du Service Presse de Féro(ce)cités dont le financement participatif est en cours sur le site de Projets Sillex. Je vous en parle plus en détails cette semaine mais sachez déjà que j’ai beaucoup aimé.
J’ai aussi lu les deux premiers tomes de Our colorful days de Gengoroh Tagame. Tout comme la série Le mari de mon frère, le ton est juste et l’histoire est belle.
Ce week-end j’ai fini ma première audiolecture et je suis complètement conquise ! Le vieil homme et la guerre de John Scalzi sorti chez Audiolib et lu par Philippe Spiteri est excellent, je me suis régalée.

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

Je viens de commencer Les maitres enlumineurs de Robert Jackson Bennett et je suis ravie de retrouver la plume de l’auteur.

Je continue également la série Our colorful days de Gengoroh Tagame.

Que vais-je lire ensuite ?

Un choix cornélien…

Et vous, que lisez-vous cette semaine ?

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C’est lundi, que lisez-vous ? – 19/04/2021

Sometimes a book
, 19/04/2021 | Source : Sometimes a book

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Ce rendez-vous du « C’est lundi, que lisez-vous ? » fut initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading? by One Person’s Journey Through a World of Books. Il a depuis été repris par Le blog de Galleane, puis par I believe in Pixie Dust. Le principe est de répondre chaque lundi à trois petites questions :
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Ce que j'ai lu cette semaine3Encore une semaine de lecture en demi-teinte avec un abandon. Je suis vraiment déçue d’avoir abandonné Biotanistes, car ce roman possède un univers hyper prometteur avec un immense potentiel mais je ne l’ai pas trouvé bien exploité malheureusement. 

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je suis en train de lireJ’ai donc sorti une valeur sûre pour oublier mes dernières déceptions et j’ai bien choisi puisque je sens que le coup de cœur est proche avec Le chant d’Achille. J’avais déjà adoré Circé de la même autrice et celui-ci est tout aussi réussi ! 

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Synopsis 

Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis à la gloire des immortels. Mais, grandissant côte à côte, un lien se tisse entre ces deux êtres si dissemblables.
Quand, à l’appel du roi Agamemnon, les jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles.

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J'agonise fort bien merci

J’ai envie de changer un peu de registre et de sortir un thriller pour ma prochaine lecture, ça serait peut-être l’occasion de lire J’agonise fort bien, merci qui me tente depuis très longtemps !


Et vous, qu’êtes-vous en train de lire en ce moment ?
Je vous souhaite une nouvelle très belle semaine riche en excellentes lectures !