The Sandman act I & II

Cédric Jeanneret
, 25/10/2021 | Source : Reflets de mes lectures

Je  n’avais jamais lu le célèbre comics The Sandman c’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancé, l’année dernière déjà, dans l’écoute de son adaptation audio. Une adaptation qui tient plus de la pièce radiophonique (bruitages, plusieurs voix, musique) que du roman audio d’ailleurs.

Les deux actes parus jusqu’à aujourd’hui adaptent les arcs des volumes 1 à 6 (trois volumes par acte). Je les ai écouté en version anglaise mais les retours lus sur les versions francophones (acte 1, l’acte 2 sort prochainement)  sont bons également.

Et effectivement cette adaptation est passionnante. Aussi bien le choix des voix et le bruitage que l’histoire. Se déroulant dans l’univers des supers-héros DC (Batman,  Superman, Wonder-Woman …), l’auditeur est invité à suivre les aventures du Sandman, un être qui est à la fois la personnification des rêves et le Rêve lui même. C’est un Éternel, un membre d’une fratrie présente depuis le début de l’univers et qui sera encore là à la fin de celui-ci.

Lorsque débute l’histoire, Morphée, le Sandman, est emprisonné par un mage humain durant plusieurs décennie et, à sa libération dans les années 80, il se lance à la recherche de ses trois artefacts (un bijou, un casque et un sac de sable) qui lui ont été volés. Suit ensuite plusieurs histoires mettant en scène la personnification du rêve dans ses divers taches et offices.

Le tout forme une histoire passionnante qui se laisse écouter avec plaisir. Franchement jeter y une oreille vous ne le regretterez pas.

Bangkok Déluge - Pitchaya Sudbanthad

Gromovar
, 25/10/2021 | Source : QUOI DE NEUF SUR MA PILE ?


« Krungthep mahanakhon amon rattanakosin mahintara ayuthaya mahadilok phop noppharat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amon piman awatan sathit sakkathattiya witsanukam prasit » : ville d'Asie, capitale de la Thaïlande. Aussi connue sous le nom de Bangkok.

C'est dans la ville tentaculaire de ses origines que nous transporte Pitchaya Sudbanthad pour son premier roman, "Bangkok Déluge".


De la fin du XIX siècle au futur proche, Sudbanthad donne à voir, à entendre, à sentir, une ville monstre aussi fascinante qu'on cobra cracheur. Autour d'un site qui persiste d'un moment de la ville à l'autre, d'une maison qui fut mission chrétienne avant d'être une belle demeure et devint ensuite l'annexe d'un immeuble de grande hauteur, l'auteur déroule l'écheveau des vies qui en sont proches, au cœur d'une ville qui est le personnage principal du roman. Une ville que je n'avais pas lue aussi bien décrite depuis La fille automate de Bacigalupi.


La Bangkok de Sudbanthad est parfumée, pleine d'odeurs d'épices et de feux. Elle est bruyante, animée, parcourue par une population immense qui la traverse en tous sens au milieu du son des cornes de brume et des appels tonitruants des marchands qui vendent produits alimentaires ou objets artisanaux. Elle est surtout humide, très humide. A Bangkok, construite dans le delta du fleuve Chao Phraya, l'eau est partout visible, partout audible, partout accessible. Elle irrigue la ville comme le sang le fait d'un être vivant, elle la menace sans cesse d'effondrement, elle forme les chemins qu'empruntent les Bangkokiens, elle pourra, un jour, anéantir la ville.


Dans la Bangkok de Sudbanthad, le surnaturel est toujours présent dans l'esprit des habitants. Les fantômes, les esprits, les ancêtres, ont une vie « réelle » à côté d'eux. Quand au karma, il imprègne tant cette population bouddhiste que le bilan des bonnes et mauvaises actions est tenu dans tous les inconscients et dans nombre de consciences aussi. Si le roman ne lorgne jamais du côté du fantastique – il se « termine » même sur une ouverture SF – il est bien clair que, pour les thaïlandais qui habitent la ville, le monde des esprits se tient juste derrière le voile. Et ceci malgré les efforts des missionnaires chrétiens, malgré ceux en tout cas de Phineas Steven, médecin venu en mission apporter soins médicaux et rationalité occidentale aux autochtones avant de se laisser submerger par l'altérité radicale de la ville.

Bangkok est une ville double où cohabitent vivants et esprits. Voilà pourquoi, longtemps après et en dépit des espoirs d'Occidentaux pétris de rationalisme comme Phineas, le pianiste de jazz Ckyde Jambes-Folles joua un soir contre rétribution pour apaiser les esprits du pilier dans la maison d'une femme riche.


Bangkok est aussi une ville qui pousse ses habitants à une compétition féroce. S'il est possible à force de talent et de chance de s'élever socialement, comme le docteur Wanich le fit – avant sa patiente Mai –, pour beaucoup, moins chanceux, les études sont trop longues et trop coûteuses pour espérer s'éloigner beaucoup de sa classe sociale d'origine, d'autant que les antagonismes ethniques entre citadins et campagnards s'ajoutent aux ségrégations sociales.


Enfin, Bangkok est aussi un lieu politique et historique. La capitale d'un Etat (l'ancien Siam) qui abandonna en 1932 la monarchie absolue sans jamais entrer dans une situation démocratique satisfaisante. Coups d'Etat et violences politiques sont le lot d'une ville qui se situe, évidemment, à l'épicentre des convulsions politiques d'un régime thaï structurellement instable entre forces militaires répressives et tentations révolutionnaires. C'est à Bangkok qu'eut lieu, entre autres exactions, le massacre de l'université Thammasat, un événement traumatique qui ne passe pas et dont l'onde de choc atteindra même le Japon des années plus tard. C'est là, dans ce lieu et à ce moment, que la vie de Nee changea et qu'elle devient la femme qu'elle serait toujours ensuite.


Et puis il y a l'étranger, où on part et dont on revient. Y vit, ici ou là, une diaspora thaïlandaise qui ne peut jamais complètement faire son deuil de la ville, de ses odeurs, de sa cuisine, de l'eau qu'on trouve partout et des animaux qui y pullulent même si l'emprise de la ville moderne les chasse toujours plus loin. Jusqu'à ce que la nature – ou plutôt sa dégradation par l'homme – rattrape la ville sous la forme d'inondations catastrophiques qui ne cesseront jamais de s'aggraver avec la montée du niveau des mers jusqu'à un avenir encore plus dur et inégalitaire que le présent ne l'est.


Cette ville tentaculaire de 16 millions d'habitants, Sudbanthad la décrit dans une langue magnifique, un langage amoureux et soutenu qui dit l'affection qu'il a pour elle en dépit de ses défauts. Il la fait vivre à travers les destins croisés de nombreux personnages qu'on voit évoluer au long de leurs vies, d’échecs en opportunités et de chagrins en soif de vivre. Avec une belle humanité, Sudbanthad raconte ces vies heurtées mais jamais solitaires, ces vies qu'entourent des familles – pour le meilleur et pour le pire – et qui, toutes, s'acheminent vers la vieillesse et la mort. Les humains passent, la ville reste. Bangkok abides aurait pu dire George Stewart, même la prévisible montée des eaux ne peut l'anéantir complètement. La transformer, oui, l'amputer, sans doute, mais il en reste assez, elle est toujours là, même sous une forme qu'on peine à reconnaître.


C'est donc autant un hymne à une ville qu'une réflexion sur la vie, le destin, et la mort que propose Sudbanthad dans "Bangkok Déluge". Car si les vies qu'il raconte – et dont je n'ai ici qu'effleuré la variété et la consistance – ont toutes pour écrin la ville de Bangkok, si les hauts et les bas du destin des hommes semblent si fortement synchronisés aux battements de cœur de la ville, aucune de ces vies n'est anecdotiques pour autant. Aucun des nombreux personnages croisés n'est un figurant, chacun est ciselé, chacun évolue, chacun tente de vivre et de vivre bien, en dépit ou grâce à ce que les dés de la chance lui ont donné. C'est la grande force du roman, faire vivre en parallèle et avec la même intensité un lieu et les êtres qui y sont liés.


Bangkok Déluge, Pitchaya Sudbanthad

Vertèbres de Morgane Caussarieu

Célinedanaë
, 25/10/2021 | Source : Au pays des cave trolls

Vertèbres est le premier roman de Morgane Caussarieu publié par Au Diable Vauvert. L’autrice a auparavant publié plusieurs romans sur le thème des vampires chez Mnémos et Actusf. Elle a également signé un remarquable essai Vampires & Bayous . Elle change cette fois de sujet en s’intéressant à une autre créature mythique.

De quoi ça parle?

En 1997 à Vieux-Boucau-les Bains, dans les Landes, Jonathan, 10 ans a été enlevé. Les seuls témoignages sont ceux de Sasha et Brahim qui décrivent une camionnette et une étrange femme à barbe. L’inquiétude monte dans la station balnéaire et surtout pour Marylou, la mère de l’enfant. Mais une semaine plus tard, Jonathan est retrouvé sur une aire d’autoroute. Pourtant, ses proches peinent à le reconnaitre. En effet, Jonathan ne parle plus, a une vilaine blessure au torse, a énormément maigri et visiblement une vertèbre supplémentaire est apparue.

Le cadre

L’histoire se déroule dans un village des Landes où il y a peu d’habitants durant l’année, mais que les touristes investissent durant l’été au point de rendre les lieux méconnaissables. Les enfants ont de quoi s’occuper dans la nature avec la plage, un lac, un ruisseau. Mais on en a vite fait le tour et Sasha ne rêve que de quitter ce trou perdu quand elle sera plus grande. Elle rêve de profonds changements, mais pour le moment est perturbée par ce qui arrive à son meilleur ami Jonathan.

Quand Sacha pense à l’avenir, elle pense à maintenant. En effet, cette histoire se passe en 1997. Morgane Caussarieu nous offre un 1997 plus vrai que nature (elle avait le même âge que Sacha, Jonathan et Brahim cette année là). On n’a aucun mal à revivre cette époque avec toutes les références pop-culture de l’époque, aux publicités, à la nourriture, à la musique. Sacha possède un tamagochi, Brahim adore les livres de la collection « chair de poule » et s’en sert pour essayer de comprendre ce qui arrive à son ami. Tous ces éléments ont beaucoup d’importance dans l’histoire, que ce soit le village perdu ou l’époque. Ils servent à créer une atmosphère bien particulière, ont un petit côté nostalgique, et permettent de mieux comprendre les sentiments des personnages.

La narration

Dans le roman, tout tourne autour de Jonathan et de ce qui lui arrive, pourtant il n’a pas la parole dans le récit. L’histoire est raconté par deux personnages et de deux manières bien différentes. Tout d’abord Sasha, l’amie de Jonathan, qui écrit dans son journal à la première personne du singulier. Ensuite, c’est Marylou, la mère de Jonathan qui raconte en se parlant à elle-même à la deuxième personne du singulier. Morgane Caussarieu adapte son style à chacune des narrations de superbe manière se faisant tour à tour crue, sensible ou naïve.

On découvre le quotidien de Sasha, qui est loin d’avoir la vie facile tout comme ses deux amis avec qui elle forme le club des loosers. Sasha apparait attendrissante, courageuse, livrée à elle-même la plupart du temps et en proie à de grands bouleversements dans sa vie d’enfant. J’ai beaucoup aimé la narration de Marylou qui permet de se rendre compte de manière subtile de la réalité de ce personnage trouble de mère trop protectrice, trop présente, trop aimante.

Le livre est un roman horrifique par plusieurs aspects. Par son thème lié au loup-garou tout d’abord, puis par ses thématiques. Et c’est vraiment glaçant par moments, plus pour l’horreur humaine qui est décrite d’ailleurs. Certains passages sont violents, parfois un peu glauque mais toujours parfaitement écrits avec beaucoup de justesse dans le ton. L’autrice y parle de thématiques fortes et pas faciles comme la fin de l’enfance, la puberté et les transformations du corps, la parentalité et le genre.

Vertèbres est ainsi un roman qui ne plaira pas forcément à tous mais que j’ai trouvé brillant à plus d’un titre, à commencer par son écriture. Morgane Caussarieu n’a pas son pareil pour parler de la fin de l’enfance, de l’enfance maltraitée et des monstres qui sommeillent en nous.

Autres avis: Quoi de neuf sur ma pile,

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En numérique

Autrice: Morgane Caussarieu

Édition: Au diable Vauvert

Parution: 07/10/2021

1997. Petite station balnéaire des Landes. Jonathan, dix ans, vient d’être kidnappé. On le retrouve une semaine après sur une aire d’autoroute. Sa mère peine à le reconnaître : bien des choses ont changé en lui, la plus déroutante étant l’apparition d’une vertèbre supplémentaire…

Morgane Caussarieu revisite les années 1990 comme Stephen King le faisait avec Ça pour les années 1960. Entre Stranger Things et un Chair de poule pour adulte, culture horrifique débridée et métaphore sur la transformation du corps et la sexualité, elle signe son livre le plus ambitieux.

Les chroniques de Méduse, de Stephen Baxter & Alastair Reynolds

Herbefol
, 25/10/2021 | Source : L'affaire Herbefol

Si l’on regarde les auteurs dont je parle le plus fréquemment sur ce blog, on devrait voir passer les noms de Stephen Baxter et Alastair Reynolds, deux des grands noms de la science-fiction britannique. Aussi, lorsque j’ai vu qu’ils devaient écrire un ouvrage en collaboration, je n’ai pas hésité à en faire l’acquisition. D’autant plus … Continuer la lecture de « Les chroniques de Méduse, de Stephen Baxter & Alastair Reynolds »

Les Chevaux Célestes – Guy Gavriel Kay

Xapur
, 25/10/2021 | Source : Les Lectures de Xapur

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Il y a 4 ans, je me rendais à Nantes, aux Utopiales (compte-rendu à lire ici) , dont l’invité d’honneur cette année-là était le canadien Guy Gavriel Kay. J’en avais entendu parler mais sans rien lire de lui, et j’ai assisté à une conférence très intéressante où il parlait notamment de son rapport à l’histoire. Kay revisite en effet certaines périodes historiques et y ajoute un soupçon de fantastique ou de magie, mais cela reste (si j’ai bien suivi) très léger. Lors d’une séance de dédicaces qui suivait, j’ai choisi d’acheter Les Chevaux Célestes qui avait de très bons retours et me permettait de sortir de ma zone de confort en partant visiter la Chine antique. Une période historique que je ne connais quasiment pas et une région qui inspire assez peu les romanciers de fantasy par rapport à la satanée Europe médiévale.

Résumé

(source éditeur)

On donne à un homme un coursier de Sardie pour le récompenser immensément. On lui en donne quatre ou cinq pour l’élever au-dessus de ses pairs, lui faire tutoyer l’élite – et lui valoir la jalousie, parfois mortelle, de ceux qui montent les chevaux des steppes. L’impératrice consort du Tagur venait de lui accorder deux cent cinquante chevaux célestes. A lui, Shen Tai, fils cadet du général Shen Gao, en reconnaissance de son courage, de sa dévotion et de l’honneur rendu aux morts de la bataille du Kuala Nor.

 » On me tuera pour s’en emparer. On me réduira en charpie pour mettre la main sur ces chevaux avant même que j’aie regagné la capitale.  »

Deux cent cinquante sardiens, introduits par son entremise dans un empire qui éprouvait pour ces montures un désir insatiable, qui gravait à leur image des blocs de jade et d’ivoire, qui associait les mots de ses poètes au tonnerre de leurs sabots mythiques. Le monde vous offre parfois du poison dans une coupe incrustée de pierreries, ou alors des présents stupéfiants. Il n’est pas toujours facile de distinguer l’un de l’autre.

Il est une forme de fantasy dont le Canadien Guy Gavriel Kay est le maître incontesté. Entre la Provence médiévale de La Chanson d’Arbonne, l’Espagne de la Reconquista des Lions d’Al-Rassan, l’empire byzantin de La Mosaïque de Sarance, il revisite l’histoire sous une coloration fantastique et l’imprègne de son lyrisme mélancolique si particulier. Les Chevaux célestes s’inspire de la Chine du Ville siècle sous la dynastie des Tang.

Editeur : L’Atalante – Traduction : Mikael Cabon – Date de parution : 19/06/2014 – 654 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Guy Gavriel Kay est né en Saskatchewan, au Canada, en 1954. Après des études de philosophie, il séjourne en Angleterre et travaille avec Christopher Tolkien sur l’édition posthume du Silmarillion de J. R. R. Tolkien. De retour au Canada, il poursuit des études de droit à l’université de Toronto et devient avocat au barreau d’Ontario en 1981. Scénariste de The Scales of Justice, une série produite par le réseau anglais de Radio Canada, G. G. Kay publie en 1984 La Tapisserie de Fionavar, trilogie de fantasy écrite en réaction à la dégradation du genre, qui rencontre un succès immédiat. Ont suivi Tigane, La Chanson d’Arbonne et Les Lions d’Al-Rassan, trois romans de fantasy historique, inspirés respectivement de l’Italie, de la France et de l’Espagne de l’époque médiévale. G. G. Kay est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains majeurs de fantasy. Il vit actuellement à Toronto.

Mon avis

Comme dit plus haut, je ne connais que peu la Chine (antique ou pas, d’ailleurs) mis à part, comme tout le monde, un minimum d’informations qui est parfois déformé par le regard occidental qu’on peut porter dessus. Alors bien sûr, l’action de Les Chevaux Célestes ne se déroule pas en Chine, mais Kay s’en est tellement inspiré que le lecteur n’en est pas dupe (et d’ailleurs l’auteur ne cherche en fait pas à faire croire autre chose). Classé en fantasy, l’oeuvre en relève très peu, avis donc aux amateurs de boules de feu et autres épées magiques, vous ne les trouverez pas ici et les dragons, s’ils sont présents dans le folklore chinois, ne sont pas des créatures mythiques ! Et quand je parle d’action, là aussi, il ne faut pas s’attendre à des pages et des pages de combats épiques car s’il y en a bien quelques scènes, elles ne sont pas au coeur du récit, tant la violence passe plutôt par des dialogues acérés ou des actes plus banals mais tout aussi décisifs.

Direction donc un empire glorieux, la Kitai (la Chine), où le jeune Shen Tai est en deuil de son père, le général Shen Gao. L’honneur et la tradition lui commandent d’honorer la mémoire du défunt et il le fait en se rendant sur le site d’une bataille que la paternel a mené contre le royaume voisin, le Targur (Tibet). Là gisent des milliers de cadavres à qui Shen Tao entreprend de commencer à donner une sépulture décente. Son action, connue et respectée de tous, parvient aux oreilles de l’impératrice du Targur, qui se trouve être une princesse de Kitai, « mariée diplomatiquement » à l’ancien ennemi. Et comme les puissants disposent de ressources illimitées et sont déconnectés de la réalité du petit peuple, elle offre 250 chevaux à Shen Tao. Un cadeau qui pourrait paraître, certes généreux mais assez banal par ailleurs. Sauf qu’en Kitai, ces chevaux, venus de la Sardie voisine, ont une valeur immense, dans un pays où les distances sont immenses et où les races équestres locales sont loin de rivaliser avec ces chevaux « célestes » donnant également un avantage décisif à l’armée.

Que faire de ce cadeau que Shen Tao, forcément, ne peut pas garder pour lui ? L’offrir au plus offrant ? Suivre l’honneur et le donner à l’empereur de Kitai ? Shen Tao va se retrouver l’objet de toutes les convoitises entre les factions qui sont au pouvoir et celles qui aimeraient s’en approcher – ou s’en emparer. Et il va déjouer de justesse une tentative d’assassinat alors même que la nouvelle du don qu’il a reçu ne s’est pas encore répandue…

Je n’en dévoilerai pas plus mais j’ai vraiment apprécié cette plongée dans un univers ancien où le fantastique est plus présent par les légendes et les superstitions qu’en « réalité » (on peut compter sur les doigts d’une demi-main les scènes ou personnages qui relèvent vraiment de l’Imaginaire !). Ainsi, la société médiévale locale est décrite avec précision. Les nobles sont souvent implacables et n’hésitent pas à faire bastonner leurs serviteurs (enfin, les chanceux, ceux à qui on ne demande pas de s’ôter la vie…). L’honneur et la tradition sont omniprésents, de même que les arts, à commencer par la poésie – d’ailleurs un proche du héros est un poète – ou la musique (la plupart des femmes jouent du pipa, le luth chinois et les hommes se pâment à les écouter jouer et chanter, tout en sirotant force boissons alcoolisées).

D’ailleurs, les personnages féminins ont des caractères forts, et manœuvrent souvent les hommes dans l’ombre, que ce soit en les charmant (avec mention spéciale à la jeune et troublante impératrice, une des plus belles femmes au monde) ou par leurs actions, comme la soldate qui va accompagner Shen Tao et se révéler pleine de surprises, et pas toujours bien docile ! Si elles sont souvent considérées comme des objets ou des outils par les hommes, elles trouvent parfois un moyen d’influer sur leur destin ou de se venger. J’adresse aussi une mention spéciale aux dialogues ciselés, je me suis en effet repris plusieurs fois à les relire pour être sûr de bien comprendre les subtilités que Kay y avait glissé, c’est en effet un régal avec une économie de moyens qui atteint la perfection.

Vous l’aurez compris, j’ai été conquis par ce roman et me suis régalé avec les plus de 600 pages de cette histoire, d’autant que L’Atalante l’accompagne d’une édition agréable avec une superbe couverture à rabats et un beau papier épais. Je n’ai maintenant qu’une hâte, relire du Guy Gavriel Kay. S’il existe bien une « suite » qui se déroule des centaines d’années plus tard, je me pencherai plutôt dans un premier temps sur les plébiscités Lions d’Al-Rassan.

D’autres avis

Le Culte d’ApophisAlbédo blogLorhkanLe Bibliocosme (Boudicca) – L’Ours Inculte – …

Symphonie atomique, Étienne CUNGE

lenocherdeslivres
, 25/10/2021 | Source : Le nocher des livres

«N’oubliez pas notre baseline : soyez écoresponsable, suicidez-vous. » C’est le mot d’ordre proposé par Radio Collapse, la fréquence de la fin du monde. Car ça y est, les prévisions les plus noires se sont réalisées. Notre apocalypse est advenue, avec l’arrivée des plaies qui ont frappé la Terre les unes après les autres. On n’en est pas encore à la septième, mais la planète a bien morflé : inondations, tempêtes, sécheresses. Malgré cela, les différents blocs de pays se hérissent encore sur leurs positions respectives, laissant planer la menace d’une guerre atomique.

Un avenir effrayant de réalisme

Ce qui m’a marqué, en premier, dans ce roman, c’est le réalisme des situations présentées. On s’y croirait, hélas ! Les scènes décrites par Étienne Cunge paraissent tout droit sorties d’un avenir que nous promettent les scientifiques qui étudient le réchauffement climatique et que remettent en question nombre de personnes, renchérissant ainsi le risque que ce futur advienne. Et les scènes sont décrites d’une manière très réaliste. Trop par moments, devrais-je dire, tant elles peuvent angoisser. Si, comme je le pense, le propos de l’auteur était de nous envoyer une grande baffe afin que la prise de conscience soit enfin effective, c’est réussi. Je me suis vu, dans quelques décennies, sur cette planète en grande partie dévastée, sans réel espoir d’une amélioration significative. Et je dois dire que c’est assez terrifiant.

Un thriller haletant

Mais Symphonie atomique n’est pas qu’un roman engagé. Loin de là. C’est avant tout un thriller de haute tenue, qui tient son lecteur par le bout du nez du début à la fin. Étienne Cunge connaît son affaire en matière de personnages et de rythme de narration.

Les personnages, tout d’abord, sont assez nombreux pour apporter une complexité nécessaire à l’intrigue, sans pour autant demander de faire des fiches pour s’y retrouver. D’ailleurs, ils sont suffisamment bien caractérisés pour être reconnaissables au premier coup d’œil même si, comme moi, vous éprouvez quelque difficulté avec les prénoms. On trouve de quoi s’attacher, de quoi haïr aussi. Car les motivations sont ancrées dans la chair de ces femmes et de ces hommes marqués par une vie difficile, sans beaucoup de choix tant les éléments ont repris le pouvoir et qu’il ne reste plus grand-chose à espérer. Ils doivent, s’ils désirent encore exister en tant qu’individus, accomplir des actions fortes, voire folles. Mettre leur vie dans la balance. D’où les réactions fortes que l’on ressent en leur présence.

Le rythme, ensuite. Comme souvent, on passe d’un personnage à un autre en changeant de chapitre. Chapitres tous initiés par un extrait de Radio Collapse donnant un exemple de vie dans cet avenir qui pourrait être le nôtre. Et l’action est au rendez-vous. Car nous sommes en pleine crise politique mondiale. Les intérêts de plusieurs groupes visent à déstabiliser l’ordre précaire qui permet à la planète de ne pas sombrer dans le chaos. Quatre grands blocs se partagent le pouvoir : les États-Unis, repliés sur eux-mêmes, sous la férule d’un clone (enfin, pas un vrai clone, mais quelqu’un qui a le même type de comportement) de Donald Trump ; les Russes, toujours aussi adeptes du secret, même aux dépens de la vie de leurs compatriotes ; les Chinois, commerçants aux espions efficaces et habiles négociateurs, pour qui la vie humaine compte peu ; les Européens, sous le coup d’une sorte de dictature écologiste, qui tentent de vivre avec le plus petit impact sur la planète. Et les autres me direz-vous ? Eh bien, comme ils ne possèdent pas d’armes nucléaires flottant dans l’espace, ils peuvent se taire ! Car le nucléaire a été relégué dans l’espace où trônent quatre bases spatiales, une par grande puissance. Le célèbre équilibre de la terreur, venue du ciel lointain cette fois-ci.

Un grain de sable dangereux

Nous sommes donc plongés dans un monde en plein bouleversement, puisque un cinquième (voire un sixième) groupe tente de tirer son épingle du jeu. Et son plan est plutôt futé, quoique complètement cinglé. Et terriblement meurtrier. Je n’en dirai pas plus, car une partie du plaisir de la lecture de Symphonie atomique consiste à découvrir les tenants et aboutissants de ce monde ainsi que les manœuvres mises en œuvre. Et surtout, par qui. Car les pions sont multiples et ne réagissent pas tous comme prévu. Ce qui amène à des situations incroyablement dangereuses et complexes à souhait. Et angoissantes. Mais je me répète…

Je ne saurais trop conseiller la lecture de Symphonie atomique, car ce roman m’a touché et diverti. J’ai été happé par l’intrigue, estomaqué par la force de l’évocation d’un futur redouté, convaincu par le réalisme des personnages. Un très bon moment, donc. Une très belle découverte.

Présentation de l’éditeur : «N’oubliez pas notre baseline : soyez écoresponsable, suicidez-vous. » Le monde d’après s’effondre. Malgré l’odeur de fin des temps, des restes de civilisations subsistent, au bord du chaos, et chacun lutte pour donner du sens à sa vie. Les quatre modèles des puissances atomiques, aux abois, dominent cette désolation et se confrontent, prêts à en découdre : ultra-capitalisme américain, écologisme européen, nationalisme russe et totalitarisme social chinois. Dans ce climat délétère, l’équilibre ne tient plus qu’à un fil, sur le point de rompre. Parmi le concert des forces nucléaires spatiales, l’Europe en Transition fait figure de naine. Pour autant, alors qu’émerge une crise dans la crise, le sort de l’humanité va peut-être dépendre des décisions de deux de ses membres, que rien ne prédisposait à cela : Juan et Agathe. Dans cette nouvelle ère, à l’Europe reconfigurée et où l’espace constitue le terrain névralgique des conflits, leurs actes vont faire écho à l’étrange soulèvement en cours dans les steppes d’Asie centrale – sous le commandement du jeune Ashkat –, et les confronter à l’énigme qu’incarne Ulan Moltov, l’âme de la rébellion, le cœur du jeu de poker à grande échelle qui débute.

Critic – 1er octobre 2021 (roman inédit– 429 pages – 23 euros)

Merci aux éditions Critic pour ce SP.

D’autres lectures : Le chien critique, Gepe, SyFantasy, Fantasy à la carte,

Citadins de demain | Tordre les règles en sa faveur

Tigger Lilly
, 25/10/2021 | Source : Le dragon galactique

Citadins de demain est un roman écrit par Claire Duvivier. Publié en septembre 2021 par l’éditeur Aux Forges de Vulcain, il est le second tome du cycle La Tour de Garde et premier tome de… Plus

Zapping cinéma et VOD, épisode 62

Lorhkan
, 25/10/2021 | Source : Lorhkan et les mauvais genres

On commence avec des trucs un peu sombres, voire terriblement dramatiques, mais on finit avec un Marvel qui fait bien plaisir, tant il apporte un bon bol d’air frais à une franchise qui en avait bien besoin.

 

The handmaid’s tale, saison 4, de Bruce Miller

Si je n’avais pas parlé de la saison 3 sur ce blog, c’est sans doute qu’après une superbe première saison, la série n’a cessé de baisser en qualité, tout en gardant malgré tout ce petit coté accrocheur qui fait qu’on veut quand même où tout cela va nous emmener. Mais il faut bien avouer qu’au bout d’un moment, on a bien compris comment fonctionne la société de « The handmaid’s tale » et que se coplaire dans cette espèce de constante torture mentale et physique n’apporte plus rien. Et cette crainte s’est à nouveau réalisée dans cette saison 4 qui multiplie les redites. Evasion, emprisonnement, torture, etc… N’en jetez plus ! La première moitié de cette quatrième saison reste sur des rails bien balisés par les saisons précédentes.

Et puis, tout à coup, tout change, et la série prend un vrai nouveau tournant qui change totalement la perspective narrative. Enfin ! Du nouveau ! Evidemment, je ne dirai rien sur ce virage majeur, mais c’est un véritable renouveau qui rehausse très largement l’intérêt de cette saison et de la série dans son ensemble.

Comme il ne faut pas tuer la poule aux oeufs d’or, rien n’est encore résolu dans cette saison même si on sent qu’une fin potentielle se rapproche. En tout cas, les mouvements sont importants, les personnages se radicalisent, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire, et finalement, en arrivant à la fin de cette saison 4 on n’a qu’une hâte : voir ce qui se profilera en saison 5. Mission accomplie, mais que cela aura été long pour en arriver là !

 

The nightingale, de Jennifer Kent

Jennifer Kent, qui s’était fait connaître avec son premier film (d’horreur) en 2014, « Mister Babadook », est revenue en 2018 avec « The nightingale », dans un genre bien différent (film dramatique de vengeance sur fond historique). Un film dur, étouffant, sur la recherche de vengeance d’une femme irlandaise, Clare Caroll, condamnée et déportée en Tasmanie puis violée et qui a vu son mari et son enfant assassinés devant ses yeux par un officier des forces coloniales britanniques, en 1825.

La fameuse scène qui déclenche tout est une horreur absolue, il faut avoir le coeur bien accroché. Et c’est un peu à l’image du film qui ne fait rien pour adoucir son propos : c’est très sec, il n’y a (en dehors des chansons de Clare, d’où le titre du film, le rossignol en français) aucune musique, rien que les faits, bruts et sans filtre. C’est à la fois très éprouvant car ce qu’on voit n’a évidemment rien de bien joli (mais personne n’est blanc comme neige, Clare elle-même est très clairement raciste, du moins au début) tout autant que surprenant avec un sens du montage et des « cuts » parfois déroutants.

Il en résulte un film qui ne peut évidemment pas laisser indifférent, du genre de ceux qui marquent, surtout lorsqu’ils abordent des thèmes durs et délicats (le viol, la famille, le racisme, le colonialisme, etc…). Hautement perturbant, sans doute à ne pas montrer à tout le monde (même si les thèmes doivent être traités et vus du plus grand nombre, mais là c’est parfois vraiment dur…), mais pourtant salvateur en un sens, « The nightingale » est remarquable et à saluer pour le prise de risque de Jennifer Kent. (et les superbes prestations de Aisling Franciosi dans le rôle de Clare, de Baykali Ganambarr dans celui de l’aborigène Billy et de Sam Claflin qui incarne un terrifiant Lieutenant Hawkins).

 

Shang-Shi, de Destin Daniel Cretton

La bonne surprise que voilà ! Je n’avais pas prévu d’aller voir ce énième film Marvel, un peu saoulé de ces multiples productions lassantes sur le long terme, d’autant plus que la conclusion de l’arc Thanos me convenait bien, sans avoir besoin de revenir dans ce monde Marvel au rythme de sorties éreintant.

Et puis j’ai eu des places gratuites, alors pourquoi se priver ? Et j’ai bien fait, car même si le film suit des chemins toujours bien balisés, il reste relativement indépendants des autres productions Marvel : s’agissant d’une « origin story », le film nous montre la naissance d’un nouveau super-héros, sans lien au départ avec le reste du casting Marvel.

A l’évidence fait pour convenir à un public asiatique (comme l’avait fait « Black Panther » en son temps pour le public afro-américain), « Shang-Shi » est en fait un film d’arts martiaux super-héroïque qui a le bon goût de présenter des combats plutôt bien chorégraphiés (le premier combat entre ceux qui deviendront les parents de Shang-Shi est une merveille de combat/séduction) et des acteurs emblématiques du genre (aaaaah Michelle Yeoh ! Aaaaaah Tony Leung ! Il ne manque plus que Donnie Yen et aurait eu la sainte trinité des arts martiaux ! 😀 ).

Avec une atmosphère résolument « fantasy chinoise », une iconographie qui tape en plein dans le mille (les lions, les dragons…) et un côté super-héros qui, par moments, m’a fait penser à du « Dragon Ball » (animé japonais basé sur un grand roman classique et fantastique chinois), « Shang-Shi » apporte un vrai vent de fraicheur à l’univers Marvel. Dommage qu’en l’intégrant à la fin dans le reste de l’univers Marvel, cet aspect si rafraichissant risque de se voir diluer au sein d’un monde en expansion constante. Mais en l’état, c’est un film très recommandable, un vrai plaisir visuel qui ne manque pas de panache. Bonne pioche !

 

Cet article Zapping cinéma et VOD, épisode 62 est apparu en premier sur Lorhkan et les mauvais genres.

Bifrost n.103. Sylvie Denis : rêves cybernétiques

Le chien critique
, 25/10/2021 | Source : Le chien critique

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Moi j'aime quand mon Bifrost est bête et méchant, comme du temps des Razzies. Thomas Day nous sort le grand jeu pour nous parler de sa revue préférée, du moins celle qui éveille son talent de langue de vipère que j'adore. Et nous avons aussi un joli tir dans le paroles de nornes.
Sinon, le dossier est pas mal.


57 raisons qui expliquent les suicides de la carrière d’ardoise, de Sam J. Miller
Voilà un titre qui résume parfaitement le texte, mais pour le comprendre, il faut le lire. Une histoire d'amitié, de super pouvoir et de drames. Un texte court dont la forme permet un mystère sans qui ce dernier serait assez anodin.

Chacal, d’Olivier Caruso

Lorsque l'on meurt, on va en enfer ou au paradis, selon sa catégorie socioprofessionnelle. Un texte qui revisite la maxime "vendre son âme au diable". L'auteur nous pond un monde étrange dans une histoire étrange. J'ai cru comprendre à un moment, mais la fin est arrivée et m'a permis de savoir que je m'étais trompé.

Test d’écho, de Peter Watts
En fait, la nouvelle d'Olivier Caruso était très compréhensible par rapport à ce Watts. J'ai lutté quelques pages, mais non, je lisais des mots sans qu'aucun ne signifie quelque chose pour moi.

Le Palais du désert, de Thomas Day

Un père et son fils partent visiter le palais du désert.
Un texte court, un conte SF très plaisant dans un futur indéterminé, mais assez proche. Je ne peux en dire plus, mais j'ai rarement lu du Thomas dans une science-fiction aussi intimiste.


Le cahier critique m'a donné envie de laisser une chance à Ru de Camille Leboulanger ainsi que Le chant des glaces de Jean Krug, L'examen de Sylvain Neuvel. Dans la recension des revues, Thomas Day a du goût : il a aimé deux revues que j'ai appréciées (Le novelliste n.5 et Présences d'esprits n.103) et il s'en sort très bien pour dézinguer le Galaxies SF. C'est drôle et méchant, j'adore et je suis content d'avoir arrêté mon abonnement à cette revue.

Corinne Marotte, go between & cie
Paroles de s'attarde sur le rôle d'agent littéraire. Je n'ai pas trop compris ce qu'était réellement un agent de droits, à part vendre les droits du livre. Je pense qu'il me manque un maillon de la chaîne, celui de la vente des livres à l'internationale. En tout cas l'entretien est instructif même si je reste sur un flou. Donc Mr Bifrost, si tu lis ces lignes, un Paroles de sur ce marché boursier me ferait très plaisir.


Au travers du Prisme : Sylvie Denis

Contaminations
Sylvie Denis nous parle de notre monde dans trente ans et plus. Il fait chaud en France, peu de pluies ou alors dévastatrices. Dans la campagne, une famille vit dans une communauté agricole.
Une tranche de vie sur une vingtaine d'années. Sans nous épargner les lendemains qui déchantent, elle nous offre un peu d'espoir que les choses changent, que l'homme s'adapte et la nature avec. Peu d'espoir, mais espoir tout de même. Un texte doux-amer se concentrant sur les personnages.

Voilà une autrice que je ne connaissais pas, je pense que cela doit être la première nouvelle que je lis d'elle. Un long entretien intéressant sur son parcours. J'aime bien ce qu'elle dit de la SF, mais ses livres ne me parlent pas, c que le guide de lecture a confirmé. En outre elle écrit  peu, parfois en jeunesse. Un article revient sur la revue Cyberdreams et quelques anthologies dirigées pas Sylvie Denis. Et qui a fait découvrir en France des noms prestigieux comme Egan et Baxter.
Si un jour je tombe sur un de ses recueils de nouvelles, je pense tout de même m'y plonger.


Thiotimoline et autres canulars, par Roland Lehoucq et Fabrice Chemla
Le scientifiction nous parle d'une nouvelle d'un certain Asimov : Les Propriétés endochroniques
de la thiotimoline resublimée, ce qui nous vaut un cours de chimie, chose assez rare (unique ?) dans cette rubrique. Cerise sur le gâteau, c'est même compréhensible par les chiens.

Paroles de nornes revient sur les différents prix dont celui sur le Grand prix de l'imaginaire contient une belle pépite :

Rubrique écrite par écrit par Org, Jean-Daniel Brèque & Erwann Perchoc.
Je parie sur une estocade en règle d'Org


C’est lundi, que lisez-vous ? – 25/10/2021

Sometimes a book
, 25/10/2021 | Source : Sometimes a book

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Ce rendez-vous du « C’est lundi, que lisez-vous ? » fut initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading? by One Person’s Journey Through a World of Books. Il a depuis été repris par Les Paravers de Millina. Le principe est de répondre chaque lundi à trois petites questions :
1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Ce que j'ai lu cette semaine3J’ai beaucoup aimé la lecture du Phare au corbeau. J’ai été très agréablement surprise par cette lecture qui s’est révélée être moins classique que ce à quoi je m’attendais, grâce à une certaine sensibilité et à des thématiques bien traitées. 

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Je suis un peu plus restée sur ma faim avec Les ménades. J’ai beaucoup aimé la première partie, mais j’ai ensuite un peu décroché de ma lecture du fait d’une intrigue un peu linéaire et d’une plume un peu lourde. J’ai tout de même beaucoup aimé le dénouement de l’histoire et l’ambiance mythologique. 

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je suis en train de lireJ’arrive à la moitié de Time Salvager et je suis très agréablement surprise par cette lecture qui est un très bon divertissement pour l’instant, très cinématographique ! 

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Synopsis
La Terre n’est plus qu’un champ de ruines dépeuplé et toxique. Ses habitants l’ont quittée depuis longtemps pour s’établir dans le système solaire. Leur survie repose sur les ressources que les Chronmen, des voyageurs du temps, vont régulièrement chercher dans le passé. James est l’un d’eux : désabusé, abîmé par chaque voyage, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses supérieurs, veillant au respect scrupuleux des Lois temporelles qui régissent chaque bond dans le temps, le trouvent de plus en plus ingérable. Si ce n’était son talent et son expérience inégalée, ils l’auraient mis dehors depuis longtemps. C’est pourtant James qui est choisi pour exécuter une mission cruciale : on l’envoie effectuer une récupération sur la plateforme Nutris, juste avant l’explosion qui va ravager la Terre. James sait qu’il a peu de chance de réussir, mais s’il y parvient, il obtiendra une confortable retraite et pourra passer son temps à se saouler, seul, en ruminant le passé, son loisir préféré. James accepte, mais sa rencontre avec Elise, une biologiste de génie qu’il sait condamnée, va changer la donne. Incapable de la laisser derrière lui, il brise la première et plus importante des Lois temporelles en ramenant la jeune femme dans son présent.  Désormais fugitifs, James et Elise vont découvrir que la Terre n’est peut-être pas condamnée..

ce que je lirai aprèsjpg

Je vais sûrement faire quelques lectures de préselectionnés pour les prochains votes du PLIB2022 et je me garde Les attracteurs de Rose Street pour le week-end d’Halloween ! 


Et vous, qu’êtes-vous en train de lire en ce moment ?
Je vous souhaite une nouvelle très belle semaine riche en excellentes lectures !