Crusaders, tome 3

Alias
, 27/07/2021 | Source : Planète SF – Blog à part

Crusaders, tome 3

Que faire quand on est le membre le plus petit et insignifiant d’une gigantesque coalition galactique appelée à lutter contre une menace impitoyable et inarrêtable? C’est la question que se pose l’équipage des Crusaders dans ce troisième tome.

Commençons par les bons côtés: le trait de Leno Carvalho associé aux couleurs de Simon Champelovier est toujours très impressionnant, surtout dans les vues spatiales et les grandes batailles.

Ce troisième tome, intitulé Spectre, lève le voile sur un certain nombre de points obscurs énoncés dans les deux premiers et répond à certaines questions. Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les protagonistes.

L’histoire, de Christophe Bec, reste intéressante, mais j’ai eu pas mal de peine à rentrer dedans. Il y a, dans ce troisième tome, beaucoup d’aller et retour temporels (genre, de dix milliards d’années; une paille) qui rendent la lecture compliquée. D’autant que l’histoire principale, elle, semble se dérouler sur quelques jours, voire quelques heures.

Enfin, il y a toujours le problème que le point le moins intéressant de Crusaders, ce sont les personnages. Les interactions sont rares et plutôt basiques; on a vraiment l’impression qu’ils sont plongés dans une histoire qui les dépasse. Ce qui est le cas, cela dit.

Disons que mon enthousiasme des deux premiers tomes est quelque peu retombé. Plus précisément, je commence à me dire que Crusaders ferait un très chouette roman de science-fiction, mais en tant que bédé, ça ne fonctionne pas. Ou moins bien.

En l’état, je pense continuer à suivre la série, mais avec un œil beaucoup plus circonspect. Ce n’est pas que c’est une mauvaise BD, loin de là, mais j’y vois de plus en plus de défauts qui gâchent quelque peu ma lecture.

Cela dit, le concept est très sympa et, rien que pour les paysages stellaires, Crusaders vaut le coup d’œil.

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Sous l'ombre des étoiles - Thomas Geha

Yogo
, 27/07/2021 | Source : Les Lectures du Maki

Un planet opera humaniste

L'an dernier Les moutons électriques ont réédité Sous l'ombre des étoiles, le court roman de Thomas Geha publié initialement dans la collection Rivière Blanche. Je ne connais l'auteur qu'à travers sa présence sur les réseaux sociaux, en particulier par ses nombreux tweets (souvent très engagés). Il est également l'un des membres fondateurs d'Argyll Edition, une toute nouvelle maison d'édition (non moins engagée !) mais je ne l'avais jamais lu, voilà qui est chose faite...

Sous l'ombre des étoiles est un Planet Opera optimiste voire utopiste. La guerre qui oppose les Humains et les Salamandres fait rage, les pertes sont nombreuses des deux côtés. Lors de l'une des batailles, Kee Carson, tireur d'élite à bord du Templier, voit sa dernière heure arrivée. Son vaisseau en passe d'être détruit, Kee a juste le temps de se mettre en cryostase à bord d'une capsule de sauvetage et de s'éjecter du champ de bataille. Il atterrira sur la planète Seinbeck où il se réveillera deux cent cinquante ans plus tard. A son réveil, les changements sont nombreux, sa guerre appartient au passé, les temps ont changé, dorénavant il sera obligé de cohabiter avec ses ennemis d'hier. Difficile pour lui d'échapper à son endoctrinement mais il doit s'adapter rapidement s'il veut rester en vie surtout que d'autres combats sont à mener...

Sous l'ombre des étoiles est un roman contemplatif, non sans actions mais elles sont disséminées avec parcimonie et justesse. Thomas Geha nous narre avant tout la découverte d'un nouveau monde, d'un nouveau mode de vie, par ce héros qui doit passer outre son conditionnement pour accepter de vivre, de survivre. Roman humaniste et pacifiste, il pèche par excès d'optimisme qui dérive parfois vers une certaine naïveté.

Mais grâce à sa plume de qualité, fluide et plutôt riche, visuelle et très agréable, l'auteur arrive à nous tenir en haleine pendant les deux cents pages de son roman sans avoir recours à des rebondissements incessants. Le seul bémol sera du coup l'absence de surprise et un final convenu.

Pour conclure, Sous l'ombre des étoiles est un Planet Opera humaniste et optimiste, un conte utopiste agréable à lire, qui pourra être une bonne porte d'entrée aux littératures de l'imaginaire pour les néophytes. Alors ne boudons pas notre plaisir, un roman feel good de temps en temps repose l'esprit et permet de rêver à un monde meilleur.


Les avis du Chien Critique, de Xapur, de Lorhkan, de Lune et du Syndrome Quickson


Zapping VOD, épisode 60

Lorhkan
, 27/07/2021 | Source : Lorhkan et les mauvais genres

Période de vacances ou week-ends, films légers, aptes à plaire aux enfants désoeuvrés lors des jours de pluie et pourquoi pas aux parents en même temps, le phénomène est bien connu. Et je n’y échappe pas, en cédant à la “facilité Disney”… Heureusement, il y a “Un jour sans fin” “Palm Springs” pour changer un peu. Et qu’on se rassure, le prochain zapping sera un peu moins rose bonbon… 😀

 

Palm Springs, de Max Barbakow

Boucle temporelle, une même journée vécue à l’infini, évidemment on pense à “Un jour sans fin”. Qu’attendre donc d’un film qui tourne très exactement autour du même concept ? Sans doute pas grand chose, et c’est tant mieux pour le film qui, même s’il n’invente pas grand chose, et pour cause, modernise le traitement de ce “concept” pour arriver à un long métrage tout à fait agréable, qui coche un peu les cases du bingo du genre mais qui le fait bien.

On a ainsi les traditionnelles incompréhensions du début, le montage cut avec tous les trucs marrants qui découlent du concept une fois accepté par les protagonistes du film, et une histoire romantique entre les deux héros.

C’est amusant, pas prise de tête, les acteurs sont sympathiques et charmants (Andy Samberg et Cristin Milioti), et l’histoire s’avère bien menée et plutôt efficace, même si le petit côté “physique” pour tenter d’expliquer les choses n’est pas très convaincant. Mais on sourit, voire on rit, et puisque le film a la bonne idée de ne pas s’étaler en longueur (90 minutes), on se dit une fois arrivé à la conclusion qu’on a finalement passé une bonne petite soirée. Bonne surprise !

 

Raya et le dernier dragon, de Don Hall, Carlos López Estrada, Paul Briggs, John Ripa

Vous avez vu “Vaiana” ? Alors vous avez vu “Raya et le dernier dragon”. Bon, j’exagère un peu mais la ressemblance est telle, du moins au début (une légende racontée en introduction, une toute jeune héroïne qu’on voit ensuite devenue adolescente, et en sidekick une créature “divine”…) qu’on se dit que Disney ne s’est pas foulé.

C’est en fait en partie vrai, parce que visiblement (mais c’était aussi le cas pour “Vaiana”…) la firme de Mickey a beaucoup misé sur l’aspect visuel : soyons clair c’est splendide. D’autant plus splendide que Disney s’est permis, même si ce n’est parfois que pour de courts moments, de créer plusieurs cultures (et donc plusieurs esthétiques) différentes au sein d’un univers résolument asiatique. C’est beau, dépaysant, enchanteur.

Pour le reste, on marche (Disney oblige) sur des sentiers bien balisés, malgré deux surprises plutôt agréables, la première étant l’absence totale de chansons. Oui ça fait du bien. La deuxième tient plus à, peut-être, une attente mal placée de ma part, à moins que ce ne soit parce que j’ai oublié l’espace d’un instant qu’il s’agissait d’un film Disney, mais le comportement de l’un des protagonistes du film m’a surpris : je m’attendais à un personnage noble, droit et “sérieux”, pour avoir au final quelque chose de comique et décalé. C’est somme toute logique : il faut faire rire (et vendre…), mais puisque j’ai été pris à contrepied je le prends comme un effet réussi.

Courage, entraide, confiance, les morales chères à Disney sont évidemment bien présentes, et on finit par être porté par le côté esthétique du film plutôt que par son histoire, mais le film se suit gentiment. C’est Disney, ça ne réinvente pas la roue, mais bon sang c’est visuellement somptueux.

 

Luca, de Enrico Casarosa

Disney encore donc, sous le label Pixar cette fois. Les sentiers sont donc un peu moins balisés, même s’il ne faut pas s’attendre pour autant à quelque chose de totalement inattendu. Et là, avec toujours autant de bons sentiments, on a une belle fable sur la différence, la tolérance, l’amitié, la liberté, l’ouverture d’esprit, etc… C’est évidemment aussi le racisme qui est le sujet de ce film qui voit une créature marine, Luca, braver l’interdit en explorant le monde des humains avec son ami Alberto (lui aussi une créature marine), tous deux se transformant en garçons dès qu’ils sortent de l’eau.

C’est l’Italie qui est mise à l’honneur ici, comme avait pu l’être la France dans “Ratatouille”, et même si les clichés abondent c’est à la fois un régal pour les yeux (les chanceux comme moi qui ont visité les somptueuses Cinq Terres seront en terrain connu), parsemé de clins d’oeil amusants (la petite Giulia qui jure “Sante Ricotta” ou “Santa Mozarella” ! 😀 ), et un film qui peut plaire autant aux enfants qu’aux parents avec ses différents niveaux de lecture typiques des films Pixar.

Et avec cette ambiance toute particulière qui émane du film (aaaaaah, l’Italie…), c’est à la fois du rêve, de l’évasion et une certaine manière d’aborder la vie qui nous sont présentés. En bref, on s’amuse, on en prend plein les yeux, le message passe bien sans être asséné au marteau piqueur, de quoi passer une bonne soirée, pour les petits comme pour les grands.

 

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À l’ombre du Japon #38 { The Voices of a Distant Star (one-shot) }

OmbreBones
, 27/07/2021 | Source : OmbreBones

Ohayo mina !

The Voices of a Distant Star est un one-shot de science-fiction adapté du court-métrage du même nom par Mizu Sahara. Le court métrage en question date de 2002, il a été réalisé et scénarisé par Makoto Shinkai à qui on doit également : Your Name, les enfants du temps et 5 cm per second, également disponibles chez Pika au format papier.

En quelques mots, il s’agit de l’histoire de deux jeunes collégiens sur le point d’entrer au lycée. Mikako est engagée après un tirage au sort dans la flotte spatiale des Nations Unies afin de piloter un mécha à la recherche de Tharsiens, une race extraterrestre possédant une technologie que l’humanité envie. Sur Terre, son meilleur ami Noboru l’attend. Ils échangent des messages, messages qui mettent de plus en plus de temps à arriver à mesure que la distance grandit…

Je n’aurais pas cru être à ce point touchée par une histoire comme celle-là. Les points de vue alternent entre Mikako dont la vie change radicalement et Noboru, qui s’accroche au passé grâce aux messages de son amie. Hélas, ces transmissions prennent de plus en plus de temps à arriver sur Terre, à mesure que Mikako s’éloigne. Au début, il suffit d’une semaine mais divers évènements vont contraindre le vaisseau où se trouve Mikako à prendre encore plus de distance si bien que le message suivant arrive au bout d’une année, puis de huit. Et, forcément, le temps ne s’écoule pas de la même façon pour Mikako que pour Noboru !

Sur dix chapitres seulement (vingt-cinq minutes à peine pour le court-métrage !) , Makoto Shinkai propose une histoire solide, à la fois simple dans son déroulement mais d’une incroyable richesse sur la psychologie de ses deux personnages. La manière dont Noboru gère cette distance, persuadé que Mikako l’oublie quand l’un des messages prend plus de temps à arriver, puis la culpabilité de l’avoir pensé alors qu’une bonne raison justifiait ce retard, rappelle notre humanité et notre fragilité face à l’incertitude des sentiments au sein d’une relation.

Mikako, de son côté, apprend à connaître les autres membres de son groupe de mission, se fait une nouvelle amie, sans jamais oublier Noboru et en allant jusqu’à mettre sa vie en danger pour essayer de lui envoyer un dernier message avant le saut qui va encore allonger la distance de transmission.

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Cette scène est particulièrement poignante car on la voit tendre les doigts vers son téléphone qui flotte dans son mécha, paniquée à la perspective d’échouer à l’attraper pour finalement devoir abandonner, ce qui la laissera en larmes et seule face à cette solitude. On sent beaucoup de résilience en chacun, beaucoup d’abnégation aussi et de dévouement dans leur relation qui, évidemment, transcende le qualificatif d’amitié pour se révéler être de l’amour. En règle générale, je n’apprécie pas ce genre de choses mais ici, cela fonctionne parfaitement.

J’ai ressenti beaucoup d’émotions à la lecture de ce texte. Je n’ai hélas pas pu voir l’animé, pas encore, mais je compte bien m’y pencher dés que possible.

La conclusion de l’ombre :
The Voices of a Distant Star est l’adaptation au format manga papier d’un court-métrage réalisé brillamment par Makoto Shinkai. En un one-shot, Shahara Mizu donne vie à cette superbe histoire d’une relation longue distance qui, dans un contexte de science-fiction, parle surtout de psychologie et de relation humaine et ce de manière très fine. J’ai adoré !

Warhammer 40K - Fanfilm : Astartes

Elessar
, 27/07/2021 | Source : L'Imaginarium électrique

 Quand j'ai une nouvelle obsession, j'ai tendance à m'y mettre un peu à fond de manière intense, parfois de manière très brève mais bon, jamais raisonnable.Du coup depuis ma lecture du premier volume de l'Hérésie d'Horus, j'ai écumé les wiki, compulsé des listes d'incontournables à lire, chercher des fanfilms en pagailles et bref, il y a beaucoup de bouses dans ce dernier secteur, mais parfois

Deux Faucons de l’autre Terre – Philip José Farmer

Apophis
, 26/07/2021 | Source : Le culte d'Apophis

Classique, parfois bancal, mais efficace Deux faucons de l’autre Terre (oui, le titre est bizarre, mais pas de panique, vous allez comprendre) est un roman signé Philip José Farmer (1918-2009), plus connu pour ses cycles comme Le fleuve de l’éternité ou La saga des Hommes-dieux, ou son livre Les amants étrangers. L’ouvrage, paru dans la […]

La course au Rhin, de Nicolas Aubin

Herbefol
, 26/07/2021 | Source : L'affaire Herbefol

Je repère parfois des ouvrages au moment de leur sortie parce qu’ils arrivent à m’intriguer en posant une question. Ainsi celle qui sert de sous-titre à La course au Rhin de Nicolas Aubin : Pourquoi la guerre ne s’est-elle pas fini à Noël, a attiré mon attention. Et j’ai alors réalisé que je ne l’étais … Continuer la lecture de « La course au Rhin, de Nicolas Aubin »

Gypsy de Steven Brust et Megan Lindholm alias Robin Hobb

Célinedanaë
, 26/07/2021 | Source : Au pays des cave trolls

Gypsy est un roman à 4 mains de Steven Brust et Megan Lindholm, plus connue sous le nom de Robin Hobb. Le roman dont le titre original est The Gypsy a été publié aux États-Unis en 1992 puis en 2006 en France par les éditions Mnémos sous le titre La Nuit du prédateur. Par la suite, le livre a été publié en poche par Pocket avant d’être réédité par Mnémos en juin sous un nouveau titre beaucoup plus proche du titre original. Les deux écrivains avaient déjà collaboré dans Liavek .

Mike Stepovitch , flic, divorcé et proche de la dépression, officie dans la petite ville de Dakota. Il va croiser la route de Cigany, le Gitan, qu’il arrête dans une enquête sur un meurtre. Un être maléfique très puissant venu d’un autre monde (le Monde d’en bas), appelé la Belle Dame, veut s’en prendre à la ville de Dakota. Le Gitan, qui a perdu la mémoire, et Stepovitch, bien malgré lui, vont essayer de contrer la magicienne.

La narration du roman est assez déroutante avec une alternance de points de vue de plusieurs personnages se situant dans des temps d’action différents, et un mélange des genres plutôt inhabituel. Tout cela fait que l’on a du mal à s’y retrouver pendant quelques temps, même si au bout de plusieurs chapitres le roman devient plus clair. Le style des deux auteurs est fluide et la lecture est agréable une fois le rythme pris.

L’intrigue policière se mélange avec du fantastique issu des contes pour donner un récit sombre. L’histoire suit ainsi les différents mondes, celui des créatures cauchemardesques et le notre, à différentes périodes. Le mélange des genres fonctionne assez bien avec la musicalité des contes qui est très bien retranscrite. Les personnages semblent perdus face à ce qui leur arrive. Mike Stepovitch flirte avec la dépression suite à son divorce et à son boulot. Il fait équipe avec Randy Durand, jeune recrue assez inexpérimenté avec qui il a du mal à s’entendre. Cigany est amnésique, ce qui le rend assez difficile à cerner, le lecteur étant aussi perdu que lui par moments. La Belle Dame incarne la figure maléfique, elle trompe, manipule les gens dans le but de les pervertir et d’obtenir plus de pouvoirs. Le personnage n’est pas vraiment original mais il est plutôt bien campé.

Gypsy est ainsi un roman plutôt déroutant mais à l’écriture fluide et poétique. Le mélange des genres entres policiers et personnages issus de contes sombres fonctionne assez bien. Néanmoins, j’ai eu beaucoup de mal à entrer véritablement dans le récit du fait de sa narration morcelée qui a tendance à perdre le lecteur.

Autres avis: Fantasy à la carte, Elbakin, Boudicca, les fantasy d’Amanda,

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En papier

En numérique

Auteurs: Steven Brust et Megan Lindholm alias Robin Hobb

Édition: Mnémos

Parution: 11/06/2021

Dans la ville américaine de Dakota, Mike Stepovitch, un policier divorcé, s’approche dangereusement des rives de la dépression. Lorsqu’il découvre des victimes assassinées dans le sillage d’un gitan amnésique, il croit tenir son coupable. Pourtant, des événements surnaturels le font douter. Alors que le gitan recouvre peu à peu la mémoire, Stepovitch comprend que ce dernier sera son seul allié pour combattre l’étrange magie qui frappe les habitants de la bourgade. Il lui faudra se tenir aux portes du Monde d’en bas, un univers de ténèbres dont la menace hante sa petite ville si paisible…

Avec Gypsy, écrit dans les années 90, ces deux auteurs majeurs de l’imaginaire nous proposent un roman crépusculaire où le fantastique rime avec thriller et magie. Leurs talents respectifs font de ce titre l’un des plus représentatif du courant littéraire qui s’épanouit depuis ces années : la fantasy urbaine.

Cette chronique fait partie du challenge estival S4F3

Récits du Demi-Loup – tome 4 : Clémente nous soit la pluie – Chloé Chevalier

Xapur
, 26/07/2021 | Source : Les Lectures de Xapur

Récits du Demi-Loup T4 : Clémente nous soit la pluie - Chloé Chevalier

Parmi les sagas de l’été que je voulais relire – puis terminer, il y avait celle des Récits du Demi-loup de Chloé Chevalier, entamée en 2015 et dont le dernier tome, Clémente nous soit la pluie, était sorti en 2020. C’est chose faite, et ce n’a pas été une mince affaire car le cumul est quand même de plus de 1600 pages dont pas moins de 500 pour ce dernier volume !

Résumé

(source éditeur)

Au fond d’elles-mêmes, elles savaient déjà. Depuis le début. Elles s’étaient juste efforcées de l’oublier, pendant toutes ces années. Pourtant la solution se tapissait là, patiente, attendant son heure dans le plus sombre recoin de leur mémoire. L’unique et dernier espoir du Demi-Loup. Mais aussi le plus fondamental, le plus douloureux, de tous leurs devoirs de Suivantes. Nersès et Lufthilde ne peuvent plus feindre de l’ignorer. L’heure est venue de l’ultime sacrifice.

Une question, toutefois, demeure en suspens : à quoi bon ? Cet Empire qui se dresse, immense, tout puissant, face au Demi-Loup moribond, faut-il le craindre ou l’espérer ?

Editeur : Les Moutons Electriques – Date de parution : 03/07/2020 – 546 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Née en 1988 en Saône-et-Loire, titulaire d’un Master de cinéma, passionnée d’escrime et d’équitation, Chloé Chevalier vit depuis quelques années en région parisienne, où elle partage sa plume entre écriture scénaristique et romanesque. En parallèle, elle tient avec quelques collaborateurs de longue date les rênes d’une société de production, les Films d’Argile. Les Récits du Demi-Loup sont ses premiers romans.

Mon avis

Après un troisième tome qui avait parfois tendance à ne pas faire avancer drastiquement les choses, et se focalisait en partie sur Nersès et son fils Crassu, voici donc l’épilogue des Récits du Demi-loup. La couverture de l’ouvrage, reprenant la château de Véridienne, donne bien le ton : on est à la fin de l’histoire et la conclusion sera terrible. La pluie n’aura pas été clémente pour le royaume… Attention, quelques spoilers sur les tomes précédents parsèment cet avis.

Grand absent du récit, enfin, pendant sa majeure partie : Aldemor, et l’on saura en fin de tome pour quelles raisons. L’histoire se tourne en effet logiquement vers les deux reines du Demi-loup. Calvina des Eponas, qui se repose (trop) sur sa suivante, la fougueuse Lufthilde, et sur le général des Chats, Odelin. Et Malvane de Véridienne, aux idées en avance sur son temps, qui elle a tendance à éclipser sa suivante Nersès. Au point que cette dernière a quitté longuement le château et erré dans un royaume décrépi où la Mort-de-l’eau, cette sinistre épidémie, prélève largement son dû. Crassu, lui, s’est réfugié quelque temps hors des deux camps mais finit par être balloté de l’un à l’autre, ce qui lui vaudra plus tard quelques désillusions.

Aux extraits de journaux personnels des Suivantes issues des deux bords et même à ceux bien postérieurs de Crassu, s’ajoutent les minutes d’un procès qui casse la linéarité que l’on connaissait jusqu’alors (ce qui m’a un peu gêné). Car l’Empire est là, bien présent, et si on le connait maintenant par le récit d’Aldemor et par les années qu’il y a passé, jeune puis adulte, son ombre fait plus que s’agiter aux frontières du Demi-loup, elle finit par le recouvrir. Comment un petit royaume divisé entre deux reines, aidées de Suivantes un peu trop timorées (quoique…), divisé également par la distance qui gêne la communication et l’échange d’informations, divisé encore par des forces qui le gangrène (Aldemor, certes mais aussi et surtout Cathelle et leurs partisans), peut-il résister à un empire immense, doté de réserves énormes – dont un médicament miracle – et d’une organisation sans failles ?

Variant toujours les points de vue, Chloé Chevalier s’achemine vers une conclusion maîtrisée à sa saga. Ce dernier tome, le plus long de tous avec ses plus de 500 pages, aurait certes peut-être gagné à être élagué un peu – l’intrigue liée à Tinek  me semblant notamment de trop et inachevée (je chipote, par contre il y a quelques coquilles, mais rien de gênant là encore). Chaque personnage de la saga verra son destin conté, du plus humble au plus puissant, et nombreuses seront les morts qui parsèment le crépuscule du Demi-loup. Cruelles, féroces, souvent gores et sanglantes, ces pages sont marquantes et tandis que les Eponas et Véridienne se déchirent, parfois à contrecœur, l’Empire et son bras armé Aldemor (et Cathelle !) voit ses plans avancer. Pour le bien de tous ? Certes, le remède entraperçu (et assez peu détaillé, au final) est salvateur et fait passer l’assimilation du Royaume à l’Empire mais j’ai été un peu triste de cette fin pour un petit royaume que j’avais apprécié. Ce n’est cependant rien à côté de l’adieu à ces personnages marquants, personne n’étant irréprochable ou haïssable. La galerie était très réussie, aucun n’étant manichéen mais chacun ayant ses souhaits, ses qualités comme ses défauts, son agenda ou ses aspirations, jusqu’à ce que le grain de sable composé de la Suivante excédentaire, de ses amours et d’une satanée épidémie vienne faire dérailler la mécanique du royaume.

Qu’il a été bon de se dépayser et de voyager avec cette longue histoire qui relève plus d’un récit historique inventé que d’une fantasy – car il n’y a ici ni magie ni créature fantastique. Et si le style est recherché, sans doute grâce à l’artifice épistolaire venant de personnages lettrés, il n’y a pas le côté parfois « too much » du vocabulaire d’un Jaworski. Si vous voulez découvrir la saga, Véridienne est disponible en poche chez Hélios mais les quatre tomes viennent de sortir à petit prix au format numérique, ce serait dommage de ne pas en profiter et de ne pas parcourir le Demi-loup aux côtés de Chloé Chevalier dans cette grande fresque exceptionnelle. Avec un pincement au coeur, je referme ces pages et attend maintenant avec impatience les nouveaux écrits de l’autrice qui s’est révélée à travers cette saga et dont j’espère beaucoup pour la suite de sa carrière.

Mes avis sur les autres tomes

D’autres avis

Au pays des Cave Trolls – Encres & Calames – …

Dans le sillage de Poséidon (Les enfants de Poséidon 3) – Alastair Reynolds

Vert
, 26/07/2021 | Source : Nevertwhere

Dans le sillage de Poséidon - Couverture

Histoire de ne pas perdre le fil à nouveau, après avoir bien apprécié le tome 2 de la trilogie Les enfants de Poséidon, j’ai immédiatement embrayé sur le tome 3. L’occasion de suivre une fois de plus la famille Akinya, les éléphants et l’humanité dans une grande aventure spatiale.

Dans le sillage de Poséidon se déroule quelques deux cents ans après le tome précédent, mais entre les décalages liés aux voyages spatiaux et à l’hibernation et les techniques de prolongation de vie, ses protagonistes nous sont familiers. Certes Chiku n’est plus là, mais l’intrigue suit d’un côté Kanu, le fils de la Chiku de la Terre, désormais ambassadeur sur Mars et de l’autre Goma, petite-fille de la Chiku de Creuset, passionnée par les éléphants.

L’élément déclencheur de l’histoire est un message reçu d’un système planétaire lointain demandant à faire venir Ndege, la fille de Chiku. Alors que les voyages interstellaires ont été majoritairement interrompus en raison de la rencontre avec les Gardiens, une expédition se monte sur Creuset pour découvrir l’expéditeur du message.

Comme pour les tomes précédents, Dans le sillage de Poséidon est un roman qui en met plein la vue, autant pour son côté aventure que pour les nombreuses thématiques qu’il exploite (intelligence artificielle, transhumanisme, animaux élevés à l’intelligence et civilisations aliens antiques).

Cependant je l’ai trouvé un peu inégal dans sa façon d’associer des enjeux gigantesques (les constructeurs du mystérieux mandala de Creuset et leur héritage) à un récit très resserré autour de quelques personnages, avec une résolution intimiste qui tranche un peu.

Avec le recul, je n’arrive pas à savoir si c’est un choix volontaire d’Alastair Reynolds de mettre l’accent sur l’importance des actions individuelles, ou s’il ne savait juste pas trop comment boucler son histoire. D’ailleurs l’auteur sur son site internet ne s’interdit pas de revenir à cet univers un jour s’il a des idées pour un quatrième roman.

Cela ne m’empêche pas d’avoir pris grand plaisir à lire cette conclusion d’une trilogie de SF comme je les aime avec de l’aventure, du spectaculaire et une jolie galerie de personnages nuancés et complexes (même si on a presque envie de balancer Kanu par le sas par moment). En matière de lecture estivale, c’est donc une très chouette trilogie à emmener dans ses valises.

Infos utiles : Dans le sillage de Poséidon (Poseidon's Wake)  est le troisième tome des Enfants de Poséidon (Poseidon’s Children), une trilogie signée Alastair Reynolds. Ce roman a été publié en 2015 en VO, et en 2017 en VF avec une traduction de Laurent Queyssi aux éditions Bragelonne. J’ai lu la version numérique qui compte 661 pages (selon ma liseuse). Au format papier comptez entre 646 p. (pour le grand format) et 864 p. (pour le poche). Couverture de Dominic Harman.

D’autres avis :
L’affaire Herbefol, Le culte d’Apophis, L’imaginarium électrique, Quoi de neuf sur ma pile