Agota Kristof - La Trilogie des jumeaux

TmbM
, 28/01/2020 | Source : Touchez mon blog, Monseigneur...

agota kristof trilogie des jumeaux le grand cahier la preuve le troisieme mensonge points seuil

Agota Kristof 

Le grand cahier, La preuve et Le troisième mensonge 

Ed. Seuil 


En 1986, 1988 puis 1992, Agota Kristof, auteure d'origine hongroise, de nationalité suisse et de langue française, signait les trois volumes de la « Trilogie des jumeaux » dont voici, avant d'entrer dans le vif du sujet, un résumé succinct : 

Le grand cahier 

Durant la guerre, deux frères, des jumeaux, Lucas et Klaus, sont emmenés à la campagne et confiés à leur grand-mère. Le père est au front et la mère ne peut les élever seule, surtout dans une ville bombardée en permanence. Leur aïeule est mauvaise comme la peste, avare, sale, mesquine mais eux sont deux et soudés. C'est dans cet environnement hostile qu'ils vont se construire. On réalise rapidement que, à leur façon, les enfants sont aussi horribles que la vieille. 

La preuve

Les années ont passé et les jumeaux ont été séparés. Ce deuxième opus propose de suivre Lucas, resté seul dans la maison de la grand-mère. Il y élève l'enfant difforme d'une jeune femme, s'en éprend d'une autre, reprend la librairie de la ville et attend le retour de son frère. Pendant ce temps, il complète le grand cahier entamé des années plus tôt et dans lequel Klaus et lui rapportaient leur quotidien en respectant une contrainte d'objectivité absolue. 

Le troisième mensonge 

Encore des années plus tard, alors que son frère vient d'en partir, Klaus revient en ville et se fait incarcérer, empêtré dans un bourbier administratif. Se retournant sur ses souvenirs de jeunesse, il en raconte une version inattendue qui remet en perspective ce que l'on vient de lire dans les deux premiers volumes. Alors, en même temps que le titre de ce troisième livre, la trilogie prend tout son sens… 

La Trilogie d'Agota Kristof est une œuvre déroutante à plus d'un titre. Déjà car le ton est violent, cru - au point d'ailleurs d'avoir été à l'origine d'une polémique stérile dans l'éducation nationale – et que le contenu ne l'est pas moins. Certains passages sont assez déstabilisants et les relations entre les personnages est étrange, voire malsaine. 

Ensuite car l'auteure laisse souvent planer le doute sur différents aspects de l'histoire, ce qui créé une ambiance généralement floue qui empêche le lecteur de s'en faire une idée précise. On ignore de quelle guerre il s'agit, à la frontière de quel pays se situe l'action et on ne sait jamais où placer le curseur des faits et de la vérité. Les jumeaux ont beau accorder une place capitale à la notion d'objectivité, ils ne sont paradoxalement pas à un mensonge près. 

Enfin, Lucas et Klaus – ou Klaus et Lucas, ça n'a pas d'importance - sont totalement interchangeables. La narration du Grand Cahier est à la première personne du pluriel, sans qu'on sache jamais lequel des deux s'exprime. Puis, et c'est un coup de maître, on en vient, une fois qu'ils sont séparés, à se demander s'ils sont réellement deux ou si l'un d'eux – mais alors lequel ? - n'a pas totalement imaginé l'autre...

Déroutant, en effet. Voire perturbant. Mais tout simplement brillant. Ces trois livres sont singuliers et servis par une langue à la fois brute et aiguisée, sans fioriture, qui va à l'essentiel et touche là où il faut. Une lecture qui pourrait bien être indispensable et au sujet de laquelle je ne vois pas ce que je pourrais rajouter.

Les miracles du bazar Namiya

gepe
, 28/01/2020 | Source : Le post-it sfff

384 pages, actes sud 

Quatrième de couverture:

En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes délinquants se réfugient dans une vieille boutique abandonnée pour s’y cacher jusqu’au lendemain. Dans le courant de la nuit, quelqu’un glisse une lettre par la fente du rideau métallique. Lorsqu’ils l’ouvrent, les trois compères découvrent qu’elle contient une requête adressée à l’ancien propriétaire, qui s’était taillé une petite notoriété dans le quartier en prodiguant des conseils de toutes sortes à ceux qui lui écrivaient. Mais la lettre a été écrite… trente-deux ans auparavant. Ils décident de répondre à cette mystérieuse demande de conseil et déposent leur missive dans la boîte à lait à l’arrière de la boutique, comme l’ancien tenancier avait coutume de le faire. Aussitôt, une nouvelle lettre tombe par la fente du rideau métallique, elle aussi venue du passé… L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont infléchir le cours de plusieurs destinées, sans se douter qu’ils vont peut-être aussi bouleverser la leur.

Mon post-it:

Le bazar Namiya a un parfum d'animation japonaise, une vieille boutique, un vieux monsieur, trois jeunes chenapans, une dose de fantastique, un voyage temporel, des destins croisés et des miracles !
Keigo Higashino maitrise parfaitement les emboîtements qui se forment au fil des pages, l'intrigue est très présente, mais il faut une bonne concentration pour garder le fil de l'histoire, le présent côtoie le passé, le futur, c'est perturbant, c'est malin.
Le récit ne se tient pas uniquement dans cette boutique, on voyage dans d'autres environnements, d'autres époques, les personnages sont travaillés, fouillés, on peut ressentir leurs émotions, imaginer leurs sentiments.
Malgré les situations délicates des personnes qui demandent conseil au Bazar Namiya, Shota, Kohei et Atsuya y répondent avec sincérité et parfois avec drôlerie.
C'est vraiment un livre magique, léger, et qui est bien millimétré, c'est le genre de livre qu'on aimerait lire sous la couette avec sa lampe de poche, un peu à la manière des films années 80 ! 

"Les miracles du bazar Namiya" pourra paraitre light, mais il faudra le lire comme tel, des belles histoires, magiques et parfois tragiques !


Ma note:   8,5/10

Voir les avis de LuneBrize

Pour des avis sur les autres livres de Keigo Higashino, voir le site de Post Tenebras Lire




Complainte pour ceux qui sont tombés - Gavin Chait - Retour de Bifrost 93

Gromovar
, 28/01/2020 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


Nigéria (et orbite terrestre), XXIIème siècle (environ).

Le monde a connu bouleversements climatiques, désastres écologiques (tels la marée noire permanente qui noie sous le crude oil la mer nigériane, la stérilisant de fait), guerres sporadiques, effondrements étatiques et sociétaux ; les cartes, tant climatiques que géopolitiques, sont largement reconfigurées, et pas pour le meilleur.

Loin d'un plancher des vaches qui ne présente plus guère d'attrait, des stations orbitales en grand nombre se sont développées au long du XXIème siècle et du suivant. Y vivent des millions de personnes qui ont fini par revendiquer une pleine souveraineté, coupée de leur Etat d'origine (comme les Treize Colonies rejetant l'Angleterre pour devenir les USA). La Chine n'a guère apprécié la blague ; elle a réagi par une attaque qui a détruit une station où vivaient presque un million de personnes. La masse de débris éjectés a détruit de nombreuses autres stations et la plupart des ascenseurs spatiaux. Ne restent aujourd'hui que trois ascenseurs et quelques stations sur de nouvelles orbites (les autres ont quitté l'orbite terrestre). Parmi les survivantes, Achenia – peuplée de post-humains –, et Tartarus – une prison américaine, un enfer semi-légal d'exil et de torture.

A terre, dans la ville « fortifiée » d'Ewuru, réside une population pacifique qui tente de vivre en paix, de construire une civilité nouvelle, de perpétuer et de développer la science et les arts. Tout autour d'Ewuru, au-delà des gardes discrets qui la protègent, c'est le Nigéria, un Etat failli livré aux exactions des groupes djihadistes, des seigneurs de la guerre, des bandits de tous poils. Et c'est tout près d'Ewuru que s'écrase le petit vaisseau d'un Achenien – Samara – échappé de la prison de Tartarus.

Membre des Sept (un groupe de super soldats quasi invincibles), Samara, blessé et en manque d'énergie, doit s'allier aux habitants d'Ewuru pour pouvoir rentrer chez lui. Le temps presse, la station Achenia est censée quitter très prochainement l'orbite terrestre et le système solaire.

Avec "Complainte pour ceux qui sont tombés", Gavin Chait livre le fruit d'une écriture étalée sur trente ans. Son récit – lié au courant afrofuturiste - se nourrit des expériences et des réflexions de Chait sur la situation africaine. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouve ici certains des thèmes présents dans les deux romans non traduits de Deji Bryce Olukotun, ou dans le Who fears Death de Nnedi Okorafor ; la souffrance d'un continent qui souffre autant de ce qui lui fut infligé que de ce qu'il s'inflige à lui-même est palpable dans ces textes, elle y côtoie l'espoir raisonnable d'un progrès technique et sociétal.

Construit en enchâssement, avec flashbacks et contes philosophiques édifiants, "Complainte pour ceux qui sont tombés" peut rappeler dans son ton les romans de Pierre Bordage. On y lit la même douceur, le même humanisme, la même façon d'opposer porteurs de vie et vecteurs d'abjection. La douceur, la décence, et l'amour sont montrés, l'horreur et la bestialité aussi, sans fard. Cette opposition frontale et si humaine, ces îlots d'espoir enchâssés au cœur des ténèbres, sont les forces du roman. On regrettera en revanche un mélange de genres en solution de continuité qui dit trop la durée de l'écriture, une narration un peu mollassonne, des facilités dramatiques, et un style sans qualité propre.

Complainte pour ceux qui sont tombés, Gavin Chait

Blackwing, T1 : La Marque du Corbeau par Ed McDonald

Elhyandra
, 28/01/2020 | Source : Le monde d'Elhyandra

couv51702053

Editions Bragelonne

Lauréat du Prix Hellfest Inferno 2019

Ebook

Paru en 2018 (2017 pour la VO)

 

Quatrième de couv’ :

Sous son ciel brisé, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois des profondeurs. Au cœur de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes aguerri, il est chargé de retrouver une femme aux pouvoirs mystérieux, qui semble avoir mis au jour un inquiétant secret. Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien. Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…

Mon avis :

Contrairement à la sélection du prix Hellfest Inferno 2018 où j’avais tout lu, le manque de temps chronique de ces derniers mois m’a fait trancher dans le vif et concentrer sur le lauréat, ça tombe bien, j’avais envie de le lire et il avait fait un carton sur la blogosphère :

  • L’intrigue :

Pour le Capitaine Ryhalt Galharrow, seuls les imbéciles, les désespérés et les corrompus se rendent volontairement dans la Désolation. Les deux adeptes étaient suffisamment désespérés pour y aller, il embauche des imbéciles corrompus pour gonfler sa troupe de mercenaire et poursuivre les fuyards dans la Désolation. Le problème c’est que ces deux là ont été trouvés par autre chose que Ryhalt espère ne pas croiser…dans le même temps, son maître, Corbac, se rappelle à lui et l’envoie de toute urgence au Poste 12 pour s’assurer que la femme qui s’y trouve survive. En se rendant sur le Cordon, il constate un relâchement considérable dans le Poste et l’état peu engageant de la partie visible de la Machine ne lui dit rien qui vaille. Cette femme, qui vient tout droit de son passé, c’est Ezabeth Tanza et elle va confirmer ses pires craintes…

  • Le monde :

On se situe dans un monde de fantasy post-apocalyptique. Corbac a anéanti deux villes dans la guerre opposant les Sans-Noms aux Rois des profondeurs à l’aide du Coeur du vide ce qui a créé la Désolation et fracturé le ciel lui-même et Nall a construit une Machine enfermé au coeur de la ville de Valengrad qui a tué l’un des Rois. La menace incarné par cette Machine a permis à cette guerre qui durait depuis deux siècles de prendre fin ou du moins d’instaurer un statu quo, cela fait 80 ans que la trêve a commencé quand on démarre l’histoire.

Ce monde a 3 lunes : Clada la lune bleue, Eala la lune dorée et Rioque la lune rouge. Le Dortmark est composé de 7 cités dirigées chacune par un prince-électeur qui votent pour le Grand prince, cette alliance fournit une protection commune. C’est bien beau sur le papier mais en fait il y a comme un truc corrompu dans cette belle Grande alliance, le Grand prince vient toujours de la cité qui a le plus de ressources, Lennisgrad. Le Cordon sépare le Dortmark de la Désolation et au-delà de ces terres mouvantes se trouve le Dhojara ancien d’où viennent les Rois des profondeurs. On a vaguement la notion de terres au-delà de l’océan à l’opposé du Dortmark mais on ne sait pas si les Rois peuvent s’y rendre ou non et l’auteur ne s’appesantit pas dessus. La cité du Dortmark dans laquelle nous nous trouvons est Valengrad, la plus proche de la Désolation, et elle est dirigée par le prince Hérono, prince n’est pas un titre comme on le voit dans la royauté, Hérono est une femme, héros de guerre, et la hiérarchie est militaire au niveau des postes de commandement mais il y a aussi les nobles.

Bien que les Rois de profondeurs nous paraissent être des démons ou des seigneurs des enfers, il n’y a pas de réel antagoniste. Les Sans-Noms ne sont pas des dieux mais des magiciens tutoyant l’immortalité, bien qu’ils combattent pour le Dortmark, les humains qui y vivent ne les intéressent pas des masses et provoquer des dommages collatéraux pour gagner la partie ne leur posent aucun problème de conscience. Il reste officiellement deux Sans-Noms, la Dame des vagues et Corbac contre quatre Rois des profondeurs Philon (tacticien rusé), Iddin (le plus puissant), Acradius (commande les troupes les plus nombreuses), Shavada (le plus cruel), la nouvelle bataille qui s’en vient parait donc désespérée surtout que la Machine de Nall n’a pas l’air d’être capable de remplir sa fonction, protéger la Grande alliance. Corbac est peut-être celui qui interagit le plus avec les humains à l’aide de ses Ailes Noires, des sortes de soldats d’élite assez peu recommandables mais dont la marque du corbeau leur permet en cas de nécessité d’être obéi de n’importe quel soldat en-dessous du grade de Colonel.

Pour ce qui est du système magique, il en existe de trois sortes. La première est celle des Sans-Noms qui sont les plus puissants car leur magie est colossale, elle vient de l’intérieur et peut être puisée à l’infini. Pour les humains ayant quelques affinités pour la magie, il en va tout autrement, les Talents créent le phos à partir de la lumière des lunes, manipuler la magie est extrêmement délétère pour la santé aussi bien physique que mentale et les Talents ne vivent pas vieux. Les Fileurs dont on parle comme Gleck Maldon et Ezabeth Tanza sont tous deux des Fileurs de guerre, ils peuvent se recharger également à la lumière de la lune mais aussi utiliser le phos comme recharge pour lancer leur magie ainsi que toute source technologique utilisant le phos, la façon dont la magie se manifeste chez eux pour la première fois est extrêmement mutilante selon la puissance qu’ils auront (s’ils y survivent) et leur santé mentale n’est pas des plus fraiches non plus avec le temps, manipuler la magie n’est pas sans conséquence, le fameux prix à payer. Pour finir, il y a la magie de la chair incarnée par Saravor, on ne sait pas grand-chose sur lui à part son surnom, le Rafistoleur et que moins on a affaire à lui mieux on se porte, il effraye même les plus aguerris. J’espère qu’on en saura un peu plus dans les autres tomes.

  • Les personnages :

Ryhalt Galharrow est l’une des 7 Ailes Noires, champion du Sans-Nom Corbac, il porte un tatouage de corbeau qui permet à son maître de lui donner des directives. En sus de cette activité, il est mercenaire, sa troupe est composée de Nenn une guerrière forte en gueule et Tnota un Navigateur qui permet de trouver un chemin à travers la Désolation, le reste des troupes il les embauche selon ses besoins. Mais il n’a pas toujours fait partie de ce monde, on apprend au fur et à mesure de l’histoire qu’il était même bien placé dans l’échiquier social…avant que tout s’effondre.

Ezabeth Tanza est une Fileuse très puissante, elle couvre son visage d’un voile dit de modestie mais plus on en apprend sur la magie de lumière qui est pratiquée plus on se doute que sous le tissu il doit y avoir pas mal de dégâts cachés. Nenn la surnomme « la Balafrée ». Elle était l’élève de Gleck Maldon, un puissant Fileur avant que sa magie ne consume sa raison et l’envoie à l’asile d’où il a disparu. Ezabeth reprend les recherches de Maldon sur la Machine de Nall et les bâtons dans les roues des plus hautes sphères se multiplient pour l’empêcher d’avoir des réponses, la théorie avancée est tellement hérétique aux yeux de Ryhalt qu’il doute de la santé mentale de la Fileuse mais ça reste le moindre des deux mots, si elle a raison…c’est la fin de leur monde. Ezabeth est soutenue par Otto Lindrick, convoyeur de fonds pour l’Ordre des Ingénieurs éthérés, c’est lui qui a donné l’alerte sur un potentiel trafique de phos.

Saravor est une sorte de croquemitaine dans ce monde déjà bien garni au niveau des saloperies ^^. Il est un sorcier qui fait commerce de chair humaine et dont la pratique se monnaye fort chère. Pour sauver Nenn, Ryhalt passera un marché, la somme due est astronomique, il se passe de drôles de choses dans cette maison. Des enfants des rues sont utilisés par le sorcier, ils ont de curieuses anomalies ou des mutilations, mais rien ne fera reculer le Capitaine pour sauver sa coéquipière bien que Tnota tente de le dissuader. Quand les enquêtes de Ryhalt le mènent de nouveau aux portes de la Désolation, Saravor imposera un sceau pour garder un oeil sur lui et savoir s’il peut attendre son argent ou s’il est mort, homme fort peu sympathique ^^.

En bref, je n’ai pas eu le temps d’ouvrir le tome 2 comme je le prévoyais mais le mets sur ma liste de sagas à poursuivre pendant l’été surtout que j’ai entendu qu’il était encore meilleur que celui-ci.

D’autres avis chez : ApophisBoudiccaXapurL’ours inculteBlackwolf.

Bonne lecture !

[Le mardi c’est permis !] King’s Quest VII : The Princeless Bride

Lullaby
, 28/01/2020 | Source : Les histoires de Lullaby

Je continue la plongée dans mes souvenirs avec cette fois-ci un jeu vidéo 🙂 King’s Quest VII : The Princeless Bride date de 1994 et a marqué mon enfance. Je m’en rappelle encore, le Cd-Rom avait été acheté à la FNAC – à l’époque, les jeux PC étaient vendus en CD-Rom et l’on fouillait les… Lire la suite [Le mardi c’est permis !] King’s Quest VII : The Princeless Bride

Cosmos incarné – Jean-Michel Ré

Célindanaé
, 28/01/2020 | Source : Au pays des Cave Trolls

cosmosincarné

Cosmos incarné est le troisième tome de la trilogie de Jean-Michel Ré après La Fleur de Dieu  et Les portes célestes. Le second tome était très rythmé et amenait beaucoup de tensions entre les différents protagonistes de ce space-opera. Première constatation dans ce tome, le fameux glossaire a diminué. Deuxième constatation, la liste des différents personnages est toujours pratique au début pour se retrouver parmi les différents et nombreux héros de cette série. L’illustration de couverture est signée Pascal Casolari comme les deux premiers tomes.

Il n’est pas facile de chroniquer un troisième tome, il ne faut pas trop en dire pour ne pas gêner ceux qui n’ont pas lu ce qui précède, ni ceux qui en sont au début de celui-ci. Cosmos incarné offre un très bon dénouement à cette histoire mélangeant space-opera et spiritualité. Quelques petits points restent inexpliqués mais globalement on détient les tenants et les aboutissants des différentes intrigues et des destins de tous les personnages.

L’aspect psychologique et mystique devient plus important dans cette dernière partie sans que cela ne soit trop lourd ou ne dérange dans la lecture. L’action est toujours présente mais on observe plus de pauses dans le récit afin d’intégrer les différentes explications, les discours de l’Enfant. Ces haltes permettent de mieux comprendre les multiples éléments et le point de vue de l’Enfant qui est au centre de cette trilogie. La tension qui montait crescendo dans le livre précédent est toujours très palpable du fait des différentes histoires. La succession des intrigues se conclu et elles vont finir par toutes se rejoindre. Le seigneur de Latroce est toujours présent, portant toujours aussi bien son nom.

L’univers développé par Jean-Michel Ré est dense et cela se voyait au très gros glossaire présent dans les premiers livres. Le vocabulaire créé par l’auteur est maintenant parfaitement intégré et la lecture devient plus fluide. Les chapitres sont toujours entrecoupés de divers textes relatant le passé de l’univers de la trilogie. Ces passages sont un gros plus car ils éclairent beaucoup d’éléments de ce monde.

Cet ultime tome de La fleur de Dieu de Jean-Michel Ré offre une belle conclusion à cette histoire mélangeant spiritualité et space-opera. Un tome où subsiste de l’espoir dans le chaos.

Autres avis: Acaniel

Chronique réalisée dans le cadre d’un Service Presse (merci encore)

mde

Auteur : Jean-Michel Ré

Édition: Albin Michel Imaginaire

Parution :29/01/2020

Dix jours après l’ouverture des portes du ciel, le Cosmos s’incarne aux quatre coins de l’univers.

A l’échelle des hommes, le seigneur de Latroce continue son œuvre de fureur et de chaos, animé par une colère inépuisable. Maître Kobayashi, quant à lui, arpente la voie de l’Enfant, essayant de trouver le véritable sens à son enseignement : « Semez le Chaos dans l’Harmonie, comme le projectile sème le trouble dans l’eau immobile. Répandez de l’Ordre dans le Désordre quand le Faux gagne sur le Juste. Propagez la subversion créative quand la Loi devient indigne. Cultivez le Beau et le Bon. »

A la lumière de la Fleur de Dieu, un spectaculaire dénouement se profile

 

βéhémoth – Peter Watts

Apophis
, 28/01/2020 | Source : Le culte d'Apophis

Une fin de cycle assez décevante βéhémoth est l’ultime roman de la trilogie Rifteurs, et il présente une particularité plutôt rare : alors que l’édition française a tendance a couper en deux volumes des livres publiés en un seul chez ses confrères anglo-saxons, ici c’est l’inverse qui a eu lieu. En effet, en VO, il […]

Doctor Who 12x03 – Orphan 55

Vert
, 28/01/2020 | Source : Nevertwhere


Après le feu d’artifice des deux premiers épisodes, Doctor Who revient à une formule beaucoup plus sage cette semaine. Sans doute trop sage même. Mais si la réalisation finale laisse à désirer, les ingrédients sont intéressants, alors voyons tout cela en détail, avec des spoilers évidemment.


Le synopsis de l’épisode pourrait être un titre de vidéo YouTube : « Le Docteur prend des vacances, ça tourne mal ».

C’est un grand classique de l’univers Doctor Who. Des fois je trouve que ça tourne même moins mal quand le Docteur et ses compagnons se jettent volontairement dans les ennuis. L’exemple le plus marquant de vacances foirées (dans mon palmarès personnel en tout cas) est l’épisode Midnight (saison 4) où le Doctor ne passe vraiment pas loin d'une mort définitive lors d'une visite touristique. Avec des simples humains.

Orphan 55 s’appuie également sur un autre grand classique de Doctor Who : le scénario de la base assiégée (c’est même un très grand classique de l’ère du deuxième Docteur, c’est dire à quel point c’est classique !). Ici la base est un spa luxueux menacé par des monstres peu sympathiques, les Dregs. Soit.

Pour pimenter l’intrigue, on ajoute une petite galerie de personnages pour créer de l’interaction : un couple de petits vieux sur le point de se marier au bout de quarante-sept ans de vie commune, une femme dont on a dû mal à déterminer si elle fait office de service de sécurité ou de PDG, une jeune femme que Ryan va essayer maladroitement de draguer, une femme-chat et un père et son fils dotés de superbes perruques vertes (tiens mais c’est Roger de His Dark Materials !).

Et là-dessus vient se greffer un message qui nous met en accusation sur la nécessité de prendre soin de sa planète. Tout à fait normal, c’est du pur Doctor Who.


Sur le papier, les ingrédients sont plutôt excellents. Et j’étais plutôt enthousiaste en début d’épisode. J’ai même globalement passé un bon moment devant (oui je suis très bon public, et alors ?).

Mais je me suis tout de même rendue compte que quelque chose clochait quand les personnages ont commencé à mourir sans que cela ne déclenche la moindre émotion. Il faut dire que l’histoire ne nous donne guère le temps de faire connaissance avec eux, et ceux qui ont la chance de voir leur parcours développé ne brillent pas par leur cohérence (n’est-ce pas Bella ?).

C’est un peu triste parce que les personnages secondaires, c’est peu le ciment de Doctor Who. Bien sûr c’est une série télé avec des aliens et des voyages dans le temps, mais ce qui donne de l’épaisseur à ces histoires, bien plus que les effets spéciaux (qui étaient ridicules et inexistants au tout début d’ailleurs), ce sont les rencontres que fait le Docteur, qui contextualisent le lieu et l’époque. Cela créé un point d’ancrage de savoir par exemple que l’on a toujours un ado rebelle peu importe où l’on se rend !


Quant au message délivré par l’épisode, je suis un peu divisée. Il était intéressant de mettre en scène une planète détruite par ses habitants (la 55e de la catégorie d’ailleurs) et de révéler plus tard qu’il s’agissait de la Terre. Et d’utiliser le Docteur pour délivrer une solide volée de bois vert à ses actuels habitants.

Alors que l’Australie est littéralement en feu et que nous continuons à faire l’autruche face la question du changement climatique, une partie de moi a trouvé que la leçon était nécessaire et qu’on pouvait se permettre ce manque total de subtilité.

L’autre partie de moi ne peut s’empêcher de noter néanmoins que si Doctor Who est une série moralisatrice (dans le bon sens du terme), cela fonctionne parce qu’elle ne martèle pas forcément ses messages à coup de massue comme c’est le cas ici et laisse le spectateur faire son propre cheminement mental.


Orphan 55 n’est donc clairement pas un épisode qui marquera les esprits, d’autant plus qu’il ne tient pas la comparaison avec de nombreux épisodes exploitant les mêmes thématiques ou les mêmes schémas narratifs.

C’est dommage parce qu’à défaut d’être mémorable, Orphan 55 avait au moins les ingrédients pour être un épisode sympathique, mais il pêche vraiment dans sa réalisation. Espérons que les épisodes qui vont suivre seront un peu plus convaincants…

Infos utiles : Orphan 55 est le troisième épisode de la saison 12 de Doctor Who. Le scénario est signé Ed Hime et la réalisation Lee Haven Jones. Première diffusion en 2020. 46 min environ

Autres avis : Yoda Bor, Zakath Nath
Vous pouvez également lire les chroniques en VO des sites Den of the Geek et io9 ainsi qu’une analyse assez intéressante sur la réalisation du site Doctor Who TV.

Un Truc de fou de Hank Green

Lune
, 28/01/2020 | Source : Un papillon dans la Lune

"Je tâcherai d'être la plus honnête possible dans l'exposition des faits, mais je ne peux nier un certain a priori pro-moi."

Un Truc de fou est un roman de SF paru chez les Éditions Denoël en littérature générale (c'est tout à fait justifié).

Trois heures du matin, dans les rues de New York. Vous tombez sur un truc de fou. Vous passez votre chemin, ou vous prenez la décision qui va changer votre vie pour toujours?

April May, étudiante en art, découvre une étrange statue géante qu'elle baptise Carl. Un ami la filme avec la sculpture et poste la vidéo sur Internet.
Le lendemain, April se réveille au cœur d'une tempête médiatique : des dizaines de Carl sont apparus aux quatre coins du monde. En tant que première personne à avoir documenté le phénomène, elle est au centre de l'attention.
Désormais, elle doit supporter la pression, apprendre à composer avec sa nouvelle célébrité dans sa vie personnelle, mais aussi tenter de percer le mystère de ce truc de fou : que sont les Carl, et surtout que veulent-ils ?  

Un Truc de fou c'est l'histoire d'une jeune femme qui devient influenceuse du jour au lendemain, parce qu'elle a été la première à filmer un étrange robot, qu'elle baptise Carl. Il y a des Carl dans une soixantaine de grandes villes du monde. Ils sont soudainement apparu, une nuit. Mais que sont-ils ? Que font-ils là ?

Jetée sur les réseaux sociaux qu'elle fréquentait peu, bombardée première chaine sur Youtube, invitée sur tous les plateaux télé, April prend un agent, un assistant, et gagne énormément d'argent. Cette célébrité rapide et artificielle est le sujet principal du livre.

Alors bien sûr, il y a le mystère Carl, les énigmes à résoudre, mais l'intrigue est clairement un prétexte à la critique de notre fonctionnement moderne. Chacun décidera si cela lui convient ou pas, pour ma part j'ai moyennement apprécié, et j'ai fini par diagonaliser la fin.

Points forts :
  • Narratrice bisexuelle, ce qui est très très rare
  • Le mystère Carl
  • Un rythme soutenu
  • Humour
 Points faibles :
  • Narratrice super énervante et autocentrée
  • Intrigue prétexte à parler de l'hypermédiatisation
  • Assez vain
Un Truc de fou
de Hank Green
Éditions Denoël - Novembre 2019
480 pages
Traduit de l'américain par Diniz Galhos
Papier : 19,90€ / Numérique : 13,99€
Titre original : An Absolutely remarkable thing - 2018

Trop semblable à l'éclair - Ada Palmer

Yogo
, 28/01/2020 | Source : Les Lectures du Maki

Lumineux

Il y a quelques semaines je pensais qu'[anatèm] de Neal Stephenson était le livre le plus difficile qu’il m’ait été donné de lire. Après avoir lu Trop semblable à l’éclair d’Ada Palmer, je suis obligé de revoir mon jugement. [anatèm] est à mon humble avis beaucoup plus abordable car c’est une transposition de notre histoire scientifique, philosophique et religieuse. Après une centaine de pages, l’univers décrit par Neal Stephenson devenait assez vite compréhensible. Pour le roman d'Ada Palmer, c'est plus compliqué...

Ada Palmer nous transporte dans un futur proche mais un futur qui n’a plus grand chose à voir avec notre monde. Elle nous jette son univers à la figure sans nous donner la moindre clé, bien au contraire elle y ajoute des portes qu’elle prend soin de verrouiller… ! Ce qui est à la fois très jouissif et très énervant. Il faut prendre son mal en patience. Après 300 pages (sur les 670 que compte ce premier roman !) rien n’est vraiment clair. Alors oui de temps en temps, il y a de la lumière, la porte s’entrebâille, c’est le moment d’en profiter mais cela ne dure vraiment pas longtemps… 

Lire la suite...