Une heure lumière | Retour sur l’Année 2

Tigger Lilly
, 25/11/2020 | Source : Le dragon galactique

Focus. Une Heure Lumière est une collection de novellas créée par les éditions du Bélial en 2016. Depuis, elle a pris sa place dans le paysage de les littératures de l’imaginaire. Une place de choix… Plus

La conspiration de la couronne, Voleurs de prince

L'ours inculte
, 25/11/2020 | Source : L'ours inculte

La grande opération de nettoyage de PAL se poursuit, je suis allé pêcher une série qui y traine depuis un moment : Les révélations de Riyria. Alors attention c’est un peu le bordel, c’est une série de 6 romans, qui ont été regroupés deux par deux en 3 « omnibus », puis en une intégrale numérique. Je vais ici chroniquer La conspiration de la couronne, le premier roman, qui est aussi la première moitié des Voleurs d’épées, et le premier sixième de l’intégrale. C’est bon ? J’ai perdu personne ? On y va.

Royce et Hadrian sont Riyria, un célèbre duo de mercenaires à la réputation bien établie. Si vous avez besoin de gens compétents pour un boulot impossible, illégal et dangereux, ils pourraient vous aider, mais il faudra y mettre le prix. Quand un noble les contacte et les paie une fortune pour sortir une épée d’un château, ça ressemble à un job facile, mais nos deux lascars vont tomber dans un piège qui va les faire condamner pour le meurtre du roi. Pour se sortir de ce guêpier, nos voleurs vont devoir détricoter un complot et trouver qui les a embobiné. Et ça va pas être simple.

La conspiration de la couronne est un roman de fantasy à priori extrêmement classique avec son univers médiéval et son duo de héros bad-ass (comment on met « bad-ass » au pluriel d’ailleurs ? « bad-asses » ? Bon, c’est des héros qui bottent des culs). Si vous cherchez un bouquin qui va redéfinir les genres, traverser les frontières et mélanger les étiquettes des libraires, c’est pas le bon candidat. Mais si une petite aventure marrante et bien goupillée vous branche, il se pourrait que Michael J. Sullivan soit pile sur ce créneau. Oui, ces révélations de Riyria commencent vraiment bien, avec une aventure réjouissante et un scénario classique mais plutôt astucieusement mis en place.

Les deux protagonistes sont au premier abord d’énormes archétypes, on a le voleur énigmatico-ténébreux et le guerrier imbattable dont l’aura transpire la coolitude, mais leurs talents se dévoilent au compte-goutte. J’ai même trouvé marrant que Hadrian se batte finalement très peu, parce qu’arrivé à la fin du bouquin on sait toujours pas vraiment si sa réputation est fondée. Les interactions de ce duo trop cool sont très marrantes, ça participe au côté « bouquin fun détente » que j’ai beaucoup apprécié. Ajoutez au mélange quelques personnages secondaires intéressants (Alric est finalement moins tête-à-claques que le début ne le laisse supposer, c’est tant mieux) et un univers qui en garde manifestement sous la pédale, et on a un début de série vraiment prometteur.

On garde à la fin de cette lecture une très bonne impression, aussi grâce à l’intrigue qui, bien que classique, se révèle assez astucieuse dans l’ensemble. L’auteur pose un petit meurtre mystérieux au milieu d’un univers fantasy, donc les aventures de nos héros se mélangent à un petit côté enquête qui va nous lancer sur quelques fausses pistes et manipulations tout à fait satisfaisantes. Du haut de ses quelques 300 pages, La conspiration de la couronne se tient très bien tout seul et amène un peu de légèreté au pays des saga fantasy massives parfois pas très digestes. Pourtant il y a de quoi se mettre sous la dent pour le lecteur avide de world-building puisqu’on nous esquisse quelques éléments de background qu’on a hâte d’explorer dans les prochains tomes. Et y’a un sorcier super-puissant qui sert à rien, mais on se doute qu’il reviendra plus tard.

Ce premier volume des Révélations de Riyria est donc une belle réussite pour moi, de la fantasy archi-classique mais du panache, une lecture légère et divertissante que j’ai pu apprécier tranquillement au coin du feu.

Lire aussi l’avis de : Lianne (De livres en livres), Phooka (Book en stock),

La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits - Philip Pullman

May
, 25/11/2020 | Source : The BooksHowl

La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits - Philip Pullman

Lyra a 20 ans, et porte dorénavant le nom de Parle-d'Or. La jeune fille, toujours accompagnée de son daemon Pantalaimon, essaye de trouver sa place dans un monde qui lui échappe. Malcolm, qui ne jurait que par son bateau, est maintenant un homme dévoué, animé par un désir de justice. Au-delà d'Oxford et des frontières de l'Europe, les voilà partis pour un voyage extraordinaire jusqu'en Asie, à la poursuite du mystère de la Poussière plus insaisissable que jamais.

Note : 3 / 5

J'en attendais beaucoup de ce deuxième tome qui, contrairement au premier, La belle sauvage, me semblait être tout ce que j'attendais : nous allions enfin suivre Lyra après la première trilogie ! Malheureusement, j'ai une nouvelle fois été déçue...

Ce deuxième tome se passe 10 ans après la trilogie A la croisée des mondes. Lyra est étudiante et son monde va une nouvelle fois basculer pour à peu près les mêmes raisons que dans la première trilogie (à cause du Magisterium qui en a de nouveau après elle pour on ne sait toujours pas trop quelle raison...) et, surtout, à cause de son daemon, Pan.

Ce que j'ai trouvé intéressant avec ce livre, c'est que finalement il donne tout son sens au livre précédent, La belle sauvage. Je n'avais pas trop aimé ma lecture de ce premier tome, mais il serait intéressant de le relire maintenant que j'ai lu La communauté des esprits. On retrouve également la plus de Philip Pullman qui est vraiment passionnante.

Mais si le récit prend plus ou moins les mêmes chemins que la première trilogie, j'ai vraiment été déçue de voir que tous les événements des livres précédents sont tout simplement balayés. Ce qu'a vécu Lyra n'a absolument rien changé à son monde, les mystères autour de la poussière demeurent, le Magisterium est toujours tout puissant... quelle déception... et à quoi bon sérieusement ?!

Cette nouvelle trilogie n'est donc absolument pas à voir comme une suite sinon vous serez déçu, mais vraiment comme une toute nouvelle aventure qui pourrait presque se lire sans avoir lu la série A la croisée des mondes.

Le seul événement de la première trilogie important à la compréhension de certaines choses de La trilogie de la poussière n'a en plus absolument aucun sens selon moi ! SPOILER : Dans le troisième tome de la première série, Lyra doit laisser Pan à la lisière du monde des morts car les daemons ne peuvent pas y entrer. Un humain et son daemon ne peuvent normalement pas se séparer, c'est très douloureux et ils peuvent en mourir. Mais Lyra l'a fait afin de tenter de sauver son ami Roger. Et cet événement va avoir une grande conséquence par la suite vu que dans La communauté des esprits, Pan et Lyra ne se supportent tout simplement plus ! Pan va par la suite quitter Lyra et celle ci va tout faire pour essayer de le retrouver. Sérieusement, vous y croyez à ça, vous ?

Lyra aurait tout simplement perdue son imagination (elle a grandit quoi...), elle ne croit plus vraiment aux étrangetés de son monde (alors qu'elle en a vu des belles lors de la première trilogie quand même !) et est maintenant incapable de lire l'alethiomètre (comme c'est pratique pour le narrateur, ça !)

J'ai également eu beaucoup de mal avec le parallèle que l'on peut faire entre le monde de Lyra (qui certes est évidemment calqué sur le nôtre) et les propres problèmes de notre monde. Il y a des guerres, des réfugiés... Le monde arabe de Lyra m'a vraiment dérangé, je l'ai trouvé limite raciste, c'était gênant.

Bref, je suis vraiment allée de déception en déception, ce n'est pas du tout ce que j'attendais de ce que je pensais être la suite d'A la croisée des mondes. Et pour couronner le tout, le livre se termine juste avant que Lyra trouve ce qu'elle cherche pendant tout le livre. C'est rageant !!


La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits
22,00€ / 656 pages / 9782075093712

Nous sommes Bob T.1 – Nous sommes Légion

Sabine C.
, 25/11/2020 | Source : Lectures – Fourbis & Têtologie

de Dennis E. Taylor | ed. Bragelonne | 1/3 | Science Fiction | 382 pages Bob Johansson vient de vendre son entreprise d’informatique et a hâte de pouvoir enfin profiter de la vie. Tant de lieux à visiter, de livres à lire et de films à voir… Il est donc un peu injuste qu’il se… Lire la suite Nous sommes Bob T.1 – Nous sommes Légion

Chants du cauchemar et de la nuit – Thomas Ligotti

Vert
, 25/11/2020 | Source : Nevertwhere

Chants du cauchemar et de la nuit - Couverture

Je n’avais jamais entendu parler de Thomas Ligotti avant d’ouvrir ce livre, et pour cause ! À l’exception d’une ou deux nouvelles éparpillés, aucun ouvrage complet à son nom n’avait été édité en France, jusqu’à la sortie de ce présent recueil. Mais quand les éditions Dystopia décident de traduire un auteur, c’est général l’occasion de découvrir des trésors cachés, et cet ouvrage ne fait pas exception si vous aimez le genre fantastique.
 
Au menu de Chants du cauchemar et de la nuit, on trouve 11 nouvelles. On y rencontre des psychiatres confrontés à des phénomènes qui les dépassent, des entités malfaisantes, des rêves qui tournent au cauchemar, des enfants étranges, des personnages hantés ou manipulés et pas mal d’horreurs indicibles. Les amateurs de Lovecraft trouveront je pense leur bonheur dans ce recueil, surtout sur les dernières nouvelles.

Sans être une grande amatrice de ce genre de fantastique (j’ai l’impression qu’il me manque beaucoup de références pour apprécier toutes les subtilités des textes), j’ai trouvé cette lecture de ce recueil très intéressante. J’adore lire des nouvelles et Thomas Ligotti maîtrise clairement le format. Chaque texte est ciselé, avec une écriture très soignée et une angoisse qui s’installe petit à petit.

J’ai bien apprécié l’ambiance très onirique de l’ensemble des textes. Cette impression a d’ailleurs été accentuée par le fait que je me suis endormie directement après la lecture de chaque nouvelle, si bien que je devais la reparcourir le lendemain pour être sûre que je l’avais bien terminée !

J’ai aussi beaucoup aimé les modes de narration. On a parfois l’impression d’être transporté au XIXe siècle quand certains textes qui prennent la forme d’une lettre ou d’un dialogue. Suite à quoi on enchaine sur un récit qui interpelle le lecteur ou s’exprime à la deuxième personne, procédé qui a vite fait de mettre mal à l’aise.

Je ne vous ferais pas le tour des nouvelles car je pense qu’une partie du plaisir de cette lecture se trouve dans leur découverte. Je me contenterais d’évoquer brièvement mes préférées, celles qui quelques semaines plus tard résonnent encore chez moi.

Il y a la première, Petits jeux, et son psychiatre qui raconte sa journée de travail. Il y a aussi Le Chymiste, un récit dont le caractère horrifique est renforcé par sa narration particulière. J’ai aussi bien aimé L'Art perdu du crépuscule qui nous raconte l'histoire d'un enfant coupé du monde, Nethescurial, un récit très lovecraftien qui fonctionne bien, et enfin Conversations dans une langue morte, un texte idéal pour Halloween… une fois que tout le monde est allé se coucher !

Ce qui fait presque la moitié du recueil, c’est plutôt pas mal pour un recueil de textes de pas-trop-mon-genre de fantastique !

Chants du cauchemar et de la nuit est un recueil à découvrir si vous appréciez les nouvelles fantastiques. C’est superbement écrit, avec des ambiances aussi oniriques qu’angoissantes et une bonne dose d’entités mystérieuses et indicible.

Infos utiles :
Chants du cauchemar et de la nuit est un recueil de onze nouvelles de Thomas Ligotti paru aux éditions Dystopia en 2014. Les textes ont été choisis et traduits par Anne-Sylvie Homassel. Couverture de Stéphane Perger. 256 p.

D’autres avis : Au pays des Cave Trolls, Mes imaginaires, Quoi de neuf sur ma pile ?, Touchez mon blog, Monseigneur…, Un dernier livre avant la fin du monde
 

Alix Senator tome 1 : L'Esclave de Khorsabad

Anudar
, 25/11/2020 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar


Il me semble que ce nouveau tome d'
Alix Senator est arrivé en librairie assez vite après le précédent : faut-il y voir quelque effet secondaire du confinement ?
Résumé : 
Alix est à Ninive, au cœur de l'empire parthe où il compte bien des ennemis - en tant que romain et en tant qu'ancien esclave à Khorsabad... et voilà qu'il est enlevé par un potentat oriental qui, haïssant Rome et l'influence qu'elle entretient sur le roi Phraatès IV, a décidé de mener un complot convoluté. Alix est en effet l'un des derniers sur Terre à connaître le secret du fabuleux trésor de Sargon que l'on dit toujours caché à Khorsabad. Les hommes du seigneur Barzapharnès ne reculeront devant aucune ignominie pour le faire avouer... surtout lorsqu'ils réalisent que l'un de ses compagnons d'infortune éveille chez lui de très anciens souvenirs. Afin de sauver Rome et peut-être aussi sa vie, Alix n'a pas le choix : il devra se réfugier à Khorsabad... en espérant parvenir à tourner les maléfices de la ville en ruine contre ses ennemis du moment...
Revisitant toujours et encore les lieux de ses premières aventures, Alix revient à Khorsabad où Jacques Martin avait pour la première fois donné vie à son personnage le plus connu. Le jeune gaulois n'était alors qu'un esclave et son existence ne tenait qu'à un fil entre le pouvoir écrasant des chefs de guerre et la dureté de la vie en milieu hostile : rien ne lui permettait alors d'imaginer quel serait son destin - celui d'une vie passée à traîner ses sandales d'un bout à l'autre de l'Ancien Monde puis à devenir l'un des hommes forts de l'un des plus puissants Etats de l'Antiquité. Comme toujours dans la série Alix Senator, l'intrépide est devenu âgé mais son amertume et sa fatigue ne l'empêchent pas de prendre le parti des innocents et des faibles. Deux personnage concentrent ici son appétit de protection : une prêtresse égyptienne du nom de Tefnout égarée en Assyrie, et surtout un certain Monasès dont les traits - bien que marqués d'un vitiligo - évoquent dans la mémoire du lecteur (et donc sans nul doute aussi dans celle d'Alix) le visage du fidèle Enak. L'épisode et la rencontre, à la faveur d'une menace vitale, sont l'occasion pour Alix de se laisser aller à une certaine nostalgie pour son passé perdu - les auteurs allant jusqu'à suggérer que, peut-être, le vieux sénateur a pu même partager quelque moment de plaisir volé au temps avec le jeune Monasès.

La fatigue d'Alix est ici perceptible : cette fuite à Khorsabad est assez rocambolesque pour être au moins en partie manigancée, si bien que le chef de la troupe mercenaire qui l'a enlevé à Ninive n'est peut-être pas celui que l'on croit. Dans le duel de volontés qui s'annonce, Alix va se dévoiler un peu trop et se rendre plus vulnérable qu'on aurait pu le croire. Alix, étant jeune, se montait souvent méfiant : il est surprenant que son âge - qui témoigne de ses capacités de survie exceptionnelles en une époque troublée - n'ait pas augmenté ce penchant jusqu'à le rendre paranoïaque. Sinistre, L'Esclave de Khorsabad finit donc par le devenir : d'abord parce que l'on sent Alix en danger comme il ne l'a pas été souvent depuis le début de son existence... et ensuite parce que l'ennemi est aussi cruel que retors. Dans ces paysages enneigés, au milieu des ruines maudites, les vivants se dissimulent derrière les morts de plus d'une façon... et les morts dominent les vivants. Formant donc un cycle amer et magnifique avec La Forêt carnivore, cet album appelle à un renouvellement de la série toute entière : le titre de son successeur, Le Disque d'Osiris, laisse à penser que l'on pourrait en revenir aux thèmes du réalisme fantastique déjà explorés dans de précédents volumes. Le lecteur gardera toutefois dans sa tête un album très réussi, tragique et beau comme Les Aventures d'Alix peuvent l'être parfois : bravo !

La Première loi #1 Premier sang – Joe Abercrombie

OmbreBones
, 25/11/2020 | Source : OmbreBones

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Premier sang
est le premier tome de la trilogie la Première loi écrite par l’auteur anglais Joe Abercrombie. Publié chez Bragelonne au format poche, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 9.20 euros.

De quoi ça parle ?
L’Union a perdu sa grandeur d’antan et est menacée au nord comme au sud. C’est dans ce contexte incertain que le lecteur va suivre le destin de trois personnages : Logen Neuf-Doigts dit Neuf Sanglant, Nordique redouté et à raison. Le capitaine Jezal dan Luthar, noble de sang, escrimeur prometteur mais égoïste et fainéant ainsi que l’Inquisiteur Glokta, ancien héros de guerre revenu gravement estropié. Ces protagonistes vont se croiser grâce à Bayaz, le Premier des Mages, qui semble ourdir des plans pour l’avenir…

Un premier tome (très) introductif.
Introductif est l’adjectif qui convient le mieux pour qualifier Premier sang puisqu’en 717 pages (format poche) on ne peut pas dire qu’il se passe grand chose même si, paradoxalement, l’auteur met tout en place pour la suite, proposant des éléments a priori enthousiasmants.

Ici, donc, le lecteur se familiarise avec l’univers de la Première loi, un monde fantasy assez classique dans sa géographie et dans les peuples (tous humains) présentés. Concrètement, on y vit un tournoi d’escrime, on y voit quelques complots, on dénoue quelques mystères mais rien de bien grandiose ou de fondamentalement palpitant. On apprend également à connaître les personnages principaux et je dois avouer que ce sont eux qui incarnent, à mes yeux, le plus grand intérêt de ce roman en plus de tout le mystère qui plane autour de l’histoire du Créateur. Cette mythologie n’a rien de très original non plus à première vue toutefois elle est suffisamment bien amenée pour titiller ma curiosité.

Une fois la dernière page tournée, j’ai eu envie d’enchaîner sur le tome 2 pour savoir ce qui allait bien pouvoir leur arriver. Et heureusement qu’ils sont là puisque, comme je le disais, ce roman est assez introductif. Sans l’attrait ressenti pour les protagonistes, je n’aurais probablement pas été plus loin. Pas parce que le roman est mal écrit, mauvais ou que sais je mais simplement parce que je ne continue plus les sagas qui ne réussissent pas à suffisamment attiser ma curiosité.

Des personnages forts…
Le roman s’ouvre sur une course poursuite dans la forêt où Logen essaie de sauver sa peau face aux Shankas (un peuple étrange de prime abord) tentent de l’éliminer. Logen est un guerrier, un survivant. Il a tué beaucoup de gens dans sa vie, a un passif assez lourd mais on sent que l’âge l’a fait évoluer, l’âge et les épreuves probablement. Il a également la capacité de discuter avec les esprits même si ce don reste assez mystérieux (à quoi servira-t-il dans l’avenir ?) et rare dans cet univers.

Après Logen, place à Glokta qui est, sans hésitation, mon personnage préféré. Ancien héros de guerre, il a passé deux ans dans les geôles ennemies à être torturé avant qu’on ne le rende à l’Union. Il en a évidemment gardé des séquelles physiques importantes qui le laissent dans une souffrance perpétuelle. J’ai trouvé ce personnage fascinant puisqu’il incarne la chute d’un grand homme promis à un avenir brillant et qui ne baisse pas les bras pour autant. Son évolution au sein de ce tome est intéressante mais ce n’est pas la plus radicale…

Non, celle-ci revient au capitaine Jezal dan Luthar, stéréotype du noble arriviste qui a eu la chance d’être un peu doué pour l’escrime mais qui n’a pas forcément envie de fournir le moindre effort. Hautain, égoïste, un vrai con à qui on a envie de coller une paire de claques. Pourtant, à mesure que les chapitres avancent, le personnage s’épaissit, entame une évolution intéressante sur sa psychologie qui est assez prometteuse. À voir s’il continuera sur cette voie et ce que l’avenir lui réserve !

Et que dire de Bayaz, vu chaque fois par les yeux de quelqu’un d’autre ? Le Premier des Mages est l’un des seuls à user de magie dans les personnages rencontrés et on a du mal à lire en lui. Tantôt vieillard sympathique, tantôt homme irascible d’une puissance meurtrière (au point d’exploser – littéralement- ses ennemis), il est le moteur de tous les éléments esquissés dans Premier sang mais force est de constater qu’il entretient un peu trop bien le mystère autour de ses projets. En refermant ce roman, on n’en sait pas beaucoup plus qu’au départ.

… quasiment tous masculins.
C’est probablement un point qui va hérisser les lecteurs et lectrices potentiel(le)s puisqu’il n’y a quasiment aucune femme dans ce premier volume. La première avec une véritable importance apparait dans la seconde partie du roman en la personne d’une sauvage prénommée Ferro (qui m’a gonflée jusqu’aux derniers chapitres). La seule autre nommée qui a des dialogues est la sœur d’un ami de Jezal, Ardee, qui est plutôt atypique, mystérieuse, en souffrance et au sujet de laquelle on ne sait pas grand chose de concret en dehors des rumeurs qui peuvent courir. Le fait de ne la voir qu’à travers les yeux ou de Jezal ou de son frère joue assez pour entretenir ce sentiment d’indécision. Pourtant, ces deux femmes possèdent chacune un certain pouvoir, une puissance (brute pour Ferro, subtile pour Ardee), une influence non négligeable qui se renforcera probablement dans la suite. Du moins, je l’espère.

Sur un plan personnel, l’absence de représentation féminine ne m’a pas spécialement dérangée parce que je sais qu’en fantasy médiévale, c’est souvent comme ça et que c’est cohérent avec le type de société qui est représenté. Alors oui, on pourrait choisir de procéder autrement mais d’une, le roman est sorti pour la première fois il y a plus de quinze ans (l’air de rien les mentalités ont énormément évolué depuis donc je replace le roman dans son contexte) et de deux, les quelques portraits de femmes qui sont esquissés montrent que l’auteur ne les méprise pas, au contraire, du moins l’ai-je ressenti ainsi mais il faudra que cela se vérifie dans les tomes suivants. Si je le précise, c’est parce que je sais que ça compte beaucoup pour certain/es lecteur/ices donc il vaut mieux savoir dans quoi on s’engage.

Petit coup de gueule sur l’édition française.
Avant d’achever cette chronique je me dois de préciser un point qui m’a un peu agacée, à savoir le manque de relecture manifeste effectuée sur ce texte par la maison d’édition. Il reste un certain nombre de fautes, notamment sur les accords et même à certains moments, on a un mot à la place d’un autre. De plus, à plusieurs endroits, le saut de paragraphe est marqué en fin de page si bien qu’on ne comprend pas tout de suite qu’une ellipse a eu lieu au sein du récit. J’ai conscience que l’erreur est humaine mais pour une structure de la taille et de l’envergure de Bragelonne, je trouve ça très dommage qu’on ne fasse pas relire la maquette finale avant de l’envoyer à l’impression. Et malheureusement, ce n’est pas la première fois que cette mésaventure m’arrive avec un ouvrage de chez eux. Cela n’entame pas la qualité de l’écrit ni le travail de la traductrice mais je tenais tout de même à en parler.

La conclusion de l’ombre :
Premier sang est un tome très introductif pour le reste de la trilogie. Il s’agit ici de prendre ses marques avec l’univers et les personnages qu’on va suivre ainsi que de poser les premiers jalons d’une intrigue qui semble prometteuse. Ce sera à voir sur le long terme si tous les éléments mis en place par Joe Abercrombie tiennent la route et sont correctement exploités ! Heureusement, l’auteur pose des protagonistes suffisamment convaincants et intrigants pour me donner envie de découvrir la suite. Ce que je ne vais pas manquer de faire !

D’autres avis : Le culte d’ApophisBoudicca – l’ours inculte – Aelinel – vous ? (n’hésitez pas à vous manifester si j’ai loupé votre chronique !)

De la littérature de l'imaginaire sous le sapin !

Lune
, 25/11/2020 | Source : Un papillon dans la Lune

Christmas is coming !

Et oui Noël arrive pile dans un mois... On l'aura senti passer cette année 2020.

Je vous propose une liste de livres à offrir pour les fêtes, parce qu'on ne va pas se laisser abattre !

J'ai pioché dans mes lectures de 2020, avec des grands formats, et vous ajoute des livres remarquables, certains en grand format, et d'autres en poche pour un Noël un peu plus facile pour le porte-monnaie. Bisous licornes les amis !!

 POUR UN NOËL DANS LES ÉTOILES


Vers les étoiles de Mary Robinette Kowal
Apprendre, si par bonheur de Becky Chambers - novella
La trilogie du Problème à trois corps de Liu Cixin
(Le Problème à trois corps, La Forêt sombre, La Mort immortelle) - Tomes 1 et 2 dispo poche

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POUR UN NOËL PERDU DANS LE TEMPS


Terminus de Tom Sweterlitsch
Le Temps n'est rien d'Audrey Niffenegger - dispo en poche

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POUR UN NOËL UCHRONIQUE


Te souviendras-tu de demain ? de Zygmunt Miloszewski - dispo en poche
Célestopol d'Emmanuel Chastellière - dispo en poche
Mes Vrais enfants de Jo Walton - dispo en poche

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POUR UN NOËL EFFRAYANT


Au bal des absents de Catherine Dufour
Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson - dispo en poche
Bienvenue à Sturkeyville de Bob Leman

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POUR UN NOËL EN FANTASY ORIGINALE


Un long voyage de Claire Duvivier
La trilogie d'Une Nuit d'hiver de Katherine Arden
(L'Ours et le rossignol, La Fille dans la tour, L'Hiver de la sorcière) - Tome 1 dispo en poche
Vita nostra de Marina et Sergueï Diatchenko

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POUR UN NOËL EN NOUVELLES

Contes de sages d'autres mondes et d'autres temps de Pierre Bordage
La Ménagerie de papier de Ken Liu - dispo en poche

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POUR UN NOËL INCLASSABLE

 

Le Livre de M de Peng Shepherd
Les Miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino
[anatèm] de Neal Stephenson

Et vous, des idées cadeaux ?

[Chronique] Le Fort intérieur et la sorcière de l’île Moufle, de Stella Benson

Sometimes a book
, 25/11/2020 | Source : Sometimes a book

Le Fort intérieur
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« Je trouve que bien des gens n’arrivent pas à utiliser le mot « fondu » sans y ajouter « comme neige au soleil ». Ces personnes ont l’esprit confus, comme un jardin semé d’un tas d’expression dans le vent. Le dragon avait d’ailleurs dit « à quel point », sans pour autant qualifier le point en question ; un manque de précision qui expliquerait son problème d’autorité. »


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Le Fort intérieur et la sorcière de l’île Moufle
Autrice :
Stella Benson
Illustration : Anouck Faure
Traduction : Faustine Lasnier
Éditeur : Callidor
Genre : Fantasy
Date de parution : 15 octobre 2020 (initialement 1919)
Nombre de pages : 267
Prix : 19 €
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Synopsis
Le regard sans cesse accroché au ciel, constellé de bombes allemandes, Sarah Brown n’a pour toute richesse que sa valise, baptisée Humphrey, de bonnes intentions et une bienveillante inefficacité… Mais lorsqu’elle croise la route du fidèle Harold, un balai égaré par une sorcière londonienne, c’est pourtant bien à elle qu’il incombe de le restituer à sa propriétaire. Avec son chien David, Miss Brown découvre alors l’île Moufle, nichée entre la Forêt Enchantée et la Commune de la Faërie, où se dresse une petite maison curieusement nommée « le Fort Intérieur »…

MON avis

Un mot sur ce roman et sur la maison d’édition

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Callidor qui ont gentiment accepté de m’envoyer ce roman. Si vous ne la connaissez pas, cette petite maison d’édition possède une collection nommée « L’âge d’or de la fantasy » dans lequel ils rééditent des auteurs « oubliés » de fantasy, ceux qui ont contribué à l’émergence de ce genre littéraire bien avant des auteurs comme Tolkien. Stella Benson fait partie de ces auteurs. Elle a publié Le Fort Intérieur en 1919 sous le titre Living Alone

Je tiens à saluer la qualité d’édition de cet ouvrage qui est ponctué de très jolies illustrations et est doté d’une postface contenant une petite analyse de cette œuvre et d’une biographie de Stella Benson. 

Une satire sociale

Le Fort intérieur est un récit très étrange dans lequel on suit Sarah Brown dont la vie va être bouleversée par sa rencontre fortuite avec une sorcière. Cela l’amène à découvrir, le fort intérieur, un monde complètement à part en plein cœur de Londres. Ce roman se construit plutôt sous la forme de petite scénettes que via une vraie trame linéaire, même si le roman suit un ordre chronologique. Chaque chapitre présente ainsi une situation différente mettant en avant Sarah Brown ou bien la sorcière elle-même. Ainsi certains chapitres sont plus intéressants que d’autres, mais le roman dans son ensemble offre un bon divertissement et surtout une vision très intéressante de ce Londres en pleine Première Guerre mondiale sous couvert de satire sociale

A l’instar de Terry Pratchett plus tard, Stella Benson se sert de l’humour et de l’absurde pour construire cette satire sociale. On suit des personnages socialement inadaptés à la société de l’époque qui se retrouvent dans un monde à part où tous les codes sont bouleversés. On se retrouve confronté aux pensées les plus étranges des personnages, on les voit commettre des actes qu’on a parfois beaucoup de mal à comprendre. Les personnages et les situations donnent un aspect très étrange au roman, qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais qui donne une forte identité au récit. Finalement, Le Fort intérieur est la métaphore de la vie intérieur de ces personnages qui va être décryptée au cours du récit. Ce qui est particulièrement intéressant est que l’autrice déconstruit tous les clichés liées aux contes et aux personnages fantastiques que l’on peut encore trouver aujourd’hui dans les romans de fantasy. Ainsi la sorcière est très loin de ce qu’on pourrait attendre d’un tel personnage. Le récit met également en scène en dragon qui loin d’être puissant et charismatique est plutôt timide et effacé.

Le Londres de la Première Guerre mondiale

Stella Benson a écrit ce roman au sortir de la première guerre mondiale et celle-ci a énormément influencée son écriture. En effet, ce roman se déroule à Londres pendant cette fameuse guerre et c’est donc forcément une thématique qui revient dans le récit. Ce sujet revient donc beaucoup dans les conversations des personnages et certains chapitres dépeignent même des scènes de guerre tels que des bombardements. Mais encore une fois, l’autrice nous prend à contrepied en jouant avec l’ironie donnant à cette guerre un aspect incongrue et absurde.  

Malgré le fait que ce roman ait été écrit dans les années 20, j’ai trouvé qu’il n’avait pas du tout vieilli et qu’on aurait pu l’écrire à notre époque. Bien sûr, le roman est parsemé de références liées à l’Angleterre de l’époque que ce soit des célébrités de l’époque ou des marques qui existaient vraiment (et existent peut-être toujours ?), ce qui le rend extrêmement vivant. Le mélange entre ce Londres ancré dans le réel et cet endroit inventé qu’est le Fort Intérieur accentue cette étrangeté que l’on ressent à le lecture du roman. Difficile de savoir où on a mis les pieds en commençant cette lecture et cette impression perdure jusqu’à la fin. Une lecture très atypique en soi, mais dans le bon sens du terme et je suis contente de voir ce genre de titres être finalement traduits ! 


Conclusion


Le Fort Intérieur est un récit mélangeant le réel et le fantastique en introduisant un monde féérique en plein cœur de Londres. L’autrice joue sur cet univers étrange, sur des situations incongrues et des personnages socialement inadaptés pour construire une satire sociale très réussie. Le récit se déroule durant la Première Guerre mondiale et aborde donc le thème de la guerre, mais de manière assez ironique et absurde. De la même manière, les différents personnages ont un caractère à l’opposé de ce qu’on pourrait attendre d’eux déconstruisant habilement les clichés de la fantasy.

Bonne lecture

CR Adventures in Middle-Earth : Marteaux et enclumes (03)

Nébal
, 25/11/2020 | Source : Welcome to Nebalia

Suite de notre campagne d’ Adventures in Middle-Earth ! Nous alternions jusqu’à présent la Mirkwood Campaign et les Eriador Adventures , mais nous intégrons maintenant aussi les Erebor Adventures dans l’équation... Si vous souhaitez remonter au début...