Joyeux anniversaire ! Le blog a (un peu plus d'...) un an !

Vanille
, 11/04/2021 | Source : La bibliothèque derrière le fauteuil

 

La bibliothèque derrière le fauteuil

Depuis un peu plus d'un an, ma bibliothèque fait sa petite vie. Les livres se déplacent au gré des besoins ou des envies, les étagères se sont bien remplies... Et pas que de livres. Peu de temps après son installation, en plein confinement, j'ai créé ce blog qui est pour moi une façon de vous permettre de vous asseoir avec moi dans le fauteuil et de partager mes lectures. 

La bibliothèque derrière le fauteuil, c'est ça : à la fois ce petit coin important pour moi et cette fenêtre par laquelle vous y avez accès. C'est 70 % d'imaginaire, 20 % de sciences-humaines, 5 % de littérature générale et 5 % de pratique et de jeunesse... à peu près. C'est tellement de livres qu'il me reste encore à lire que l'idée d'être entourée de mondes à découvrir me comble de bonheur chaque fois que je m'assieds là. C'est les photos que je prends pour publier les articles, sur l'une ou l'autre étagère. C'est un des endroits où je me sens le mieux. C'est ce petit bout de chez moi, où vous vous invitez de temps en temps.

La bibliothèque derrière le fauteuil n'est pas la bibliothèque près de la fenêtre, plus ancienne, et dont on voit un début d'étagères sur la gauche. Un jour, peut-être, elle prendra sa place sur ce blog... ou peut-être pas. En attendant...

Qui on y trouve ? 🙋

Une libraire (avec ou sans librairie) dont le poste idéal se situe dans un rayon imaginaire, mais qui rêve surtout d'exercer son métier à plein. L'imaginaire, c'est mon rayon de cœur, le fonds auquel j'accorde le plus de temps et de suivi, par vents et marrées. Mais en dehors de ses genres, j'aime plein de choses parmi lesquelles les sciences-humaines et la nature occupent des places importantes. Ma curiosité et mon envie d'apprendre de nouvelles choses s'occupent de (presque) tout le reste ! 
 
Un jour prochain, bientôt j'espère, je pourrai enfin exercer ce métier que j'ai vraiment choisi. 

Quel genre de lectrice ? Je ne dévore pas les livres, ni ne les abandonne. Mon rythme de lecture est tributaire d'une foule de conjectures : période d'activité ou de non activité, période de l'année, contenu du livre, impératifs ou engagements liés à la lecture en cours... Le rythme de publication suit logiquement tout ça, et on peut dire que mon blog prend son temps pour ne pas prendre le mien.
 
Il prend son temps parce que je n'ai jamais souhaité en faire une corvée, une obligation ou une activité trop chronophage. Il est fait pour partager avec vous ce que j'ai envie d'y partager, quand j'en ai envie. Les calendriers de publication sont donc proscrits... 😄
 
Conséquence logique de ce choix, je me désintéresse à peu près totalement des statistiques de fréquentation. Mais pour l'occasion, parce qu'on n'est pas des sagouins, j'ai vérifié pour vous ! L'article le plus lu à ce jour est celui qui a été consacré à la battle que je me suis amusée à faire entre Dune et La main gauche de la nuit (la faute, rappelons-le ici, à David Meulemans et au podcast C'est plus que de la SF...) et, non loin derrière, celui sur les deux premiers livres de Terra Ignota
 
Tout ça me convient parfaitement, et je suis ravie de vous parler de mes lectures chaque fois qu'elles sont terminées. 😀



Qu'est-ce qu'on y trouve ? 📝

Petit à petit, le blog s'adapte à mes activités. Participer à divers évènements et partager mes lectures durant cette première année a été très enrichissant !
 
Parmi les articles, on trouve :
- les chroniques de lectures : elles rendent compte de mes lectures dans l'imaginaire. Pour qu'une lecture soit chroniquée ici, elle doit avoir un rapport avec le genre, auquel ce blog est dédié ;
- les retours sur des lectures antérieures à sa création : ce qui m'a permis de vous parler, en début d'année, de Plop
- les digressions dans l'imaginaire : ça me permet de vous parler d'imaginaire sous d'autres formes, comme les films ou les jeux vidéo. 

Parmi les pages, on trouve:
- les suivis de défis lancés par la communauté du Twitter imaginaire : dernièrement, le Projet Maki, le défi Cortex, ou encore le Projet Ombre ;
- les entrées ponctuelles, un peu à part ou particulières : c'est le cas du tour d'Arda ;
- les pense-bête : quand ils seront de nouveau en ligne !
Mon plus projet le plus important à venir, c'est une page consacrée à la collection Une heure lumière du Bélial' pour fêter ses 30 premiers titres ! Pression et excitation. 😬
 
Il y a aussi des citations que je mets en avant (mais, avec le compte Instagram, cette partie sera peut-être vouée à disparaître...) et les tags qui vous indiquent de quels titres, auteurs, éditeurs et collections j'ai parlé, ou quels ont été mes coups de cœur. 
 
On n'y trouve plus la couverture de la lecture en cours, que j'oubliais sans arrêt de mettre à jour. 😅
 
Ce que j'aimerais y ajouter à l'avenir : je pense particulièrement à des entrées concernant le métier de libraire, mais c'est une idée qui doit maturer encore un peu. 😄

La bibli-dlf, c'est aussi sur les réseaux sociaux ! 💻

Je sévis principalement sur Twitter, qui est le compte principal, pour : 
- les news au jour le jour, pas strictement limitées à l'activité du blog ou à l'imaginaire : si mes activités, annonces et tribulations du quotidiens doivent passer par un seul fil, c'est celui-ci ! C'est aussi le compte le plus développé pour vous permettre de me suivre facilement et à partir duquel vous pouvez aller fureter pour voir le reste ;
- les concours, que je pense développer un peu plus à l'avenir ;
- les fils d'activité : mes lectures de l'année, mes lectures thématiques, les notes de défis auxquels je participe, et depuis récemment, les projets d'achats et bookhaul... tout y est ! 

Reflet à la fois du compte Twitter et du blog, le compte Instagram a pour principale fonction de relayer les chroniques. Ce que vous ne trouverez pas sur Twitter, ce sont les stories : citations, lundis et vendredis lecture, et tour d'Arda. Un nouveau jour-lecture n'apparait que quand le livre en cours a changé, pour éviter les répétitions.

Pour ce qui est de l'activité de lecture à proprement parler, titres, étagères et catégories à l'appui, vous pouvez me trouver sur Gleeph et sur Goodreads (le premier a ma préférence...). 📱

Les pense-bête sont toujours en chantier... mais sont toujours là ! 📌

Les pense-bête, c'est ma touche d'originalité à moi, la plus-value de mon blog. Un bilan mitigé s'impose en ce qui concerne cette partie, que je cherche toujours à optimiser, pour vous comme pour moi. Pour vous, je les ai séparés des articles pour éviter les spoilers et en faire quelque chose de plus fonctionnel ; pour moi, je travaille sur un format plus rapide et moins pénible à écrire. 

L'écriture des chroniques est la partie que je préfère et elle prend du temps. Je finirai par trouver le bon format mais, en attendant, les pense-bête sont inaccessibles. 😅

Un peu de patience !
 

 

Merci ! 💛

Il ne me reste plus qu'à vous remercier de passer (même une seule fois) et de repasser (même pour une deuxième fois seulement) ; de laisser vos commentaires, auxquels je m'efforce de répondre (il va sans doute falloir que j'active la fonction de notification). 

Merci de partager ce que j'aime avec moi, amis ou visiteurs d'un jour, silencieusement ou non, ici ou sur les réseaux, dans la bienveillance toujours. Le monde est vaste, et si je fournis une bribe de bien être à votre esprit qui vaut la peine d'une visite, alors ce blog remplit entièrement son office. 

De l'amour sur vous !


La fille aux éclats d’os – Andrea Stewart

Apophis
, 11/04/2021 | Source : Le culte d'Apophis

Un roman prévisible mais prenant, à l’univers original, et une précommande exceptionnelle On le sait, certains éditeurs sont capables de sortir la VF d’un roman en anglais avec un faible écart (quelques mois) par rapport à sa publication anglo-saxonne. C’est le cas de Bragelonne qui, le 5 mai 2021, nous proposera La fille aux éclats […]

L'examen - Sylvain Neuvel

Yogo
, 11/04/2021 | Source : Les Lectures du Maki

Efficace mais stéréotypé 

L'examen de Sylvain Neuvel est une novella inédite publiée au Livre de Poche. Ce court récit, oscillant entre anticipation et dystopie, se déroule dans un futur proche au coeur de l'Angleterre. Celle-ci se referme sur elle-même et il est de plus en plus difficile d'accéder à la citoyenneté britannique. Il faut désormais passer un test, une série d'une vingtaine de questions autour de la culture anglaise, pour décrocher le fameux passeport.

Idir, un dentiste iranien, fuit le régime autoritaire de son pays et espère obtenir le sésame pour pouvoir s'installer avec sa femme et ses deux enfants en Angleterre. Arrivé au centre d'examen, il se prépare à jouer sa vie et celle de sa famille. Les premières questions lui sont favorables, il connaît les réponses et l'auteur en profite pour nous présenter cet homme généreux qui n'a qu'un seul rêve vivre en paix et s'intégrer dans sa nouvelle patrie. Tout se passe bien pour Idir jusqu'à l'irruption d'un commando armé dans le centre d'examen. Ce n'est plus l'obtention de sa citoyenneté qui est en jeu mais sa vie. Le test passe en second plan... à moins que celui-ci ne fasse que commencer !

Toute la novella ne tient qu'avec le changement de paradigme et l'arrivée du groupe terroriste. L'idée est originale sans être novatrice, Sylvain Neuvel reprend un grand classique du genre mais il le fait bien. C'est très agréable à lire et assez efficace sur la forme. Il est très difficile d'en dire plus sans déflorer le système mis en place !

Mais comme dans Le sommeil des géants, le premier opus de sa trilogie des Dossiers Thémis, le propos est souvent caricatural et les personnages très stéréotypés. Nous avons encore une fois un scénario de film à grand spectacle emprunt de manichéisme basique. Heureusement la tension psychologique est là, l'auteur met les nerfs des lecteurs à rude épreuve, ce qui permet de reprendre sa respiration entre deux clichés et trois bons sentiments.

Pour conclure, L'Examen de Sylvain Neuvel est une novella efficace, un bon page-turner qui permet de passer un agréable moment mais qui souffre de nombreux stéréotypes.


Emissaire des morts d’Adam-Troy Castro

shaya
, 11/04/2021 | Source : Les lectures de Shaya

Emissaire des morts d’Adam-Troy Castro est un roman paru chez Albin Michel Imaginaire en janvier 2021, et qui a attiré mon attention dès les premières chroniques : j’adore les thrillers, et les space-opéra, donc, let’s go !

 

 

Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pire, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur.

Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux. Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné.

Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».

Vous savez que je ne suis pas une fan de nouvelles, et c’est probablement la raison pour laquelle j’ai mis un peu de temps avant de me lancer dans Emissaire des morts : 4 nouvelles ou novella sont présentes avant le roman. Notons d’ailleurs qu’il s’agit du premier tome d’une trilogie. Les novellas relatant la vie de notre héroïne, Andrea Cort, avant Emissaire des morts, sont conseillées par l’éditeur pour mieux saisir le personnage et son univers dans la préface de Gilles Dumay, et j’ai donc suivi son conseil.

Tout d’abord, qui est Andrea Cort ? Il s’agit d’une enquêtrice de la Confédération, dans un univers où humains et extraterrestres cohabitent avec plus ou moins de succès. Dans ce contexte, la Confédération a choisi d’envoyer des enquêteurs dès que des problèmes commencent entre extraterrestres et humains. Je qualifie d’ailleurs dans le reste de mon billet Andrea Cort d’enquêtrice, mais son rôle est en réalité un peu plus complexe, puisqu’elle cotoît directement des diplomates et est également avocate. Le personnage en lui-même intéressant : elle paraît froide et distante au premier abord, mais on découvrira vite une personne plus complexe qu’il n’y paraît, qui a participé et survécu à un génocide inter-espèce dans son enfance.

Avec du sang sur les mains est à la fois la première novella et la première enquête d’Andrea Cort. Nous la découvrons sur la planète des Zinns, peuple qui souhaite héberger un criminel contre un échange commercial juteux. Au programme, enquête, mais surtout politique : qui voudrait volontairement héberger un criminel, quand la violence n’est pas connue chez soi ? Le second texte, Une défense infaillible, m’a moins parlé : une ancienne collège d’Andrea Cort est dans une position complexe, mais ce texte est surtout l’occasion de mieux comprendre comment fonctionne leur service judiciaire. Les lâches n’ont pas de secret est pour le coup bien marquante : notre enquêtrice doit gérer la mise en application d’une peine, soit une horrible mise à mort, mais le condamné cherche à échapper par un droit local, un implant permettant de contrôler toute acte et pensée criminelle. Enfin, Les démons invisibles sert clairement de prologue à Emissaire des morts. Il s’agit là d’une mission complexe, car Andrea Cort doit répondre à une question : les Catarkhiens sont-ils des êtres sentients ?

Dans Emissaire des morts, l’enquêtrice est envoyée sur un monde-artefact, Un Un Un, créé de toute pièce par des IA Source, qui ont également créé les habitants de la planète, les Brachiens, espèce d’une lenteur parfois désespérante, et qui considère les humains comme des Morts. Un petit groupe d’humains a été autorisé par les IA Source à venir les étudier, et deux d’entre deux ont été assassinés. Un Un Un est un monde particulièrement étrange : on y  trouve en plus des Brachiens un océan toxique parcouru par des dragons, et les Frondaisons, un réseau d’arbres noueux et très résistants qui forment une sorte de plafond. Au milieu de tout ça, une ville-hamac, coeur de l’intrigue.

Côté thématique, ces dernières sont nombreuses : on s’interrogera sur ce qui est réellement un monstre, mais aussi sur l’esclavage, le capitalisme, le racisme, ou encore les difficultés de s’adapter à l’Autre, qui ne parle parfois pas le même langage, ou ne perçoit pas du tout les choses de la même manière. Andrea Cort est un personnage que j’ai adoré : très intelligente, cynique, on a là une bonne anti-héroïne qui parvient pourtant à se remettre ainsi que ses convictions en question.

Pour finir, est-il vraiment nécessaire de vous dire qu’il s’agit d’un coup de coeur pour moi et que je lirais avec plaisir la suite ? C’est chose faite, et n’hésitez pas à vous lancer aussi si ce n’est pas encore fait !

D’autres avis : Le chien critique, Yogo, Lorkhan, Lune, Xapur, Lutin82, Celindanae, Chut Maman lit, Gromovar, ….

Cet article Emissaire des morts d’Adam-Troy Castro est apparu en premier sur Les lectures de Shaya.

5 mini – séries fictionnelles

Tigger Lilly
, 11/04/2021 | Source : Le dragon galactique

Après vous avoir présenté 5 mini-séries inspirées de faits réels, je continue d’explorer en votre compagnie le format sériel version courte avec cette fois 5 mini-séries de fiction. Elles nous donnent le temps de nous… Plus

Celui qui hantait les ténèbres – Gou Tanabe

Célinedanaë
, 11/04/2021 | Source : Au pays des cave trolls

Gou Tanabe continue sa série d’adaptation dans la collection Les chefs-d’œuvre de Lovecraft, avec cette fois une double adaptation: celle de Dagon et de Celui qui hantait les ténèbres. Malgré la présence de deux textes, cette adaptation est la plus courte en nombres de pages avec 160 pages. Il est intéressant de voir ces deux textes regroupés, Dagon étant le premier publié par Lovecraft de manière professionnelle dans The Vagrant, en novembre 1919 puis dans Weird Tales, en 1923 alors que Celui qui hantait les ténèbres est le dernier écrit par Lovecraft et publié dans Weird Tales en décembre 1936.

Dagon est une nouvelle très courte, également adapté par Armel Gaulme dans Les Carnets Lovecraft. L’histoire est assez simple et contient peu d’éléments de la mythologie lovecraftienne, hormis Dagon qu’on retrouvera dans Le Cauchemar d’Innsmouth. A la fin de sa vie, un homme couche par écrit ce qui lui est arrivé lors de la Première Guerre mondiale. Après avoir été fait prisonnier par les allemands, il réussit à s’évader à bord d’un petit bateau avec des vivres et de l’eau. Après avoir dérivé, il finit par échouer dans un endroit inconnu au sol visqueux et jonché de cadavres de poissons où se terre une horrible créature. Cette rencontre le marque pour toujours. Seul le narrateur est témoin des évènements qu’il relate et on ne peut pas savoir si ce qu’il raconte est réel ou le fruit d’un mirage et de son esprit mis à rude épreuve par sa fuite éperdue en pleine mer. L’adaptation par Gou Tanabe est réussie mais le texte étant assez court, elle laisse assez peu de matériel à exploiter par le mangaka.

Avec les titres français des nouvelles de Lovecraft, on a parfois l’impression d’avoir des titres français d’épisodes de Friends : Celui qui chuchotait dans les ténèbres ou Celui qui hantait les ténèbres. Celui qui hantait les ténèbres, dont le titre original est The Haunter of the Dark se déroule à Providence, ville où vécut Lovecraft la majorité de sa vie. Robert Blake, écrivain et peintre, vient d’emménager dans un petit appartement en hauteur. De sa fenêtre, il a une superbe vue sur la ville. Les premiers jours se passent bien, l’homme retrouvant l’inspiration. Puis, peu à peu, Blake devient obsédé par le clocher d’une église abandonnée qu’il observe longuement depuis chez lui. Il se décide à aller trouver cette église et apprend son sombre passé. Pour son malheur, il décide tout de même de l’explorer.

Ce texte est un des plus réussis de Lovecraft avec une montée en puissance de l’angoisse. On y trouve différents éléments de sa mythologie et un fait amusant, le nom du protagoniste principal. En effet, il s’inspire directement de Robert Bloch, écrivain, ami et correspondant de Lovecraft. Robert Bloch avait auparavant créé un personnage du nom de Lovecraft qu’il avait tué en 1935 dans The Shambler from the Stars, Le Visiteur venu des étoiles en français. D’ailleurs le personnage principal fait penser à l’écrivain de Providence par plusieurs côtés.

Cette nouvelle se déroule entièrement en décor urbain, ce qui est nouveau par rapport aux précédentes adaptations de Gou Tanabe. Le mangaka s’en tire avec les honneurs surtout dans les plans où l’on voit la ville en entier. L’église est particulièrement réussie également, offrant un décor terriblement angoissant. Ce texte est parmi les plus effrayants de l’auteur, avec une atmosphère noire où on sent l’inéluctabilité de ce qui arrive. C’est sombre, terrifiant et particulièrement bien adapté et reconstitué dans les dessins de Gou Tanabe.

A la lecture de cette nouvelle adaptation, on ne peut que souhaiter que Gou Tanabe continue sur sa lancée et nous régale encore d’autres textes de HPL.

L’acheter chez un libraire (sans aucun frais supplémentaire):

Ici

Autres avis: L’épaule d’Orion,

Auteur : Gou Tanabe

Éditeur: Ki-oon collection Les chefs-d’œuvre de Lovecraft

Publication : 4 mars 2021

Perles de Chi Ta-wei

Anne-Laure - Chut Maman Lit
, 11/04/2021 | Source : Chut Maman Lit !

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Quelque fois j’aime me lancer dans l’inconnu littéraire et découvrir de nouveaux horizons. J’avais entendu parler de Membrane de Chi Ta-wei sans avoir l’occasion de lire ce roman de SF queer de l’auteur taïwanais. Lorsque qu’un autre livre de l’auteur est paru aux éditions de l’Asiathèque, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir cet auteur de SF atypique. Perles n’est pas un roman mais un recueil de six nouvelles étonnantes.

Les perles d’un des auteurs phares de la scène SF du monde chinois.

Un nouveau livre de Chi Ta-wei. Une foule d’êtres insolites, sirènes, faunes, androïdes, mangeurs d’insectes, enquêteurs intergalactiques, rôdent dans les pages de ce recueil de nouvelles. Avec son écriture expérimentale mais toujours sensible, Chi Ta-wei invente des mondes à venir qui, tout en ressemblant étrangement au nôtre, révèlent les poisons qui le rongent et s’efforcent d’en trouver les antidotes. Après Membrane, roman de science-fiction puissant et poétique sur les mutations du corps et de la mémoire, il interroge ici les dérives de nos sociétés techniciennes et la normativité de nos identités. Chi Ta-wei (né en 1972) est l’une des voix singulières de la littérature mondiale de l’imaginaire. Il est l’auteur de plusieurs romans et nouvelles fantastiques et de science-fiction. C’est une figure importante des mouvements de défense de la cause homosexuelle sur l’île de Taiwan. Membrane (publié en français par L’Asiathèque en 2015 et par Le livre de poche en 2017) est considéré comme le premier roman « SF queer » de langue chinoise.

Ce recueil est composé de six nouvelles ayant majoritairement été écrites dans les années 90 sauf, Perles, la première nouvelle spécialement écrite pour la publication du recueil. Chi Ta-wei nous offre des nouvelles à l’aspect expérimental qui interroge sur les transformations de la sexualité, du genre, de la famille ou des corps. Naviguant de la Science-Fiction au Fantastique, l’auteur bouscule le lecteur en imaginant l’évolution de nos sociétés, des règles régissant les relation sociales et des personnes. Résolument étrange et intrigant, dans ce recueil Chi Ta-wei manie les références littéraires pour mieux les détourner fort notamment de son doctorat en littérature obtenu à UCLA. J’ai particulièrement apprécié la manière dont il transforme les normes de la société et expérimente sur ces changements.

Perles

Nouvelle de SF particulièrement troublante. Le monde de Gros Ours et de Petit Lapin est à la fois une énigme pour le lecteur et une fascinante transformation des normes sociales que nous connaissons, notamment celles de la famille. Alors que l’on pense au début à un texte sur un premier contact, puis à un récit Post-Apo, on découvre un texte sur les relations amoureuses. Un récit qui questionne sur les liens humains et les normes de la famille. Singulière dans sa forme, cette nouvelle est particulièrement touchante.

L’après-midi d’un faune

Un texte aux allures plus classiques qui se place aux frontières du Fantastique et du conte. L’auteur y parle de folie, de la transformation des corps et de l’altérité du soi. Une descente aux enfer sur fond de questionnement moral qui pourrait rappeler certains textes d’Edgar Allan Poe.

La guerre est finie

Avec cette nouvelle on rebascule du coté de la Science-Fiction. Androide, station spatiale et relations humaines au programme d’un texte plein de sensibilité et de pudeur. La guerre est finie est le texte du recueil que j’ai préféré. Chi Ta-wei nous parle de nouveau de transgression sociale mais aussi de recherche du bonheur pour les êtres artificiels. C’est un beau texte sur la découverte de soi.

Eclipse

Tout comme dans Perles, l’auteur dessine dans cette nouvelle d’anticipation un univers dense où les apparences sont trompeuses. Il questionne sur la place d’une personne différente dans la société quand celle-ci ne le reconnait pas. J’avoue avoir beaucoup moins apprécié cette nouvelle qui m’a laissé dubitative.

Au fond de son œil, au creux de ta paume, une rose rouge va bientôt s’ouvrir

Une nouvelle de Science-Fiction qui flirte avec le polar et la mythologie grecque. Étonnant mélange des genres et récit écrit à la seconde personne, cette nouvelle pleine d’émotions questionne de nouveau sur la transformation des relations humaines et jusqu’à celle des corps.

La comédie de la Sirène

Une réécriture du conte d’Andersen « La petite sirène » à la limite du pastiche. Une nouvelle fois l’auteur joue sur les a priori en détournant et interrogeant le lecteur sur sa vision de ce classique de la littérature.

Perles de Chi Ta-wei est une expérience de lecture. La découverte d’un auteur qui interroge sur les transformations de la société sur celle des corps et des relations humaines. Le terme expérimental me semble particulièrement adapté mais la plume de l’auteur n’est pas absconse pour autant. Les nouvelles de ce recueil jouent souvent sur les métaphores pour aborder des thèmes chers à l’auteur et j’ai aimé l’émotion et la pudeur qui se dégage de ces récits.

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La Nuit est pleine de promesses de Jérémie Decalf

Lune
, 11/04/2021 | Source : Un papillon dans la Lune

La Nuit est pleine de promesses est un album jeunesse de Jérémie Decalf paru chez Amaterra. 

En 1977, Voyager 2 et sa jumelle Voyager 1 sont envoyées dans l'espace. Elles furent les premières sondes à approcher Jupiter et Saturne.

Pour faire court, cet album est juste superbe ! Peu de texte mais des dessins magnifiques dans l'espace, des planètes du système solaire croisées par les sondes Voyager 1 et 2.

Voyager 1 est l'artefact humain envoyé le plus loin de la Terre. En 2020, elle se trouvait à 22 212 831 000 kilomètres de notre planète !

Un magnifique hommage à l'exploration spatiale.



 La Nuit est pleine de promesses
de Jérémie Decalf
Amaterra - Septembre 2020
60 pages
Papier : 17€

La Pierre jaune

gepe
, 10/04/2021 | Source : Le post-it sfff

 

432 pages 


Mon Post-it:

2024, L'histoire se situe dans la presqu'île de Rhuys, où un groupe d'activistes-anarchistes regroupé dans ce lieu-dit "La Pierre jaune", voit débarquer Jack, un policier infiltré britannique qui doit identifier et livrer certains membres de cette communauté.
Rapidement la mission de Jack va devenir complexe suite à un événement inattendu, deux avions sont venus percuter l'usine nucléaire de la Hague, un acte terroriste qui va principalement mettre la France, une partie de l'Angleterre et la Bretagne dans une situation de chaos sept fois plus grave que Tchernobyl !
L'auteur ne développe ni l'identité des terroristes, ni les raisons de cet acte, il a préféré se concentrer sur les conséquences, l'après... Le problème, c'est qu'il s'est trop attardé sur ce groupe en marge de la société, qui préfère rester sur place plutôt que d'évacuer la zone ; et du coup la partie qui aurait dû nous intéresser, à savoir : la survie, les mouvements de masse, la gestion politique, l'organisation, les premiers gestes à faire, la communication et j'en passe, sont restés à mon goût, beaucoup trop timides.
Alors, même si ça reste de la fiction, au vu des connaissances de Tchernobyl et Fukushima, peut-on imaginer que des gens puissent rester à trois cents kilomètres d'une telle catastrophe ? et surtout peut-on survivre sans aide en zone contaminée plus de six mois comme dans le livre, aux pluies acides, à la radioactivité, etc.? 
Même si cette facette du livre est décevante, tout n'est pas insatisfaisant, les rapports humains des "Jauniens" (c'est leur nom dans le livre) et la position de Jack pris en étau dans cette situation ami-ennemi, apporte à l'histoire un peu de volume, on se demande comment ces naufragés de l'atome vont s'en sortir, évoluer, et le personnage principal, ce flic infiltré Jack comment va-t-il ressortir de tout ça ? 
Une intrigue gentillette, qui tient la route et une fin plutôt conventionnelle.

C'est marrant que l'auteur utilise, Emmanuel Macron comme Président de la République en 2024, d'ailleurs, on a le sentiment que dans cette crise le gouvernement n'y est pas, il patauge.
J'ai appris des choses sur le nucléaire français, et cette fameuse usine de la Hague, la plus grande poubelle nucléaire du monde ! 
Mais également sur les fonctions réelles qu'ont l'iode et le bleu de Prusse sur le corps humain, qui peuvent vraiment prévenir une partie des effets néfastes de l'explosion radioactive.

Un livre informatif sur le nucléaire français (en sent que l'auteur connait bien son sujet), saupoudré de survivalisme et de post-apocalyptique léger.

Ma note:  6/10






Célestopol 1922 - Emmanuel Chastellière

Gromovar
, 10/04/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


En 2019 sortait Célestopol, recueil fix-up d'Emmanuel Chastelière qui se passait au début du XXè siècle à Célestopol, une ville sous dôme établie sur la Lune par l'empire russe depuis le milieu du XIXè. Voici qu'arrive "Célestopol 1922" qui en est la suite et se passe – tu l'auras deviné, lecteur – en 1922 ; et note qu'il peut être lu seul sans difficulté aucune.


Retour à Célestopol donc, dans la ville du prince rebelle Nikolaï, loin si loin d'une Terre qui n'a pas connu la Grande Guerre ni la Révolution Russe, loin de ses soubresauts et de ses tourments, loin d'une Angleterre ruinée, de la France de Napoléon IV, de la grande Russie de l’impératrice Glorianna, mère et rivale de Nikolaï. Et pourtant assez près pour que le voyage Terre-Lune – en obus-traversier, vaisseau de poste, ou paquebot – prenne moins de trois jours.

Depuis 21 ans, la ville a continué d'être un îlot de paix (d’énormes inégalités aussi, consubstantielles de l'ère industrielle), et sa composition a peu changé. Certes, il y a de plus en plus d'automates (qui remplacent de plus en plus souvent les ouvriers). En effet, on y trouve une nouvelle bande, les Cheyennes, inspirés des Apaches, des ultra-violents qui tentent de se débarrasser de l'ancienne mafia russe. Assurément, le prince Nikolaï s'implique moins, en apparence en tout cas. Comme toute ville vivante, Célestopol change, mais, comme pour toute ville, ces changements sont lents et progressifs.


Retour à Célestopol donc, dans la ville rêvée d'un prince ami des sciences et des arts, qui se veut despote éclairé, comme un fils improbable de Frédéric II et Laurent de Médicis. Une ville qui rappelle le faste et l'effervescence du Paris de la Belle Epoque, racontée dans une succession de nouvelles dont les protagonistes s'entrecroisent souvent d'un récit à l'autre. Une ville décrite du bas en haut de la société, de ses palais à ses égouts en passant par bordels et maisons bourgeoises, comme le fit Eugène Sue dans Les Mystères de Paris.


Dans le recueil, treize nouvelles. Sacrifions à l'antienne éculée que j’utilise moi-même aussi sur les recueils « longueurs variées, qualités variées, chacun aimera l'une ou l'autre, chacun suivant ses goûts ou son pathos ». Puis rentrons un peu dans le détail – du moins de celles que j'ai préférées.


Toungouska ramène au lecteur l'inoubliable couple de mercenaires Arnrun et Wotjek, la blonde guerrière islandaise et le soldat tombé au cerveau greffé dans le corps d'un ours. Envoyés en mission à Toungouska, ils mettent à jour un programme russe ultra-secret qui explique les événements de 1908. Et y découvrent un homme désespéré. Belle transposition.


Mon Rossignol est un très joli texte dans lequel se mêlent amour et politique. Jamais une bonne idée. A fortiori quand se retrouvent un homme et une femme qui semblent s'être séparés après un Congrès de Tours local. Ne spoilons pas ! Glissons seulement que ce texte est très juste car tout s’y enchaîne de façon évidente, et qu'on peut dire que c'est Les Yeux des Pauvres de Chastellière.


Memento Mori est un beau texte, qui dit un deuil, et l’impossibilité de faire avec, jusqu'au drame. Impressionniste, il dit le malheur qui s'abat sur une famille par une quantité de petits détails qui, progressivement, forment une trame bien noire et triste. Il dit le destin aussi, qui frappe même quand les pogroms sont loin derrière, sur Terre. Très réussi.


Une Nuit à l'opéra Romanova est une bien dynamique histoire de cambriolage et d'arnaque dans le monde des prestidigitateurs lors d'une visite de l'archiduc François-Ferdinand (ben oui, no WWI). Remettant en scène Arnrun et Wotjek, il livre un récit intrigant qui passionnera les amateurs d'histoire policière dans le monde de la magie, et met en lumière un tableau de Léonard de Vinci dont on sait aujourd'hui qu'il n'est pas de lui (amusante mise en abyme).


Le Correcteur de fortune est l'histoire d'un homme au don étonnant – mais pas inédit pour les lecteurs de l'Isolation de Greg Egan – lors de la première confrontation d'échec entre un Grand Maître International et un Automate. Intéressante et plaisante à lire, elle est malheureusement placée trop près de la Nuit à l'opéra à laquelle elle fait penser, à son détriment.


Le Revers de la médaille est l’occasion, sur les pas de la jeune immigrante Bo-Yeong, de rencontrer Marie Curie. Il s'agit de donner un visage à la ville, et ce visage devrait être celui d'une femme du peuple. Pourquoi pas celui de Bo-Yeong ?


Un Visage dans la cendre, outre qu'il signe le passage de témoin des mafieux russes aux outrecuidants Cheyennes, est l'occasion d'une visite dans le métro désaffecté de Célestopol. Une visite permettant de découvrir les splendeurs architecturales qui auraient dû l'orner et évoquent celles du métro de notre Moscou. Et puis, tout au fond, il y a... Doublement, voire triplement crépusculaire.


La Malédiction des pharaons est un superbe texte. Une histoire d'occasions manquées, de trains qui passent et dans lesquels les vents de l'histoire font qu'on ne monte pas. Une nouvelle utilisation sensible des richesses de l'uchronie pour mettre en scène un Howard Carter tragique. Hélas.


La Fille de l'hiver est la plus longue, l’équivalent ici du Oderint dum metuant du premier tome. On y retrouve une Anastasia qui est un souvenir, une idée, une blessure jamais cicatrisée aussi pour Nikolaï. Elle illustre, dans un récit tragique, le concept d'univers multiples, et remet en scène les personnages aux destins fracassés de la vraie histoire russe.


Allant toujours au plus près de ses personnages, développant l'aspect uchronique de ses récits, Chastellière livre un fix-up engagé qui n'est jamais lourdingue (ce qui est rare), dans une ville qu'il ferait bon visiter tant elle est aussi belle que vénéneuse.

Il éclaire le background uchronique de son monde par petites touches, sans jamais dépasser ce qui est nécessaire à la compréhension.

Il fait évoluer la ville dont il est le Nikolaï de plume sans jamais hésiter à être cruel avec ses personnages, même si, de fait, à Célestopol comme partout ailleurs, ce sont les humains qui nuisent aux humains, bien plus souvent que les événements ou la colère des dieux.

C'est donc une lecture très recommandable, pour amateurs de Jules Verne et de ses épigones.

Si on devait faire une (deux) critiques, il faudrait dire que subsistent dans les textes quelques scories qu'un travail d'édition plus approfondi aurait permis d'éradiquer, et surtout que la nouvelle Katarzyna est étonnamment en dessous, une tentative de romantisme poétique dont les images, clairement, ne fonctionnent pas.


Célestopol 1922, Emmanuel Chastellière