Ivy Wilde, tome 3: S.O.S fantômes en détresse de Helen Harper

Lianne
, 14/11/2019 | Source : De livres en livres

Createspace, 278 pages, 2017, Urban fantasy
(Lu en VO)


Dans ce tome Ivy a un problème. Voila qu'elle peut voir et entendre les fantômes. C'est un effet secondaire de son expérience passé avec la nécromancie.

Et ceux-ci savent qu'elle peut les voir, du coup ils ne se gênent pas pour foutre le boxon histoire qu'elle les remarque. Elle est finalement contacté par l'un d'entre eux qui lui révèle qu'en fait à chaque fois qu'un personne avec un soupçon de magie, pour une raison ou une autre a prononcé une phrase du genre "tu ne trouvera pas le repos avant ..." (ou l'a juste pensé), l'esprit de ladite personne ne peux pas passer dans l'au delà et reste bloquer sur terre. Sans rien pouvoir faire pour régler le problème en plus.

Une situation totalement bloquée qui frustre pas mal les fantômes. Du coup maintenant qu'on peut les voir, ils ont bien l'intention de régler leurs problèmes pour pouvoir trouver enfin le repos.
Histoire de frapper un bon coup et de montrer qu'ils comprennent les difficultés d'Ivy, ils décident de lui révéler un secret connu d'eux seuls : il y a un endroit ou plein de fantômes de sorcières sont retenues prisonniers.

Ivy va vite se rendre compte qu'elle a affaire à un tueur en série ...


Je suis encore une fois un peu déçue par cette série. Non pas parce que le livre ai vraiment des défauts, je n'en ai pas trouvé à vous sortir noir sur blanc. Mais je n'ai pas retrouvé cette flamme que j'avais aimé dans le tout premier.
Ceci dit j'ai mieux aimé celui ci que le précédent donc c'est déjà ça. Il a un peu d'humour. On a d'ailleurs droit à plein de moment marrants entre Winter et Ivy, ce qui manquait avant, un bon point à noter.
L'intrigue était sympa aussi, pas grandiose et pas aussi développée que ce que j'aime le plus en général en urban fantasy, mais qui se laisse suivre sans souci.

Finalement mon seul regret à la fin était que le coupable était juste méchant "parce que". Du moins si il y avait une autre raison on ne la connait pas. On a juste un très vague soupçon a un moment mais on l'oublie vite et on n'a aucune autre réponse à la fin. C'était un peu dommage quand même, même si on se doute qu'un tueur en série n'a pas forcement de raison de faire ce qu'il fait en dehors de la simple haine.

Bref une lecture agréable mais qui manquait d'un petit plus je trouve. L'ensemble était un peu trop banal pour moi. Je pense que si je n'avais pas autant apprécié le ton du premier, j'aurais surement plus apprécié les tomes suivants, que je ne cesse de comparer au sentiments que celui ci m'avait fait ressentir. Mais malheureusement je ne peux pas faire autrement maintenant et en comparaison, même si celui ci remonte un peu le niveau, il est encore loin d'être aussi sympa. 



15.5/20


 Ce tome sort en VF le 4 décembre 2019 et voici sa couverture



Mes avis sur les tomes précédents : tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité


☃ Challenge hivernal : madeleine de Proust ! (Saison 2) ☃

Lune
, 14/11/2019 | Source : Un papillon dans la Lune

L'année dernière, un petit challenge hivernal a réchauffé les chaumières. Il sent bon la nostalgie et Noël au pied du sapin, c'est le challenge Madeleine de Proust !

Quel est le principe ?
Je vous propose de lire, relire, voir, revoir, jouer, rejouer, écouter, réécouter, cuisiner (oui !!) pendant la période du 1er décembre 2019 au 31 janvier 2020. On inclue tout ce que vous voulez (livre, film, série, jeux vidéos ou pas, et même musique, ou recettes !) et qui vous rappelle soit votre enfance soit des supers souvenirs plus tardifs.

S'il y a de la SFFF dedans, c'est bien, et sinon c'est pas grave, ça compte quand même ! Voici un petit Previously On le challenge madeleine de Proust pour vous donner une idée des participations de l'année dernière.

Pour cette saison, j'ai inventé des niveaux pour rire :

Niveau Sablés de Noël : 1 chronique

Niveau Pain d'épices : 2 chroniques

Niveau Marrons glacés : 3 chroniques ou plus

J'en bave
Donc je récapépète :
  • Thème : madeleine de Proust, donc tout ce qui vous rappelle de bons souvenirs, d'enfance ou pas
  • Dates : du 1er décembre 2019 au 31 janvier 2020
  • Supports : Livres / Films / Séries / Jeux / Musique / Recettes, toutes les idées sont les bienvenues
  • Modalités : Publier une chronique / Inclure le logo / Partager votre chronique via le formulaire  ci-dessous
  • Et surtout SE FAIRE PLAISIR 


Je vous laisse vous inscrire en commentaire, n'oubliez pas de préciser un niveau 😉 

L'Enfance attribuée

Le chien critique
, 14/11/2019 | Source : Le chien critique


David Marusek, Le Bélial, 2019 (1ère parution 1995), 128 p., 5€ epub sans DRM


Dans le futur aussi les bébés naissent dans les choux et sont apportés par la cigogne à leurs parents ébahis.
A moins qu'un petit défaut dans un rouage ne vienne enrayer la machine...

Présentation de l'éditeur :


En cette fin de siècle surpeuplée, quand les traitements anti-vieillissements rendent chaque individu virtuellement immortel, avoir un enfant relève du luxe le plus extrême. Sam Harger, artiste spécialisé en design intérieur, ne s’attendait pas à tant de bonne fortune lorsqu’il rencontra l’ambitieuse Eleanor Starke. Couler le parfait amour, puis obtenir l’autorisation d’avoir un bébé… une chance inouïe pour le couple, qui ne cache pas son bonheur. Mais dans ce monde surveillé à l’extrême, dominé par l’informatique et les intelligences artificielles, est-on jamais à l’abri des bugs ?

Mon ressenti :


Un homme, une femme. Un artiste, une femme d'affaire. Une histoire d'amour. Voilà qui commence mal, très mal pour moi. Cependant, l'auteur nous place tout ceci dans un monde futuriste peuplé d'IA domestiques, de Milice et même de sangsues ! Le tout sans nous en donner les codes et en semant ici ou là quelques interrogations sur certains événements. Pour comprendre, rien d'autre à faire que de continuer sa lecture.

Arrivé à la moitié de la novela, toujours pas de rapport avec le titre, et le chabadadada commence sérieusement à m'insupporter. Et enfin, arrive cet enfant attribué, et surtout le dévoilement des codes de cette société. Tout devient clair et cette longue présentation prend tout son sens.
Nous sommes bien en terre dystopique et l'auteur s'interroge sur notre rapport à la technologie, et ses conséquences possibles si un cil venait enrayer la machine.
La force de ce texte est sa banalité, celle du quotidien. Pas de longues digressions, juste une tranche de vie qui va révéler toute l'horreur de ce lendemain technologique.
Paru initialement en 1995, ce texte est à mon sens encore plus actualité aujourd'hui, avec nos assistants smartphone Siri Alexa et consort. Et où l'enfant sur catalogue se dessine de plus en plus.
Un paradis d'enfer !

La couverture de la première édition de 1999


Réédition d'un texte de 1995, la traduction de Patrick Mercadal a été revue par les Quarante-Deux.
(Si j'en crois la page Noosfere, le prix du livre papier a doublé en 20 ans !)
Tous les avis sur le fil du forum Le Bélial

Attribution du livre


Un très grand merci à Elhyandra qui m'a offert son exemplaire suite à un commentaire sur son blog. (A votre place, je n'hésiterai pas à commenter tout azimut ses billets pour lire gratos !)
Comme elle, je ne garde pas beaucoup de livres papier, donc je l'attribue, avec son marque page, à la personne qui donne la bonne réponse à ce problème littéraire :
(je choisirai parmi les bonnes réponses avec un algorithme technologique de haut niveau : à la gueule du client !):


Attention, ne mettez pas votre réponse en commentaire, il y a des tricheurs.
Envoyer un mail à ma niche avec votre réponse et votre adresse postale.
Fin du concours Dimanche 17 novembre à 17h11mn19s heure française



Lors de la distribution des prix de fin d'année, Juliette a reçu trois romans.
Romans : La nuit des fées, Le retour du disparu, Le voyage inachevé
Genres : historique, policier, sentimental
Nombre de pages : 192, 240, 256

1. La nuit des fées n'est pas un roman historique.
2. Après avoir lu 200 pages de ce roman sentimental, il était aisé de deviner le dénouement.
3. À la page 244 du roman policier, on pouvait lire : La maison hantée frissonnait de torpeur.
4. Le retour du disparu a plus de 250 pages.
5. Chaque roman est d'un genre différent et n'a pas le même nombre de pages.

Pour chaque roman, devinez le genre et le nombre de pages.

Romans La nuit des fées Le retour du disparu Le voyage inachevé
Genres ? ? ?
Pages ? ? ?



Deus in machina – John Scalzi

Célindanaé
, 14/11/2019 | Source : Au pays des Cave Trolls

deusinmachina

Ayant beaucoup aimé les romans de John Scalzi que j’ai lu jusqu’à présent, je me suis lancée dans ce court roman de l’auteur. Deus in machina est paru en 2009 aux Etats-Unis puis en 2011 chez L’Atalante dans la collection « La Dentelle du cygne ». Comme son titre l’indique, cette novella raconte une histoire tournant autour de la religion et est qualifiée de science-fantasy noire sur la quatrième de couverture.

Deus in machina nous transporte dans un futur lointain où la religion est omniprésente. Les humains ont foi en un Seigneur, même s’ils savent que d’autres existent mais celui-ci a réussi l’exploit d’asservir ses collègues. Les dieux vaincus par le Seigneur, les avilis, ont tout de même une utilité, ils servent à propulser des vaisseaux spatiaux. Au cas où les dieux montrent de la mauvaise volonté, ils le payent par des châtiments corporels et craignent le fer de prime facture. Le roman suit plus particulièrement le vaisseau « Le Vertueux » dirigé par le capitaine Ean Tephe. Le capitaine a pour fonction de veiller sur la Foi et de mater les dieux rebelles.

Mais les temps sont sombres et les avilis ont tendance à se révolter. L’Évêché demande ainsi à Ean Tephe d’aider le Seigneur face à un danger jamais vu et lui demande d’aller sur une planète où les dieux sont inconnus. Le personnage d’Ean Tephe est au centre du récit et on assiste à ses doutes. C’est quelqu’un d’humain, attaché à son équipage, qui croit profondément en ce qu’il fait et à la vertu du Seigneur. Pourtant, l’Évêché attire sa méfiance, ce qui entraîne d’importants questionnements pour lui.

Le roman est court, l’univers décrit est intéressant mais manque de profondeur. L’idée des dieux asservis pour servir de moteurs aux vaisseaux est originale et intéressante. Le conflit entre les dieux également, mais le tout manque un peu de contexte sur l’époque, la technologie… Les femmes sont totalement absentes du récit sans que l’on comprenne trop pourquoi. Certes, le propos du roman est autre, il s’agit d’une réflexion et d’une critique sur la religion, sur le pouvoir. Les réflexions sur la foi, la liberté, sont intéressantes mais le tout manque d’une véritable intrigue. Le mélange entre science-fiction et fantasy fonctionne plutôt bien. L’ambiance sombre est soignée par John Scalzi. Le style de l’auteur est comme toujours fluide et entraînant.

Deus in machina est ainsi pour moi une semi déception, surtout comparé à mes précédentes lectures de l’auteur. Néanmoins cela ne m’empêchera pas néanmoins de continuer à découvrir cet écrivain. Le format de la novella ne convient pas vraiment à cette histoire portée par une réflexion sur la religion, obligeant l’auteur à faire de nombreux raccourcis tant au niveau des thématiques que des personnages.

Autres avis: LorhkanNebal, Blackwolf

deusinmachina

Auteur :John Scalzi

Traducteur :Mikael Cabon

Éditeur : L’Atalante

Parution : 02/06/2011

« L’heure était venue de fouetter le dieu.Le capitaine Ean Tephe entra dans la chambre divine, un coffret en filigrane laqué dans les mains. Il découvrit un acolyte qui perdait son sang et le dieu à plat ventre sur son disque de fer, les chaînes tendues à bloc. La bouche écrasée contre le métal, le dieu ricanait en se passant la langue sur ses lèvres rougies. Un prêtre se tenait au-dessus de lui, à l’extérieur du cercle de confinement. Deux autres acolytes étaient adossés à la paroi, terrifiés. »Voici le dieu dans la machine.

Vous pouvez dire vos prières…

Livra’deux pour palAddict : 17ème participation

Mariejuliet
, 14/11/2019 | Source : Les lectures de Mariejuliet

Cette fois-ci je ne dirai pas rebelote car j’ai loupé deux trimestres, mais me revoilà inscrite  à Livra’deux pour palAddict sur Livraddict. Un petit rappel sur le : Mais keskecé?  En binôme, chacun choisi dans la PAL de l’autre, trois livres : * Qu’il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire * Dont … Continuer la lecture de « Livra’deux pour palAddict : 17ème participation »

Mers brumeuses (Récits du Demi-loup 3) – Chloé Chevalier

Vert
, 14/11/2019 | Source : Nevertwhere


Après avoir bien apprécié les deux premiers tomes des Récits du Demi-loup de Chloé Chevalier, j’avais laissé en plan ma lecture du cycle jusqu’à qu’une histoire un peu absurde de pénultième financement participatif me donne envie de sortir ce troisième volume du fond de ma PàL (qui aurait imaginé qu’un ours râleur ferait un ambassadeur aussi bon qu’improbable ?). L’occasion de redécouvrir un chouette cycle de fantasy et de me rafraîchir la mémoire avant la sortie du dernier volume.

Situé dans un monde imaginaire d’inspiration médiévale (enfin pour une partie), les Récits du Demi-loup met en scène un royaume séparé en deux domaines, dont les héritières d’abord proches durant leur enfance (c’est le tome 1, Véridienne) s’éloignent de plus en plus (c’est le tome 2, Les Terres de l’Est) au point d’envisager une guerre (au début du tome 3, Mers brumeuses), tandis que dans l’ombre d’autres protagonistes ont des projets bien différents pour le royaume.

Je dois avouer que j’ai rencontré quelques difficultés en commençant le troisième tome trois ans après la lecture des deux premiers. Faute de résumé (c’est bien dommage) et lisant au format numérique, il m’était difficile de parcourir rapidement les tomes précédents pour me rafraîchir les idées. Résultat, j’ai un peu pédalé pour remettre de l’ordre dans ce puzzle.

J’ai cependant fini par retrouver mes repères, et j’ai passé un excellent moment avec Mers brumeuses, car même sans tout comprendre, on apprécie tout de même l’aventure. Celle-ci fonctionne bien grâce à sa narration qui donne la parole à tour de rôle aux différents personnages. Cela n’a rien d’une grande nouveauté mais on tisse ainsi une grande proximité avec les héros et héroïnes, d’autant plus que la forme du journal intime souvent adoptée leur donne l’occasion de faire beaucoup d’introspection.

J’ai bien apprécié l’intrigue très prenante et bien équilibré en dépit de la multiplication des fils qui la composent. On ne peut pas dire qu’il se passe grand-chose (ce tome 3 a tout du tome de transition où l’autrice place ses pions pour le grand final), mais l’ensemble de ces « non-évènements » est passionnant, autant pour ce que cela dit des personnages que des réflexions qu’ils portent, notamment sur le pouvoir et la façon de gouverner.

Enfin, je suis tombée sous le charme de cet univers plus dense et complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Si au début du tome 1, on avait l’impression d’un monde médiéval un peu cliché avec ses royaumes médiévaux et son méchant Empire qui menace leurs frontières, la situation a bien changé dans le tome 3 : le paysage est désormais beaucoup plus nuancé, et les quelques allusions au passé disséminées ici et là donnent parfois l’impression que les Récits du Demi-loup ne sont que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste. On a autant envie de savoir ce qui va arriver que ce qu’il s’est passé (et non Fleurs au creux des ruines ne suffit pas !).

Dernière étape avant le grand final, Mers brumeuses a tout du tome de transition, mais c’est un excellent tome de transition, bien équilibré et prenant, qu’on termine avec satisfaction mais aussi avec une forte envie de lire la conclusion. Ayant développé ces dernières années une certaine allergie à la fantasy, cela me fait très plaisir d’avoir trouvé un cycle qui me fait renouer avec un genre dont je pensais avoir fait le tour. Clémente soit la pluie, dernier tome, est prévu pour 2020. J’ai hâte !

Infos utiles : Mers brumeuses de Chloé Chevalier est le troisième tome des Récits du Demi-loup, publié par Les moutons électriques en 2017. Environ 370 pages. Somptueuse couverture de Melchior Ascaride qui me fait regrette de l’avoir lu en numérique.




Bifrost 95, spécial Lune

Lorhkan
, 14/11/2019 | Source : Lorhkan et les mauvais genres

C’est peu dire que j’ai été particulièrement occupé ces dernières semaines (mois…), et mon rythme de lecture en a pris un sérieux coup. Me voici donc à récupérer des lectures censées être déjà anciennes, comme ce Bifrost qui est l’avant-dernier paru puisque le dernier en date, le numéro 96, est déjà arrivé il y a quelques jours. Question fraîcheur et actualité, on repassera. Néanmoins, puisque ce blog est aussi mon journal personnel, ces quelques mots en souvenir de ma lecture de ce Bifrost un peu particulier puisqu’il n’est pas consacré à un auteur mais à la Lune elle-même, en hommage bien sûr aux cinquante ans des premiers pas de Neil Armstrong sur notre satellite.

Et pour commencer, un rapide tour des rubriques habituelles. Tout d’abord avec un édito relativement pragmatique sur le « phénomène » Damasio qui vend son derniers romans par palettes entières. Chacun aura son avis bien tranché sur un auteur qui ne laisse pas indifférent (et sur son roman, « Les furtifs »), mais j’approuve la distance que prend Olivier Girard avec tout ce barouf, en arguant que finalement c’est sans doute une bonne chose pour les genres de l’imaginaire et surtout pour la petite maison d’édition de Damasio, La Volte.

Passons ensuite rapidement sur les (nombreuses) critiques des ouvrages récemment parus (la production est décidément pléthorique et bien souvent de qualité, on ne s’étonnera donc pas de voir, malheureusement, des ventes parfois décevantes sur des textes qui pourtant mériteraient un bien meilleur sort…) ainsi que des revues pour en venir à une interview d’une partie du staff du site Noosfere, site bien connu des fans de SFFF, site qui rend de multiples services à chacun, site indispensable tout simplement. Merci à eux pour leur travail. Enfin, la rubrique news qui n’est plus de première fraîcheur à l’heure où j’écris ces lignes…

Le dossier maintenant. Qui commence par un article de Mike Ashley s’intéressant aux premiers récits faisant référence à la Lune. De l’Antiquité jusqu’au début du XXème siècle, ça fait déjà une belle période mais disons que sont mis de côté les textes « modernes ». Ces textes sont d’ailleurs abordés dans l’article suivant, du moins certains d’entre eux puisqu’il a bien fallu faire un choix. Article partial donc (mais pouvait-il en être autrement puisqu’il s’agit ici de dresser un « bibliothèque idéale » à propos de la Lune ?) et qui revisite également quelques anciens textes déjà abordés dans l’article précédente. Un peu de redite donc, mais ici les textes sont abordés les uns après les autres, sur le même mode que les guides de lecture habituels (dans les dossiers consacrés aux auteurs) ou les rubriques critiques. De quoi cocher quelques romans à lire un de ces jours.

L’article suivant, signé Roland Lehoucq et Jean-Sébastien Steyer, revient lui aussi sur quelques romans ayant la Lune pour cadre. Même s’ils sont cette fois abordés sous le prisme de la science (ce qui est toujours intéressant), en voir certains abordés pour la troisième fois en trois articles, ça commence à faire beaucoup, d’autant que pour avoir une vue « large » sur ces romans il est finalement nécessaire de piocher dans les trois articles. Pris un par un, ces textes s’avèrent donc tous intéressants à leur manière, mais l’ensemble paraît finalement un poil confus et, surtout, parfois redondant. Le mot de la fin (de ce dossier) revient à Roland Lehoucq à nouveau (qui a donc fait un gros boulot sur le dossier de ce Bifrost) avec la traditionnel article « Scientifiction » qui, bien sûr, nous présente la Lune sous toutes ses coutures. Son histoire, sa géologie, tout nous est expliqué, avec notamment les dernières hypothèses. De quoi être scientifiquement à jour sur notre satellite. Accessible, didactique, de la belle ouvrage.

Et enfin, les nouvelles. Au nombre de quatre, la première d’entre elle, « Les Hommes-Fourmis du Tibet », la plus longue, est signée Stephen Baxter et se révèle être une suite au roman « Les premiers hommes sur la Lune » de H.G. Wells. Problème : je n’ai pas lu ce roman. C’est en fait un faux problème, puisque la nouvelle de Baxter peut très bien se lire indépendamment du texte de Wells mais comme souvent en pareil cas, on y perd les références. Alors certes, ce n’est pas si grave que ça, mais ne pas se rendre compte que le vieux monsieur échoué sur la plage au début du texte est le Bedford qui a accompagné le héros du roman de Wells sur la Lune, ça me dérange un peu. L’intrigue est assez simple : un jeune garçon curieux se trouve embarqué dans un voyage vers la Lune en empruntant fortuitement le vaisseau des héros du roman de Wells. Là-bas il va découvrir une étonnante civilisation d’Hommes-Fourmis et un paysage surprenant qu’il imaginera être le Tibet (d’où le titre du texte). N’ayant donc pas le récit de Wells en tête, j’ai eu l’impression d’avoir lu un texte agréable, assez pulp au départ (Baxter n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai sur le sujet puisqu’il a également donné une suite à « La guerre des mondes » et « La machine à explorer le temps » de Wells, avec respectivement « Le massacre de l’humanité » et « Les vaisseaux du temps », ou bien écrit « Anti-glace », assez ouvertement vernien) puis qui prend une tournure beaucoup plus sinistre sur la fin lorsque l’on comprend ce qui se passe, mais dont l’essence même m’est passée à côté.

Le texte suivant, « Tyché et les fourmis », est signé Hannu Rajaniemi, et là… C’est simple : je n’ai guère vu d’intérêt à ce texte très étrange qui ne fait pas grand chose pour être clair. Je ne suis jamais entré dans le récit. Donc on passe direct à la suite.

Suite qui est d’un tout autre calibre. « Marche au soleil » de Geoffrey A. Landis est un titre parfaitement transparent puisqu’il s’agit pour Patricia Mulligan, une astronaute qui s’est crashée sur la Lune, de ne pas se retrouver à l’ombre sous peine de problèmes d’alimentation en oxygène et de maintien en température de sa combinaison. Et les secours n’arriveront que dans 30 jours. C’est donc marche ou crève, pour suivre la course du soleil. Le pitch est sans doute un peu excessif (marcher quasiment sans s’arrêter pendant 30 jours…) mais il est prétexte à un beau texte qui n’est pas seulement haletant sur le côté « exploit physique dans un environnement hostile » puisqu’il aborde aussi le côté psychologique de son personnage, plus profond qu’il n’y paraît. Jolie réussite de la part d’un auteur déjà édité dans la collection « Une heure-lumière » du Bélial avec « Le sultan des nuages ».

Le dernier récit, « Après un jugement dernier », est signé du célèbre Edmond Hamilton, le papa du « Capitaine Futur », dont le Bélial poursuit ici sa réhabilitation avec un nouveau texte relevant de sa période plus « sérieuse », plus sombre aussi, assez éloignée de la simplicité pleine d’étincelles et d’étoiles des pulps classiques de l’époque. Dans une ambiance de fin du monde, deux astronautes en mission sur la Lune, peut-être les deux derniers survivants de l’espèce humaine, se demandent comment réagir à cette catastrophe civilisationnelle. Se laisser aller au désespoir ? Poursuivre sa mission coûte que coûte ? Entre désillusion et acharnement, volonté de laisser une trace de notre civilisation et abandon de tout espoir, ce texte crépusculaire montre à nouveau la maestria de Edmond Hamilton (que le recueil « Le dieu monstrueux de Mamurth », malheureusement indisponible de longue date, du moins hors occasion, avait déjà clairement montrée). C’est beau, c’est sombre, c’est à la fois terriblement déprimant et pourtant d’une beauté folle avec cette bouteille à la mer lancée par les astronautes pour que vive à travers d’autres une humanité capable du pire comme du meilleur.

Voilà donc pour ce rattrapage, place au numéro dans un délai, je l’espère, plus raisonnable…

 

Cet article Bifrost 95, spécial Lune est apparu en premier sur Lorhkan et les mauvais genres.

Liu Cixin - Le problème à trois corps

TmbM
, 13/11/2019 | Source : Touchez mon blog, Monseigneur...

liu cixin le problème à trois corps actes sud

Liu Cixin 

Le problème à trois corps 

Ed. Actes Sud 


Tout le monde n'a pas la chance d'être comme Napoléon et de pouvoir faire deux choses en même temps. En ce qui me concerne - et ce n'est pas la moindre de mes différences avec l'empereur - si je prends le risque de mâchouiller un chewing-gum en marchant, c'est la chute assurée. Autant dire qu'avoir survécu à l’écoute de cet audiolivre au volant relève du miracle, surtout au regard de sa complexité. Et quand je dis complexité, je pèse le mot.

Je ne me lancerai pas dans un résumé de l’histoire, c’est un exercice bien trop périlleux. Déjà, je ne saurais pas par où commencer ; ensuite, d’autres que moi s’y sont cassé les dents - à commencer par l’éditeur lui-même qui divulgue le clou de l’intrigue dans la quatrième de couverture. Disons juste qu’elle croise plusieurs intrigues à plusieurs époques, certaines dans notre réalité et d’autres dans l’univers fictionnel d'un jeu vidéo qui donne son titre au roman.

Donc, vous l'aurez compris, le livre de Liu Cixin n'est pas un roman facile, sa trame est complexe et, à moins de posséder de sérieux outils en astrophysique, il faut accepter dès le départ de ne pas tout saisir. Et éventuellement de s'ennuyer un peu. En effet, le rythme est peu soutenu, l'action est par moments inexistante et compte autant de passages passionnants que de moments obscurs ou rébarbatifs. Quant aux personnages, ils manquent un brin de nuance et parfois se confondent, surtout si vous n'êtes pas familier avec les patronymes chinois. En revanche, si la narration n'est pas toujours limpide, elle mélange intelligemment les genres et aborde volontiers les domaines historiques, politiques, ludiques ou scientifiques. Mais, rassurez-vous, quand tout se met finalement en place, quand vous commencez (enfin) à y voir clair, alors le roman devient vraiment très captivant. Disons dans son dernier quart. Un dernier quart qui se mérite.

Il ne faut pas oublier que Le problème à trois corps n'est qu'une introduction à un projet plus vaste, ambitieux, et qu'il appelle une suite, La Forêt sombre. J'ai le sentiment d'avoir payé de ma personne pour en arriver là, je continue ! Mais, vu comme j'ai peiné sur la version audio, j’ignore encore si je lirai ou écouterai le second opus. Comme j'aime vivre dangereusement, je l'écouterai probablement.

Si vous voulez d'autres avis, vous en trouverez en veux-tu en voilà par ici. Sinon, Gepe vous dira ce qu'il a pensé de la version audio.

L'espoir malgré tout tome 2 : Un peu plus loin vers l'horreur

Anudar
, 13/11/2019 | Source : La Grande Bibliothèque d'Anudar

Il y a quelques temps je parlais du premier tome du projet d'Emile Bravo, une fiction historique évoquant la vie de Spirou sous l'occupation de Bruxelles pendant la Seconde guerre mondiale. L'espoir malgré tout - un titre magnifique, ainsi que je le disais dans mon précédent article - est une quadrilogie en devenir qui fait suite au Journal d'un ingénu paru en 2009 dans la série Le Spirou de... : après l'ambiance inquiétante des années trente, après les premiers temps de l'Occupation - et les fameuses affiches de propagande qui cherchaient à vendre l'idée d'un occupant "correct" - il est temps pour le lecteur d'entrer dans une phase nouvelle du cauchemar.
Résumé : 
In extremis Fantasio s'échappe du train qui devait l'emmener travailler en Allemagne... Si Spirou est heureux d'avoir soustrait son ami au travail sous contrat, il sait que les temps à venir seront durs. Les bruits de botte résonnent en effet le jour à Bruxelles et la DCA y tonne la nuit - mais ce qui compte le plus pour la population belge occupée, ce sont les ventres vides et les restrictions qui ne cessent de se superposer les unes aux autres. L'occupant nazi joue sur tous les tableaux pour maintenir son emprise mortelle : diviser les Wallons et les Flamands, les belges chrétiens des juifs... Le temps est-il pour autant à la résistance ? Si certains s'accommodent assez bien de l'Occupation, Spirou et ses amis - qui font partie des plus faibles - doivent trouver comment survivre mais aussi comprendre l'époque terrible qui leur est tombée dessus... Comment vivre en effet dans un monde où chacun a faim, froid, et peur pour ceux qu'il aime quand ce n'est pas pour lui-même ? Et surtout, comment imaginer... l'inimaginable ?
Dans ma précédente chronique, je posais une question aussi simple que glaçante : au fond, connaissons-nous le vrai Fantasio ? Si les premières pages de cet album lèvent toute incertitude - le Fantasio de cette histoire est encore et toujours le Fantasio distrait, gaffeur mais incapable de faire du mal à une mouche... c'est-à-dire celui de Jijé - le lecteur aura le plaisir de voir le personnage mûrir : le journaliste raté, incapable de parler d'autre chose que d'actualité de caniveau ou de détails insignifiants du schéma d'ensemble, va découvrir qu'il n'est pas tout à fait incompétent et se faire en fin de compte plus adulte. Première aventure sentimentale et - sans doute - premier engagement politique à une époque où il était dangereux d'exprimer des opinions hétérodoxes, même si la chose est encore assez nébuleuse : il est vrai que l'on observe l'évolution de Fantasio à travers les yeux encore juvéniles de Spirou, lequel ne comprend pas toujours le subtexte voire le mode allusif...

Mais Spirou, au juste, qu'en est-il de lui ? Le groom n'en est plus un, le Moustic Hotel ayant disparu à cause de l'explosion retardée d'une bombe allemande, et il doit désormais adopter une tenue plus anodine qui lui donne des faux-airs de Tintin. Le costume de groom ne disparaît pourtant pas tout à fait de son destin : à la recherche d'une combine destinée à mettre un peu de nourriture sur la table - et quelques francs belges dans leurs poches - les deux compères vont monter un spectacle de marionnettes où ils jouent leurs propres rôles et mettent en abîme les difficultés quotidiennes de la population. C'est en réalité une étrange irruption dans l'album d'une étape méconnue de l'évolution du personnage qui, au contraire du sus-cité Tintin, s'est absenté de la presse belge pendant les années d'occupation : Spirou - dans l'album comme dans l'Histoire - se change en personnage dont la présence est synonyme d'espoir dans une période sombre... et qui, dans sa carriole, charrie quelques denrées alimentaires illicites car soustraites à l'appétit allemand ainsi que, sans doute, des documents utiles à la Résistance.

Tout fonctionne au fond dans cet album qui représente avec justesse les impossibilités de la vie en pays occupé. De la plus évidente - la faim liée aux spoliations par l'occupant - aux plus abstraites - la peur - il ne manque rien au tableau clinique. C'est bien entendu dans l'illustration des problèmes les plus abstraits que l'on attendait l'auteur et son intrigue au tournant : comment représenter la peur elle-même ? Les soldats allemands et autres SS sont dessinés à contre-jour et font comme des taches noires dans des cases aux tons plus neutres, leur donnant leur caractère d'inquiétants intrus. Leur présence, peu à peu, se multiplie et leur donne l'occasion de révéler leur véritable nature : la rossée que reçoit de leur part l'un des amis de Spirou n'est au fond qu'un triste rappel de l'emprise brutale qu'ils exercent sur la Belgique où l'on arrête à tour de bras les communistes, les juifs et les résistants. Pourtant, c'est dans ses dernières pages que le titre de l'album prend tout son sens : le noir des uniformes de SS en vient à se confondre avec celui de la nuit sous le couvert de laquelle partaient les trains de la déportation. Dans cet océan de noirceur subsiste pourtant une touche de couleur hésitante sous la forme d'un Spirou qui, plus humain que jamais, se fait tout à fait téméraire...

Le premier volume de cette histoire était on ne peut plus convaincant : c'est donc un plaisir de voir à quel point l'auteur s'est surpassé pour livrer un second volume plus réussi encore, où ni l'Histoire ni le personnage de Spirou ne sont trahis au bénéfice de la facilité... Bravo !

Les portes célestes - La fleur de Dieu 2 - Jean Michel Ré

Yogo
, 13/11/2019 | Source : Les Lectures du Maki

Violence & Zénitude

Retour dans l'univers de Jean-Michel Ré avec Les Portes Célestes, le second tome de La Fleur de Dieu. Tout comme dans le premier opus, ce deuxième roman comporte lui aussi un bon gros glossaire. Sauf que celui-ci est plus dispensable pendant la lecture. Un ou deux aller-retour pour se replonger dans l'univers de l'auteur devraient suffire. Par contre il est indispensable de le lire à la fin du roman, il parachève, complète parfaitement cette seconde partie. 

La lecture des Portes Célestes est beaucoup plus facile et beaucoup plus fluide. Après un premier tome introductif, Jean Michel Ré développe son histoire. Celle-ci est à la fois plus politique, plus vive et en même temps plus réflective. La tension va crescendo et la construction du roman alternant entre les différents personnages ajoute du suspense à l'histoire. Bref, un second tome plus enlevé, plus efficace.

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