Mort™

Le chien critique
, 18/10/2021 | Source : Le chien critique

 

Jean Baret, Le Bélial, 2021, 400 p., 10€ epub sans DRM


Pourquoi je lis, pourquoi je m'emmerde ?

Présentation de l'éditeur :

Rasmiyah vit à Babel. Bien qu’elle réside dans un quartier musulman, c’est une chaos magicienne. Enseignante de profession, elle vénère le dieu serpent Glycon et organise sa vie en fonction du grimoire fondateur de sa religion, le Moon and Serpent Bumper Book of Magic. De l’autre côté de la Bordure, à Mande-Ville, Xiaomi est journaliste. Et gonzo, avec ça. Ses enquêtes génèrent du clic comme s’il en pleuvait — de la consommation en bonne et due forme, bien entendu, mais il ne faudrait pas le prendre pour quelqu’un qui en a quelque chose à foutre. Quant à Donald Trompe, citoyen DN4n93xw dans la zone d’Algoripolis, il partage son quotidien sous l’égide de l’Indominux Lex, loué soit-Il, entre temps d’amour, d’amitié, de loisir et de travail — travail qui consiste à agencer des lettres flottant dans l’espace virtuel de son cube de vie. Ces trois-là ne se connaissent pas. Et pourtant, la M-Théorie va bouleverser leur vie à tous. Et peut-être même bien au-delà… 


Mon ressenti : 

Et voilà le troisième et dernier tome de la trilogie Trademark est enfin paru. Trop clic clic. J'ai demandé à ALGO 876893324 de télécharger l'epub histoire de consommer tout en priant que Mort™ soit un putain de bouquin What the Fuck.

Livre dans la liseuse, excitation au paroxysme ce qui me permet de réduire un peu de mon temps de sexe. Ouverture, la couverture est vraiment trop clic clic, l'illustrateur a du talent. Premier chapitre avec Rasmiyah et sa scramble suit dans une ville où la religion est reine. Deuxième chapitre qui nous ramène à Algopolis tandis que le trois nous ramène à Mande-ville. Terrain connu , mon temps de loisir va être déficitaire. Mais ne croyez pas que je suis quelqu'un qui en a quelque chose à foutre.

7 jours plus tard, l'orgasme religieux n'est plus là. Mon temps de lecture frôle le zéro. Rien à foutre du monologue religieux pour nous démontrer l'absurdité des religions et de la place de la femme dans celle-ci. Pendant les monologues, je me distrais en regardant des holos tweets jusqu'à ce que je me dis : "Putain, fini le ce putain de bouquin ou ce sera le dernier livre que tu as lu avant de mourir". Mais pourquoi ? Quelle utilité ? Pourquoi pas ouvrir le tiroir, ouvrir la boîte qui s'y trouve, prendre le revolver et me le mettre dans la bouche ? Oui mes Vie et Bonheur étaient trop clic clic, il doit bien y avoir un truc de bien dans la Mort™. Il n'y a sûrement pas que ces foutues longues digressions chiantes et barbantes sur le pourquoi de cette trilogie.

Heureusement, les marques sont là pour me donner du bonheur, vive Mande-ville est son humour trash. La religion est triste, on s'emmerde. Pourquoi Baret a voulu justifier ? Pourquoi vouloir montrer qu'il est un écrivain philosopho-penseur, pas comme tous ces livres divertissants qui font oublier l'existence. Car en lisant je le vois passer le temps, j'ai même l'impression qu'il fait des pauses. Pourquoi je lis, pourquoi je m'emmerde ?

Passage mille fois sur le hub du Bélial. Toujours personne ne parle de ce dernier roman à la mode. Pas glop. Un flop. Ou ils ont tous fondé une secte : Baret m'a fait marrer et il me l'a mis profond ?
Et de toute manière, qu'attendre d'un livre sur le sens de la vie qui n'a même pas 42 chapitres ? 
Le final que j'espérais trop clic-clic a fait flop-flop.

Perhaps the stars – Ada Palmer

FeydRautha
, 18/10/2021 | Source : L'épaule d'Orion

Demain, le 19 octobre 2021, sort le quatrième et ultime chapitre de la série Terra Ignota d’Ada Palmer, soit plus de cinq ans après Too Like the Lightning qui ouvrait le bal. Suivirent assez rapidement Seven Surrenders (2017) et The Will to Battle (2017). En France les trois premiers tomes furent publiés chez Le Bélial’ sous les titres : Trop semblable à l’éclair (2019), Sept redditions (2020) et La Volonté de se battre (2021). La traduction en a été confiée à Michèle Charrier qui a produit là un travail d’une qualité exceptionnelle, d’autant plus que le texte d’origine est d’une grande complexité. Pour sa publication française, le dernier tome, en raison de sa taille de plus de 600 pages en VO, sera découpé en deux volumes : L’Alphabet des Créateurs (printemps 2022) et Peut-être les étoiles (automne 2022).

Ce n’est pas à l’heure du grand final qu’il convient de retracer les événements passés. Soit vous avez lu les tomes précédents et vous savez de quoi il retourne, soit vous ne les avez pas lus et vous souhaiterez en savoir le moins possible. Tout au plus rappellerai-je le cadre de la saga. Ada Palmer y pose une question fondamentale : est-il possible de concevoir une utopie ? L’autrice imagine la société humaine au vingt-cinquième siècle, une société d’abondance dans laquelle le lieu de naissance ne détermine plus la citoyenneté mais où chacun choisit son appartenance à une nation politique, une Ruche, au-delà des considérations géographiques, reléguant la notion de frontière à l’histoire. Cette nouvelle organisation est rendue possible par un système de transport global et automatisé par des voitures volantes qui permettent de se rendre à n’importe quel endroit de la planète en moins de deux heures. La famille nucléaire n’existe plus et est remplacée par des bash qui réunissent adultes et enfants sous un même toit. La pratique religieuse collective et le prosélytisme sont interdits, mais pas la croyance individuelle. Les prêtres sont remplacés par des guides spirituels personnels. Mais une fois cet univers mis en place, Ada Palmer en montre les failles et s’applique à le détruire. L’histoire débute en mars 2454 et les deux premiers tomes racontent ainsi la chute de ce monde en sept jours. Le troisième prépare la guerre, et le dernier l’accomplit.

L’une des particularités du cycle Terra Ignota, sa grandeur pour les uns et sa faiblesse pour les autres, est qu’il convoque la philosophie du siècle des Lumières, de Voltaire à Hobbes en passant par le Marquis de Sade. Le propos est chargé de concepts politiques, religieux et philosophiques, et de nombreuses pages y sont consacrées. Selon la sensibilité du lecteur, ou ses attentes, celui-ci l’aura trouvé éblouissant (c’est mon cas) ou « éblouichiant ». De fait, et c’était prévisible dès le premier tome, Terra Ignota polarise fortement le lectorat. Cela a donné lieu à de nombreux débats, n’y revenons pas. On aime ou on déteste.

La question qui se pose, à l’heure du grand final, est pour ceux qui sont arrivés jusque-là : cela valait-il la peine ? La réponse est oui, mille fois oui. Jusqu’à son dénouement, Terra Ignota s’impose comme une œuvre majeure de la science-fiction.

Ce quatrième et dernier tome joue la différence. Dans Perhaps the Stars, les Lumières sont définitivement éteintes, la philosophie passe au second plan, et si l’on croise encore quelquefois Hobbes, c’est désormais l’épopée et en particulier Homère qui prend le devant de la scène. Une autre particularité du cycle est son narrateur non fiable. L’illustre Mycroft Canner, criminel devenu conseiller des puissants, raconte à sa façon les trois premiers tomes de la saga. Mais il ment, cache des choses, se contredit et lentement sa raison défaille. Dans ce quatrième tome, et pour une bonne raison, ce n’est plus Mycroft Caner qui fait le récit des événements mais le neuvième Anonyme, 9A. Le ton change ainsi radicalement, se faisant plus simple, plus direct, plus franc aussi. Un temps du moins, car rien n’assure que 9A garde ses esprits bien longtemps face aux révélations qui vont s’abattre sur lui et sur le lecteur. Ce n’est plus un récit historique mais une chronique au jour le jour d’une histoire qui s’étend de juillet 2454 à Janvier 2456. À l’opposé des tomes précédents, l’histoire est écrite au fur et à mesure que les événements se développent, ce qui donne au texte un rythme plus dynamique. On y rencontre de nombreuses formes de narration différentes, comme cet incroyable chapitre 13 écrit sous la forme d’entrées et de sorties depuis les interfaces d’une machine pensante, rappelant les dialogues entre Mentaux dans Excession de Iain M. Banks. Et surtout, c’est un récit de guerre sur 504 jours. Car en effet, à la suite de The Will to Battle qui l’annonçait, la guerre qui ravagera le monde est là. Et le monde sera ravagé. Les voitures sont les premières victimes de la guerre. Les cités, villages, sont isolés. A l’endroit où il se trouve, chacun peut devenir une minorité et être en danger. Sans plus de nation géographique ni d’armée ni d’uniforme, la guerre est civile. Personne n’est épargné, le monde entier est entré en guerre. À rebours des tomes précédents, le moteur du livre est l’action, ce qui ne manquera pas de surprendre les lecteurs jusqu’ici habitués à un rythme plus calme, quand bien même la fin de The Will to Battle l’annonçait.

La principale surprise, toutefois, est l’irruption à ce stade du cycle d’une forme de SF qu’on peut qualifier de spectaculaire. L’occasion de la guerre est aussi pour Ada Palmer de ne plus retenir les coups ni les effets pour produire du grand spectacle à grands renforts de pyrotechnie, d’armes et de machines futuristes de toutes sortes. Je ne vous en ferai pas la liste, car tout y passe. Plongez la main au hasard dans la grande boite à outils de la science-fiction, vous en sortirez un gadget qui surgira à un moment ou un autre dans les pages du livre. Et là encore avec des surprises de taille. C’est un déferlement tout à fait réjouissant, aussi ludique pour le lecteur que malicieux de la part de l’autrice. Car bien évidemment, tout cela n’est jamais gratuit.

« 9A – “Oh.  […] made a space cyborg techno-immortality deus ex machina resurrection thingey—I’m gonna start that sentence over.”

Si arrivé là, à ce moment du cycle, vous pensiez encore qu’Ada Palmer était une personne sympathique, vous vous trompiez. Ada Palmer est d’une sauvagerie sans limite ! Elle ose tout dans ce tome et fait tomber les barrières. Mycroft, n’étant plus contraint, se lâche totalement et prend une ampleur considérable. Vous pensiez connaître Mycroft Canner ? Au bout de trois tomes, accompagné des révélations du premier, du second et des surprises qu’il nous réservait dans l’action dans le troisième ? Alors permettez-moi de vous dire que vous ne connaissez pas Mycroft Canner. Il va en être de même pour de nombreux personnages présents depuis le début de la série, qu’on croyait connaître, et dont on découvre la véritable nature. Nous allons de surprise en surprise.

Comme dans toutes les guerres des batailles sont gagnées, d’autres perdues, des positions sont conquises, d’autres âprement abandonnées. Pour retrouver la paix, l’humanité devra faire des choix, des sacrifices, renoncer à certains rêves. L’utopie est définitivement perdue, il est désormais l’heure de choisir entre l’immortalité terrestre et la conquête des étoiles. La résolution est douloureuse, cruelle, injuste, mais mémorable.

C’est une immense et intense conclusion qu’Ada Palmer nous offre pour clore une saga qui restera dans les annales du genre pour son ampleur et sa virtuosité. Ada Palmer a produit une très grande œuvre. Certes exigeante, parfois énervante, mais toujours éblouissante. Ada rules!


D’autres avis : Outrelivres,


  • Titre : Perhaps the Stars
  • Série : Terra Ignota (4/4)
  • Autrice : Ada Palmer
  • Publication : 19 octobre 2021 chez Head of Zeus
  • Nombre de pages : 608
  • Format : papier et numérique
  • Traduction : Michèle Charrier pour une publication en deux volumes au printemps et à l’automne 2022 chez Le Bélial’

Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, dirigée par Jean Lopez & Olivier Wieviorka

Herbefol
, 18/10/2021 | Source : L'affaire Herbefol

J’ai déjà parlé ici d’une des anthologies d’essais co-publiées par les éditions Perrin et la revue Guerres & Histoire. Il va aujourd’hui être question d’une autre de ces anthologies : Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, première du nom puisqu’un seconde volume a aussi été publié. Et c’est toujours dirigé par Jean Lopez & … Continuer la lecture de « Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, dirigée par Jean Lopez & Olivier Wieviorka »

Les sentiers des astres 4, Jaunes Yeux de Stefan Platteau

Célinedanaë
, 18/10/2021 | Source : Au pays des cave trolls

Jaunes yeux est le quatrième tome de la série Les sentiers des astres de Stefan Platteau. C’est normalement l’avant dernier tome de la saga, qui se déroule ans un univers de fantasy très riche et extrêmement bien construit. Bien entendu, cette chronique portant sur un tome 4, elle risque de contenir quelques spoilers sur la série.

Toujours une alternance des récits

Le roman alterne toujours entre le récit principal narré par Fintan Calathynn, le barde de l’expédition, et l’histoire de la courtisane, Shakti. Fintan et ses compagnons sont partis depuis plusieurs semaines sous les ordres du capitaine Rana afin de trouver le Roi-Diseur et de la sorte sauver leur patrie en proie à une guerre civile. Leur chemin s’est avéré semé d’embuches et de dangers, et le capitaine Rana trouve rapidement la mort. Fintan Calathynn devient le chef de l’expédition par intérim, cherchant à comprendre ce qui est vraiment arrivé à Rana. Après un répit chez les Teules, les survivants de l’expédition finissent par trouver une face gravée dans un arbre leur indiquant ainsi l’itinéraire vers l’Oracle qu’ils recherchent depuis si longtemps. Mais ce n’est que le début du chemin qui va s’avérer tout aussi périlleux que le début de l’expédition.

Le récit de Shakti permet d’en apprendre plus sur l’enfance de sa fille, et le lien qui l’unit à la fameuse créature « jaunes yeux » qui donne son titre au roman. Un troisième narrateur vient toutefois s’inviter dans ce tome pour de courts chapitres et permet de connaitre la famille de Manesh ainsi que le déroulement des sanglants combats de la guerre civile. Le conflit prend ainsi plus de corps et d’ampleur grâce à ce récit.

Une suite dans la lignée des tomes précédents

Ce quatrième tome ressemble beaucoup au précédent. On y retrouve le même rythme un peu lent, une construction toujours agréable et un talent de conteur toujours aussi évident. Mais aussi des longueurs surtout dans le récit de Shakti qui aurait pu être écourté pour donner un peu plus de peps au roman. Néanmoins, le dit de Shakti permet de mieux comprendre le lien de la petite fille avec le monde des esprits, mais aussi les prémices de la guerre civile.

Les différents récits forment une intrigue générale, celle du royaume de l’Héritage, et d’une quête désespérée. Plusieurs révélations apparaissent au fil du récit et surtout dans la fin très intense et pleine de tensions. D’ailleurs une fin pareille devrait exister uniquement si on a le tome suivant à portée. Et elle risque de se faire sacrément attendre!

Avec Jaunes yeux, Stefan Platteau poursuit avec bonheur cette série du Sentiers des astres. Ce tome est dans la même lignée que le tome précédent. Malgré quelques longueurs, on se prend toujours à ce récit grâce au formidable talent de conteur de Stefan Platteau.

Autres avis: Reflets de mes lectures, Fantasy à la carte,

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En papier

En numérique

Auteur: Stefan Platteau

Édition: Les moutons électriques

Parution: 20/08/2021

L’expédition Rana a retrouvé la Voie au Roi : cette fois, l’Oracle semble bel et bien à portée de main, et par lui, le salut du Vieux Royaume. Mais reste-t-il encore quelque chose à sauver ? Là-bas, dans l’Héritage, le sort des armes a mal tourné ; Maroué la sorcière est aux abois, sur le point de tout perdre…

Sous la lune versatile, des forces anciennes menacent. Plus que jamais, Fintan et les siens sont en proie au doute. Ils savent que le danger ne vient pas seulement de la forêt : il couve aussi au sein de la troupe. Car la petite Kunti est hantée par l’Outre-songe… Qui est son protecteur, le mystérieux berger que l’enfant nomme « Jaunes yeux » – tantôt allié, tantôt péril mortel ? Le secret de sa nature se trouve peut-être dans les souvenirs de la fillette et de sa mère…

Oiseau, Sigbjørn SKÅDEN

lenocherdeslivres
, 18/10/2021 | Source : Le nocher des livres

L’Humanité s’est échappée de la Terre. Quelques colons sont arrivés sur une planète aux conditions difficiles, qui nécessitent d’immenses efforts pour pouvoir survivre. Mais ils y sont parvenus, malgré les pertes, malgré l’aridité de leur nouvelle existence. Et malgré la particularité de la lumière qui est capable d’assourdir les gens. Gens obligés de communiquer par écrit au moyen d’écrans portatifs.

Un ton original

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette novella possède son propre ton et son propre rythme. On est loin des grandes sagas planétaires où le narrateur nous raconte le quotidien des pionniers, leurs interactions avec la faune et la flore de la planète. Ici, le lecteur va devoir attendre, patienter comme les habitants de cette planète étrange, que l’on découvre peu à peu, par petites touches, assez lentement. Et ce d’autant que la narration n’est pas linéaire : l’auteur nous propose trois voix, à trois époques différents. Voix que nous allons apprivoiser petit à petit, mais pas dès le début. Ce qui peut laisser un peu perplexe lors de la lecture des premières pages. Mais c’est là le premier intérêt du texte : son rythme contemplatif et ses mystères à découvrir. On est comme en suspension devant le paysage aux couleurs tranchées. Pas de pastels, pas de mélanges. Des couleurs qui s’opposent, se heurtent, s’agressent. Mais ne s’interpénètrent pas. N’offrent pas de nuancier. Le rouge est rouge, le noir est noir. Primaire, brut. Comme la planète, inhospitalière, dure. Dureté qui se ressent dans le choix des mots (même si ce choix passe par le filtre de la traduction), mais aussi dans les péripéties vécues par les différents personnages.

Un monde impropre

Car ce qui ressort avant tout de Oiseau, c’est la violence. Cela peut paraître paradoxal tant le rythme est doux et contemplatif. Mais les conditions imposées par la planète sont si particulières, si définitivement hostiles : ne serait-ce que cette contrainte imposée par une lumière capable d’empêcher les gens de s’entendre parler, de les assourdir, de les obliger à communiquer uniquement par écrit. Quelle trouvaille ! Quel enfer ! C’en est même à se demander comment la colonie a survécu. Comment elle a osé appeler ce lieu « Home », tant cela ne ressemble en rien à une maison désirée. Et on le comprend au fur et à mesure de la narration de Heidrun, jeune femme qui a du mal à accepter cette nouvelle vie et les choix qu’ont fait ses compatriotes. Jeune femme qui sait se montrer dure elle aussi : la façon dont elle traite, parfois, sa jeune fille, qu’elle aime pourtant…

Je ne veux pas en dire trop car une grande partie du plaisir éprouvée à la lecture de cette novella provient de la découverte de ce monde et de ses habitants de fortune. Il faut se laisser bercer par les voix des personnages et par leurs non-dits, par les indices distillés au fur et à mesure et par les révélations, brutales. Mais surtout par les paysages, éclatants, qui s’imposent à nous dans leur force.

Je m’arrête là pour ne pas trop en révéler, ne pas gâcher votre possible lecture. Pour découvrir cette récente collection de la maison d’édition Agullo composée, comme son nom l’indique, de textes courts, je suis vraiment bien tombé. Lire Oiseau a été pour moi une expérience immersive intrigante et fascinante. Je me suis retrouvé ailleurs, la tête emplie de sensations et de sentiments forts, différents. J’ai vraiment voyagé, sans grand vaisseau spatial, avec juste des mots et cela a été un sacré voyage !

Présentation de l’éditeur : 2048. Heidrun s’adresse à sa fille : en tant que première enfant née sur Home, elle incarne l’avenir des hommes sur cette planète. C’est là que se sont installés les passagers de l’expédition UR après avoir quitté la Terre, à bout de ressources. Mais la vie n’a rien à voir avec celle qu’ils ont connue : le climat est rude, la temporalité différente et aucun son ne parvient à percer le lourd silence qui règne là. Heidrun confie à sa petite le rôle de l’oiseau, celle qui saura les guider tous vers la lumière. 2147. Un siècle plus tard, la poignée d’hommes qui survivent difficilement sur Home rendent tous les jours hommage à leurs ancêtres, les pionniers. Mais un jour, leur quotidien est bouleversé par l’arrivée d’un vaisseau à bord duquel se trouve une équipe venue de la Terre. Tout le monde ne voit pas d’un bon œil cette intrusion : ces étrangers apportent-ils un nouvel espoir ou leur venue signera-t-elle la fin de la petite communauté ? Quel genre d’avenir nous attend si nous quittons la Terre ? Quels seront nos plus grands défis ? Les conditions de survie difficiles ou la nature humaine ? Telles sont quelques-unes des questions à la base de ce roman contemplatif qui saura donner goût à la science-fiction aux plus réfractaires.

Agullo, collection « Court » – 7 octobre 2021 (roman traduit du norvégien par Marina Heide – Fugl (2019)– 135 pages – 12,90 euros)

Merci aux éditions Agullo pour ce SP.

D’autres lectures : Le Maki,

Vers Mars | Et ça repart !

Tigger Lilly
, 18/10/2021 | Source : Le dragon galactique

Vers Mars est un roman écrit par Mary Robinette Kowal et traduit de l’anglais par Patrick Imbert. Il est le second tome de la saga de Lady Astronaute qui revisite la conquête spatiale des années… Plus

C’est lundi, que lisez-vous ? Episode 211

Anne-Laure - Chut Maman Lit
, 18/10/2021 | Source : Chut Maman Lit !

Pour bien commencer la semaine, je vous propose un nouvel épisode de C’est lundi, que lisez-vous ? pour vous présenter mes lectures des dernières semaines. Je suis désolée de ne pas avoir pu venir plus souvent sur le blog ces dernières semaines… les semaines ont été compliquées et les week-end plus encore. Je suis d’autant plus dégoutée que j’avais prévu pas mal de choses pour le mois de l’Imaginaire mais j’espère avoir un peu de temps les deux prochaines semaine pour me rattraper au moins un peu.

Sur le blog, il y a eu :

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books. Galleane a pris la relève puis le blog I believe in pixie dust et maintenant tout se passe sur le blog Les paravers de Millina que les avis sont regroupés. Ce rendez-vous implique de répondre chaque Lundi à trois questions :

  1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
  2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
  3. Que vais-je lire ensuite ?

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Ces trois dernières semaine, je n’ai pas lu grand chose… J’ai tout de même fini Melmoth furieux de Sabrina Calvo (que j’essaye de chroniquer rapidement sur le blog.

Et puis j’ai repris un peu de lectures graphiques avec les trois premiers tomes de Solo Leveling de Dubu et Chugong, très sympathique comme série sur le gaming.

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

C’est parti pour retrouver Mahit et Trois Posidonis !

Nouvelle lecture audio : je repars dans The Expanse de James S.A. Corey avec le tome 2 et toujours la voix de Thierry Blanc dans les oreilles.

Que vais-je lire ensuite ?

Le choix va être cornélien XD

Et vous, que lisez-vous cette semaine ?

Le mystère du tramway hanté, Le Caire nid d’esprits

L'ours inculte
, 18/10/2021 | Source : L'ours inculte

Nous voici de retour chez P. Djèlí Clark après les deux textes des Tambours du dieu noir. On reprend d’ailleurs son univers du Caire uchronique et magique qui nous a été présenté dans L’étrange affaire du djinn du Caire pour ce nouveau texte de 100 pages, intitulé Le mystère du tramway hanté, toujours publié chez L’atalante.

Cette petite histoire se passe au Caire en 1912, Hamed Nasr est un agent du Ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. Accompagné de son jeune coéquipier Onsi Youssef, il va être appelé pour élucider une affaire de possession. La rame 015 du tramway aérien est occupée par un esprit qui a déjà attaqué des ouvriers et des passagers, elle est donc immobilisée à l’entrepôt jusqu’à résolution de ce mystère. Evidemment cette affaire sera plus complexe que prévu, et nos deux enquêteurs de l’étrange devront utiliser des méthodes peu conventionnelles pour en venir à bout.

L’univers présenté par l’auteur est toujours une bouffée d’air frais chaud dans le monde de la SFFF, ce Caire du début de XXe siècle steampunk transformé par l’apparition de la magie donne un monde à la fois solide, dépaysant et plein de charme. On sent qu’il en garde sous le coude, parce qu’en une centaine de pages on nous esquisse quelques grandes lignes mais évidemment ça attise notre curiosité sans pour autant être frustrant. On pose même un contexte de révolution féministe puisqu’en marge de l’enquête, les femmes manifestent dans la rue pour avoir le droit de vote. Bim, un aspect politique et féministe qui s’invite à la fête.

L’enquête en elle-même commence de manière très classique, elle continue même de manière très classique puisque comme tout bon exorcisme il va falloir analyser et comprendre, essayer et échouer, avant d’avoir le fin mot de l’histoire. Ce qui donne une assise à ce Mystère du tramway hanté c’est tout d’abord ses deux protagonistes qui apparaissent d’abord comme un archétype du vieux briscard et du petit nouveau, mais ça évolue de manière extrêmement plaisante vers quelque-chose de nuancé qui donne une très bonne alchimie, au final. Les deux enquêteurs vont devoir se débrouiller avec leurs connaissances, leurs rencontres et leur budget un peu serré pour boucler tout ça sans trop de casse.

Le rythme est au poil, assez rapide pour qu’on ne s’ennuie pas, mais assez mesuré pour ne pas paraitre trop superficiel. Mais ce qui fait la vraie réussite de la novella, c’est que l’intrigue de possession se termine de manière satisfaisante en s’intégrant parfaitement au cadre et aux circonstances. Je marche sur des œufs en voulant rester le plus vague possible, là, mais disons que l’ensemble donne une belle cohérence thématique qui fait qu’on n’a pas qu’un simple « l’exorciste au moyen-orient », que le contexte politique de la ville n’est pas juste là pour faire joli. La clé de l’énigme fait écho au background esquissé, de manière à ce qu’aucun des éléments constitutifs de cette histoire ne soit vain ou creux.

Après L’étrange affaire du Djinn du Caire, c’est encore une fois une novella réussie que nous offre P. Djélí Clark. On a une enquête mouvementée et plaisante, mais aussi satisfaisante sur le fond, qui donne une lecture à recommander absolument. J’ai hâte de découvrir Ring Shout qui sort très très bientôt !

Lire aussi l’avis de : Lianne (De livres en livres), Marc (Les chroniques du chroniqueur), Apophis (Le culte d’Apophis), Célinedanaë (Au pays des cave trolls), Lutin82 (Albédo), Aelinel (La bibliothèque d’Aelinel),

C’est lundi… que lisez vous? #293

Lianne - De livres en livres
, 18/10/2021 | Source : De livres en livres

Rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of BooksGalleane repris la relève, a ensuite passé le flambeau à Camille du blog I believe in pixie dust et c’est finalement Les Paravers de Millina qui s’en occupe actuelement.On répond comme chaque lundi à quatre petites questions :

1. Qu’ai-je chroniqué la semaine passée?
2. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
3. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
4. Que vais-je lire ensuite ?

Sur le blog la semaine passée

Plusieurs chroniques cette semaine :

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Deux lectures cette semaine :
Monkey Around une lecture très sympa, très agréable, très fun. Franchement rien à redire, et en plus c’est très divers !
Les Sept Soeurs une lecture hors de ma zone de confort. Ça se lit bien même si je ne suis pas vraiment enthousiaste.

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

Je suis toujours dans Rythme de guerre j’en ai dépassé la moitié. Elle continuera à être ma lecture principale cette semaine. Je vais l’avancer un peu chaque jour, mais doucement pour profiter. En parallèle j’ai commencé Stormblood, un livre d’action/enquête qui est un mélange de cyberpunk et de space opéra.

Que vais-je lire ensuite ?

Mon programme ne change pas du tout par rapport à la semaine dernière. Pas de surprise !

Et vous, que lisez vous?

La Trilogie de Licanius, tome 1 : l’Ombre du Savoir Perdu – James Islington

Xapur
, 17/10/2021 | Source : Les Lectures de Xapur

La Trilogie de Licanius - Tome 1 - L'Ombre du savoir perdu James Islington

Lors de mon passage à OctoGônes, j’ai pu acheter en avant-première ce premier tome de la Trilogie de Licanius, qui fait partie du plan ambitieux de parutions que les éditions Leha ont dévoilé il y a quelques mois. Et pour une fois, je ne l’ai pas laissé prendre la poussière dans ma PAL mais l’ai lu dans la foulée. Et il y a longtemps que je n’avais pas été aussi énervé contre un livre…

Résumé

(source éditeur)

Vingt ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre. Les Augures dictatoriaux – autrefois considérés comme des dieux – ont été renversés et anéantis pendant le conflit, leurs pouvoirs tant redoutés les ayant mystérieusement abandonnés. Ceux qui avaient régné sous leurs ordres, des hommes et des femmes dotés d’une capacité moindre connue sous le nom de Don, n’ont évité le sort des Augures qu’en se soumettant aux lois de la rébellion.
Une représentation de ces lois est maintenant inscrite dans la chair de quiconque utilise le Don, forçant ceux qui sont ainsi marqués à une obéissance absolue. En tant qu’élève des Talentés, Davian subit les conséquences d’une guerre menée – et perdue – avant sa naissance. Méprisé par la plupart des gens au-delà des murs de l’école, lui et ceux qui l’entourent sont pratiquement prisonniers de leur tentative d’apprendre à contrôler le Don.
Pire encore, alors que Davian se débat avec ses études, il craint les terribles conséquences d’un échec aux redoutées Epreuves. Mais en découvrant sa capacité d’exercer le pouvoir interdit des Augures, Davian va déclencher une série d’événements qui vont bouleverser les terres d’Andarra et au-delà. Au nord, un ancien ennemi que l’on croyait vaincu depuis longtemps se réveille. Et à l’ouest, un jeune homme dont le destin est lié à celui de Davian reprend connaissance dans la forêt, couvert de sang et sans aucun souvenir de qui il est…

Editeur : Leha – Traduction : Sarah Doke – Date de parution : 15/10/2021 – 640 pages

L’Auteur

(source éditeur et Babélio)

James Islington est né et a grandi dans le sud de Victoria, en Australie. Il a été influencé dans son enfance par les récits de Raymond E. Feist et de Robert Jordan, mais ce n’est que plus tard, lorsqu’il a lu la série Fils-des-brumes de Brandon Sanderson – suivie peu après par Le nom du vent de Patrick Rothfuss – qu’il a finalement eu envie de s’asseoir et d’écrire ses propres romans. La Trilogie de Licanius, éditée par Orbit et dont le 3e et dernier tome a été publié fin 2019, est un succès international avec près de 400 000 exemplaires vendus. James Islington vit aujourd’hui avec sa femme et ses deux enfants dans la péninsule de Mornington, dans le Victoria.

Mon avis

Commençons par le premier aperçu avec le livre, de bon poids (grâce ou à cause de ses 640 pages) et avec une belle couverture (identique à celle de l’édition V.O. – ce qui permet d’ailleurs de savoir à quoi vont ressembler celles des suites). Un bon a priori donc, qui va hélas être rapidement douché dès les premières pages.

Parlons donc des choses qui fâchent, entre le style (pauvre) de l’auteur et le travail d’édition dans lequel j’engloberai la traduction et la relecture, ne sachant pas où est exactement le problème chez Léha. Il est rare que je me plaigne de ce dernier point mais là, j’ai fréquemment tiqué et failli abandonner le livre après moins de 100 pages. Et si je pinaille sans doute un peu, je serai curieux de lire les retours d’autres lecteurs pour savoir si cela ne vient que de moi…

Style pauvre, donc, disais-je, avec des descriptions le plus souvent laconiques. Si je ne suis pas fan des détails s’étalant sur trois pages à chaque porte ou maison que les personnages voient, j’aime quand même pouvoir en apprendre un minimum sur l’univers de l’auteur. Là, c’est plus que succinct. Exemple : une bibliothèque millénaire dans une cité perdue, voire hantée, et on nous dit quasiment uniquement qu’il y a beaucoup de livres ! Je veux bien que l’Ombre du Savoir Perdu soit un premier roman, mais il faut quand même faire un petit peu d’effort. Les lieux sont génériques, les palais « immenses », les pièces réduites à un peu de mobilier. Niveau style toujours, on trouve des phrases avec des soucis de ponctuation, l’auteur confondant point et virgule pour essayer de donner du rythme et de la nervosité à son récit, sans doute, mais cela cause surtout des enchaînements malheureux (« Wirr ne bougea pas, ne tenta pas d’entrer, habituellement joyeux, il était mal à l’aise et le ventre de Davian se serra »). Il a aussi une fâcheuse manie de mettre des majuscules un peu partout, ce qui donne des phrases comme, j’exagère à peine : « Les Talentés sont soumis aux Préceptes car les Administrateurs se méfient des Augures qui peuvent les Lire en utilisant l’Essence ». Souvent justifié par le contexte, sans doute, mais assez grandiloquent voire pénible avec leur répétition sur des centaines de pages, un peu plus de subtilité aurait été appréciable. James Islington a aussi une forte tendance à décrire les actions en les plaçant dans des parenthèses au milieu des dialogues, je n’en suis pas fan. Ni de l’interjection « Destin ! » utilisée à tour de page. Quant au guerrier dont « le cœur manque un battement » toutes les deux lignes en présence de sa belle, comment dire, il risque de succomber à l’amour avant d’être tué par le moindre ennemi…

Concernant le travail d’édition, j’ai tiqué à de multiples reprises et failli abandonner la lecture plusieurs fois tant elle manque de fluidité. Exemple dès la première page : « Rien n’y poussait, y compris le feuillage […] ». C’est moi, ou un simple « pas même » aurait été préférable ? Bon, disons que je pinaille et allons plus loin avec « il connaissait chaque centimètre des lieux » (hum, j’aurais ajouté un « carré » quelque part, moi). S’il y a ici ou là quelques fautes d’orthographe, ce n’est rien par rapport aux répétitions (le dictionnaire des synonymes devait être en vacances) et aux tournures de phrases qui laissent pantois (« Asha regardait mollement le plafond », « Il marcha vers les portes de l’école dans un silence sidéré et incrédule », « […] avant qu’aucun d’entre eux ne se rende compte de ce qu’il se passait et tout sembla se passer au ralenti […] »). De façon plus anecdotique, quand un mage « libère les gardes » qui protègent une porte, il ne s’agit pas de personnes donc je pense qu’on pourrait y substituer « sceaux » ou « protections » de façon plus heureuse.

Passons, quand même, au fond pour lequel j’ai eu du mal à me motiver à lire tant la forme m’a parue pénible. On découvre une école de magie où les apprentis, pardon les Talentés, suivent des études. L’un d’eux, Davian, est accompagné de son meilleur ami, Wirr et d’une jeune femme qui l’attire, Ashalia. Davian n’est pas doué du tout, il redoute l’épreuve finale, et comme il a vécu un traumatisme dans le passé, qui l’a laissé balafré. Tout ça me rappelle quelque chose, non d’un choixpeau ! Heureusement, avant qu’on ne s’oriente vers un récit young adult poudlardesque de plus, tout le monde est massacré ! Hum, j’exagère, car Davian a décidé de fuir l’épreuve et son pot de colle de copain de Wirr l’accompagne, dans une quête mystérieuse consistant à suivre le chemin tracé par un objet magique, pardon un Réceptacle, en direction du Nord. Une fuite et une quête qui leur ont donc sauvé la vie. A leur insu, Ashalia, elle, a été mystérieusement épargnée mais c’est seulement pour voir ses pouvoirs magiques annulés, la transformant en Ombre, état dégradant témoignant de son ancienne condition.

On découvrira ensuite petit à petit le continent où l’action se situe, et son histoire. Une barrière, le Bord du Monde, retient en effet des monstres issus d’un âge perdu (hum, ça me dit encore quelque chose, nom d’un Stark !) mais elle s’effrite et bien sûr les mages, pardon les Augures, qui l’avaient élevé ont tous été exécutés. C’est ballot, non ? Tandis que les mages de l’époque actuelle, donc les Talentés, détestés par la population, sont strictement surveillés et parfois obligés de porter un Fer, sorte de bracelet qui annule leurs pouvoirs. Davian et Wirr vont finir pour localiser un jeune homme, Caeden, couvert de sang et sans doute coupable du massacre des habitants d’un village. Pour autant, il est amnésique (ce qui est toujours bien pratique) et ne semble pas maléfique.

Le petit groupe qui se constitue voyage en direction d’une capitale et d’une académie de magie, en compagnie de personnages plus ou moins fiables, jusqu’à ce que Davian disparaisse. Islington le projette à une autre époque, dans un environnement mystérieux afin d’affiner ses pouvoirs mais on peut alors se demander si le jeune homme est vraiment le héros du récit puisque Wirr dévoile ses secrets et monte en puissance, de même que Caeden. Et Ashalia est prise entre deux factions ennemies, qui jouent un jeu diplomatique dangereux. Tout le monde se rejoindra pour une bataille finale face à l’Armée aveugle, ainsi nommée à cause de ses guerriers aux casques sans visière, qui plus est dotés d’armures qui résistent aussi bien aux épées qu’à la magie. Le tout a souvent des airs de Fort-le-Cor, avec des vagues d’ennemis inarrêtables et des défenseurs vite submergés. Heureusement, Ashalia veille et trouve des renforts magiques. Les origines de Caeden sont ensuite partiellement dévoilées et on découvre tout un pan de son caractère qui jure avec ce qu’on a pu lire précédemment, et qui sera sans aucun doute exploré dans les tomes suivants. De même qu’on en saura plus sur le ou la fameuse Licanius, dont c’est quand même la trilogie (sic) et dont on apprend l’existence, surprenante, dans les derniers chapitres. La fin de la bataille souffre par contre d’une brièveté étonnante et aurait gagnée à être un peu plus détaillée.

Je conseillerai de lire l’Ombre du Savoir Perdu d’une traite, sans trop faire de pauses car l’auteur a en effet multiplié les personnages secondaires et brouillé les pistes pour que le lecteur ne sache pas en qui les héros peuvent avoir confiance. C’est sans doute un peu trop confus par moment et, si le procédé sonne artificiel, il est du coup plutôt efficace car le doute règne. Plusieurs renversements de situation, quelques allusions à des évènements passés ou à des pouvoirs supérieurs, ponctuent la fin de ce premier tome et peuvent donner envie de lire les deux suivants. Peut-être pas en V.F. en ce qui me concerne à cause de tout ce que j’ai relevé plus haut, mais d’autres lecteurs seront peut-être moins sensibles à cet aspect que moi, j’attends vos avis.

Mélange de dark fantasy, avec quelques louchées de magie épique par moments, ce premier tome de la trilogie de Licanius, s’il manque a priori sensiblement d’originalité, laisse entrevoir un autre aspect dans ses dernières dizaines de pages, pouvant donner envie d’en savoir plus et de découvrir si l’auteur, James Islington, a pu s’affranchir de ses modèles pour bâtir un univers plus personnel. Dommage que ce premier tome d’exposition souffre d’un style plutôt médiocre, aggravé par une version française perfectible (je conseillerai de feuilleter le début pour vous faire un avis, il est en ligne sur Actualitté), qui peuvent rebuter le lecteur et le convaincre de passer son chemin – ou de le lire en V.O. s’il le peut.

Le tome 2, Un Echo du Futur, est prévu pour le printemps 2022 tandis que le troisième et dernier, Au Bord du Monde, est annoncé pour fin 2022, début 2023.

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